La Decouverte

  • En 1831, à vingt-deux ans, le jeune Charles Darwin part comme naturaliste sur le Beagle, qui doit faire un tour du monde de cinq ans, en s'attachant plus particulièrement à naviguer le long des côtes de l'Amérique du Sud en passant le cap Horn, puis revenir en doublant le cap de Bonne-Espérance. Ce voyage aura une importance décisive pour la formation de la pensée de Charles Darwin. C'est à partir de là que, ayant rassemblé une somme monumentale, inégalée, d'informations scientifiques, il pourra élaborer le travail qui le mènera à formuler sa théorie de l'origine des espèces, travail dont on devine qu'il est déjà sous-jacent à chaque page de ses passionnantes observations. Il décrit minutieusement les paysages, les roches, les fossiles, la faune, la flore, les phénomènes naturels, les sociétés et les moeurs des habitants...

  • " le grand frisson qu'éprouva bougainville/ce fut un soir à nouméa/de voir les feux du triangle immobile/ruisseler sur les bougainvillées...
    " a ce détail près que bougainville ne visita jamais la nouvelle-calédonie mais tahiti - qu'il nomma la nouvelle cythère " -, jean giraudoux a vu juste dans son destin : le navigateur lui-même l'a affirmé à son retour : " je mets l'espoir de ma renommée dans une fleur. " nourri de l'esprit de l'encyclopédie, il est parti, écrit diderot, " avec les lumières nécessaires et les qualités propres à ses vues : de la philosophie, du courage, de la véracité ; d'un coup d'oeil prompt qui saisit les choses et abrège le temps des observations ; de la circonspection, de la patience ; le désir de voir, de
    s'éclairer et d'instruire ; la science du calcul, des mécaniques, de la géométrie et de l'astronomie, et une teinture suffisante d'histoire naturelle ".
    tel est l'homme qui fut le plus puissant propagateur en france du mythe des mers du sud : en partie malgré lui, car il avait pour sa part trop de réalisme et de scepticisme. rien à voir, pour autant, avec l'esprit méthodique et l'efficacité d'un cook ; mais la culture et la curiosité d'un réel " honnête homme ", au sens où l'entend son siècle, entouré de compagnons aussi attentifs que lui. leurs observations et leurs réflexions sont parmi celles qui fondent, pour longtemps, toute une vision, une pensée anthropologique dont nous sommes encore tributaires.

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  • " a-t-on des nouvelles de lapérouse ? ", demandait louis xvi à la veille de son exécution.
    huit ans plus tôt, il avait personnellement couvé de ses soins les plus attentifs les préparatifs d'un voyage conçu comme l'" idée du règne ". toute la france avait suivi avec passion le voyage du navigateur. parti en 1785, il n'a plus donné signe de vie après 1788, date à laquelle il a pu expédier son dernier courrier. en 1791, l'assemblée constituante a voté les crédits d'une expédition de recherche qui restera infructueuse.
    ce n'est qu'en 1828 que dumont d'urville pourra localiser avec précision la fin tragique de l'expédition de lapérouse sur les rives de l'île de vanikoro... " sa majesté regarderait comme un succès des plus heureux de l'expédition qu'elle pût être terminée sans qu'elle eût coûté la vie à un seul homme ", précisaient les instructions du navigateur. elle n'eut aucun survivant. l'importance du voyage de lapérouse vient de ce qu'il clôt définitivement une époque : prenant la relève de l'amateurisme éclairé et brillant de bougainville, tirant les leçons des explorations méthodiques de cook, il se présente comme une véritable expédition scientifique, tant par le matériel très élaboré que par le haut niveau de l'équipe de savants embarqués.
    désormais, c'est la notion de progrès, le critère d'utilité qui prévalent. si l'on voit se dégager ainsi les fondements de la réflexion anthropologique du xixe siècle, c'est bien surtout aux débuts de la mise en pratique de l'idéologie coloniale moderne que l'on assiste. deux siècles plus tard, le journal de bord de lapérouse a passé le relais à de nouveaux journaux de bord, ceux des expéditions d'autres savants, d'autres marins, partis à sa recherche.
    aujourd'hui encore, l'aventure continue.


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  • Ibn Battûta, voyageur maghrébin du début du XIVe siècle, est connu comme le « voyageur de l'Islam ». Il parcourt la totalité des pays islamiques, du Mali à Sumatra et du Kenya aux steppes russes. Ses trente années de pérégrinations à travers un monde islamique morcelé, déchiré, convergent vers un but unique : prouver que la communauté existe et qu'à travers sa pratique religieuse et sociale, à travers sa solidarité, elle reste indivisible. Cette publication intégrale, en trois volumes, reprend la traduction française de C. Defremery et de B.R. Sanguinetti (1853-1858). Par l'ampleur des introductions à chaque volume, par la richesse des notes et par ses cartes, cette édition vise à mettre ce texte essentiel de l'Islam à la portée d'un large public tout en lui fournissant les éléments nécessaires pour sa compréhension. Dans ce volume : Inde, Extrême-Orient, Espagne et Soudan, l'auteur est envoyé en Chine par le sultan de Dihti. Après une série d'aventures qui le mènent au Sud de l'Inde, à Ceylan et dans les Maldives, il visite l'Indonésie et pousse jusqu'aux ports du Sud de la Chine. De retour au Maroc, il visite l'Espagne et mène enfin une ambassade marocaine dans la cour de l'empereur noir du Mali.

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  • Né en 1799, René Caillié s'est embarqué pour le Sénégal à l'âge de dix-sept ans. Il est mort en 1838, des suites des maladies et de l'épuisement subis au cours de son voyage. Son voyage africain de 1824 à 1828, de caravane en caravane, déguisé en Arabe, converti à l'Islam et le pratiquant scrupuleusement, est passé dans la légende. Mais on n'en connaît guère la réalité quotidienne, telle qu'elle est décrite dans son journal Voyage à Tombouctou et à Jenné, dont le présent ouvrage reprend intégralement la première édition de 1830. Celui-ci constitue un tableau sans équivalent des sociétés arabes et africaines encore dans toute leur souveraineté, des échanges de civilisations à travers le Sahara, du Maghreb à l'Afrique noire, au début du XIXe siècle, avant la pénétration coloniale européenne. À travers ces pages riches en observations de toutes sortes, apparaît le portrait de ce jeune homme d'origine ouvrière, humble et obstiné, tout imprégné encore de la soif de connaissance du Siècle des Lumières, qui vit dans l'abnégation une véritable ascèse : un voyageur bien différent de la légende douteuse qui fit de lui une sorte de héros national précurseur de la conquête.

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  • Né en 1799, René Caillié s'est embarqué pour le Sénégal à l'âge de dix-sept ans. Il est mort en 1838, des suites des maladies et de l'épuisement subis au cours de son voyage. Son voyage africain de 1824 à 1828, de caravane en caravane, déguisé en Arabe, converti à l'Islam et le pratiquant scrupuleusement, est passé dans la légende. Mais on n'en connaît guère la réalité quotidienne, telle qu'elle est décrite dans son journal Voyage à Tombouctou et à Jenné, dont le présent ouvrage reprend intégralement la première édition de 1830. Celui-ci constitue un tableau sans équivalent des sociétés arabes et africaines encore dans toute leur souveraineté, des échanges de civilisations à travers le Sahara, du Maghreb à l'Afrique noire, au début du XIXe siècle, avant la pénétration coloniale européenne. À travers ces pages riches en observations de toutes sortes apparaît le portrait de ce jeune homme d'origine ouvrière, humble et obstiné, tout imprégné encore de la soif de connaissance du siècle des lumières, qui vit dans l'abnégation une véritable ascèse : un voyageur bien différent de la légende douteuse qui fit de lui une sorte de héros national précurseur de la conquête...

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  • Dans les dernières années du XVIIIè siècle, un jeune Écossais découvre une Afrique industrieuse, commerçante et souveraine, formée d'innombrables États indépendants et jaloux ; un espace historique dense et prospère que la présence coloniale dénaturera de tragique façon, rendant ce témoignage d'autant plus irremplaçable.

  • Une ville sans cimetière, une langue comprenant quatre-vingt-trois consonnes, une marina qui n'existe pas sur les cartes, d'anciens sous-marins soviétiques à vendre, des frontières que seul un aveugle peut traverser, des vallées perdues et des fronts de mer reconquis, des jeunes radicalisés et des vieux-croyants...
    Sur les marches de l'Europe, des Balkans au Caucase, s'étendent des espaces incertains, broyés dans les rouages d'une interminable « transition », mais propices à des rencontres improbables. Comprendre où va aujourd'hui l'Europe demande d'embarquer à bord d'une histoire des confins : à la fois récit de voyage et reportage d'après guerres, où l'on croise aussi bien les spectres de Tito et d'Enver Hodja que les figures réelles de révolutionnaires non repentis ou de mafieux imaginatifs.
    Dans ce texte où l'ambition littéraire se conjugue à un savoir panoramique, afin de remonter le fil des mémoires du continent, Jean-Arnault Dérens et Laurent Geslin ont caboté sur les rives de l'Adriatique, de la mer Egée et de la mer Noire. Ce trajet est celui des minorités oubliées, des pays qui n'existent plus ou pas encore, des migrations sans cesse recommencées et des rendez-vous toujours ratés.
    Le rythme de la voile raconte ce cheminement de la côte Adriatique aux rivages caucasiens d'Adjarie et d'Abkhazie, de la Crimée à la Transnistrie. Jusqu'au delta du Danube, là où le fleuve et toutes les poussières de l'Europe viennent se mêler aux eaux de la mer.

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  • Le Voyage en Hollande de Diderot est l'une des oeuvres les moins connues et le moins souvent éditées du philosophe. Ce sont des notes, prises en 1773 et 1774 lors de deux séjours à La Haye, revues en 1780.
    Pourtant ce Voyage est une étape significative de la réflexion politique de Diderot dans ses dernières années. Au XVIIIe siècle, en effet, aller en Hollande, c'est aller voir comment fonctionne une république, comment s'appliquent la tolérance et la liberté d'expression. Éventuellement, c'est aller dans un pays qui: est terre d'asile, pour les hommes, mais aussi pour les textes, qu'on peut y faire éditer assez facilement. L'enquête de Diderot participe de cet esprit-là; et comme il n'est pas le premier à découvrir la Hollande républicaine, libre (et bourgeoise, bien sûr), on ne saurait s'étonner qu'il puise sans fausse pudeur dans les documents déjà amassés par ses prédécesseurs.
    Sur un point pourtant, et très sensible, il prend une position vigoureuse : il dénonce sans restriction l'erreur que constitue à ses yeux le rétablissement du stathoudérat en 1747. À cette grave réserve près, la Constitution hollandaise lui paraît, en 1774, un modèle en tout cas bien préférable à l'absolutisme de la France monarchique.
    La présente édition est la première à indiquer toutes les variantes des trois copies essentielles de ce texte souvent amusant. Elle s'est efforcée de multiplier les rapprochements susceptibles d'éclairer les sources de nombreux passages, parfois de signaler les erreurs commises au fil de la plume par le philosophe. Elle permet de mieux comprendre, non pas seulement la Hollande d'avant la monarchie de 1815, mais aussi le voyage philosophique au XVIIIe siècle.
    Elle reparaît à l?occasion du tricentenaire de la naissance de Denis Diderot (1713-1784)

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  • né en 1740 à conches, près de genève, horace benedict de saussure a consacré sa vie à des études appliquées de géologie, de botanique et de physique, études qui l'ont amené à faire de nombreux voyages dans les montagnes européennes, en particulier dans le massif du mont-blanc, son pays natal.
    ses voyages dans les alpes nous sont précieux, non seulement par les observations scientifiques qu'ils contiennent - de la minéralogie à la météorologie -, mais aussi par la description de la géographie humaine et des modes de vie de ce pays de montagnards. le texte publié ici est constitué d'extraits, particulièrement narratifs, de ses voyages autour du mont-blanc entre 1774 et 1787 avec, bien évidemment, le récit d'une grande " première " historique : son ascension au mont-blanc en compagnie de montagnards de chamonix, qu'on n'appelait pas encore des " guides ".
    le texte est précédé d'une introduction historique de roger canac, lui-même ancien guide de haute montagne et dauphinois de bourg-d'oisans, auteur notamment de vivre ici en oisans (glénat, 1997) et rêver huez et les grandes rousses (glénat, 2005).

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  • Le voyage africain de René Caillié (1824 à 1828), de caravane en caravane, déguisé en Arabe, converti à l'Islam et le pratiquant scrupuleusement, est passé dans la légende. Édition intégrale du texte de 1830.

  • Les deux volumes de La Découverte de l'Amérique constituent l'édition la plus complète des écrits de Christophe Colomb (1451-1506). Ils réunissent, entre autres textes, le journal de bord du premier voyage (tome I, 1492-1493), et les relations des trois voyages suivants (tome II, 1494-1505). Chacun de ces volumes est enrichi d'écrits et de documents historiquement essentiels, comme ceux du fameux « Livre des prophéties », qui éclairent notre compréhension et notre connaissance de Colomb. La figure à la fois énigmatique et fascinante de celui qui fit basculer l'histoire du monde se dégage de ces textes dans toute sa grandeur, ses contradictions, sa complexité.

    La présentation de ces deux volumes précise l'apport personnel de Michel Lequenne aux études colombiennes : il montre que Colomb cherchait moins à atteindre les « Indes », c'est-à-dire l'Asie, qu'un véritable continent encore inconnu. Il ne douta pas de l'avoir découvert, mais crut toujours que ce Nouveau Monde était sud-asiatique ; il ignora que c'était le double continent que nous appelons Amérique. Désormais, nul ne pourra plus méconnaître la personnalité complexe d'un homme ni héros ni saint, exalté certes par les découvertes de ses voyages mais avide de richesse, un homme de son temps, porteur aussi des plus grandes utopies.

  • En 1795, l'african association de londres commandite un jeune écossais de vingt quatre ans ayant " une formation médicale et des connaissances en histoire naturelle " pour entreprendre un voyage de prospection à l'intérieur des terres africaines.
    Ce jeune ecossais se nomme mungo park. ce qu'il voit, en amont du fleuve gambie, dans les territoires du sénégal et du mali actuels, nul autre homme ne le verra jamais plus : et c'est pourquoi son récit de voyage demeure à la fois un document unique sur les prémices de l'esclavagisme mercantile britannique et américain et un legs ethnographique irremplaçable.
    A mesure qu'il avance à l'intérieur des terres, park découvre une afrique industrieuse, commerçante et souveraine, formée d'innombrables etats indépendants et jaloux : un espace historique dense et prospère que la présence coloniale dénaturera de tragique façon, interrompant les échanges entre royaumes, démantelant le commerce, délaissant ou déviant l'agriculture, rabattant cruellement les populations autochtones sur les zones côtières de mise en valeur.
    C'est cette afrique jadis active et souveraine, cette afrique insoupçonnée des petits monarques devenus par la force des choses d'âpres esclavagistes, que le voyage de park restitue sans complaisance.

  • Les commentaires royaux sur le pérou des incas, publiés il y a près de quatre siècles, sont l'oeuvre d'un métis fils d'un capitaine espagnol et de la nièce de l'inca huayna capac.
    Elevé au cuzco dans la langue quechua, il reçoit cependant une éducation de jeune espagnol. a la mort de son père, il quitte le pérou pour se fixer en andalousie auprès de son oncle. c'est là qu'il parfait ses études classiques et entreprend son oeuvre d'historien. utilisant témoignages, documents et souvenirs, il compose à l'intention du vieux monde ses inégalables commentaires.
    L'intérêt de l'ouvrage ne réside pas tant dans la chronologie des grands événements du pérou que dans la description minutieuse, ethnologique avant la lettre, de tous les aspects de la société inca.
    Lois, modes de cultures, rites sacrés, travaux de femmes, procédés de construction mais aussi flore, faune, vêtements, alimentation, tout est restitué avec finesse. parce qu'il a capté, comme aucun autre européen n'a su le faire, le véritable esprit de la civilisation inca et la beauté de ses paysages, garcilaso de la vega peut à juste titre être considéré comme l'hérodote des incas.

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