Roger Lahu

  • Au plus près installait une écriture : poèmes brefs arrimés au quotidien, très reconnaissables dans leur alliage d'observation et de pensée, d'humour et d'expérience. À six ans de distance, ce deuxième livre au dé bleu se présente comme une suite de suites pour poète seul, réglant les comptes avec l'enfance, la perte, la difficulté d'être, le peu de poids de la poésie tout autant que sa persistante nécessité. Les pages de ce livre sont tendues au-dessus du vide, et on entend parfois grincer le rire du funambule. La poésie est un risque, et non un jeu. Si, dans la vie, Roger Lahu a la politesse des clowns, il partage leur tristesse quand, le rideau tiré, reste la vie passée passante, et pas de quoi rire fou tout seul. Antoine Emaz

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  • Faire d'une abstraction, Théorie d'La Poésie, un personnage réel (en « petite mémé vacillante »), à dessein de se gaber sur le ton de l'ironie badine de la poésie (« la poésie est faite partouze », J.-P. Verheggen), et par là faire accroire au lecteur l'égard mesuré qu'on lui accorde (« Va, je ne te hais point », Corneille), le tout pour feindre de ne pas vouloir faire ce qu'on fait néanmoins (« Je ne veux pas donner si haut los* à notre langue. » Du Bellay), feindre de ne pas énoncer un art (anti-)poétique, Le Décor de l'envers, c'est profusément rhétorique, l'effet s'inverse, le lecteur corrige. C'est aussi le contre pied de nez d'un poète courroucé et amusé de ce que les théoriciens font de la poésie une affaire telle qu'elle semble ne plus concerner qu'une poignée d'heureux élus (iraient-ils dans le sens de la régression historique ?) Roger Lahu veut situer la poésie au niveau de tout le monde, sans non plus leurrer son monde. Le Décor de l'envers, ça ruse et ne dupe pas, ça ressemble à Roger Lahu, à la fois tintin et filou. *Louange

  • Au plus pre

    Roger Lahu

  • Qu'y a-t-il de plus barbant qu'un haïku francophone ? Un recueil de haïkus francophones, pardi ! Ce genre traditionnel sino-japonais a dû attirer les occidentaux par son apparente facilité. Or rien n'est plus difficile que de composer un haïku de qualité, qui est loin d'être n'importe quoi alors que c'est pratiquement toujours le cas dans nos contrées.
    Les Tokyoïtes n'écrivent ni sonnets ni ballades, cela ne fait pas partie de leur culture. Alors, cessons de vouloir imiter la leur. Sauf... lorsqu'un grutier japonais à la retraite et un Français professeur de français s'associent pour rater sans vergogne et avec fierté tous les haïkus auxquels ils s'attaquent. Les compères Hozan Kebo et Roger Lahu, aidés par moult petits « ballons » de Mâcon-rouge, (« Le thé vert, ça fait juste pisser... » dixit HK), sont passés maîtres dans cet art.
    Que les puristes crient au scandale, que les grincheux grinchent, nous, on se marre avec ces deux lascars haïkuclastes.
    (É. D.)

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