Le Realgar

  • La petite aquarelle

    Bruno Duborgel

    La petite aquarelle aime, à l'image de son auteur, l'effacement, la réserve, l'état de présence silencieuse. On la dirait éclose aux lisières de l'invisible. Ce paysage de peinture laisse lever en lui l'image, maintenue cependant en bordure du rêve, d'une peinture de paysage. Paysage : mot élu, entre tous, par Zoran Music qui désenclave ce terme de son usage banal et l'élève au rang d'une cartographie artistique oblique d'où scruter notre condition.

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  • « Rien ne remplacera jamais cette lumière qui vient mordre le coeur, on ne sait pourquoi, et qui n'est pas sotte béatitude. La lumière est un loup, une abeille, une caresse. Sans la lumière, nous serions morts. Nous ne saurions vivre en permanence dans le noir, dans l'effroi. Écrire ne doit jamais ajouter du noir au noir, puisque le noir, déjà, est partout. C'est le message du pré, ce matin, tandis que je chemine à travers lui, sur sa pente raide, juste à la lisière d'un bois, tandis que le soleil semble mettre le feu aux pierres d'une murette qui m'éblouit le coeur, et je ne parlerai même pas du chevreuil qui bondit sous mes yeux comme l'alphabet musical d'une autre langue. »

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  • Le jardin au fond

    Amélie Adamo

    « Head Wood I am. J'ai la tête de bois. Bourrée de noeuds à l'âme. Je sais plus si je vis. Si je suis éveillée. Tout ce merdier, c'est réel ou pas ? Va savoir comment tout ça a commencé. Je marche depuis quand ? Je me souviens qu'à un moment j'ai essayé de fuir cette putain de forêt. Y avait l'horizon derrière les arbres. Et le soleil qui butinait jaune rouge à fleur de lisière. À voir c'était chouette. Mais je sais pas. J'y suis pas allée. Y a cette chose qui me guette. Derrière devant dessus autour. Paralysée je détale pas. J'ai peur. Je marche en rond. Le nez aux godasses. La lisière ça fait maintenant un bail que je la vois plus. Les arbres font une ronde autour de moi. Uns à uns ils se sont resserrés. Y a plus d'horizon. Plus de soleil. Plus d'air. Tout s'est parfaitement colmaté. Comme les planches d'un cercueil vivant. Parce qu'elle vit cette putain de forêt. »

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  • Par les caprices du labyrinthe monstrueux au-dessus duquel elle s'est étendue, Saint-Étienne vibre et danse, questionne le regard du minotaure égaré entre ses murs. C'est une ville où, singulièrement, la verticale des immeubles impose cet exercice rare au piéton : penser à sa propre verticalité. C'est une ville dont le dessin des rues reprend ponctuellement le méandre des eaux. C'est une ville couchée sur des kilomètres de rivière turbulente et des kilomètres de galeries éteintes. C'est vivant et c'est mort, c'est demain et c'est ancien, c'est là et ce n'est pas là, c'est là.

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