Les Carnets Du Dessert De Lune

  • (extrait) Je lui ai parlé à la vie, ce matin sous la douche : « Bonjour Madame la vie. Vous savez tout de vous en moi. J'en sais peu. Ma connaissance de vous est cloisonnée par les contingences de la condition humaine. Il n'y a pas si longtemps, tout simplement et trop souvent, je me prenais pour moi. Je n'ai pas besoin de vous en dire davantage. Vous êtes tout, sans moi et moi, sans vous, je ne suis rien. » Je n'ai pas son adresse mail pour lui envoyer ce message. Si tu la connais merci de m'en faire profiter. À moins, bien entendu, que ce soit un secret entre vous. Je n'en serais guère étonné. Je pense qu'il fut un temps où tu étais bien en état d'entendre d'elle des confidences auxquelles l'individu, dans la plénitude de son conditionnement en accord avec son très large environnement, reste sourd. Je crois qu'en voulant comprendre son existence, en faisant appel à toutes les connaissances inculquées par le formatage porteur du certificat de savoir être, l'homme s'avère solidement armé pour ne rien comprendre.

    Sur commande
  • En Mai 1968, cinquante ans plus tôt, dans la capitale il en était sur les barricades ; d'autres en province, c'est ainsi que l'on nommait les régions à l'époque, usaient leur culotte sur les bancs de l'école, loin des « CRS SS » ou des « Sous les pavés la plage » et tentaient vaille que vaille de vivre au jour le jour.
    C'est ce que raconte ce bref récit, compact et dense comme ces pavés qui furent lancés pour un monde qui se voulut meilleur.

  • Il est aisé d'avoir du penchant pour l'Italie, et tentant d'aller traîner chez elle son " espoir de bellezza ". L'Italie, il est vrai, peut combler cet espoir assez vite, et sans trop se fatiguer. Le penchant, du reste fort honorable, pourrait se dire : " aimer bien " l'Italie, tournure dans laquelle l'adverbe " bien ", paradoxalement, atténue la force du verbe.
    Mais " aimer " l'Italie, l'aimer tout court et tout entière, l'aimer en dépit de tout et d'elle-même, c'est une autre affaire. Aimer l'Italie avec constance, l'aimer malgré la déception toujours possible, malgré ses dérobades et ses faux-semblants, avec la nécessité de refaire toujours sa connaissance, avec l'appétit renouvelé de la retrouvaille et la douleur renouvelée du départ, voilà une expérience plus rare. C'est une telle expérience que nous livrent les carnets de Jean-Louis Jacquier-Roux.
    © Pierre Présumey (extrait de la préface)

empty