Rêve de la Mère Russie 

  • Des Visiteurs sont venus sur Terre. Sortis d'on ne sait où, ils sont repartis sans crier gare. Dans la Zone qu'ils ont occupée sans jamais interagir avec les hommes, ils ont abandonné des objets de toutes sortes. Objets-pièges. Objets-bombes. Objets-miracles. Objets que les stalkers viennent piller au péril de leur vie, comme une bande de fourmis coloniserait, sans rien y comprendre, les détritus abandonnés par des pique-niqueurs au bord d'un chemin.

    Adapté au cinéma en 1979 par Andreï Tarkovski, Stalker ou Pique-nique au bord du chemin est le chef-d'oeuvre des frères Strougatski. Un roman qui a eu un tel impact sur le XXe siècle, que c'est sous le surnom de stalkers qu'on connaît désormais les hommes et les femmes qui ont étouffé le coeur du réacteur en fusion de Tchernobyl, entre le 26 avril et le 16 mai 1986.

  • Telluria

    Vladimir Sorokine

    Avec Tellurie, roman dystopique, Vladimir Sorokine, au sens propre du mot, anticipe... pour décrire de façon époustouflante, complètement déjantée, un futur annoncé, alors que le pouvoir actuel en Russie fait de la construction d'un empire eurasiatique centralisé sa doxa.

  • Deux enfants conçoivent un pays imaginaire, la Schwambranie, avec son histoire, sa géographie, ses îles, ses batailles, sa faune de héros et d'ennemis... dont les noms sont empruntés aux ordonnances de leur père, médecin. Nous sommes en Russie, en 1917. Quand éclate la révolution de février, le livre alterne récits de Schwambranie, avec des archives totalement délirantes, et récit des changements apportés par le nouveau pouvoir à l'école . Ce livre culte pour Ivan Chtcheglof et les situationnistes constitue une ode à l'enfance, dans une atmosphère de liberté et d'irréalité totales. Un classique, à ranger quelque part entre Les Voyages de Gulliver et Alice au pays des merveilles.

    Une double lecture, pour enfants et pour adultes (et même pour les passionnés d'histoire) ; un roman drôle et fantaisiste, farci de mots valises, qui aurait pu influencer Boris Vian ; un regard original sur la révolution russe de 1917

  • Nous

    Evgueni Zamiatine

    Dans une société assujettie au bonheur infaillible et obligatoire, alors que la "dernière" de toutes les révolutions possibles a eu lieu, les hommes, sous une cité de verre dans laquelle chaque geste est contrôlé, sont devenus des "Numéros". Ceux-ci paient de leur vie le moindre écart à l'ordre établi contre lequel, malgré tout, une poignée de dissidents va s'insurger. D-503 y tient un journal à la gloire de ce monde aseptisé et y consigne les débuts d'une insurrection qui va peu à peu le transformer. Anti-utopie prophétique qui anticipe toutes les glaciations du XXe siècle, «Nous» est considéré comme le premier chef-d'oeuvre de science-fiction, celui qui inspirera «1984 »de George Orwell et «Le Meilleur des mondes» d'Aldous Huxley. Cette nouvelle traduction vise à faire entendre, dans les mots, cet appel tragique : on a toujours raison de se révolter.

  • Le numéro 1 (qui échange parfois sa place avec le numéro 2) - le Leader de la Nation -, suivi de près par les strates corrompues de l'administration, les mafieux reconvertis en hommes d'affaires, les nouveaux riches, les gens modestes, les travailleurs immigrés, les flics intègres, les journalistes, la télévision, l'alcoolisme omniprésent, les extraterrestres, le diable et ses hordes de démons, et les habitants oubliés des steppes sibériennes, rien ni personne n'échappe à la plume acerbe de Dmitry Glukhovsky. Dans Nouvelles de la mère patrie, recueil de textes écrits à l'origine pour la presse russe, chacun reçoit son dû, qui pour ses vices, qui pour sa complaisance, qui pour sa naïveté et son incapacité à ouvrir les yeux sur le monde qui l'entoure.Le portrait acide, cynique et railleur de la Russie d'aujourd'hui. Bifrost.Traduit du russe par Denis E. Savine et Julia Vanidze.

  • Au plus froid de l'hiver, Vassia adore par-dessus tout écouter, avec ses frères et sa soeur, les contes de Dounia, la vieille servante. Et plus particulièrement celui de Gel, ou Morozko, le démon aux yeux bleus, le roi de l'hiver. Mais, pour Vassia, ces histoires sont bien plus que cela. En effet, elle est la seule de la fratrie à voir les esprits protecteurs de la maison, à entendre l'appel insistant des sombres forces nichées au plus profond de la forêt. Ce qui n'est pas du goût de la nouvelle femme de son père, dévote acharnée, bien décidée à éradiquer de son foyer les superstitions ancestrales.

    Inspiré de contes russes, L'Ours et le Rossignol a su en garder toute la poésie et la sombre cruauté. C'est le premier roman de Katherine Arden.

  • Les métamorphoses t.2 : numérique, brevis est Nouv.

    Numérique, ou brevis est est le deuxième roman du cycle thématique inspiré aux auteurs ukrainiens Marina et Sergueï Diatchenko par Les Métamorphoses d'Ovide. Alors que le premier volet, Vita nostra, était consacré au Verbe fondateur, celui-ci nous plonge dans les méandres du réseau, des réalités virtuelles et de leur capacité à influer sur le monde réel.
    Il est à noter que les romans du cycle n'ont de liens que la thématique de la métamorphose et un vers du Gaudeamus (Réjouissons-nous) - l'hymne des carabins : Vita nostra brevis est, brevi finietur (Notre vie est brève, elle s'achèvera bientôt). Le premier roman n'a d'autre titre que son sous-titre Vita nostra, le deuxième s'intitule Numérique, ou brevis est ; le troisième Migrant, ou brevi finietur.

    Arsène est un adolescent de 14 ans, issu d'une famille « dysfonctionnelle » moderne : un père obsédé par l'information en continu et une mère accro aux blogs et aux réseaux sociaux.
    Surdoué que l'école ennuie, il préfère passer son temps devant l'ordinateur, où il gère des alter ego numériques : le docteur Vetti qui élève et vend des chiens virtuels et, surtout, Ministre, un personnage de jeu en ligne massivement multijoueur. Fin stratège et manipulateur, il réussit à mener de front ses vies multiples jusqu'au jour où tout bascule : privé d'ordinateur à un moment crucial dans la vie de Ministre, il fugue et découvre à ses dépens la violence et la dangerosité du monde réel.
    C'est dans ces circonstances qu'il rencontre Maxime, un homme étrange qui collectionne des souris dont il sectionne les câbles dans les cybercafés où des tenanciers / administrateurs peu scrupuleux volent les données personnelles de leurs clients. Après lui avoir sauvé la mise et sans doute la vie, Maxime propose à Arsène de postuler à un poste de testeur de jeux vidéo au sein de l'entreprise qu'il dirige.
    Des jeux d'une nouvelle génération, qui projettent le joueur dans l'univers virtuel en immersion totale.
    Cependant, Arsène n'est pas le seul à briguer le poste :
    Ils sont cinq à avoir été sélectionnés par Maxime pour leur maîtrise des compétences ludiques. La compétition peut commencer.
    Mais qui est réellement Maxime ? Un manipulateur qui exerce une coercition douce sur chacun des candidats ? Un visionnaire du devenir virtuel du monde ?
    Un charlatan ?
    De mensonges et de demi-vérités en faux-semblants, Arsène va devoir apprendre à naviguer entre deux mondes dont les frontières s'estompent et s'interroger sur ses motivations et son éthique personnelle, alors que l'enjeu qu'il perçoit derrière les jeux de Maxime peut déboucher sur le contrôle de l'humanité.

  • Une année à la découverte des mirages et des merveilles de la cité sélène, joyau de l'âme slave arraché à la Terre, entre les mains d'un duc au destin défiantle cours du temps.

    Une année où croiser dans ses rues Marie Curie, l'archiduc François-Ferdinand ou Howard Carter, mais aussi humbles ouvriers, voleur volubile ou automates au coeur de cuivre. Entre ruines lunaires à explorer, un championnat du monde d'échecs à préparer ou des complots à déjouer...

    Les canaux ambrés de la ville n'ont pas fini de vous dévoiler ses secrets !

    Emmanuel Chastellière nous invite à redécouvrir une ville bâtie sur la Lune dans l'ombre de Jules Verne, à l'aube d'une ère nouvelle délicieusement uchronique, à travers 13 histoires qui s'entrecroisent dans un véritable chassé-croisé étourdissant.

  • Par portrait, récits et scène successifs, Siébert donne ici de l'amplitude à un projet romanesque ambitieux, situé dans une ville imaginaire, métaphore sombre des enfers modernes.
    Version russe du Los-Angeles de Blade Runner, Mertvecgorod est une immense mégapole post-soviétique et préapocalyptique dévorée de pollution, perdue dans la toundra, pourrie jusqu'à la moelle, criblée de surnaturel, augmentée du Londres de Jack the ripper déplacé à la frontière ukrainienne, le tout cauchemardé par Ballard et généreusement nappé d'une épaisse couche de Cthulhu et d'Aleister Crowley. La bande-son idéale : Coil, Einstu¨rzende Neubauten, Diamanda Galas, Laibach.
    Le roman expose les grandes thématiques au coeur de ce cycle. A travers des récits tantôt violents, tantôt sordides, tantôt grotesques et bizarres, tantôt amusants et humains, Siébert se livre à une exploration horrifique de l'individu, défiant la censure et les interdits : une collection purement sadienne. Davantage encore que le sexe, ce sont ici les fantasmes, les pulsions de mort, de voyeurisme, de domination, et d'humiliation qui sont observés.
    L'ensemble compose un tableau très vaste et riche du monde en décomposition qui est le nôtre, une « comédie inhumaine » traversant plusieurs époques et mettant en scène des personnages de tous les âges et de tous les milieux sociaux.

  • Les récits fantastiques d'Efim Zozoulia (1891- 1941) ont été composés à Petrograd et à Moscou entre 1918 et 1919.
    Le recueil présenté aujourd'hui par le Temps des Cerises réunit les cinq textes constituant le cycle complet des nouvelles fantastiques d'Efim Zozoulia : La Chute de la Ville Principale(1918), L'Institut de l'amour de l'Homme(1918), Un Conte sur Ak et l'humanité(1919), Le Mobilier humain(1919) et Le Gramophone des siècles(1919). Ils abordent la domination, la révolution, les purges ou le positivisme politique. Malgré la gravité des thèmes, l'humour est chez Zozoulia, avant tout satirique, une composante constante.

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