L'amourier

  • Ce livre a tout d'un récit d'anticipation. Il y a eu une guerre. Quelque chose qui ressemble à la fin du monde. Des hommes. Des femmes. Des enfants font entendre leur voix. Ce pourrait être le temps des recommencements... «pour une dignité en voie de disparition».
    Il y a des personnages, des figures, Weg, l'homme qui marche, Eva, la femme médecin, plus tard la femme sans yeux, ceux des sous-sols, les enfants. Il y a des guerres, des paysages, des lieux, des voix, des actes. Il y a même dans la nuit du livre, une histoire d'amour. La langue puissante et tendue de Michael Glück nous entraîne à la suite de ces personnages dans une méditation errante sur l'humanité de l'homme en temps de désastre et la place que tient le langage dans sa survie.

  • Dédié à la compagne disparue, ce livre, empreint d'autant de cinéma que d'amour, célèbre une qualité de présence et un regard porté sur le monde. (Livre ayant bénéficié de l'aide du CNL) «L'ordinateur diffuse le film que tu ne regarderas plus. Sur l'écran, il ne me reste que les mots pour tenter de redessiner, en transparence, le reflet de ton visage.».

    Ce très beau film, «qu'elle ne regardera plus», est L'Amour existe, de Maurice Pialat. Parce qu'il fut prélude à leur rencontre, le narrateur en tresse ici le récit avec cet autre, celui de leur courte vie ensemble, interrompue par son geste, à elle. Pialat filme la banlieue de leur enfance : Il n'a pas fait bon rester là, emprisonné, après y être né. Quelques kilomètres de trop à l'écart, commente la voix off (de Pialat). Trente ans après, eux aussi, ont connu les rues lentes et silencieuses... Contre l'oubli, le livre se remémore. Le cinéma devient texte, et le récit de vie fait image au creux de l'absence. De leurs réalités mêlées émane une grâce lumineuse échappée de la grisaille de ces paysages pauvres.

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  • On pourrait croire ce récit inscrit dans la lignée des tragédies grecques : une unité de temps (une fin d'après-midi), une unité de lieu (une terrasse donnant sur la mer où sont réunies trois femmes ; une quatrième, Sara, étant hors champ), la « cité phocéenne » (Marseille) très présente, et, liés en un seul drame, l'amour et la politique butant sur une énigme dont Oreste, l'absent, est le centre. Cependant, changements de rythme et tresse narrative donnent une facture très contemporaine à un texte continûment tendu, lancé à contre-désastre, attentif à la fois à ne pas éluder le réel de la perte ni celui de « l'état du monde » mais aussi, et surtout, à ne pas céder sur son désir.

    «Ainsi, le texte va, vient, saute, reprend et ne cesse de déborder le récit qui trame sous lui son avenir, écrit Bernard Noël. Les coïncidences qui ponctuent ce monde immense y introduisent régu lièrement des élans, une sensualité, qui troublent une lecture que l'on voudrait raisonnable. Mais ne vaut-il pas mieux que le désir de lire soit soutenu par un appétit plutôt que par la raison ?»

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  • Ce récit accompagne - avec l'humour subtil cher à l'auteur - un Christ en marche, inattendu, iconoclaste, dépassant tous les dogmes et les images que l'on peut en avoir.
    Un Christ impertinent pour une vision renouvelée. Apocryphe, parce que n'appartenant à personne.
    Ce Jésus est maître en paradoxe.
    Ici, comme dans ses autres textes, le paradoxe est, avec l'humour, l'arme d'écriture favorite de Jean- Luc Coudray et le levier avec lequel il cherche à dérouter les évidences du monde. Il en manie l'usage avec une virtuosité diabolique, serait-on tenté de dire, si elle n'était ici christique.

    Thoth, dieu égyptien inventeur des philtres et des lettres. Collection dédiée à la prose narrative dans toutes ses déclinaisons.

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  • Carnet sensible plus que récit de voyage, ce livre emmène le lecteur au coeur des Flandres, mais aussi dans l'intime façon - « Une manière de joie » - qu'a l'auteur d'habiter un lieu.
    Par ses fréquents séjours dans les Flandres, Jean-Pierre Spilmont a promené son regard et ses émotions de Damme à Menin, d'Ostende à Gand, de Bruges à Courtrai. Il a vu, rencontré, et aimé. Une saison flamande est une déambulation dans l'Histoire : celle des frères Van Eyck, de Thyl Ulenspiegel, celle du retable de Gand L'Agneau mystique, celle des Béguines. Ce livre est aussi un rendez-vous avec la lumière d'Ostende, avec le vent des polders, les feuilles jaunies de quelques peupliers sur l'eau tranquille d'un canal et l'insolite parfum de mer.

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