Presses Universitaire De Saint Etienne

  • Ces Lettres de voyage publiées par Rutlidge à la fin des années 1770 constituent un essai particulièrement réussi de son périodique Le Babillard.
    Elles éclairent l'itinéraire de cet écrivain original des secondes Lumières, qui a participé à quelques-uns des grands débats intellectuels de son époque avant de s'engager, en moraliste éclairé, dans le républicanisme libéral de la période révolutionnaire. Le tableau parallèle de Londres et de Paris que deux jeunes voyageurs envoient au Babillard plonge le lecteur au coeur de la société des villes, de ses intérêts et de ses chimères.
    En " spectateur moral et politique ", l'auteur croise le regard et la parole de ses correspondants qui dialoguent avec les étrangers, discutent des opinions et des modes, notent les disparités et les ressemblances. Médiateur engagé des deux cultures, anglaise et française, ouvert aux idées et à l'esthétique modernes, Rutlidge garde ainsi une distance critique et observe avec ironie la société et les moeurs.
    Les essais sur la langue, la littérature et le théâtre vivant font écho aux controverses du temps. Des promenades publiques aux divers lieux de la sociabilité culturelle, le récit mêle critique littéraire et réflexion sociale sur les thèmes à l'ordre du jour : sur le peuple et l'espace urbain, sur le patriotisme et l'esprit public, sur les pratiques contrastées de l'éloquence en France et en Angleterre.
    L'échange épistolaire est comme une métaphore de la vertu du commerce culturel pour détruire les préjugés réciproques et apprendre aux peuples à se connaître. Publiées dans le contexte de la guerre d'Indépendance des colonies d'Amérique, ces Lettres invitent à la réflexion politique sur le rapport de la liberté et des moeurs. En contrepoint de la vanité des titres et des modes, elles suggèrent un modèle pour l'avenir, l'image d'un peuple libre promu à une dignité nouvelle.

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