Langue française

  • Cet ouvrage permet de redécouvrir l'un des plus grands prosateurs français du siècle de Louis XIV.
    Il s'agit d'Antoine Galland, envoyé comme traducteur aux côtés de l'ambassadeur du Roi à Istanbul entre 1672 et 1673. Son journal de voyage, singulièrement tenu pendant ces deux années, rend compte de ce qu'il découvre dans son rôle d'interprète officiel, et nous offre au jour le jour des descriptions de la vie quotidienne à Istanbul, au hasard de l'insondable Grand Bazar et jusqu'à Andrinople. Dans la très belle prose de son époque, ce grand érudit, qui connaissait en profondeur le persan, le turc et l'arabe, évoque, parmi les anecdotes, la mission personnelle dont l'avait chargé Colbert : la recherche de manuscrits anciens destinés aux travaux du Collège royal.
    Chemin faisant, entre contes et fables, cet " honnête homme " découvre avec bonheur que les Orientaux n'ont pas l'esprit moins droit ou moins vif que les peuples du Couchant. Quant à sa mission, elle vaut aujourd'hui à la Bibliothèque Nationale de posséder, entre autres trésors de la même origine, un manuscrit des Mille et Une Nuits datant du XIVe siècle, qui fait l'envie du monde entier. Rappelons qu'Antoine Galland est l'auteur de la toute première traduction des mêmes Mille et Une Nuits et que, au regard des historiens de la littérature française, celle-ci constitue, dans notre prose, l'étape intermédiaire entre La Princesse de Clèves et Zadig.

  • Les Contes sous la Croix du Sud publiés ici même en 1967 par Giselle de Goustine, qui les avait recueillis sur place, étaient épuisés depuis longtemps.
    La fraîcheur de ces contes soudanais appelait cette réédition. D'autant que ce sont les mêmes fables qui se racontent du Sénégal au Tchad et de la Forêt au Sahara. Cette littérature du Yatenga déborde tout le pays mossi et mandé. Comme l'écrit dans sa préface l'ancien gouverneur général Delavignette, ces contes éveillent en nous à la fois l'ivresse d'explorer des domaines inconnus et la joie de découvrir un trésor auquel tous les hommes ont part.

  • Il y a cent ans Myriam Harry obtenait le premier prix Fémina...
    Ce serait anecdotique si le personnage n'était hors du commun. Comment, née d'un père russe et d'une mère allemande, après une enfance fantasque à Jérusalem, le suicide de son père et le traumatisme d'une pension berlinoise, est-elle arrivée à Paris à 17 ans pour devenir une femme de lettres française, c'est ce que raconte cette première biographie d'un écrivain qui a enchanté ses lecteurs durant l'entre-deux-guerres.
    Son exotisme était en phase avec la vogue orientalisante liée à la colonisation, mais il était surtout pour elle une expérience de vie, une culture construite de façon un peu baroque dans une ville où se côtoyaient toutes les religions, tous les fanatismes, toutes les langues, où la Bible se mêlait aux récits des Bédouins, ou aux légendes d'Astarté, d'Adonis et de Baal. De ses nombreux séjours au Moyen-Orient surtout, mais aussi à Madagascar et en Extrême-Orient, elle rapporta de précieux reportages et toute une série de romans qui furent de grands succès de librairie.
    On y trouve l'écho de la présence française au Moyen-Orient et des rivalités franco-anglaises, des recompositions de l'Empire ottoman, de l'arrivée des premiers colons juifs en Palestine ainsi que des désirs d'émancipation des femmes, car elle était très attentive aux gens et aux lieux. Ses rêves, magnifiés par une langue aussi riche que la palette des peintres orientalistes, avaient rencontré le désir d'Orient des Français.

empty