Le Temps Qu'il Fait

  • « Car ce que je ne sais comment nommer, qui n'est ni une histologie de l'âme, ni une autobiographie, ni un récit ; qui n'a pas de Nom et n'en réclame point, pourrait aussi se lire en commençant par la fin qui, sans la moindre intention, sans même que le souvenir du début ne l'influençât - si ce n'est par réminiscence - le rejoint : bouclant la boucle en un mouvement indéfiniment orbital... » Ce livre presque inédit (puisqu'il a paru une première fois sans être jamais diffusé) est le début de l'entreprise autobiographique que Cécile Reims poursuit en marge de son travail de graveur depuis plus de trente années. Tout s'y trouve déjà de sa méthode d'exploration : in- terrogation des rêves et de la solitude, observation de l'acte créateur et de la vie quotidienne, remémoration du douloureux passé et questionnement sans fin de la mort initiale... Et le silencieux dialogue avec le compagnon de tous les instants.
    « Je porte le deuil de mes pertes » pourrait être le résumé de ces pages obstinées - à moins que ce soit « Que ma joie demeure ».

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  • C'est en observateur en apparence détaché, presque impassible, et d'autant plus attentif aux spectacles de la rue, «poreux » aux impressions les plus banales, qu'il nous adresse ce petit vade mecum non dénué d'émotion où le temps du voyage tourne définitivement le dos à celui du tourisme.

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  • « Il ne s'agira pas ici de figer telle ou telle vision pittoresque par l'écriture ni même de proposer un itinéraire inédit à un éventuel voyageur, mais plutôt de suggérer ce que l'on a cru voir circuler dans une contemplation plus ou moins attentive. C'est ce résidu visuel qui fait de l'impression confuse une certitude poétique que le lecteur pourra peut-être glaner çà et là. Et puisque la culture classique (histoire, mythes, langues) tend à s'effilocher au point de devenir imprécise à beaucoup, puisque l'on voit à notre époque les explosifs ou l'abandon venir à bout de Palmyre, Hatra, Pompéi ou Leptis Magna, il m'a paru important de perpétuer d'une manière ou d'une autre la polysémie de lieux familiers dont la précarité m'était précieuse. » Le désir de saisir une sensation poétique plutôt que de plagier la réalité, cette manière de confronter l'immuable et le renaissant en cherchant à vivre le déplacement comme une traversée du temps : voilà les qualités de ce livre bref qui n'est nullement une contribution à l'ordinaire littérature de voyage, mais la version personnelle d'un thème déjà beaucoup joué, une narration rêvée « contredisant la chronologie fougueuse du monde ».

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  • « Je m'étais cru original. Je compris à San Francisco combien sommaire et timoré avait été mon football de table. Encore ignorais-je qu'à ce moment-là, Kerouac, alcoolique en sursis dans sa petite maison à l'autre bout des États-Unis, repoussant les toqués de clochards célestes et d'anges vagabonds, tapait encore sans témoins son carton personnel. Jusqu'à la fin, attendant la mort les cartes à la main, il pratiqua ce complexe jeu d'enfant. Sa vie durant (courte vie), il transporta partout ses fiches bariolées, répertoriant les prouesses, les fiascos, les classements provisoires ou définitifs de toutes ses équipes et de tous ses joueurs, comme pour obéir au poète Ramos Rosa : «T'entourer de noms et te perdre». » Un Breton de Marseille fait irruption dans la vie et dans l'oeuvre de Jack Kerouac.
    Adrien Le Bihan qui, enfant, pratiqua des jeux pareils à ceux de Jack, qui partage avec lui la folie des noms, court sur ses traces de sa ville natale à Baltimore et San Francisco, de New York à Tanger et Paris, interrogeant les livres qu'il a lus, les océans où il a navigué, les dictionnaires qu'il a explorés, le crime qui l'a marqué.
    Interprétant avec lui les voix de la mer, il rapproche les branches de leurs arbres généalogiques, leurs fictions familiales et, résolvant quelques énigmes, s'émeut de découvrir en Jack Kerouac un héros plus fraternel qu'il n'osait l'espérer.

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  • « De 1937 à 1952, Ismaël et Guy Villéger ont recueilli un million de cassons de vaisselle. Sans savoir au début de quel puzzle ils seraient les pièces, quel décor ils inventeraient. Pour le restaurant, les façades sur rue, sur cour, pour le jardin. Pour la grande salle à manger, et pour les pièces à vivre. Même s'il n'y a personne pour y vivre. Aucun candidat au rachat.
    Les âmes du purgatoire ont beau solliciter nos suffrages. » Denis Montebello aura connu les derniers mois d'existence de ce modeste chef-d'oeuvre, infime monument de l'art populaire, conçu et réalisé par un aubergiste avec l'aide de son fils, au bord de la route dans un village de Charente maritime, comme une invitation aux joies du partage entre vivants. À peine aura-t-il eu le temps de célébrer l'inventivité spontanée de ces deux poètes ( qui « traduisent un texte dont ils ont oublié l'original » ), d'arriver au bout de son récit qu'il apprendra que La Gaieté a été démantelée. Il croyait que son texte comblait les lacunes que le temps avait laissées dans les mosaïques de la façade et voilà que son texte allait devenir tout ce qui reste de l'oeuvre d'une vie...

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  • Un séjour de deux ans à Alep (1999-2001) a permis à Vernet de sillonner la Syrie et les alentours en voyageur sans but, habillé d'effacement et d'invisible, avec ce seul programme : "greffer son ignorance à de l'inconnu". Son récit n'est pas un journal, plutôt une chronique sans date des grandeurs et misères, sublime et sordide, qui lèvent sous le pas de l'errant avide des rencontres les plus humbles et les plus fortes. Méditation plus encore que reportage, ces pages témoignent moins d'une fuite hors du monde civilisé que d'une marche décidée vers la solitude essentielle. Patience du regard partagée par les compères photographes.

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  • « Personne, jamais, n'a posé un tel regard sur Georgina, pas même le fils de la maîtresse ce jour du don du livre, elle se souvient du clair de ses yeux tristes, des sourcils froncés par l'étonnement comme s'il doutait de sa réalité à elle ; le regard dont la gratifie le chien gris éclaire le monde, donne du sens à ce pays familier et pourtant étranger qu'elle voit noir en plein été, et à elle-même Georgina qui parle si peu et court toujours, comme lui en donne l'existence de Gaspard et ce livre offert qui ne la quitte plus désormais. » L'auteur nous plonge dans le monde des villages, « monde de labeur et de saisons rudes », monde hors du temps car de tous les temps. Ce sont deux récits venus de l'enfance et écrits dans une sorte de fièvre qu'elle articule ici comme les volets d'un diptyque puissamment archaïque. Sa fascination communicative pour des personnages vibrants de passion et de rupture contenue élève ses histoires au rang de paraboles, et glorifie l'arrachement au despotisme des peurs et des ignorances, l'aspiration à la lumière de la création ou de la liberté personnelle.

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  • Le millier d'arbres sous le regard est le carnet d'un voyage effectué au Japon pendant la période du hanami. Par hanami, les Japonais désignent ce moment de l'année sacré entre tous durant lequel, rassemblés sous les «nuages roses et flottants» des cerisiers en fleurs, les plus jeunes comme les plus âgés, les ruraux comme les citadins communient à la vue du printemps renaissant.
    L'auteur, qui a pris l'avion depuis la France dans le but avoué de s'abîmer lui aussi dans la contemplation de cette pluie de pétales éphémère, retrace ici sa quête improbable. Quête sans cesse déçue, de Tôkyô à Kyôto en passant par les Alpes japonaises. En effet, la floraison n'est jamais vraiment au rendez-vous : toujours en mouvement, elle remonte dans le pays comme une vague et ajoute sa propre nature insaisissable à cette poursuite de la fugacité. Jusqu'à la dernière étape, au mont Yoshino, où, perdant tout espoir de réussite, mettant ses pas dans les pas des poètes anciens - Saigyô, Bashô, Buson -, l'auteur trouvera la paix dans les collines silencieuses.
    Dans ce carnet de voyage, le blanc de la page se lit comme un espace vide où chaque fragment se fait pétale en chute libre.

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  • C'est a dire Nouv.

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