Promeneurs Solitaires

  • « Et je songeais à Maupassant, un vrai Normand, celui-là, à Maupassant pris par l'Algérie, puis par la Côte d'Azur que ne quittait plus son yacht, à Maupassant hivernant dix années de sa vie de Cannes à Monte-Carlo, de Menton à Antibes, Antibes où il mourut pour ainsi dire, puisqu'il n'abandonna la petite jolie ville que lorsque sa raison l'eût abandonné ! Et puis c'était des confidences d'autres hommes du Nord que je me remémorais, des gens des pays de brume ensorcelés par le Midi, et pour ne citer qu'eux, Alexandre Hepp, un Lorrain, un Alsacien même, et René Maizeroy, un Messin, tous les deux charmés par la Gueuse, et je songeais aussi un peu à mon cas... Parti pour l'Italie le 15 mai, et demeuré deux mois à faire la navette entre Marseille et Toulon, avec halte à Aubagne, Carqueiranne et La Garde, prisonnier du fort Saint-Louis à Toulon, comme du fort Saint-Jean à Marseille, promeneur inconscient des allées Lafayette comme des allées de Meilhan, où j'errais, ce soir-là, tout rêveur, en pensant au petit Septentrion... »

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