Gallimard

  • Tout est langage reprend et précise le contenu d'une conférence adressée à des psychologues, des médecins et des travailleurs sociaux dont l'intitulé était : «Le dire et le faire. Tout est langage. L'importance des paroles dites aux enfants et devant eux.» À travers ses réponses, Françoise Dolto tisse la trame d'une compréhension analytique de ce qui est déterminant pour la subjectivité humaine. Elle affirme la nécessité en toutes circonstances - le divorce, la mort, la circoncision, l'adolescence, l'adoption, etc. - du parler à l'enfant. Elle montre que c'est souvent jusque dans et par son corps que l'enfant exprime ce qu'il ne peut parfois signifier autrement.

  • Lire Françoise Dolto aujourd'hui dans ces articles et conférences, réunis ici pour la première fois, c'est la découvrir libre, étonnante, contemporaine. C'est éprouver la force d'une éthique qui la pousse à s'adresser à tous, parents et éducateurs, plaidant la cause des enfants et mettant les apports de la psychanalyse au service de l'éducation.
    Concrète, elle nous parle des enfants qu'elle a rencontrés dans sa vie professionnelle et privée, aux prises avec la réalité, dans des situations familiales qui mettent en jeu leur équilibre : l'arrivée du puîné, la séparation ou le divorce des parents, l'échec scolaire...
    Attentive, elle nous met à l'écoute des mots, des gestes, des comportements, des signes qui traduisent les souffrances enfantines. Elle nous rappelle que l'enfant est « un être de langage et que bien des difficultés trouvent leur résolution lorsqu'on les lui explique au mieux de son développement. ».
    « Éduquer, c'est susciter l'intelligence, les forces créatives d'un enfant tout en lui donnant ses propres limites pour qu'il se sente libre de penser, de sentir et de juger autrement que nous-mêmes, tout en nous aimant. »

  • Pli d'écrire des lettres à ses parents, à ses proches, à ses amis. Cela fait partie de son éducation. Elle s'y adonne, sous le contrôle de sa gouvernante, avec un charme, une vivacité, un style, qui feront d'elle une grande épistolière. Cet art de vivre deviendra très vite un art de penser. À côté des intimes, des intellectuels, des artistes, apparaissent les grandes figures de la psychanalyse, Rudolph Loewenstein, Marie Bonaparte, René Spitz, et plus tard Daniel Lagache, Serge Leclaire, Wladimir Granoff, Maud Mannoni, et surtout Jacques Lacan, le compagnon de route. Puis viendront les « suivants », jeunes analystes à qui elle se fait un devoir de transmettre, et enfin tous ceux qui lui demandent conseil et auxquels elle répond toujours de longues lettres attentives.
    Ainsi dans ces lettres passent, en marge de son oeuvre théorique et clinique, les interrogations, les incertitudes, les débats, les intuitions qui parfois s'élaborent dans d'éblouissants face-à-face avec ses interlocuteurs. Mais, au-delà de cet extraordinaire témoignage sur l'histoire de la psychanalyse et de ses institutions, cette correspondance, à la façon d'un journal intime, révèle un aspect plus secret de sa personnalité, montrant dans des lettres plus personnelles combien sa vie familiale (son mari, Boris Dolto, et ses enfants) a enrichi sa réflexion.

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  • « En composant un petit inventaire de caractères majuscules, pourquoi avoir choisi telle ou telle, Manet, Karen Blixen, Catherine Pozzi ou Nabokov, parmi les grandes personnes vraiment très grandes ? En commun, furieusement, elles possédèrent la science d'être soi. Mais encore Manet est mon premier peintre, comme on dit mon premier flirt, et qu'ai-je cherché à démontrer si ce n'est que Manet, comme mon père, n'était pas celui qu'on croyait ? Comment ne pas rejoindre Blixen et Pozzi dans leur conviction que seul l'amour vaut dans l'existence, si belle soit la vie et Dieu sait si elle peut l'être ? Pnine et Oblomov sont inséparables de l'homme de mes pensées et, bien qu'ils soient nés de l'obscurité du monde et de la fibre du peuple végétal, personne ne m'ôterait l'idée que j'ai soupiré, en chair et en verbe, plusieurs décennies déjà à leurs côtés. Mais toutes ces trajectoires sont avant tout mes vies immobiles.
    Elles sont secrètes, elles sont folles, mes vies d'en haut. »
    Martine Bacherich.

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