Ibis Press

  • Dès 1933, Théodore Monod insistait sur l'intérêt d'un voyage scientifique au Tassili des Ajjer dans le sud algérien qu'il tenait pour « une des régions les plus tourmentées et chaotiques qui soient [.] recelant de ravissantes pièces d'eau dans des coins de végétations luxuriantes ». Le Tassili exerçait sur lui une attraction particulière qu'il n'avait pas encore satisfaite. Au soir de sa vie, 65 ans plus tard, l'occasion lui est offerte de réaliser son voeu. En mars1998, invité par le Parc national du Tassili et par l'association « Les Amis du Tassili », Théodore Monod effectue un grand circuit, à la croisée de ses intérêts multiples, organisé en hommage à sa personnalité hors du commun, grâce à l'assistance de la société Sonatrach. A la recherche de la célèbre Monodiella, ce cheminement s'inscrit dans sa quête insatiable de chercheur, toujours aiguillonné par quelque nouvelle énigme saharienne. Pendant près de deux semaines, entouré d'une équipe attentive, il parcourt des lieux où gueltas, flore, gravures rupestres, réactivent sa curiosité. Les étapes sont connues : Alger, Djanet, le plateau du Tassili et ses gueltas vers le nord et vers le sud, Alidemma et l'erg Admer. Ce qui donne l'occasion de parcourir cette région et de découvrir ses oasis et ses richesses naturelles. Anne-Catherine Benchelah et Marie Maka invitent le lecteur à participer à l'un des derniers voyages du grand saharien que fut Théodore Monod. Au fil du récit sont rappelés quelques évènements notoires de la vie du savant en lien avec l'Algérie, et d'autre part, sa position vis-à-vis de la recherche, lui qui a été qualifié de « dernier des naturalistes ».

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  • une fois de plus, après avoir couru " pieds nus à travers la mauritanie ", mlle odette du puigaudeau et son " double ", marion sénones, avaient donné rendez-vous à l'aventure dans l'adrar mauritanien oú la grande foire des dattes attire les nomades.
    elles l'ont rencontrée, telle qu'elles la souhaitaient, " avec son visage dur, ses menaces et ses dons ". température de fournaise, " fumée d'incendie craquant sous les dents " des vents de sable, dunes en folie, oú se perd la piste ; menace du rezzou qui peut à tout instant surgir, de l'insolation qui foudroie, de la fièvre qui anéantit ; supplice de la soif qui lentement vous vide et fait trouver une enviable saveur à n'importe quelle mare au " goût pittoresque de cadavre ".
    ces jeunes fanatiques du libre espace n'ont pas cru payer trop cher la merveilleuse liberté qui monte des horizons vides, l'allégresse de la vie intense, d'indépendance totale, la frénétique jouissance de la lutte et l'ivresse de la difficulté vaincue qui font l'envoûtement du désert. si vous lisez ce livre, vous y admirerez des pages d'ardentes couleurs, des traits de moeurs curieux ou savoureux, de belles histoires (pas toutes pour jouvencelles), des types amusants ou peu rassurants; " un aspect ou un autre, fugitif, peut-être illusoire, de l'âme maure ", et ces femmes " douces, gaies, charmantes et puériles ", regrettées " comme une seule amie aux mille visages ".



  • la route de l'ouest, c'est cette voie unissant les deux rives du grand désert, trait d'union entre l'afrique noire et l'afrique blanche, parcourue dès les premiers siècles de notre ère par les nomades berbères, maîtres du trafic trans-saharien.
    la route de l'ouest, c'est aussi le " trick-lemtouni " suivi au xie siècle par les futurs almoravides partant à la conquête du maghreb et de l'andalousie. c'est au xve siècle la route des nouveaux conquérants arabes venus du nord, les béni hassan. a l'orée du xxe siècle, cette même artère voit passer cheikh ma el-aïnin, le chef prestigieux de la résistance saharienne à la pénétration française et espagnole.
    route du commerce, des conquêtes, des idées. c'est dans cette longue mémoire du peuple du désert que nous plonge le récit d'odette du puigaudeau, la route de l'ouest. l'ouvrage, illustré de dessins de marion sénones et publié en 1945, retrace l'épopée de leur exploration de 1937 qui se déroule d'abord du sud marocain à l'adrar mauritanien. ensuite, elles gagneront le tagant puis descendront sur tombouctou pour se joindre à l'azalaï et cheminer avec cette grande caravane jusqu'aux mines de sel de taoudeni.
    au terme de 6 500 kilomètres de piste, les deux exploratrices retrouvent les confins algéro-marocains, un an plus tard. nomadisation dans la brousse, sous les tentes, avec les chameaux, en toutes saisons, par le chaud, le froid, le sec et le vent de sable, séjours sédentaires dans les ksour anciens. odette du puigaudeau nous offre un vivant tableau des hommes et des choses du sahara si cher à son coeur.


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