Hugues De Chivre

  • C'est son ami de longue date, Bertrand, qui incita l'auteur à prendre son bâton, mais ce n'est que plus tard, que Jean-François suivit le chemin en mémoire de son ami décédé.
    Trois textes s'entremêlent, qui tissent ce récit d'un pèlerinage : le journal du pèlerin, le regard du narrateur et les réflexions toujours amicales d'un guide, d'un ange-gardien qui chemine aux côtés de Jean-François. Peut-être est-ce Bertrand qui interpelle son ami marcheur et nous dit la poésie de l'instant (l'ombre portée du pèlerin sur le chemin, le champ d'arums sauvages), mais nous montre également la laideur des paysages défigurés par l'homme ?
    Dans cet entrelacs de voix, il y a le ressassement de l'écriture comme métaphore de la marche. Mais à l'image du chemin, le texte sait être aussi alerte, joyeux et ne manque ni d'humour ni de jeux de langue. On découvre au fil du récit, le goût de l'auteur pour la musique (il a dans son sac à dos un harmonica dont il joue dans les églises...), la littérature et les arts en général.
    « Partir pour Compostelle et revenir neuf, franchir à pied une distance qui se voie de la lune. » Au retour d'un voyage extraordinaire et banal, l'auteur questionne ce premier pas répété deux millions de fois et qui met l'exploit à la portée de tous.

  • Vivre en première ligne des évènements et en direct sur les acteurs. Voilà un impératif dans le journalisme. Mais je ne savais pas que je passerai ma vie dans la presse, la télévision et les médias quand ce réflexe de l'information m'est venu d'une enfance de guerre. Nous vivions en direct avec mes parents et des millions de Français l'effondrement de la France en 40 dans la panique de l'exode. Pour s'en sortir dans les embouteillages et mitraillages, on ne trouvait plus que bobards et fausses nouvelles. J'étais donc chargé d'aller en première ligne du chaos demander en direct aux acteurs, villageois, commerçants ou paysans la bonne information. J'ai fait de ce réflexe de guerre et de crise, un entraînement permanent. Tout un système de recherche pour s'y connaître et aider le public à s'y reconnaître dans une actualité qui fait l'Histoire et relie chacun à son histoire personnelle. J'aurai ainsi pu vivre et faire vivre avec les Français toute notre histoire de de Gaulle à Macron et de Chirac à Chirac, mon contemporain.
    Révérée ou décriée, la télévision aura bien aidé les Français à se faire leur propre jugement en première ligne des évènements et en direct sur le monde.

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