Littérature générale

  • La fracture

    Nina Allan

    Le 16 juillet 1994 dans la région de Manchester, Julie Rouane, dix-sept ans, prétexte un rendez-vous avec une copine pour s'absenter du domicile familial... et disparaît pendant plus de vingt ans.

    Longtemps après l'abandon de l'enquête par la police, faute d'indices concrets - Raymond Rouane, persuadé que sa fille est toujours vivante, continue à explorer seul toutes les pistes possibles. En vain. La mère de Julie et sa soeur cadette, Selena, tentent elles aussi de faire front, chacune à leur manière.

    Puis un soir, Julie refait surface à l'improviste. Alors qu'on avait soupçonné que l'adolescente ait pu être enlevée et assassinée - un homme de la région ayant avoué plusieurs meurtres de femmes -, l'histoire que Julie raconte à Selena est tout à fait différente. Mais est-il possible de la croire ?

    Après La Course (Prix Millepages 2017), Nina Allan s'impose avec ce nouveau roman comme une virtuose du mystère, des zones d'ombre et des failles intimes. La Fracture est le cinquième livre qu'elle publie aux éditions Tristram.

  • L'avantage

    Thomas André

    Marius a seize ans, ou peut-être dix-sept. Il participe à un tournoi de tennis, l'été, dans le sud de la France.
    Il vit chaque partie avec une intensité presque hallucinatoire, mais le reste du temps, dans la villa où il séjourne avec ses amis Cédric et Alice, rien ne semble avoir de prise sur lui. Il se baigne. Il constate qu'Alice rapproche de lui ses jambes nues. Il accompagne Cedric le soir dans les bars de la ville. Les événements se succèdent, moins réels que le vide qui se creuse en lui, jour après jour.
    Jusqu'à ce que Marius retrouve, sur l'immuable rectangle de terre battue, un nouvel adversaire...

  • La tannerie

    Celia Levi

    Jeanne, ses études terminées, a quitté sa Bretagne natale pour vivre à Paris. Elle a trouvé un emploi temporaire d'« accueillante » à la Tannerie, une nouvelle institution culturelle, installée dans une usine désaffectée de Pantin.

    D'abord déboussolée par le gigantisme et l'activité trépidante du lieu, timide et ignorante des codes de la jeunesse parisienne, elle prend peu à peu de l'assurance et se lie à quelques-uns de ses collègues, comme la délurée Marianne ou le charismatique Julien, responsable du service accueil.

    Elle les accompagne dans leurs déambulations nocturnes, participe à des fêtes. Leur groupe se mêle au mouvement Nuit debout. Ils se retrouvent dans des manifestations, parfois violentes - mais sans véritablement s'impliquer, en spectateurs.

    Bientôt, deux ans ont passé. Dans l'effervescence de la Tannerie, en pleine expansion, chacun tente de se placer pour obtenir enfin un vrai contrat ou décrocher une promotion. Jeanne va devoir saisir sa chance.

    La Tannerie - tel un microcosme de notre société - forme une monde à part entière, avec ses techniciens, ses employés de bureau, ses artistes. Mais derrière la bienveillance affichée et le progressisme des intentions, la précarité et la violence dominent.

    Avec ce roman, qui frappe autant par la finesse de ses descriptions que par sa force critique, Celia Levi fait le portrait d'une époque et d'une génération en proie aux ambitions factices et à l'imposture des discours.

  • Lady Susan

    Jane Austen

    Lady Susan, une jeune veuve, très belle et très intelligente, mais désargentée, s'installe chez sa belle-famille, au Château de Churchill.
    Reginald De Courcy, lui-même en visite au château, ne tarde pas à s'éprendre de cette femme irrésistible, malgré les mises en garde de son entourage.
    Mais que veut au juste Lady Susan ? Cherche-t-elle un mari ? Ou désire-t-elle seulement s'amuser ?

    Légèreté, élégance, perversité, manigances : toutes les figures du jeu de la séduction et des manipulations amoureuses alternent dans les quarante-et-une lettres qui composent ce roman épistolaire virtuose.

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  • Stardust

    Nina Allan

    Michael Gomez a treize ans, il est un prodige du jeu d'échecs. Lorsqu'il connaît pour la première fois l'épreuve traumatisante de la défaite, il se réfugie dans la fascination qu'exerce sur lui Ruby Castle, une beauté célèbre pour ses rôles dans des films d'épouvante... et pour le meurtre de son amant lors d'un accès de jalousie.

    Mais le jeune joueur d'échecs n'est pas seul à nourrir des pensées secrètes à propos de Ruby Castle, ou à être visité par son souvenir. C'est aussi le cas d'un marchand de livres anciens qui s'égare dans le palais des glaces d'une fête foraine, de la maîtresse d'un poète qui fut lié jadis à Ruby, et d'une jeune fille russe qui assiste avec sa famille au lancement d'une fusée. Rien ne semble relier ces différents personnages, hormis l'emprise qu'exerce sur eux l'image de Ruby Castle - dont on ignore d'abord si elle est quelqu'un de réel ou bien un fantasme collectif.

  • La course

    Nina Allan

    À Sapphire, sur la côte sud de l'Angleterre. Cette ville gazière a été ruinée par la pollution chimique après le boom du gaz de schiste. Elle vivote en attirant des touristes d'un jour, grâce aux courses de smartdogs, des lévriers transgéniques.

    Del Hoolman est manager de smartdogs. Un jour, sa fille Luz Maree est victime d'un enlèvement. Del, compromis dans un trafic et endetté, doit tout rembourser pour espérer la récupérer. La solution : remporter la course du Delawarr Triple, avec son meilleur lévrier...

    Mais qu'est-il arrivé exactement à Maree ? Et quel est le don particulier qui rend cette enfant si précieuse pour ses ravisseurs ?

  • Eureka

    Edgar Allan Poe

    • Tristram
    • 6 Septembre 2007

    Au sein de la vaste confrérie des admirateurs d'Edgar Poe, il existe une société plus secrète, formée des lecteurs pour qui Eurêka - la moins connue des oeuvres de leur héros - est aussi la plus belle. Eurêka est une exception dans l'oeuvre de Poe, une exception dans l'histoire de la littérature, un genre littéraire à soi seul. L'énigme que l'auteur se propose d'élucider - après le Mystère de Marie Roget, le Double Assassinat dans la rue Morgue et l'affaire de la Lettre volée - n'est autre, cette fois, que celle de l'Univers ! Car si le détective Dupin n'apparaît pas dans Eurêka, c'est bien d'une enquête qu'il s'agit. Et même de l'Enquête suprême, puisqu'il est ici question d'élucider " l'essence, l'origine et la destinée de l'Univers physique et métaphysique, matériel et spirituel ". Embrassant d'un seul coup d'oeil l'immensité de tout ce qui existe, là où un esprit ordinaire ne percevrait que complexité et chaos, l'intellect génial (et quelque peu surchauffé) de Poe y découvre au contraire une unité, un ordre, un plan. Et dans une intuition fulgurante, il va jusqu'à anticiper ce qu'on désignera un jour comme le Big Bang... En dédiant son chef-d'oeuvre " à ceux qui sentent plutôt qu'à ceux qui pensent ", Edgar Poe demandait que l'on accepte de lire Eurêka simplement " comme un roman ". Dans l'émouvante postface qu'il a écrite pour cette nouvelle édition française, le romancier américain William T. Vollmann met un accent inattendu sur la portée biographique du texte.


  • Grand roman moderne du XVIIIe siècle anglais, considéré comme l'un des sommets de la littérature universelle, à l'égal des oeuvres de Rabelais ou de Cervantès, mais longtemps mal connu en France, Tristram Shandy - littéralement Tristram Tête-Fêlée - a été redécouvert en 2004 grâce à cette nouvelle traduction intégrale de Guy Jouvet. Une traduction saluée, à juste titre, comme un tour de force, alors que n'étaient disponibles que des traductions anciennes " toilettées ".

    D'une force comique et subversive incomparable, cette chronique d'une maisonnée campagnarde - où l'on assiste aux déboires et aux débats véhéments et passionnés des membres de la famille Shandy, de leurs amis, voisins et domestiques, dans des domaines aussi variés que l'obstétrique, la religion, l'amour ou l'art de la guerre - apparaît d'abord comme le roman de la liberté absolue de l'écrivain : " Il faudrait savoir à la fin si c'est à nous autres écrivains de suivre les règles - ou aux règles de nous suivre ! " disait Laurence Sterne.

    Cette édition de La Vie et les opinions de Tristram Shandy, qui renoue avec l'esprit de l'auteur, respecte notamment au plus près son usage révolutionnaire de la typographie et de la ponctuation, contribuant à redonner au texte toute son extraordinaire vélocité.

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  • Shanghai aujourd'hui. Des laissés-pour-compte du « miracle économique chinois » tentent de survivre dans leurs logements insalubres, en attendant d'être expulsés par les promoteurs.

    Parmi eux, Xiao Fei, un homme épris de savoir et de tradition vivant dans la nostalgie de la grandeur passée de sa famille. Des Chinois lettrés qui avaient déjà tout perdu, une première fois, au moment de la Révolution Culturelle.

    Stoïque en apparence, mais chaque jour plus humilié par la situation des siens, Xiao Fei se réfugie dans des rêveries plus vaines les unes que les autres. Se remettre à la calligraphie. Devenir l'un de ces « dissidents » dont raffolent les médias occidentaux. Connaître l'amour avec sa jeune cousine américaine, une fille d'expatriés revenue à Shanghai pour y apprendre le chinois.

    Pendant ce temps, la destruction fait rage autour d'eux. Leur misère s'accroît. Bientôt la solidarité entre voisins et parents ne suffira plus. Tout cède. Et le pire est encore à venir.

  • Bastard battle

    Céline Minard

    En 1437, à la fin de la guerre de Cent Ans, les pillards du bastard de Bourbon prennent d'assaut la ville de Chaumont. Mais un adversaire, surgi de nulle part et aux techniques de combat inconnues, leur tient tête - qui s'avère être une femme, originaire d'Asie. Témoin des événements, Denysot-le-clerc raconte comment cette combattante et six autres soldats de fortune libéreront bientôt la ville. Et comment ces "sept samouraïs" -en prévision des représailles du bastard - vont enseigner aux habitants le maniement du sabre, l'art du kung-fu, celui de la savate, au milieu de ripailles incessantes.
    Pourtant, tout au long de cette spectaculaire Bastard Battle, c'est dans l'écriture de Céline Minard elle-même qu'ont lieu les plus extraordinaires collisions et anachronismes. Le récit d'action y est revisité par la langue de François Villon et de Rabelais, le vieux français dynamité par l'énergie des mangas.

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  • Sauvagerie

    J. G. Ballard

    Pangbourne Village est un enclos résidentiel de luxe près de Londres, où une dizaine de familles aisées - directeurs généraux, financiers, magnats de la télé - vivent en parfaites harmonie et sécurité. Jusqu'au jour où l'on découvre que tous les enfants viennent d'être kidnappés et leurs parents sauvagement massacrés. Deux mois après les faits, les enlèvements ne sont toujours pas revendiqués. Les enquêteurs sont dans l'impasse.
    Impuissants, ils se repassent avec effarement la vidéo tournée sur la scène du crime. La froideur méticuleuse des assassinats ajoute à l'impression d'être en présence d'une tuerie hors norme. La police décide de faire appel à un psychiatre, le docteur Richard Greville, pour reprendre l'enquête. Dans ce bref roman magistral, J-G Ballard explore les conséquences extrêmes de la logique ultra-sécuritaire.

  • Les Années 70, ou le journal de bord poétique de l'auteur de Just Kids.
    Les Années 70 réunit l'essentiel des écrits de Patti Smith parus au cours de cette décennie - parallèlement à son extraordinaire carrière musicale - dans plusieurs recueils fameux (Witt, Kodak, Ha ! Ha ! Houdini !...) Patti Smith, en jouant d'une langue rapide, parfois brutale, invente une mythologie moderne nourrie d'événements intimes, où se croisent amis et héros, réels ou imaginaires.
    Cette insurrection poétique, sous la double influence de la littérature française et de la beat generation, aboutit dans certains textes à une douceur et un apaisement qui annoncent le lyrisme délicat de son livre-hommage à Robert Mapplethorpe, La Mer de Corail (Tristram, collection Souple).

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  • Quelques années après la mort de Jack Kerouac, Barry Gifford et Lawrence Lee sont partis « sur la route » pour refaire pas à pas l'itinéraire de leur héros, du Canada à New York et de San Francisco à Big Sur.
    Amis, amants, épouses, maîtresses, poètes, voyous, célèbres ou inconnus - ils ont retrouvé et interrogé tous les protagonistes de cette odyssée spirituelle qui a secoué l'Amérique des années 1950 et 1960. Les noms de quelques-uns d'entre eux sont aujourd'hui légendaires : Allen Ginsberg, Carolyn Cassady, William Burroughs, Joyce Glassman, Gregory Corso...
    Les amis de Kerouac étaient aussi les personnages de ses livres. À la fois directs et hauts en couleur, leurs témoignages - en permettant de revisiter l'oeuvre de l'intérieur - font de ces Vies parallèles de Jack Kerouac, bien plus qu'une biographie, un véritable « portrait de groupe » et le livre définitif sur l'histoire de la Beat Generation et de celui qui en fut l'inspirateur et le porte-parole.

    Barry Gifford offre aujourd'hui une nouvelle édition de ce classique, qui reparaît à l'occasion du 50e anniversaire de la mort de Jack Kerouac, en 1969.

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  • Heinrich During, un petit fonctionnaire à l'esprit acéré et critique, observe les effets de la propagande nazie dans l'Allemagne de l'immédiat avant-guerre. Ses collègues de bureau, sa femme et ses propres enfants le dégoûtent. Il n'obtient de réconfort que dans la liaison qu'il entretient avec Käthe, une lycéenne du voisinage, dans ses promenades à travers la campagne et l'étude de vieux documents - sa passion.
    C'est ainsi qu'il découvre l'histoire d'un déserteur de l'armée napoléonienne qui, un siècle plus tôt, hantait et terrorisait la région. Puis il trouve la cabane qui lui servait de repaire dans les marais.
    En 1944, quand les bombardements alliés commencent - en une extraordinaire scène d'Apocalypse qui est l'un des nombreux morceaux de bravoure du roman -, Heinrich et Käthe parviennent à s'échapper et à rejoindre la cabane.
    Scènes de la vie d'un faune est le roman le plus connu d'Arno Schmidt. Pour cette nouvelle traduction, Nicoles Taubes s'est appuyée sur la masse considérable de recherches et de commentaires que ce chef-d'oeuvre a suscités depuis sa première parution en 1953.

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  • Warum

    Pierre Bourgeade

    Pierre se rend en voiture dans le nord de l'Europe pour retrouver une femme qu'il n'a pas revue depuis des années.
    Aux rencontres qui émaillent son périple se superposent souvenirs, rêveries, fantasmes. L'action se déplace de Hanovre à Rome, du Massachusetts au Kenya. Les récits, les personnages naissent les uns des autres, ramènent les uns aux autres, au fil d'une construction aussi imprévue que limpide.
    De page en page, chacun est montré ou métamorphosé dans ce qu'il possède de plus intime, son corps, sa vie sexuelle, un simple incident biographique - tout ce qui oblige l'individu à sortir de lui-même, parfois sans espoir de retour.

    Pierre Bourgeade avait publié quinze romans chez Gallimard, avant de rejoindre Tristram en 1998 avec Les Âmes juives, finaliste cette année-là du Renaudot.
    Lors de sa sortie, Warum a été encensé. Tout le monde était d'accord pour reconnaître dans ce roman d'une impudeur rare, et à l'écriture splendide, le chef-d'oeuvre d'un maître. Mais sans doute était-ce trop, trop tôt. Vingt ans après, Warum semble plus transgressif que jamais. Une nouvelle génération saura-t-elle s'en emparer ?

  • Complications

    Nina Allan

    Les montres ne se contentent pas de donner l'heure. Elles peuvent chronométrer, servir de calendrier, fournir des indications astronomiques. C'est ce que l'on appelle, en horlogerie, des "complications".
    Mais si les montres jouent un grand rôle dans chacune des histoires racontées ici, les " complications " très particulières qu'elles provoquent - ou révèlent - ne sont pas seulement horlogères. Dans une maison du sud de Londres, un garçon perd sa soeur bien-aimée dans des circonstances étranges, avant de la voir réapparaître. Sur la plage de Brighton, un autre garçon (le même ?) vit une surprenante expérience temporelle. À mesure que la lecture progresse, on découvre les subtils rouages qui relient toutes ces histoires - entre plaisir et effroi.

  • William S. Burroughs est, avec Jack Kerouac et Allen Ginsberg, l'une des trois grandes figures de la Beat Generation apparue aux Etats-Unis dans les années 1950.
    Hormis son premier chef-d'oeuvre, Le Festin nu, publié en France par Gallimard (et adapté au cinéma par David Cronenberg) - presque toute son oeuvre a paru chez Christian Bourgois.
    Le Porte-lame - son unique oeuvre encore inédite en français - s'inscrit dans la série des romans qui ont assuré sa popularité en France à partir des années 1970 : Les Garçons sauvages, Les Derniers Mots de Dutch Schutz, etc.
    Recourant à la technique du scénario, Burroughs décrit un film imaginaire, tourné à Manhattan en 2014.
    Les laboratoires, par purs cynisme et mercantilisme, entravent l'accès aux traitements les plus efficaces. Une médecine clandestine se développe, dont le fonctionnement est calqué sur celui du trafic de drogue, avec ses chimistes, ses revendeurs, ses praticiens, ses patients. Le porte-lame (the blade runner) est celui qui convoie la marchandise illégale dans les rues de la mégapole.
    Il y a une puissante ironie à voir le drogué notoire William Burroughs ériger en modèle le trafic de stupéfiants, non plus pour détruire des vies, mais pour les sauver.
    Son roman, bref, incisif, excitant, est aussi un magnifique hommage à la ville de New York.

    Un bijou inédit de l'un des auteurs culte de l'Amérique d'après-guerre.
    Le livre dont le titre original - Blade Runner : A movie - a inspiré celui du film de Ridley Scott (par ailleurs adapté d'un texte de Philip K. Dick).

  • Sous-titré « Roman historique de l'an de grâce 1954 », Le Coeur de pierre est le livre d'Arno Schmidt (1914-1979) le plus fameux en Allemagne.

    On y suit les manigances d'un collectionneur fou, Walter Eggers, qui s'introduit chez un couple, devient l'amant de la femme, s'embarque pour l'Est avec le mari chauffeur-routier dans le but de subtiliser un ouvrage rare à la Bibliothèque du Présent Radieux du Socialisme Réel, avant - last but not least - d'organiser avec lui le « transfert » à l'Ouest de sa maîtresse ! Walter, Frieda, Karl et Line, à peine installés dans une sorte de ménage à quatre, découvrent un trésor dans un faux plafond de la maison qui permettra de financer leur association scandaleuse...

    Seul roman de cette ampleur jamais écrit sur la division de l'Allemagne, Le Coeur de pierre est une charge féroce sur la politique, la littérature des deux systèmes, la sexualité, en même temps qu'un récit d'aventures écrit avec des moyens radicalement nouveaux.

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  • Au coeur du continent africain, le docteur Mallory rêve de découvrir un nouveau Nil qui fera refleurir le Sahara. Un jour, pendant les travaux qu'il dirige, la souche d'un vieil arbre, délogée par un bulldozer, laisse apparaître un peu d'eau. Le ruisselet se fait rivière, puis fleuve immense, suscitant sur ses rives une végétation baroque. Le fleuve Mallory devient alors l'enjeu d'ambitions politiques rivales.

    Dans ce contexte de guerre civile, le docteur Mallory entreprend de remonter à la source de « son » fleuve, à bord du vieux ferry-boat qu'il a détourné, le Salammbô. D'autres personnages ont entrepris ce voyage. Un producteur de documentaires télévisés qui cherche à se refaire une réputation avec les malheurs du tiers-monde. Une jeune veuve qui a pris la tête d'un groupe de femmes. Noon, enfin, l'adolescente sauvage qui connaît peut-être le mystère du fleuve. Leur équipée est une remontée des eaux de la mémoire et du désir, où chacun tente de retrouver les sources de son obsession, à commencer par Mallory, partagé entre le désir d'aller jusqu'au bout du voyage et celui de détruire sa création.

    Pur roman d'aventure, à ranger aux côtés des chefs-d'oeuvre du genre, comme Au coeur des ténèbres de Joseph Conrad, Le Jour de la création fait suite dans l'oeuvre de J.G. Ballard à Empire du Soleil.

  • Histoires

    Arno Schmidt

    Né en 1914 à Hambourg, mort en 1979 à Bargfeld dans la lande de Lunebourg, Arno Schmidt est l'auteur d'une oeuvre dont l'originalité transcende les catégories habituelles.
    Homme aux passions multiples - de l'arpentage à l'astronomie en passant par la traduction d'Edgar Poe -, il puise aussi dans la culture la plus populaire et sa propre expérience pour construire des récits débordants d'humour burlesque et d'audaces techniques, dont Jean-Patrick Manchette louait " passées les quatre ou cinq premières minutes de surprise, la formidable limpidité ". Par la précision de sa riposte à l'obscurantisme nazi, par l'impact poétique de la langue qu'il s'est forgée, par ses jeux de pensées incessants et inépuisables, Arno Schmidt a révolutionné la littérature allemande de la seconde moitié du 20e siècle. Il est aujourd'hui traduit dans une dizaine de pays. Les vingt-huit récits rassemblés dans Histoires ont été écrits entre 1955 et 1959. Brefs, rapides, ils ont toujours été considéré en Allemagne comme la meilleure introduction possible à l'univers d'Arno Schmidt.

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  • Spin

    Nina Allan

    Spin : filer, tisser, tournoyer, fabriquer quelque chose, inventer. Léila Vargas, la jeune héroïne grecque de Spin, quitte un jour son village natal pour s'établir dans la grande cité moderne d'Atollville. Extraordinairement sensible et douée, Léila excelle dans l'art de la tapisserie et des panoramas. Cette sensibilité, doublée d'une forme aiguë de clairvoyance, lui vient peut-être de sa mère, disparue quand elle était enfant.
    Dans le tourbillon de la vie citadine, Léila est abordée par une femme, Nashe Crawe, dont le fils Alkandros est frappé d'une maladie mortelle. Elle propose à Léila une importante somme d'argent, persuadée que ses dons lui permettront de "tisser un autre avenir" pour son fils... Réécriture du mythe d'Arachné et Athéna, le récit envoûtant de Spin est aussi une magistrale réflexion sur la création artistique et ses sortilèges.
    Après Complications (Grand Prix de l'Imaginaire 2014) et Stardust, Spin confirme le talent hors normes de la Britannique Nina Allan.

  • Lire Éric Losfeld, c'est retrouver un Paradis perdu. Quand faire des livres s'apparentait à une guérilla, doublée d'une partie de rigolade.

    Lire Endetté comme une mule, c'est embarquer avec Losfeld sur un "grand huit". S'amuser avec Marcel Duchamp et Raymond Queneau. S'évanouir devant la porte d'André Breton. Boire à l'oeil dans les cocktails de Gallimard et faillir en venir aux mains avec Hemingway. Déjouer la censure, être rattrapé par la censure. Donner ses lettres de noblesse à la littérature érotique et inventer le roman graphique. Publier Emmanuelle et Barbarella. Miser, gagner, perdre, se refaire. Écrire sous pseudo cinquante romans de gare (il faut bien vivre), mais être l'éditeur de trois cents livres (parmi lesquels beaucoup de chefs-d'oeuvre). Qui dit mieux ?

    Publier en 2017 Endetté comme une mule, ou la passion d'éditer, c'est rappeler à une génération de lecteurs - mais aussi de jeunes libraires, journalistes ou écrivains - comment l'esthétique rebelle et culottée d'Éric Losfeld et de ses amis, fondatrice pour notre époque, a finalement triomphé. À égale distance des éditions de Minuit et de San Antonio : un classique.

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  • Brand's Haide

    Arno Schmidt

    • Tristram
    • 26 Janvier 2017

    Un homme vient d'être libéré d'un camp de prisonniers. Son nom... monsieur Schmidt. On l'installe dans la remise à outils d'une maison où résident déjà deux jeunes réfugiées, Lore et Grete. Écrivain, il travaille à une biographie de Friedrich de la Motte Fouqué. L'univers de cet auteur romantique imprègne peu à peu le misérable logis et la forêt voisine. Même Lore, dont le narrateur est tombé amoureux, prend des traits surnaturels. Quoique amoureuse elle aussi, mais épuisée par les privations, elle accepte finalement de se marier avec un autre homme, âgé et fortuné. Resté seul sur le quai de la gare, le narrateur malheureux s'enivre de sa solitude, tandis que Grete l'attend à la maison, pleine d'espoir...

    Arno Schmidt dresse un portrait féroce de l'Allemagne de l'après-guerre. Les paysans qui s'enrichissent sur le dos des réfugiés, les fonctionnaires, clones à peine déguisés de ceux de l'État nazi, l'ecclésiastique qui n'a rien perdu de son influence : tous sont passés au crible du regard impitoyable de l'auteur de Scènes de la vie d'un faune, écrit à la même époque.

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  • Aysage avec palmiers aurait pu s'intituler " Flashes à Beyrouth ". Face à la guerre, Bernard Wallet fait l'économie du roman et des explications pour ne conserver que les images, les scènes, les faits nus et bruts. Ces " choses vues " disent l'horreur, mais aussi sa fascination. En s'approchant de cette vérité, qui ne peut exister que par éclats, le livre éclaire du même coup l'effet dévastateur de la guerre sur celui qui en est le témoin.
    " Cela se passe à Beyrouth et à bout portant ? Oui, mais le Liban, on le voit, est désormais partout, et la guerre est devenue une boucherie du tac au tac, pour un oui ou pour un non. Que faire ? Protester, s'indigner, aller voir et témoigner pour un résultat spectaculaire supplémentaire ? Non : écrire ce qui est, au plus près d'un non-sens fracassant. Ce récit est vrai puisque les corps n'y sont jamais absents.
    Beyrouth n'était qu'une simple préparation à une sauvagerie désormais ouverte et universelle. L'histoire, comme le désir de mort, n'a pas de fin. " (Philippe Sollers)

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