Matiere Noire

  • « J´écris depuis la chambre.
    J´avance à brasses longues dans la nuit profonde.
    Je suis un capitaine sans vaisseau, sans océan, rien que le sable pour se racler les dents.
    J´avance à reculons, entre la chaise et le divan, entre la fenêtre et le lit, sous les draps, serrant fort dans mes bras mon koala, ma peluche, mon doudou, réceptacle de ma barbe drue, de ma bave molle, de mes larmes brèves.
    J´entends chanter au loin, au proche, au près, de plus en plus près. Don´t worry babe it´s just the end of the world. La fin du monde ? Plutôt la fin d´un monde. Ce monde qui se déploie à la juste mesure de mes paupières et qu´irise la lumière de mes prunelles. Ce monde mien. Plus pour longtemps. Petite apocalypse intime. Baisser de rideau. Capilotade. Chacun sa part du gâteau. J´ai eu ma tranche. Tranche de vie, tranche de rire. Que les autres se débrouillent avec la leur. » Bertrand Betsch, en bon musicien, rythme, répète, joue sur le thème et ancre son refrain. Depuis la chambre est son motif, son leitmotiv, qu'il pousse au bord de l'épuisement au travers de 27 chapitres tantôt drôles, sarcastiques, poétiques ou saugrenus.

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