Petites Vagues

  • 1982. Nord Canada.

    Un camp de base à quatre cents kilomètres de toute civilisation où vont s'isoler quatre femmes et cinq hommes durant neuf mois. Découverte de la nature, découverte des autres et de la vie de groupe pour des jeunes gens habitués au confort de la vie moderne. Il leur faudra construire les cabanes qui les abriteront du froid hivernal nord-américain, chasser, approvisionner les poêles en bois de chauffage, vivre en compagnie des animaux sauvages, survivre aux drames et à un raid de trois cents kilomètres en raquettes et poussant des traineaux...

    Conseiller technique régional de Plein Air auprès de la Direction régionale de la Jeunesse et des Sports de Strasbourg, Fernand Lamy-Chappuis avait pour mission de former des animateurs en matière de canoë, d'escalade, de spéléologie, de ski et de randonnées en pleine nature. Passionné d'aventures et d'espaces vierges de toute trace humaine, il avait déjà organisé 14 expéditions en canoë dans le nord canadien lorsqu'il obtint, le 7 juillet 1982, un ordre de mission du Ministère de la Jeunesse et des Sports avec l'objectif de réaliser une expérience de vie en milieu naturel et sauvage, sans aucun contact avec le monde civilisé.

    C'est ainsi que l'auteur en est venu à mettre sur pied l'Expédition française « Retour aux Sources », agréée officiellement par la Fédération Française de Canoë-Kayak. Fernand Lamy jouissait d'un passé sportif élogieux puisqu'il avait, dans sa jeunesse, participé à quatre championnats de monde de slalom en canoë biplace, avec son frère Claude. Une référence qui n'était sans doute pas étrangère à la mission qui lui était confiée.

    En 2010, Fernand Lamy a 87 ans et en est à sa 40e expédition sur des rivières du Québec et du Yukon.

  • « J'ai eu la chance insensée de célébrer les plus belles années de ma vie à travers le Vin, le Verbe et le Voyage. Oserai-je ajouter Vénus ? Rien, pourtant, ne prédestinait un laborieux jeune Alsacien d'autrefois à cet état de grâce advenu avec l'âpre travail de la vigne ».

    Alsacien de coeur, vigneron de métier établi à Mittelbergheim et grand explorateur de la planète du vin, Pierre Seltz a vécu la « duplicité alsacienne » sous l'Occupation, dans une Europe balayée par la guerre, avant de partir à la découverte de la « France de l'intérieur », à l'aube des Trente Glorieuses, et de vivre son rêve américain sur les traces du pionnier de la viticulture californienne, Junipero Serra. Ainsi, il a apporté sa contribution à la grande équation américaine définie par Ernest Gallo, fondateur de la plus innovante des wineries qui a amené la génération du Coca-cola au vin. Le service de Bacchus lui a fait vivre, entre l'Ancien et le Nouveau Monde, une existence d'aventure et d'émerveillement qui interroge l'avenir d'une profession et d'une humanité prises dans la tourmente d'une mondialisation qui inquiète. Plus que jamais, le vigilant viticulteur alsacien déploie des trésors d'inventivité pour perpétuer ce qui fait une civilisation.

  • L'esprit qu'évoque et qu'invoque l'ouvrage de Marc Brignon, c'est celui qui souffle dans le Ban de la Roche, qui s'attarde à Senones, Moyenmoutier, Badonviller, Raon-L'Étape, Schirmeck, Saint-Quirin et Abreschviller, qui remonte les vallées du Rabodeau, de la Plaine, de la Haute-Bruche, du Blancrupt, de la Sarre Rouge, qui gravit le Donon où il reprend des forces, puis qui repart vers les anciens lieux de Malfosse, de La Maix, de Prayé et de Sainte-Odile...
    Sans cesse et sans repos... Cet esprit était celui qui animait les croyances et les rites populaires des villageois de jadis et naguère, qui valorisait leur vision des hommes et de la Nature, qui imprégnait leur parler et, surtout, leur humour. Cet esprit s'incarnait donc dans la critique que les habitants faisaient des défauts humains et des villages voisins, dans les cérémonies et les superstitions liées aux âges de la vie - naissance, mariage et mort - ou aux hauts jours - fêtes de l'année liturgique -, dans les dictons météorologiques et, enfin, dans l'omniprésent patois des Pays du Donon.
    Les nombreux témoignages oraux et les documents d'archives sur lesquels s'appuie le travail ethnologique et dialectologique de Marc Brignon permettent de confirmer que le Donon, montagne sacrée des Celtes, sa région et ses anciens habitants étaient, véritablement et dans tous les sens du terme, spirituels.

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