Matrice

  • Cet ouvrage n'est pas un livre de plus sur la théorie psychanalytique des psychoses.
    L'érudit ou le spécialiste n'y apprendra pas grand-chose. Il n'est pas fait pour emmener le lecteur vers des considérations techniques de haut niveau, mais pour attirer l'attention sur ce qui est exploitable dans la théorie psychanalytique concernant les psychoses ; pour rendre compte en termes simples et concentrés du ou des points de vue développés par la psychanalyse, pour en faire ressortir les aspects éthiques et pratiques, utilisables dans le quotidien et en institution. Il propose d'adopter un cadre adapté à la souffrance de la personne psychotique et non, comme on le rencontre majoritairement, d'adapter le psychotique à un cadre qui représenterait une certaine normalité.
    Ce travail est donc une vulgarisation qui espère ne pas être réductrice, et qui tend à rendre compte de ce qui peut se passer dans l'être du psychotique et de la façon dont il répond (ou non) aux sollicitations du monde extérieur, à partir de sa logique propre et bien souvent désespérée. La plupart du temps dans le travail institutionnel, usagers psychotiques et professionnels ne se comprennent pas parce qu'ils ne parlent pas la même langue, parce que l'un et l'autre n'ont pas les mêmes objectifs, ce qui pousse les psychotiques à déployer des stratégies qui visent à neutraliser celle des accompagnants...
    Et vice et versa. Cet état de fait organise dès le début un rapport de force, un cercle vicieux dans lequel il semble que personne n'ai rien à gagner.
    Devant tant de difficultés et surtout dans l'ignorance du fonctionnement psychotique, c'est la fuite en avant généralisée : on demande aux psychotiques de s'intégrer, on fait comme s'ils le faisaient, on produit des règles qui se font passer pour des lois, et qui disent où est son bien en même tant qu'elles nient sa souffrance.
    L'objectif de l'ouvrage nourrit l'espoir de créer des ponts institutionnels entre les personnes psychotiques et les professionnels qui les accueillent.

  • Cette chronique institutionnelle d'un pédopsychiatre de province est un récit composé de différentes réflexions élaborées sur une période de vingt ans passés avec des enfants autistes et psychotiques dans le cadre du service public de psychiatrie.
    Tenir le pari de la durée avec eux est une des conditions de possibilité du soin en psychiatrie. l'idée de la musique est très proche de ces préoccupations psychopathologiques et thérapeutiques. elle est référée au sentiment continu d'exister (winnicott) dans la mesure oú cet art de la voix et de ses représentants, les instruments de musique, se développe à partir de la temporalité et du rythme. aussi, ces quelques textes sont-ils présentés selon une " logique " musicale.

    Après un prélude sur les rapports entre sensations et représentations, une première suite est tournée vers la fonction d'accueil de l'enfant selon ses différentes problématiques. en effet, il s'agit de l'accueillir de telle façon qu'il se sente attendu par le travail que ses parents auront fait à ce sujet, et dont nous mesurons tous les jours l'importance pour sa singularité. comment donc être assez chaleureux pour lui indiquer l'intérêt que nous lui portons, mais assez à la bonne distance pour qu'il ne souffre pas d'intrusion ? la possibilité même de le soigner en dépend.

    Une deuxième suite aborde l'enfant par le biais de la clinique. non seulement la clinique des livres de médecine qui est importante, mais aussi celle du signifiant, celle du message contenu dans le signe et celle du processus de sémiotisation.
    Enfin, un postlude reprend en un choeur final les articulations complexes entre le symbolique, les identifications et l'institutionnel.

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