Le Mot Et Le Reste

  • C'est en rêvant devant une carte que l'idée est venue à Jean-Luc Muscat : débuter une randonnée, de Vézelay à Figeac, sans autre moyen de locomotion que ses jambes. Une traversée de ce que les démographes appellent Diagonale du vide. Ce cheminement de 660 km s'entortille, entre les chemins balisés, ou non, les routes hostiles aux piétons ou celles destinées aux pèlerins. En suivant cet itinéraire de la solitude, notre observateur traverse des zones à très basse densité de population ; peu de commerces, peu de services, c'est à la fois tranquille et austère, poétique et triste, ordinaire et beau. Au plaisir de la marche, se mêle la découverte d'une réalité que le randonneur ne peut ignorer et c'est avec beaucoup de sensibilité qu'il dépeint son expérience à la fois sensorielle et sociale.

  • Kenneth White nous conte le récit d'un voyage qu'il effectua pour atteindre le Nord rugueux et sauvage du Japon : Hokkaidô, ses ports et ses montagnes. Point de départ : Tokyo, la ville tentaculaire.
    Après quelques jours passés à s'imprégner des signes de cette ville chaotique, l'auteur part sur les traces du poète zen Bashô jusqu'à Hokkaidô, cette terre que les Japonais ont conquise sur les Aïnous, un peuple de pêcheurs et de chasseurs implanté au nord du Japon et à l'est de la Russie, et où, chaque année, des cygnes sauvages migrent depuis la Sibérie. Dans un registre unique alliant expérience physique, poésie dynamique, pensée vive, le texte rapide et à niveaux multiples de White est plus qu'un livre de voyage, c'est un livre qui ouvre un espace de vie profond et intense.

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  • On commence par admirer le paysage où coule l'Hudson pour finir par aimer la désolation du Sahara. On aurait bien du mal à expliquer pourquoi et comment s'est opéré le changement. On ne peut pas toujours disséquer un goût ou une passion. On ne peut pas épingler la Nature sur un tableau et dessiner la carte de ses beautés à coup d'équerre et de compas. On ne peut guère donner que ses impressions, rien de plus. Peut-être puis-je vous faire quelque peu le récit de ce que j'ai vu au cours de ces deux années de pérégrinations ; mais je ne serai jamais capable de vous exprimer la grandeur de ces montagnes ni la splendeur des couleurs qui enrobe les sables brûlants étalés à leurs pieds.

  • Ce texte de Mary Austin est l'un des grands classiques de la tradition américaine de nature writing et les critiques de son temps ont comparé sa sensibilité à l'environnement à celles de Thoreau et Muir. Sa célébration de la beauté du désert la place dans toute une lignée d'écrivains américains qui, de John Van Dyke à Edward Abbey, ont fait porter sur ces régions un regard à contre-courant du désir d'exploitation indissociable de l'histoire de l'Ouest américain. Se tenant à l'écart tant de l'esthétisme que du sentimentalisme, Austin n'en parvient pas moins, dans une prose sobre mais intense, à évoquer les singuliers pouvoirs d'envoûtement du désert de l'Ouest, tout en laissant entendre de manière poignante la résonance intime du mélange de beauté et de douleur propre à ce lieu.

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  • La route bleue

    Kenneth White

    Dans La Route bleue, Kenneth White part à la recherche du Labrador, territoire canadien fantasmé depuis longtemps. Nous le suivons dans son périple depuis Montréal. En chemin, il rencontre des Amérindiens, des mineurs, des chasseurs, des descendants d'Écossais, de jeunes Pocahontas, de vieux chamans. Il visite les mines et les réserves, écume les bars, scrute les paysages et écoute le monde. Plein d'humour et de poésie, ce récit de voyage est aussi un texte d'initiation. Le routard qui nous parle est un intellectuel nomade et inversement : aux petits tracas quotidiens du voyageur, aux dialogues truculents avec Eskimo Joe ou d'autres personnages hauts en couleurs, alternent rêverie philosophique et références à une constellation d'écrivains et de penseurs libres.

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  • À l'hiver 2015, Gwenaëlle part trois mois dans le sémaphore de l'île d'Ouessant. C'est pendant, et à la suite de ce séjour, qu'elle écrit ce récit. Là, sous le grand phare du Créac'h, se racontent un voyage immobile et une expérience d'immersion au contact des éléments et des îliens. Elle explore les lieux et rencontre les habitants, les derniers marins de commerce, les guetteurs-sémaphoriques et gardiens de phares, et les femmes, gardiennes des lieux, qui occupent une place prépondérante sur cette île du Ponant. On découvre cet espace à part, territoire de l'extrême entretenant un rapport particulier à la noirceur et à la mort. Face à la mer et sous les faisceaux du grand phare, l'auteure vit cette expérience comme une renaissance dans le passage et l'exil que représente l'écriture.

  • Kenneth White nous emmène sur les petites îles de l'Atlantique tropical, cet archipel à la courbe gracieuse qui s'étend de la côte du Venezuela à la Floride : les Antilles. Il les a fréquenté de longues années durant, sillonnant l'espace marin, les arpentant à pied.
    Tout commence dans l'Archivo General de Indias à Séville, où White tombe sur un vieux livre où il était question des premières approches de ces îles : la Deseada, Marigalanta, La Dominica, Barbados etc. C'est comme une musique lointaine à ses oreilles. L'Archipel du songe est une histoire de migrations, de langues diverses, de rencontres avec des conteurs et des pêcheurs, d'expériences diverses vécues à travers les territoires, de moments de sensation et d'extase dans des solitudes en compagnie d'iguanes et de flamants roses.

  • C'est dans un esprit similaire à celui de Thoreau que J.-L. Muscat appréhende le monde. Il ouvre la porte de sa maison et l'aventure est là. Sept jours de marche et de flânerie l'emmènent des forêts du Ségala au Causse du Quercy après avoir traversé et retraversé Lot et Célé. Il emprunte les sentiers forestiers, suit des bribes du chemin de Saint Jacques, observe attentivement la nature mais plisse aussi les yeux pour se créer des tableaux impressionnistes, se reposant dans des gîtes désertés ou à la belle étoile. Cet ancien forestier imprégné de nature se réclame de l'escargotisme, réfléchit sur cette mobilité effrénée où l'on veut découvrir le monde avant de connaître la proximité de son jardin. Il écrit pour nous faire voyager avec lui, si loin, qu'on en oublierait être si proche.

  • Kenneth White a traversé de nombreux territoires au fil de ses livres et se concentre ici sur la France, sa terre d'élection. Comment écrire afin de découvrir du réel à chaque pas ? Au moyen d'une prose qui ne soit pas confinée au roman, avec toujours en tête la volonté de traduire une connaissance scientifique en un langage vivant, un gai savoir. C'est cela qu'il expérimente dans ces pages. En commençant par la côte normande, puis en montant dans le Morvan avant de plonger au fond du Périgord. Ensuite, ce sont les Pyrénées et les Cévennes, l'Ardèche, la Lozère. Plus au sud, la Provence et la Narbonnaise. Enfin, un long périple sur la côte atlantique, depuis Biarritz et Cap-Breton jusqu'aux pointes du Finistère. Et pour terminer, une traversée outre-mer, vers l'arc des petites Antilles.

  • Paru pour la première fois en 1978, Dérives retrace « les années de la grande dérive » dont Kenneth White fait l'expérience. Au départ, le besoin de sortir des codes et des structures, de recommencer à la base. D'où une suite d'errances et d'expériences, de rencontres lumineuses avec des poètes, musiciens, junkies, amantes, d'abord en Grande Bretagne, dans un Londres underground, un Glasgow labyrinthique, avant de poursuivre la quête dans un Dublin secret, avec toujours dans l'air une musique faite de blues, de rock, de raga, et de cris de mouettes. Puis c'est le Continent, à travers un Anvers fumeux, un Amsterdam métaphysique, un Barcelone délirant, un Marseille lumineux. Et, terre ultime, l'Afrique du Nord : le désert, le sable immémorial, le vent du vide, le silence.

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  • Les voyages de Kenneth White sont plus que des voyages, ce sont des itinéraires de l'esprit. Et son écriture, jamais seulement descriptive, ouvre un champ d'énergie. Cette fois, le territoire, c'est l'océan Indien, tout ce splendide espace qui s'étend entre le mince détroit de la mer Rouge et l'ample golfe du Bengale : moussons et volcans ; requins et tortues ; épices et aromates. Et les compagnons de route sont, ici, des naturalistes fervents et quelques rares philosophes, là, des pêcheurs, des vagabonds, des hors-la-loi et des solitaires.
    Parcours d'île en île, certaines grandes et diversement peuplées, d'où des tableaux vifs, drôle et en couleur de politiques, de cultures et de moeurs, d'autres à peine plus que des bancs de sable hantés par des oiseaux migrateurs.

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  • Le style de Melville a rarement été aussi poétique et inspiré que pour ces Îles enchantées.
    L'auteur s'est rendu à plusieurs reprises dans l'archipel des Galápagos et s'inspire de récits de voyage pour agrémenter la description de ces « vingt-cinq tas de cendre ». Dans ces terres hostiles et inhabitées qui véhiculent de nombreuses superstitions et légendes, il voit un espace mystérieux et envoûtant, invitant le lecteur à s'ouvrir à la beauté qui l'habite. Les dix esquisses qui composent le récit nous emmènent sur le pont, entre chasses aux tortues, naufrages et descriptions enivrantes au gré des courants. Cet ouvrage établit un parallèle inédit entre une nouvelle traduction du texte de Melville Les Îles enchantées, et le chapitre XVII du Journal du Beagle de Darwin consacré aux Galápagos.

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  • Des étendues de glace et de neige, des touffes de végétation brûlées, un sable noir. Le silence, le seul véritable silence, et la mer. Noire, calme, profonde, forte, une mer de marbre, immense et dure, la mer d'Okhotsk. Un bâtiment public sur la côte hivernale du nord de l'île de Hokkaidô comme refuge, ou point de départ aux déambulations songeuses et poétiques de Nadine Ribault. Apprivoiser cet espace infini, s'y lier, embrasser le tragique du lieu, se confronter à l'inconnu, au rugueux. Puis, marcher sur la glace du lac Saroma, traverser la mer des glaces, surplomber l'abîme depuis le cap Notoro, arpenter la forêt de bouleaux de la péninsule de Shiretoko en sa compagnie. Observer et non pas conquérir, ressentir et non pas appréhender, l'approche poétique de Nadine Ribault laisse le loisir au lecteur de trouver son souffle, dans une réelle expérience de partage.

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  • Après avoir parcouru le monde, enseigné et vécu au Japon, Nadine Ribault se consacre à l'écriture, en retrait, près de la mer du Nord. Influencée par les romantiques et les surréalistes, son oeuvre est traversée par une sensibilité très forte à la Nature. Carnets des Cévennes est son sixième ouvrage.

    En plein été, le Causse soudain se mettait à parler d'hiver, de gorgées de lait chaud, mielleux, de flambée de bois, de doigts gelés, de chiens frigorifiés. Il y avait si peu d'hommes, si peu de hameaux et si peu d'arbre au demeurant. Quelques brebis seulement telles des silhouettes de danseuses orientales, par ci, par là, et puis une carcasse blanchie contre laquelle mon pied vint soudain buter.
    Nadine Ribault aime la marche et la nature. Elle écrit des romans, mais après chacun d'entre eux, après cet acte de création et de résistance, cette inspiration, elle a besoin de s'ancrer à nouveau dans son existence, de s'appuyer sur le réel, d'expirer. Cela, elle le réalise en écrivant ce qu'elle nomme des Points d'Appui, sortes de carnets d'écrivain, comme le peintre a son carnet de croquis, mais élevés au rang de pièces maîtresses. Ces Points d'Appui sont tous rattachés à un lieu, ici les Cévennes.
    Dans les Carnets des Cévennes, Nadine Ribault nous raconte sa marche à travers les Cévennes - les drailles, les fleurs sauvages, le Mont Aigual et le défilé des nuages. Chemin faisant, sa rêverie ouvre la voie à des questionnements esthétiques et philosophiques, intimes parfois, et à une mise en perspective de l'acte d'écriture qu'elle maîtrise au demeurant parfaitement bien : le mot est toujours juste, jamais en trop, la phrase est ciselée et légère.

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  • Nadine Ribault écrit des romans, des nouvelles et des carnets d'écrivain. Grâce à ses carnets, elle lie, relie, déconstruit et reconstruit sa voix. Ils sont comme des pièces maîtresses, des solives délicatement ouvragées qui donnent appui à l'ensemble de son oeuvre.
    Les Carnets des Cornouailles ont été rédigés au retour d'un séjour en Angleterre. Après un pélérinage sur la tombe de la philosophe Simone Weil à Ashford, l'auteur a résidé dans le petit village de pêcheurs de Port Isaac juché entre la lande. Ce paysage rude fait naître des rêveries, des amorces d'histoire, des révoltes aussi. À l'inverse du ton plus apaisé des Carnets des Cévennes, on sent poindre ici une agitation, un cri, avec en filigrane des interrogations sur les murs et les frontières qui séparent les hommes.

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  • Visite à un potier, marches au milieu des montagnes, rencontre avec un maître de flûte ou une créatrice de masques de nô, parcours dans les allées d'un temple dans la nuit du nouvel an, représentations de nô et de kabuki, séances d'observation attentive des animaux, pérégrinations parmi les textes des féministes anarchistes japonaises du début du XXe siècle sont autant de chemins empruntés par Nadine Ribault afin de forer en elle-même toujours plus avidement. Après un séjour au Japon, en 2009, l'auteur écrit les Carnets de Kyôto dans un mouvement d'interrogation sur le temps : qu'est-ce que «vieillir» dans les sociétés dites civilisées d'aujourd'hui? L'expérience personnelle et unique que certains êtres rares rencontrés alors, mènent pour échapper à la tradition comme à la modernité, et vivre, et vieillir, par eux-mêmes, conscients des mirages, guide sa recherche

  • Loin de la Californie fantasmée, le Nord de celle-ci est couverte de brume et de séquoias géants. C'est dans les somptueuses forêts de ces arbres gigantesques et jusqu'au King Canyon, que nous entraîne Arnaud Devillard. Dans ces paysages incroyables se mêlent sauvagerie des grands espaces et pittoresque des haltes en camping à l'Américaine. Camping-cars mieux équipés que des appartements, confort casanier au milieu des arbres, c'est un véritable choc des cultures pour le français et sa tente canadienne. Cette expérience de la démesure, souvent hilarante, nous est dépeinte avec humour par Arnaud Devillard, qui, confronté à cette exubérance, parvient malgré tout à trouver les grands espaces qu'il était venu chercher.

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  • Le paysage, tour à tour protecteur et destructeur et l'appel irrésistible qu'il impose à ses spectateurs. Les falaises qui redéfinissent l'espace et changent les perspectives, permettant à l'homme de voir le monde à travers les yeux des mouettes et des goélands, oiseaux maîtres en ces lieux. C'est une ode à la Côte d'Opale que Nadine Ribault dévoile ici. La langue y est tendre, les images évocatrices et absorbantes, la sensibilité aux paysages qui l'entourent constante. Elle entraîne le lecteur avec elle pour une promenade au Cap Griz-Nez, dans les dunes d'Écault et la lumière du Nord. Ses mots nous rendent les sensations et nous initient à la beauté de ces terres, faisant des Carnets de la Côte d'Opale un voyage que l'on a vécu et que l'on souhaite vivre à nouveau.

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  • Dans les forets de l'ours Nouv.

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