Pu De Paris-sorbonne

  • Lettres berlinoises du petit-fils de Diderot à ses parents (1800-1801) Nouv.

    Les 127 lettres inédites présentées dans ce volume furent écrites en Allemagne, et à Berlin pour l'essentiel, par Denis-Simon de Vandeul, secrétaire de l'ambassade de France en Prusse, entre 1800 et 1801. Elles étaient adressées à ses parents, Abel et Angélique de Vandeul, née Diderot. Conservées dans les archives familiale, puis confiées pour étude aux Archives départementales de la Haute-Marne, dont Diderot était originaire, elles furent copiées en 1917 par le conservateur Pierre Gautier, qui mourut au champ d'honneur. Si les originaux ont disparu, c'est ici la copie, aujourd'hui en mains privées, qui est publiée.
    À travers de ses lettres, Vandeul dessine le tableau des salons berlinois, où évoluent l'intelligentsia liée à l'esprit de Weimar, comme les Humboldt, et les artistes, tel Félix Mendelsshon-Bartholdy. Si les lettres à son père, important industriel manufacturier, nous informe sur la technologie locale et sur l'économie européenne au temps où s'achèvent peu à peu les guerres révolutionnaires, celles à sa mère, qui tient à Paris un important salon littéraire, décrivent la construction d'un nouvel ordre culturel international au soir de la Révolution. Bien évidemment, Diderot, dont la construction mémorielle s'élabore alors, y est un personnage obsédant qui préside au contenu de nombreux passages.

  • Lettres sur l'Europe (1892-1894) Nouv.

    Ahmad Zaki fut entre 1892 et 1934 l'une des figures les plus dynamiques de la vie culturelle égyptienne : polyglotte, traducteur, bibliophile, philologue, homme d'érudition, mais épris de modernité et de voyages. À l'aise tant dans la culture arabe que française, il stupéfiait déjà ses contemporains par l'ampleur de ses connaissances et sa liberté d'esprit. Le tour d'Europe qu'il effectua à partir de 1892 et dont on présente ici la traduction intégrale a tout pour nous étonner encore aujourd'hui par éclectisme dont il témoigne. Rédigeant ses feuillets à la diable, d'où un style singulièrement alerte, l'auteur nous fait partager le regard qu'il porte à la fois en humaniste, en ethnographe amateur et en touriste bon vivant, sur l'Italie, la France, l'Angleterre, le pays de Galles, la péninsule Ibérique, auréolée pour lui du souvenir d'Al- Andalus et de ses splendeurs. Chemin faisant, ce qui se construit, dans ce récit au ton personnel, mi-parti d'humour et de souci patriotique, c'est aussi un discours occidentaliste, véhiculant savoir et représentations moins de « l'Autre », que des autres, mais sans aucune lourdeur dogmatique.

  • " Que de patience, mon Dieu, exige cette navigation ".
    L'angoisse du journal de bord, quand Bougainville cherche à travers l'immense Pacifique à sauver des équipages épuisés par la famine et le scorbut, ne fait pas oublier les pages que le livre a consacrées à sa découverte enchantée de Tahiti. Celles-là qu'ont privilégiées les lecteurs du Voyage imprimé de 1771 (et tant d'autres depuis) afin d'arrimer leurs rêveries à l'île paradisiaque. Il importe aujourd'hui de lire ce texte en sa totalité pour saisir là dimension héroïque de l'aventure : le premier tour du monde accompli par des vaisseaux français, proclame Bougainville.
    Trois ans de navigation pour rendre les Malouines à Madrid, sonder en visiteur-espion l'Amérique hispanique, ramener les géants patagons de légende à leur attachante humanité, côtoyer les Fuégiens, deshérités du bout du monde, livrer au commanditaire royal un état présent de l'empire colonial hollandais (îles aux épices et Afrique australe). C'est cette aventure conduite par un homme des Lumières, plus philosophe que savant, pétri d'optimisme sans illusion, qu'il fallait restituer et éclairer.
    Son livre est celui d'un officier dont la défaite de 1763 a fait un marin et un voyageur-écrivain, qui se plaît à faire prévaloir, par une plume incisive, la vertu de l'expérience sur l'esprit de système : " Je suis voyageur et marin ; c'est-à-dire, un menteur, et un imbécile aux yeux de cette classe d'écrivains paresseux et superbes qui, dans les ombres de leur cabinet, philosophent à perte de vue sur le monde et ses habitants, et soumettent impérieusement la nature à leurs imaginations ".

  • Empreint d'une forme de "mélancolisation" du monde, de déploration parfois muée en colère, le dernier siècle des voyages semble demeurer invitation à explorer puis à écrire le monde. L'altérité et le tourisme, la politique, la poétique du récit, le cinéma et l'écriture contemporaine sont les cinq axes qui structurent le volume et permettents au
    lecteur de mesurer la variété, l'étendue et la richesse du corpus littéraire viatique du siècle passé. Derrière le plaisir du vagabondage littéraire se dessine surtout l'importance de la littérature de voyage en matière d'appréhension du monde : ces textes soulignent en effet l'articulation fondamentale du corpus voyageur aux grandes interrogations que suscitent la vie contemporaine et la création.

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