La Louve

  • Ce petit livre est avant tout le produit d'une histoire d'amitié. Sans l'amitié, en effet, l'idée même de cette "correspondance" n'aurait pu germer : confronter, à travers un échange de lettres, deux visions d'un même lieu chargé de mémoire. Catherine Panot-Contenot nous parle du Verdun où elle vit, y mêle des bribes d'Histoire - et d'histoires -, et invite à la découverte en décrivant un monde où la féminité et l'enfance sont toujours présentes, même dans l'horreur de la Grande Guerre. Jean-Louis Marteil, curieux devenu visiteur, lui répond en parcourant les sites de la mémoire et le Verdun "debout" qu'il a découvert.
    Dans cet ouvrage sensible, les mots sont vivants et viennent du coeur. Les lieux se mettent à parler. Ici, Catherine Panot-Contenot et Jean-Louis Marteil ont écrit à la fois pour et avec quelqu'un. Mais ce qui sort grandi de cette lecture, c'est bien Verdun... Verdun, les morts innocents de la Grande Guerre, et aussi les vivants d'aujourd'hui.

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  • la pensée autorise et légitime tous les voyages.
    même et surtout ceux que la raison déconseille. cécilia colombo n'est pas allée, physiquement, à pripyat, ni à tchernobyl. pourtant, pas de "science-fiction", ici, seulement les mots justes pour dire que la nature outragée, là-bas, s'en sort mieux que les hommes ; les arbres y grandissent plus vite, écartent le béton avec une anormale énergie ; l'homme s'est lui-même coupé les jambes et s'étonne de ne plus marcher...
    là-bas... ce là-bas lancinant prend un sens terrible. il est le " n'allez pas là-bas ! " des poilus de verdun, n'allez pas vers cet ailleurs d'enfer et de mort. pour se rendre à pripyat, on a des milliers de regards : là-bas, c'est ici. il faut rappeler que la terre est un lieu étriqué, sans douanier pour arrêter un nuage. ce texte est le cri de douleur d'une victime par procuration. les arbres poussent vite, c'est vrai.
    nul n'en mangera les fruits : le vert est aussi la couleur de l'enfer. et puis, écho des temps oubliés, avant l'origine du son, il y a ceci : " le troisième ange fit sonner sa trompette. du ciel, un astre immense tomba, brûlant telle une torche ; il tomba sur le tiers des fleuves et la source des eaux ; son nom est absinthe. le tiers des eaux devint de l'absinthe et beaucoup moururent à cause des eaux devenues amères.
    " ainsi parle l'apocalypse de jean. mais sait-on bien qu'absinthe, en ukrainien, se dit aussi " tchernobyl " oe

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  • Berceau du fauvisme grâce à Henri Matisse et André Derain, tombeau du poète espagnol Antonio Machado, Collioure possède à juste titre une renommée mondiale. À travers ce texte humainement - amoureusement - habité, Brice Torrecillas rend hommage à cette belle cité de la Côte Vermeille et aussi à René Francès, l'ami disparu qui lui a permis d'aller au-delà des clichés touristiques.
    René habitait Collioure, et Collioure habitait René : passionné de peinture et de tauromachie, animé du sens de la fête et fidèle aux traditions, il a toujours eu à coeur de confier à qui le souhaitait les clés du petit port catalan. Ce livre, riche d'une émotion vraie, est une longue et tendre déclaration d'amour : à Anne, à René... à Collioure...
    « C'est René qui m'a livré l'âme de Collioure. Il aimait son village au point que j'ai du mal à les distinguer l'un de l'autre. Je voudrais parler de René. Je voudrais parler de Collioure. »

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  • En septembre 2009, le cinéaste Roman Polanski est arrêté à l'aéroport de Zurich, pour un ancien fait divers s'étant déroulé en Californie en 1977. Dominique Sels replace l'affaire dans le contexte des années 1970, libertaires et xénophobes. Plutôt que de prétendre accéder à la vérité à propos d'un cas si éloigné dans le temps et l'espace, l'auteur recherche des éléments invariants dans ce type d'histoire. Elle écarte l'outil d'analyse habituel connu sous le nom de domination masculine, pour interroger de manière générale « l'emprise maternelle, qui a l'antériorité biologique et qui n'est parfois pas plus enviable » par exemple quand il s'agit de prendre les filles pour des objets.
    /> Dominique Sels s'attache à recréer, avec les nuances et les questions nécessaires, la rencontre entre le cinéaste et le jeune modèle ; et reprend le récit détaillé du cinéaste relatant lui-même les faits, récit auquel la presse se réfère peu. Le lecteur accède à la connaissance d'une famille et à l'atmosphère particulière d'une maison, située aux confins de San Fernando Valley. Cette partie de Los Angeles comprend North Hollywood, les plus grandes compagnies y siègent, cette contrée aux airs de très grande banlieue présente de grands paysages naturels - canyons et sycomores -, un réservoir à cinéma foisonnant de villas de stars et de beautés postées, à l'assurance implacable.
    Cette évocation est suivie d'un portrait du cinéaste tout en impressions.
    Deuxième édition augmentée d'une préface, intitulée "La Fille Substitut".

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    1 autre édition :

  • « Le soir viendrait, puis la nuit aux étoiles dures, nous saurions qu'il n'est pas d'histoire morte. » Après avoir guidé nos pas dans les Cévennes, Patrick Cabanel nous convie à découvrir deux autres sommets du Midi biblique : la tour de Constance à Aigues-Mortes, vigie de pierre blonde, doigt de Dieu au bord de la mer, et le plateau du Chambon-sur-Lignon, ce toit couvert de prairies et de neiges à mille mètres d'altitude. Dans la première se trouvent quelque deux cents femmes captives, jusqu'à quarante ans de leur vie, parfois avec leur enfant, pour avoir refusé de dire "oui" au Roi. Sur le second, des héritiers de ces femmes ont soustrait des centaines de juifs à la traque du moderne Pharaon. De 1685 à 1942, deux catastrophes ont noué ici leurs destins, deux sources d'espérance ont mêlé leurs eaux. L'auteur a tenté d'entrer à Aigues-Mortes en compagnie des mortes vivantes, en élevant les yeux, par moments, sur la montagne des justes.

  • « Le soleil a maintenant disparu derrière les crêtes des hautes collines. Une couverture d'ombre semble se déposer sur le camp. La douceur de l'après-midi s'est effacée, la fraîcheur gagne, il fera bientôt froid. Je me suis assis dans une baraque, face à l'embrasure d'une porte absente. Dehors le vent redouble de force et envahit les lieux comme une marée sauvage. (...) Le vent tord la garrigue au gré de son souffle, et tout ce monde du ras du sol s'agite comme une foule paniquée, éternellement aux prises avec la tristesse et la froidure. Dans le cimetière officiel du village, entre les silhouettes des hauts cyprès sombres, on entend geindre le vent. Il brise les crucifix mal attachés et roule les graviers blancs qu'on a étendus sur les tombes anonymes des juifs, devant la plaque peinte à la chaux. Sans nom. Comme les deux pages d'une Bible ouverte, vide de mots, vide de sens, à jamais silencieuse. Les noms ont été gravés plus loin dans un morceau de marbre. Avec le jour de leur mort. Rien sur leur âge, rien sur leur nationalité. Qui saura jamais si Lina Zivi avait soixante ans, six ans ou six mois ? »

  • L y a une difficulté certaine - peut-être une impossibilité - pour qui redoute le cliché plus que la laideur, à simplement nommer, aujourd'hui, Venise dans un poème. Cette ville fait à ce point image, et sur ce mode du déjà-vu universel, qu'un auteur sérieux se verrait presque spontanément interdire, même, d'en écrire encore.
    Jean-Paul Michel.

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  • Ce livre en mains, courez Figeac, même si vous en êtes très loin, ahanez dans les rues montantes, dévalez les autres, baissez la tête sous le passage voûté, souriez en passant devant la pancarte « chien gentil », écoutez la riche histoire d'une belle cité qui depuis la nuit des temps courtise le Célé, après avoir, par Champollion interposé, caressé un désir d'Égypte. Envahissez les bars, les expos, ne vous étonnez pas d'avoir sans cesse le nez en l'air à la recherche de quelque trait d'architecture. « À Figeac on ne marche pas droit. » C'est ainsi, les mots de Michel Camiade, chargés de poésie, parfois ironiques, toujours tendres, nous attrapent, ne nous lâchent plus, donnent le vertige et font confondre, dans un même élan d'émotion, une ville du Quercy et la belle écriture.

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  • Vous ne savez pas où se trouve Lentalenque. Pourtant, vous connaissez forcément cet endroit : c'est une continuelle qui contemple ce que nous avons abandonné et délaissé. Là, règne la nudité des gestes ordinaires, la volonté du présent de ceux qui alimentent de terre noire le four à pain, la nécessité de l'immédiat : gaule de noisetier, vaisselle posée sur la dalle de pierre, course de la jument, plumes de bergeronnettes. Lentalenque est peut-être une ferme, en Tarn-et-Garonne. Mais peut-être est-ce une autre ferme, la nôtre, le lieu central et nécessaire d'où tous nous venons et où tous nous retournerons. Dans cet ici connu de chacun d'entre nous s'incarne une figure du monde où le réel s'entaille d'éternité. Car il s'agit bien de mémoire, d'une mémoire proche qui reste à partager : gardiens de l'haleine des sangliers et des boues de leurs passages, les aïeux de l'auteur, comme nombre des nôtres, dussions-nous remonter fort loin, veillaient sur la musique des causses. Leurs sabots les renseignaient sur le festin de ces granges où se cueille le chant des figuiers. Ces guerriers de la terre et du vent prêtaient leur échelle au cerisier. Ils sanctifiaient l'autre art de la mémoire : celui qui murmure le grand poème de la fin du monde mythique.

  • C'est bien d'un voyage dont il s'agit. D'une parenthèse. D'un retour nécessaire, même s'il n'a pas été définitif. En 1997, en août et septembre, l'auteur est enfin retourné dans ce pays qu'il avait dû quitter, contraint et forcé. Il nous raconte ici ces deux mois d'une plongée douloureuse dans l'histoire récente de l'Algérie : celle d'une période de sang et de larmes, où l'intolérance à l'oeuvre multipliait les massacres et les meurtres. Alors, Abdelmadjid Kaouah prend sa plume d'homme
    engagé pour nous faire partager sa douleur et ses combats, pour nous dire son amour des autres, proches, frères humains. Mais il sait troquer cette plume acérée pour celle, plus douce, de l'écrivain qu'il demeure, envers et contre tout : dès lors qu'il évoque les lieux et les paysages d'Algérie, depuis Alger vue du ciel
    jusqu'aux étranges gorges de la Chiffa, ses mots se font tendres, chargés d'images et de couleurs, au point que l'on se demande très vite comment tant d'horreur a pu naître devant tant de beauté. Mais surtout, ce texte inspiré porte en filigrane, au long de ses pages, un message essentiel, et d'apparence faussement banale : l'intolérance n'est d'aucun peuple... l'humanisme et la
    fraternité non plus. L'espoir est vivant.

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