Le bourgeois versifié
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Le bourgeois versifié

Résumé

Extraits de la préface de Jacques Jouet : « Je n'avais pas d'abord d'autre intention que de « traduire » en alexandrins la fin de la scène 4 de l'acte II du Bourgeois gen- tilhomme pour la drôlerie du paradoxe formel qui s'ensuit. [...] Sans trop le dire, j'avais en tête de faire la pièce entière, ayant du mal à me décider, pressentant l'ampleur de la tâche. Comme on l'apprend dans une note de La Princesse d'Élide, écrire en vers prend plus de temps qu'écrire en prose. C'est Molière qui le dit : « Le dessein de l'auteur était de traiter ainsi toute la comédie. Mais un commandement du Roi qui pressa cette affaire l'obligea d'achever tout le reste en prose (...). » [...] L'alexandrin, ici, est majoritairement classique, sans être pour autant archéologique. En toute connaissance de cause, il tient par- fois compte de Hugo, de Mallarmé, de Rostand, de Queneau ou de Roubaud, parce qu'il serait absurde d'ignorer la continuité d'Alexandre. Ainsi, le maître de philosophie fera la diérèse, mais pas Monsieur Jourdain. Dorimène aussi. [...] On comprendra que je tiens l'alexandrin pour un vers actif, aujourd'hui, parmi d'autres, et non des moindres, aussi vrai que la « cadence nationale », comme dit Mallarmé, est dans la mémoire de la langue française, à mon avis inarrachable, quel que soit le pouvoir de la merdonité. C'est ici une traduction, de français en français mais de prose en vers. Thomas Corneille avait fait cela avec le Dom Juan du même Molière (Le Festin de pierre, comédie, mise en vers sur la prose de M. de Molière, 1683) en se sentant obligé « d'adou- cir certaines expressions qui avaient blessé les scrupuleux » - il supprime le « deux et deux sont quatre » et bien entendu la scène du pauvre - « de faire parler des femmes » - il ajoute des scènes d'intrigue -, tandis que Houdart de La Motte avait « traduit » la première scène du Mithridate de Racine, de vers en prose, afin de démontrer la supériorité de cette dernière ou l'inutilité des premiers. Là encore, cela fait une continuité. À noter que Thomas Corneille ne néglige pas les scènes paysannes et qu'il s'y permet force libertés qui sont incroyables dans l'alexandrin classique : « J't'aime aussi comme il faut, pourquoi donc qu'tu t'étonnes » (Charlotte), « Gag' que non, sm'a-t-il fait. Oh margué, gag' que si » (Pierrot)... sans toutefois aller jusqu'à la césure épique. C'est pourquoi, Nicole, elle aussi, aura le privilège d'avoir des libertés. »

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  • EAN

    9782818042243

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    202 Pages

  • Longueur

    21 cm

  • Largeur

    14 cm

  • Épaisseur

    2 cm

  • Poids

    263 g

  • Distributeur

    Sodis

Rayons : Littérature générale > Poésie

Jacques Jouet

Jacques Jouet est né en 1947. ll se dit écrivain tout-terrain : il écrit poésie, nouvelle, roman, théâtre, essai.ÿDepuis 1983, il est membre de l'Oulipo. Dernières publications : Le Cocommuniste (2014), Du jour (2013), Un dernier mensonge (2013), La seule fois de l'amour (2012), Agatha de Mek-Ouyes (2011), L'Histoire poèmes (2010), tous parus aux éditions P.O.L.

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