Ibis Rouge

  • Le héros de Mois Treize va percer le mystère du temps. Mais pour cela doit-il se hâter ou ralentir ? Il lui restera, comme aux personnages des autres récits, une culture de la solitude où dignité et dérision, goût de vivre et compassion se mêlent.


    Alors s'animent Célinot, vieux pêcheur et sorcier du Bien, dans la Carangue, la jeune adultère trop cruellement punie de Rayons Noirs, le meurtrier de L'Algérie ou la ri twa kout kouto, les messieurs trafiquants du sucre à Trinité de Myan Myan et l'Eve de Je ne suis pas la Diablesse, à la fois Vénus et Sapho, déjà souveraine de la vie simple et totale dans Désordre ingénu (1996) .

    L'humour de Le travailleur et la fantaisie de Mémoires d'une pluie participent de la même poésie. Un souffle lyrique qui, dans Il chantait des boléros, loin de cultiver la seule nostalgie, l'harmonise avec lucidité.


    La vie bouleversante et sensible des humains refuse de se figer, plus folklorique ou identitaire qu'authentique. Elle se désintellectualise pour réinvestir la littérature.


    Ainsi s'affirme, une fois de plus, une voix singulière qui s'inscrit, depuis L'Hidalgo des Campêches et Désordre ingénu, dans une littérature de la postmodernité.

  • Baissez-ca !

    Raymond Boutin

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  • La tradition orale créole se compose pour l'essentiel de contes, de proverbes - « dolos » en Guyane - et de « titim » (devinettes). Dans l'inventaire qui est fait depuis une vingtaine d'années de ces formes « oralittéraires » apparaît la préoccupation première de classer le matériau recueilli dans ces catégories, ce qui doit être fait, et le mieux possible. Mais cela doit-il empêcher de se demander si d'autres formes et d'autres contenus sont apparus, qui réclameraient un réexamen de la tradition et de ses significations ? Ou encore d'affiner la classification par le repérage de formes secondaires : il y a des contes fantastiques, et des contes réalistes, des récits à personnages humains, et d'autres à personnages animaux, des débuts de légendes, et des bribes de mythes.



    C'est ainsi que, constatant qu'un proverbe n'est, après tout, qu'un concentré de conte, et un conte un proverbe développé, Georges Mauvois a imaginé de donner sa version du sens d'une cinquantaine de proverbes créoles pour la plupart familiers, privilégiant toutefois l'univers paysan, par son choix préférentiel de récits à personnages animaux, sans oublier un soupçon de fantastique, « T'on Gilmane ». Ainsi se forme, par petites touches au fil des récits, une vision créole du monde antillo-guyanais.

  • Enseignante, Solita est dévorée par l'ambition. Elle réussit à un concours, mais elle est mutée contre son gré en banlieue parisienne puis dans une petite ville de Province. Elle laisse derrière elle sa famille, sa vie dorée saint-martinoise. Solita tente en vain de fléchir l'administration afin d'obtenir une mutation pour les Antilles : elle se heurte à ses textes implacables. Sa famille venue la rejoindre en province se désagrège progressivement, l'Administration symbolisée par le clocher en est rendu responsable. Mais toute cette souffrance n'est-elle pas imputable à son ambition démesurée ?

  • Ces Contes sans queue ni tête laissent deviner une forte présence de judicieuse fantaisie chez leur auteur, une jeune écrivaine cubaine, qui est toute sensibilité et imagination.
    Dans ce livre lumineux, elle nous fait découvrir que, peut-être, l'origine des contes " se situe au moment où on fabriqua les premiers bonbons (que l'on sucrait avec de l'écume de mer battue) ", ou " qu'ils naquirent avec les premiers bâillements de l'arc-en-ciel ".

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