Jasmin

  • De retour

    Marie Geffray

    • Jasmin
    • 24 Décembre 2012
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  • Ce fut à Rhamanieh que Bonaparte apprit que les mamelouks s'avançaient à sa rencontre.
    Le général Desaix qui, depuis Alexandrie, formait l'avant-garde, écrivait, le 14, du village de Minieh Salamé, qu'un détachement de douze à quatorze cents chevaux manoeuvrait à trois lieues de distance, et que cent cinquante mamelouks s'étaient présentés le matin aux avant-postes. Bonaparte avait pris le chemin que nous avions suivi nous-mêmes, accompagné comme Mourad d'une flottille qui remontait le fleuve, et que lui amenait de Rosette le chef de division Perrée : c'était le chemin le plus difficile et le plus dangereux, mais c'était le plus court ; Bonaparte l'avait choisi.
    Mourad, de son côté, lui avait épargné la moitié de la route par terre et par eau en lui envoyant son avant-garde : les premières troupes de l'Orient et de l'Occident se trouvaient en face. Le choc fut rude : djermes, canges et chaloupes se heurtèrent proue à proue, flancs à flancs ; mamelouks et Français se joignirent à la pointe de la baïonnette, au tranchant du sabre. Cette milice, couverte d'or, rapide comme le vent, dévorante comme la flamme, chargeait jusque sur nos carrés, dont elle hachait les canons de fusils avec ses sabres de Damas ; puis, lorsque le feu partait de ces carrés comme d'un volcan, elle se déroulait pareille à une écharpe d'acier, d'or et de soie, visitait au galop tous ces angles de fer, dont chaque face lui envoyait sa volée, et, lorsqu'elle voyait toute brèche impossible, elle fuyait enfin comme une longue ligne d'oiseaux effarouchés, laissant autour de nos bataillons une ceinture, mouvante encore, d'hommes et de chevaux mutilés, et elle allait se reformer plus loin pour revenir tenter une nouvelle charge, inutile et meurtrière comme l'autre.

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