La Contre Allee

  • L' île de Staten Island, à New York, a hébergé de 1948 à 2001 ce qui devint peu à peu l' une des plus grandes décharges à ciel ouvert du monde.
    Mordor urbain, la décharge de Fresh Kills - que l' on disait visible de l' espace - ne devait initialement être opérationnelle que pour trois ans. Mais au fil du temps, des montagnes d' ordures, littéralement, s' y sont érigées. La dernière barge de déchets y sera déposée en mars 2001.
    C' est là qu' on stockera les débris issus des attentats du 11 septembre.
    Aujourd' hui, le site de Freshkills se transforme en un parc verdoyant, parmi les plus grands de New York, construit au-dessus des déchets enfouis.
    /> Dans ce récit-documentaire à la croisée des genres, Lucie Taïeb remonte aux origines de cette décharge de Babel pour « penser le problème de manière poétique » et comprendre ce lieu qui, à l' apogée de sa production, traitait jusqu' à 29 000 tonnes d' ordures par jour.
    S' intéresser à l' histoire de ce site et à la façon dont nous traitons nos déchets est aussi pour l' autrice l' opportunité de questionner l'usage du langage technocratique et marketing pour influencer notre perception du réel.

  • UN TOUR DES BALKANS : JOURNAL DE VOYAGE Avec Le Coeur de l'Europe, Emmanuel Ruben offre le journal d'un voyage géopolitique et culturel. Il y rappelle les confl its des années 90 à travers l'ex- Yougoslavie, ceux qui ont redessiné les frontières d'Europe centrale.
    Au cours de ce voyage, il privilégie la voiture puis le train ; paysages et villes défi lent, délaissant les plages touristiques au profi t des terres intérieures.
    Emmanuel Ruben boucle son périple à la frontière hongroise, théâtre de la crise migratoire actuelle.
    DES RÉFÉRENCES HÉTÉROCLITES À LA PHRASE CARTOGRAPHE Comme pour Jerusalem Terrestre (Inculte, 2015), Emmanuel Ruben offre au lecteur une vision de géographe, de cartographe. Face à ces paysages variés, le récit s'autorise détours et digressions.
    Il intègre ainsi des considérations politiques, des lectures et des références cinématographiques hétéroclites pour mieux appréhender cet espace qu'il cherche encore à décrypter.
    À des phrases longues qui disent le trajet accompli, l'écriture allie des termes tantôt quotidiens et ordinaires, tantôt étranges et étrangers. Elle joue ainsi des sonorités et de la graphie des langues d'Europe centrale, inscrivant le dépaysement au coeur du texte.
    LE COEUR DE L'EUROPE RÉSIDE DANS LA QUESTION DES FRONTIÈRES Ce récit est un hommage à une région fascinante et méconnue. Mais il propose surtout une réfl éxion sur l'identité et la culture européenne. Se pose alors la question politique de l'Europe et de ses frontières :
    « Notre train repart vers le nord, le leur retourne vers le sud, et je mesure alors à quel point nous les hommes-touristes, eux les hommes-réfugiés, nous vivons sur deux lignes droites parallèles, deux lignes droites qui ne peuvent se croiser. » L'opposition du touriste et du réfugié cristallise la questions des valeurs fondamentales sur lesquelles bâtir le coeur de l'Europe, l'argent ou l'hospitalité, le coeur de l'Europe comme centre géographique fermé ou comme humanité.

  • " Non, il n'a pas le temps. [.] Vraiment il aurait été ravi, mais non.
    Je suis déçue qu'il ne profite pas de l'occasion inespérée que je lui offre de boire un café pour échapper à tout ça. [.] Un écrivain, ça ne débarque pas en vélo sans prévenir. Pour écrire sur le thème du vent, en plus, bonjour la crédibilité ".

    Mons 2015, capitale européenne de la culture, attise la curiosité.
    En résidence à Mons, en Belgique, ville francophone de la région wallone, Amandine Dhée a travaillé au sein des communes rurales environnantes qui la composent. Comme un clin d'oeil au parc d'éoliennes de la plaine du Levant de Mons, considérées comme les plus puissantes au monde, Amandine Dhée, telle une girouette, se laisse guider par les vents pour proposer une forme de guide à travers le territoire du Grand Mons et nous emmener à la rencontre de ses habitants.

    Déambulation, enquête, rencontres. Amandine Dhée nous livre ici sa vision d'un territoire qu'elle découvre par la voix de ses habitants.
    Chaque paragraphe est dédié à l'habitant et au sujet qu'il a souhaité évoquer, en lien avec son territoire (jeunesse désoeuvrée, nature, relations de voisinage, etc.). La voix de l'auteure vient se glisser entre les témoignages comme pour nous livrer ses impressions, ses constats et interrogations avec l'humour et la malice qu'on lui connaît.

    Un monde rural pluriel.
    Au fil des témoignages reflétant la diversité des habitants et de leurs préoccupations, se dessine un portrait composite de la vie rurale, comme l'annonce l'auteure, on parlera du comité des fêtes, de la gendarmerie nationale, du club des jeunes du curé, de Facebook, de l'usine et de cambriolages...

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  • Rougeville est l'histoire d'un homme qui tente de revenir sur les traces de sa propre histoire. Pour ce faire, il choisit d'arpenter sa ville de naissance de façon virtuelle, grâce à google Street View. Ses souvenirs d'enfance et d'adolescence, font alors ressurgir la ville de son passé.
    L'outils numérique utilisé accentue l'aspect fantômatique actuel de la ville et donne à observer la décrépitude d'une cité minière ; cette cyber-promenade montre les effets du néolibéralisme dans une France post-industrielle, délaissée par la révolution numérique.
    JE M'APPELLE ROUgEVILLE Le narrateur se révèle très vite être l'auteur et c'est avec lui que l'on chemine.
    Comme un miroir de sa propre histoire, une autre voix apparaît à intervalles réguliers, celle de la ville : Rougeville. Voix documentaire, elle nous fait part de son histoire qui n'est pas sans rappeler celle de Marles-les Mines, ville de naissance de Patrick Varetz. C'est un lieu imaginaire, un fi ef communiste aux maisons en briques rouges où serait inhumé le corps du Chevalier de Maison-Rouge - nom d'emprunt d'Alexandre Dominique Joseph gonsse de Rougeville.
    Approchant la fi n du récit, la voix du chevalier de Maison-Rouge se superpose à celle de la ville, confondant ainsi l'auteur-narrateur, la ville et le personnage dont elle tire son nom, en une seule et même personne.
    D'UNE QUÊTE D'ÉMANCIPATION AU SENTIMENT D'IMPOSTURE « celui que j'étais, quand, pour mieux fuir cette ville, je m'étais empressé à l'adolescence d'endosser une personnalité d'emprunt (reniant ainsi mes origines sociales et ma famille). Mon modèle en imposture, mon mauvais ange tutélaire, se révélant être le fameux Alexandre Dominique Joseph gonsse de Rougeville (celui-là même qui s'était inventé une particule et un destin d'exception, à seule fi n d'échapper à sa piètre condition). » P. Varetz Rougeville brosse - en creux - le portrait d'un homme aujourd'hui comme étranger à sa propre existence, rongé par la culpabilité et habité par un sentiment d'imposture.

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  • Un Voyage d'Envers est un récit qui se découvre sous deux formes : l'image et le texte. Les doubles pages exposent, vis-à-vis, un collage de Philippe Lemaire et l'histoire écrite par robert rapilly.
    Mais Un Voyage d'Envers recèle une autre mécanique dédoublée : son commencement est sa fi n, et sa fi n son commencement. Une fois lu, le lecteur fait alors pivoter le livre et découvre un nouveau départ : Les collages de Philippe Lemaire sont des images ambivalentes, des « ambimages » qui, à l'envers, montrent de nouveaux paysages.
    C'est alors une nouvelle découverte tout à fait inédite qui constitue en quelque sorte, le «voyage retour».

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