Sabine Wespieser

  • « Toutes ces écoles, toutes ces années, tous ces visages d'enfants aujourd'hui vieillis continuent de m'accompagner, alors que j'ai quitté mon dernier poste en 1995. Cinquante ans de vie à l'école, 1945-1995, un roman où tous les vrais personnages se bousculent dans ma mémoire et où l'école laïque et républicaine que j'ai connue a perdu au fil du temps le rayonnement qu'elle avait encore lorsque j'ai débuté dans ce beau métier. Que lui est-il arrivé ? Le désespoir de certains enseignants me bouleverse. Aujourd'hui, si j'exerçais encore, il pourrait tout à fait s'emparer de moi. » M. L.
    Michèle Lesbre a été institutrice, puis directrice d'école, pendant de nombreuses années. Observatrice attentive des changements survenus dans l'Éducation nationale, elle s'interroge, dans ce texte qui n'a rien d'une fiction, sur le beau métier qui a été le sien. On sourit aux évocations de lectures buissonnières et aux tendres portraits d'élèves récalcitrants. On découvre une école libre et joyeuse, que maîtres et parents construisaient ensemble. Et où les enseignants, en fidèles héritiers des hussards noirs de la République, ne s'en laissaient pas conter sur le respect de leurs prérogatives.
    On lit aussi dans Tableau noir l'expression d'une sourde inquiétude. Face au désarroi des jeunes collègues en manque de formation sérieuse, face aux réformes à répétition et aux surcharges administratives, que va-t-il rester de l'utopie d'une école qui serait le lieu d'apprentissage de la vie ?
    Comme un contrepoint au texte vibrant et grave de l'écrivaine, les dessins de Gianni Burattoni viennent souligner ce magnifique hommage à un métier passionnément aimé.

  • D'un voyage à l'autre, Sébastien Lapaque s'est inventé une Amazonie familière, réelle et rêvée, d'hier et d'aujourd'hui, où se mêlent les souvenirs, les surprises, les paysages, les lieux, les livres, les conversations, les rencontres. L'ensemble s'ordonne aujourd'hui en itinéraire personnel, le long de la route transamazonienne, au fil de l'Amazone, en Guyane française et jusqu'à Salvador de Bahia où subsiste le souvenir du Père Vieira, logicien subtil et défenseur du droit des Indiens dont l'auteur a poursuivi le fantôme partout au Brésil. Altamira, Rurópolis, Itaituba, Manaus, Santarém, Cayenne, Marajó, Belém, São Luis do Maranhão, Salvador da Bahia : les étapes de ce carnet de voyage sont connues et inconnues. On y entend des histoires oubliées, on s'y souvient de bagnards et de grands hommes, on y découvre les enjeux géopolitiques contemporains ; il y est aussi question de l'aventure de la France équinoxiale, de l'élection de Luíz Inácio Lula da Silva à la tête du Brésil, de la déforestation, du chant des toucans, de la beauté du ciel austral.

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  • Quand il raconte son enfance au sein d'une famille nombreuse, fauchée mais heureuse, et convoque le ban et l'arrière-ban des voisins, des galopins, des concierges, des commerçants, des militants et des vedettes vénérées de l'écran et de la chanson, Robert Belleret bâtit autant de petites mythologies portatives, à l'usage des "banlieusards-têtes de lard". Carnet de souvenirs tendres et ironiques, où chaque personnage est porteur d'un monde, ce livre est l'évocation d'une époque et de ses acteurs, la banlieue dans les années cinquante, décrite avec un sens certain du détail enchanteur et la sincérité et l'humour de celui qui en est un des rejetons.
    Dans Les Dupont de Mayenne, Robert Belleret évoque la figure du grand-père né en 1851 qui connut la Commune, la fièvre colonialiste et l'affaire Dreyfus, et celle de Mémée Dupont, concierge au 22 de la rue Balzac, grande amatrice de Point de vue et de Jours de France.
    L'Enfance d'un antichef, c'est celle du père, antihéros atypique et figure centrale du livre, ouvrier à l'usine, militant communiste en douce, et vrai bricoleur du dimanche.
    Quant à la mère, employée au Crédit Lyonnais, puis chez Barclay, d'où elle rapportait les "épreuves d'enregistrement" et les "billets de faveur" qui permirent au petit Robert de s'initier à Tino, Momo, Léo et aux autres, elle fut soucieuse par-dessus tout de faire monter ses enfants dans l'ascenseur social... Les Militants, cousins communistes encartés et enthousiastes, surtout les jours de consultation électorale, ne l'enchantant qu'à demi.
    Avec l'évocation des courses à vélo ou des après-midi au boulodrome, des séances de cinéma au Bécon-Palace ou à l'Alhambra, des balades sur les grands boulevards, des virées dans les jardins publics ou à la campagne, la vraie, des rigolades familiales, des lectures - Tintin, Blake et Mortimer, Gaston Leroux et Maurice Leblanc -, l'auteur nous embarque sans cérémonies dans sa "vie quotidienne à Bécon-les-Bruyères" et bien au-delà nous invite à une plongée dans nos propres souvenirs.

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  • L'EAU ET L'HUILE Les Palestiniens me demandaient pourquoi ce conflit était si
    important pour moi et invariablement, je leur racontais la même histoire. Je
    suis devenue pro-arabe à l'âge de raison parce que papa Chouchou portait une
    djellaba. S. B. Juive d'origine tunisienne par sa mère, auvergnate et russe par
    son père, séfarade et ashkénaze, Sophie Boursat arpente les rives de la
    Méditerranée en quête d'une possible réconciliation. Du Caire à Tanger, de
    Marseille à Barcelone, de Jérusalem à Gaza, cette voyageuse impénitente
    provoque des rencontres improbables, esquisse des amitiés, explore la
    mythologie, connaît la violence et la haine de l'histoire mais aussi la grâce
    et l'humour du quotidien. Mais si l'eau et l'huile ne se mélangent jamais, elle
    le sait, Sophie Boursat dessine pourtant, dans sa géographie à elle, un
    territoire fragile et menacé où Juifs et Arabes, hommes et femmes, solitude et
    communion, sexualité et pur amour, imaginaire et réalité, pourraient se
    concilier. C'est bien dans l'utopie de la quête que réside la beauté de ce
    livre, véritable voyage initiatique aux confins d'un quotidien toujours à
    imaginer. Sophie Boursat est née en 1959 à Paris. Le travail de construction du
    monde et de soi qui donne son architecture au livre, elle l'a engagé sous
    d'autres formes artistiques : la peinture, le sculpture, la vidéo. Pensionnaire
    de la Casa de Velazquez, elle expose régulièrement en France et à l'étranger.
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