Xyz

  • Voyage au Mali sans chameau

    Alain Olivier

    • Xyz
    • 1 Novembre 2010

    Si l'on pouvait faire la cartographie intérieure du voyageur que je suis, qu'y verrait-on? L'enfant bercé par les vagues du lac Saint-Jean n'y est plus seul. Auprès de lui, on trouve la petite Hawa au ventre ballonné, le jeune Thanh aux yeux couleur de jais, Emma au grand nez aquilin, Kouassi, Pilar, Dieudonné. Il y a du thé vert, du tocai friulano et du bissap, de la paella, du couscous et du poulet kedjenou. On y pratique l'animisme, le bouddhisme et l'islam, on y parle italien, créole et attié. La papaye y voisine avec le bleuet; le néré, avec l'épinette ; la girafe, avec l'orignal. Suis-je pourtant plus riche que mon grand-père? Je n'en suis pas si sûr. Mais notre univers n'est plus le même. Nous serons mulâtres ou nous ne serons plus. Amoureux de l'Afrique, mais surtout de ses habitants, Alain Olivier adresse à son fils, resté à Québec, le récit d'un voyage au Mali. Il lui décrit les villes et la campagne, la faune et la flore, certes, mais ce sont les Maliens qui sont au coeur de son récit, ceux avec qui il partage un repas, un verre de thé et une conversation. Au gré de savoureuses anecdotes et de scènes de rue croquées sur le vif se dessine peu à peu l'image d'un peuple fort attachant avec son histoire et ses moeurs (ses superstitions, sa conception du temps, de la famille, des relations entre les hommes et les femmes, etc.). Ponctué de citations d'écrivains voyageurs, le récit se fait aussi, parfois, réflexion sur le voyage.

  • Mais pourquoi ai-je tant besoin que l' amour, que mon amour " père-fille " soit si parfait ? Ce voyage a trouvé au fond de moi sa justification - rationnellement, c'était une espèce de folie de partir -, justification dans la mesure où le but ultime, c'était de démontrer mon amour à ma fille, mon affection la plus désintéressée.
    Je sais bien que je voulais aussi en quelque sorte la " voler " à son monde, à sa société, à sa famille, à sa mère, à ses frères et à sa soeur. Moi tout seul, je voulais l'aimer. Je voulais montrer à ma fille, au moins une fois dans sa vie, à quel point j'étais capable de l'aimer bien, alors qu'elle participerait entièrement à l'une de mes aventures, à l'une de mes rêveries, alors qu'elle profiterait du meilleur de moi-même.
    Je m'essaie à ces quelques explications, même gauches, à cause de mon hypersensibilité à ce qui ne va pas, à ce qui pourrait ne pas aller. Tout ce voyage, la découverte du monde maori comme l'escalade des volcans les plus éblouissants, pourrait n'avoir absolument, et j'insiste, " absolument " aucun sens s'il fallait qu'en ce moment je sois à couteaux tirés avec ma fille. Partir, pour un nomade, ce n'est jamais fuir.
    C'est plutôt rester en quête.

  • Nuits d'Afrique

    Alain Olivier

    • Xyz
    • 21 Octobre 2006
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