Hoebeke

  • Paolo Rumiz n'en est pas à son premier voyage, lui qui a longé les 7 000 kilomètres des frontières de l'Europe, de l'Arctique à la mer Noire, traversé les Balkans, franchi les montagnes à la recherche d'Hannibal, descendu le cours du Pô... Et pourtant il s'apprête en ce printemps 2014 à vivre le plus étonnant d'entre eux. Son premier voyage immobile. Isolé dans un phare perché sur un rocher au milieu de la Méditerranée, avec pour seuls compagnons les gardiens. Et soudain le sentiment d'être libéré, sans agenda, sans horaires, sans aucune connexion avec le monde, enfin loin de tout mais curieusement peut-être aussi au centre de tout. Un nouvel univers où plus rien ne ressemble à rien, où même les étoiles ne semblent pas être à leur place. Se consacrant à l'exploration de son minuscule environnement, un kilomètre de long sur deux cents mètres de large, il nous raconte la nature, le cri des oiseaux, le silence des poissons, nous décrit le bâtiment où il loge, la lanterne du phare. Il nous parle tempêtes, orages, vents et nous fait partager le quotidien des gardiens, ceux d'aujourd'hui mais aussi ceux de jadis. C'est avec une indéniable volupté que ceux qui rêvent d'île déserte et de vie d'ermite se laisseront entraîner dans ce voyage immobile tout en délicatesse, empathie et érudition.

    Sur commande
  • Winter

    Rick Bass

    «Hier, un front froid est descendu de l'Alaska, faisant chuter la température de moins six à moins vingt-six degrés en l'espace d'une heure - les branches et les rameaux ont été arrachés des troncs, tout est passé devant la maison pêle-mêle, poussé par un vent mordant, acéré. Une fois la nuit tombée, la température a continué à descendre, au milieu des étoiles glacées et crépitantes, à plonger, à s'abîmer jusqu'aux alentours de moins trente-huit, moins trente-neuf, après quoi le vent s'est tu...» «Je veux m'enfoncer dans l'hiver, profiter de sa beauté et de son silence, et jouer selon mes règles, mais c'est bien difficile - ces journées courtes et sombres sont plus fortes que moi, plus puissantes que le remue-ménage chimique qui s'opère au fond de mon cerveau, et je sais désormais que si j'essayais de lutter, je serais encore plus fatigué le lendemain.» Pas d'électricité, pas de téléphone, aucune commodité, une route impossible, juste le Dirty Shame Saloon, à une demi-heure. Mais une vallée de commencement du monde, dans un coin reculé du Montana. Le rêve, pensent Rick Bass et sa femme. Elizabeth... Un combat aussi, de chaque jour.
    Winter est le récit, extraordinairement intense, d'une découverte du monde, au fil de l'hiver, de la splendeur, de la cruauté et des mystères du «wilderness». Mais aussi d'une découverte de soi - la révélation, au terme d'un progressif dépouillement, de l'essentiel : cette «part sauvage» en nous, que Rick Bass va désormais placer au coeur de tous ses livres...

  • « Une vraie frontière, avec des barreaux, des barbelés, la police qui fouille tes bagages et contrôle tes papiers avec suspicion: à l'heure où les frontières tombent, où les rideaux de fer se désagrègent et où le "global" atténue le sens de l'ailleurs, j'ai cherché la limite de l'Europe, les confins de l'Union dans la terre des fleuves, des forêts et des lacs, où nombre de peuples ont été balayés et où affleurent encore les ruines des grands empires. J'ai fait un voyage "vertical" de l'Arctique à la Méditerranée, des pâles terres du Nord aux contrées brûlantes du Minotaure. Un voyage dans l autre Europe. Un voyage en sac à dos et transports en commun - des cars aux fabuleux trains russes. Un voyage avec et parmi les petites gens, le long d'une route qui s'est tracée d'elle-même de rencontre en rencontre ».L esprit, l âme d un pays, a fortiori d un ensemble de pays se choisissant un destin commun ne se donnent jamais mieux à lire que dans les marges, sur les frontières par ce à quoi ils s opposent, ou ce dont ils se distinguent. Fort de cette conviction, Paolo Rumiz a entrepris en 2008 un voyage de 7 000 kilomètres, de l Océan Arctique à la mer Noire par tous les moyens populaires de déplacement, passant d un bord à l autre, depuis Rovaniemi, en Laponie finlandaise jusqu à Odessa.Il traverse des postes de douanes, des grillages, des barrières avec des miradors et des projecteurs, il vit des confiscations de marchandises, des attentes interminables, des arrestations, des rackets, des règlements de compte entre mafieux, des contrôles de visas, mais aussi la générosité des simples gens. D Odessa, il prend un improbable ferry pour Constantinople, où il débarque dit-il, non sans mélancolie, avec « comme des barbelés à l intérieur de moi-même ».Un livre saisissant, lucide et généreux, mêlant le cocasse et le tragique, d une superbe écriture, hantée par la mélancolie d une Europe dévastée par trop de guerres. On pense à Magris pour son art de distiller à travers gens et paysages, mais toujours en situation, la mémoire des lieux, à Patrick Leigh Fermor aussi, de ce chef d uvre qu est Le temps des offrandes, qui juste avant la 2ème guerre mondiale, tandis que montait le nazisme, entreprit un voyage à travers l Europe qui le conduisit, lui aussi, à Constantinople.

    Sur commande
  • Naturaliste de génie, salué comme le Balzac de la nature, Hudson a enflammé l'imagination des jeunes écrivains. Conrad dit de lui : "Il écrit... comme si un esprit d'une finesse et d'une douceur exceptionnelles lui chuchotait ses phrases."

  • En 1878, un touriste pas comme les autres visite la Suisse et la Savoie : l'Américain Samuel Langhorne Clemens, alias Mark Twain. De Lucerne à Chamonix, l'auteur suit un itinéraire des plus classiques. Son récit de voyage, traduit pour la première fois en français, est tout à fait inattendu.
    Laissant libre cours à son humour satirique, le romancier pose un regard faussement candide sur la montagne et son folklore touristique. Des tyroliennes aux pendules à coucou, des edelweiss aux chamois, «petite bestiole qui hante par milliers les hôtels suisses» : rien ne résiste à sa critique loufoque. Ses deux personnages - Mark Twain en voyageur irascible flanqué de son servile compagnon Harris - tentent désespérément de comprendre la montagne. Ils se livrent à toutes sortes d'expériences saugrenues : faire bouillir un guide, prévenir les avalanches à l'aide d'un parapluie ou entreprendre une ascension en télescope...

    Sur commande
  • La Sibérie : un immense « nulle part », grand comme les États-Unis et à peu près inconnu, peuplé de fantômes, sillonné par les errances fiévreuses de popes illuminés, de shamans égarés, de ce qui reste encore de tribus nomades, terre d'exil des bannis de la civilisation, prison-continent, poubelle du communisme - et terre d'utopie malgré tout, rêve encore de page blanche où tout peut recommencer. Une énigme. S'y aventurer, y vivre, impose d'explorer en soi des territoires inconnus, où tous les chemins, tous les repères se perdent. Lorsqu'il entreprend ce voyage de six mois à la fin des années 1990, nulle question pour Colin Thubron de faire du tourisme, mais bien de se laisser envahir en une lente imprégnation par cette immensité dévastée, son silence, ses improbables laissés-pour-compte, abandonnés entre usines en ruines et déchets nucléaires, s'efforçant de vivre, malgré tout. Ici un descendant de Raspoutine, là des savants oubliés de tous qui s'obstinent à mesurer la « signature magnétique » de leurs patients, plus loin, un archéologue persuadé d'avoir trouvé les origines de l'humanité, d'hypothétiques shamans sans plus de mémoire, un agent du KGB devenu prêcheur baptiste - jusqu'à cette femme déportée en 1938 dans le goulag de Vorkuta et restée là depuis, qui ne parvient toujours pas à condamner le communisme : en ce temps-là au moins, soupire-t-elle, en se détachant à grand-peine de son feuilleton mexicain, on croyait en quelque chose... Car comment vivre sans croire ? Immense écrivain, sans conteste le plus grand travel writer vivant, de la dimension d'un Nicolas Bouvier pour l'acuité du regard, cet art de tisser en quelques mots l'esprit d'une scène, dès lors inoubliable, et d'un Claudio Magris pour sa manière de saisir entre passé et présent l'âme même d'un lieu, Colin Thubron digne ici un chef-d'oeuvre.

    Sur commande
  • Cinquante ans d'alpinisme... La carrière de René Desmaison est d'une exceptionnelle longévité au regard des risques qu'il n'a cessé de courir ! Dans cette autobiographie célébrant ses noces d'or avec la montagne, il revient sur les étapes clés d'une vie rythmée par une soif inextinguible d'ascensions. Sa mémoire intacte retrace avec précision les péripéties de ses exploits et il utilise les mots justes pour restituer la palette des émotions qui envahissent le grimpeur.
    Une autobiographie généreuse et sincère.

  • Colin Thubron nous entraîne dans un extraordinaire voyage, celui de la Route de la Soie. Il part de Xian, au coeur de la Chine, où repose l'Empereur jaune, pour arriver à Antioche, au bord de la Méditerranée turque. Des deux itinéraires possibles qu'offre la Route de la Soie, il choisit le chemin le plus impraticable, celui qui longe le mortel désert du Taklamakan jusqu à Kashgar. Kirghizistan, Kazakhstan, Tadjikistan, Iran, Turquie, nombreux sont les pays que Colin Thubron a sillonnés pendant huit mois. Pages après pages, tout devient palpable : la chaleur implacable, la poussière, la sauvagerie, la désolation du désert, les oasis luxuriantes d'Asie centrale, l'air pur des montagnes et le fourmillement des villes. L'audace et l'endurance de ce baroudeur animent chaque page de ce récit. Son regard aiguisé de routard s'ajoute à une plume vive rythmée par les nombreuses rencontres faites au cours de son long périple.

    Sur commande
  • Été 1957, sur la face nord de l'Eiger, la plus célèbre et la plus meurtrière paroi des Alpes, deux cordées tentent la dix-septième ascension : les Italiens Corti et Longhi, les Allemands Nothdurft et Mayer. Progressant à une lenteur incompréhensible pour ceux qui les observent au télescope, ils sont bientôt pris au piège... Afin de les arracher à l'abîme, un hallucinant sauvetage est organisé par une soixantaine de bénévoles, dont les meilleurs alpinistes du moment, comme le grand guide français Lionel Terray et l'Italien Riccardo Cassin. Du sommet de l'Eiger, l'Allemand Alfred Hellepart est descendu dans le précipice au bout d'un mince fil d'acier long de trois cents mètres... Corti sera-t-il sauvé à temps ? Longhi survivra-t-il à son neuvième bivouac passé dans la paroi ? Et qu'est devenue la cordée allemande ? Quatre hommes sur l'Eiger est l'histoire fidèle de cette ascension folle, infernale, impossible, et de ce sauvetage héroïque et unique dans l'histoire. Double récit donc : d'un côté des sauveteurs bénévoles, admirables d'abnégation et de courage, qui se heurtent à l'indifférence, voire à l'hostilité des guides locaux, mais aussi à leurs improvisations ; de l'autre quatre hommes pris dans la tourmente, réunis par la nécessité, luttant de toutes leurs forces pour survivre. C'est, heure par heure, le récit des fautes, des accidents, du désespoir des quatre hommes, des efforts incroyables des sauveteurs, de leurs doutes et de leurs difficultés, le tout sous l'oeil avide des reporters. Le journaliste américain John Edward Olsen a mené tambour battant son enquête sur le plus vaste sauvetage jamais organisé en haute montagne. Un véritable «polar» alpin où tout est véridique. Jusqu'aux dernières découvertes, quatre ans après le drame...

  • Décédé en 1985, Gaston Rébuffat continue d'incarner l'image même de l'alpiniste, dont il a su transmettre l'esprit. A partir de textes choisis par son épouse, la vie de l'un des grands alpinistes du XXe siècle, depuis sa jeunesse dans les calanques de Marseille jusqu'à l'expédition de l'Annapurna, est racontée.

    Sur commande
  • Escalades dans les Alpes d'Edward Whymper (1840-1911) est le livre le plus fameux de toute la littérature alpine. Il raconte l'exploit le plus universellement connu de la conquête des montagnes, celui de la première ascension du Cervin en 1865, et le terrible drame qui s'ensuivit : quatre hommes, dont un lord d'Angleterre, précipités dans l'abîme. Mais c'est aussi l'histoire d'une passion indomptable et singulière pour la montagne : celle d'un jeune et pauvre dessinateur, venu dans les Alpes par hasard, et devenu l'un des plus grands alpinistes de tous les temps. Si le Cervin est au centre de ce livre, d'autres sommets prestigieux en sont aussi les héros, comme l'aiguille Verte, au-dessus de Chamonix, ou la barre des Écrins, dans les montagnes de l'Oisans. Aucun ouvrage ne retrace aussi fidèlement l'esprit de l'âge d'or de l'alpinisme alors que tous les grands sommets des Alpes étaient encore à conquérir, que l'on n'avait qu'une idée imprécise de leurs noms et de leur situation, et que la technique et le matériel étaient rudimentaires.
    Un monde neuf et vierge que Whymper se sentait la mission non seulement d'explorer, mais encore de décrire. Dans Escalades dans les Alpes, ses récits d'ascension vont bien au-delà de l'intérêt historique. Ils conservent aujourd'hui toute leur puissance évocatrice.

    Sur commande
  • Nouvelles d'en haut

    Samivel

    La montagne compte peu d'écrivains comme Samivel dont la curiosité soit aussi universelle, les connaissances aussi vastes, le style aussi fin et évocateur. Le présent volume offre le meilleur de ses textes consacrés à la montagne, et on ne s'étonnera pas qu'ils soient de coloration et de styles divers. Les contes et nouvelles y vont de la saynète humoristique à l'évocation dramatique, mais les récits et essais qui composent la suite du volume ne sont pas moins variés. Samivel y prend position, avant l'heure, contre les téléphériques, défend le parc national de la Vanoise, raconte les heures délicieuses passées à observer chamois et bouquetins ou analyse «l'énigme» de l'alpinisme. Dans sa diversité même, Samivel déploie toute la palette de ses talents, mise ici au service d'une seule cause : l'amitié des montagnes.

    Sur commande

    1 autre édition :

  • Whymper, le fou du Cervin

    Max Chamson

    • Hoebeke
    • 27 Septembre 2018

    En 1860, un jeune graveur londonien de 22 ans se rend en Suisse pour illustrer un livre sur les Alpes. À Zermatt, la rencontre avec une montagne alors presque inconnue, le Cervin, va bouleverser sa vie. Il se fait immédiatement le serment d'être le premier à en gravir l'inaccessible paroi. Cet homme, que rien ne prédestinait à marquer l'histoire de la montagne, va devenir en cinq ans le plus grand des alpinistes de son époque. Le 14 juillet 1865, après quatorze tentatives, Edward Whymper et ses compagnons parviennent au sommet du Cervin. Une victoire malheureusement endeuillée par l'atroce tragédie de la descente. Quatre hommes sont précipités dans l'abîme de la face nord ; seuls Whymper et ses deux guides suisses échappent miraculeusement à la mort. Parmi les disparus, un lord anglais, sir Francis Douglas : le retentissement est immense. L'alpinisme, le Cervin, Zermatt et Whymper deviennent tristement célèbres. Les accusations pleuvent et Whymper, déjà profondément éprouvé par le drame, en gardera l'âme à jamais blessée... Il se lance alors dans une quête sans fin des cimes lointaines, découvrant tour à tour les glaces du Groenland, les montagnes des Andes et les Rocheuses canadiennes. Max Chamson dresse ici le portrait émouvant de cet homme hors du commun, dévoré par une passion et une énergie qui firent de lui «l'homme le plus haut du monde».

    Sur commande
  • Trois cures en montagne

    Sarenne Jean

    • Hoebeke
    • 27 Septembre 2018

    En 1938, trois séminaristes grenoblois découvrent par hasard l'univers de la haute montagne et s'y plongent avec l'inconscience des débutants. Ils sont sans le sou, mais leur enthousiasme est sans borne... Au point de faire quelques entorses à la stricte discipline du Séminaire ! Au fil de leurs équipées, nos futurs curés apprennent qu'il n'est pas facile de louer une paire de skis avec une soutane, s'initient aux joies et aux déboires du rappel, et enfin abordent les sommets du massif des Écrins dans l'innocence la plus totale. Leurs intuitions les gouvernent à contretemps : ils entrevoient de terribles dangers là où il n'y en a guère et prennent les plus grands risques sans même s'en rendre compte. Autre problème, leur statut social, qui les met dans une position gênante lorsqu'une jeune fille, abandonnée par son compagnon de course, décide de se joindre à eux, sans se douter à qui elle a affaire ! Dix ans plus tard, l'auteur, Jean Sarenne (1915-1974), devenu curé de montagne et alpiniste accompli, peut l'avouer : «Mes meilleurs souvenirs sont ceux de notre première semaine en Oisans.» Celle-là même dont il nous raconte les péripéties, avec autant d'ironie que d'émotion, dans cet ouvrage délicieux.

    Sur commande
  • Maurice Chappaz, écrivain valaisan, occupe une place unique dans la littérature alpine. Ambitieux, son propos n'est pas tant de raconter des ascensions que de restituer «l'absolu du désert neigeux», dire «les tempêtes, le vertigineux cercle des cimes blanches et tous les gestes de l'homme sur la piste».
    Du mont Blanc au mont Rose, sa traversée des glaciers tient du parcours initiatique. Emporté par l'ivresse de l'altitude, il capte l'insaisissable, irriguant son récit du flot des sensations qui envahissent l'alpiniste. Dans La Haute Route, il rassemble tout ce qui lui fut donné d'éprouver de l'oreille, de l'oeil, du nez, du jarret et surtout du trouble des entrailles... Pour Maurice Chappaz, «la littérature alpestre peut s'assimiler à la littérature érotique». Dans les caresses de la montagne, il voit une ascèse, un effort qui comble, en les épuisant, la bête et l'âme.
    Dans la mémoire des alpinistes, ces pages vont réanimer ce qu'ils auront vécu de plus fort et de plus subtil, mais en donnant à leur montagne familière les dimensions qu'ils s'étaient contentés, souvent, de pressentir. Les autres, les gens du bas pays, auront la révélation de l'altitude, de même que les terriens comprirent la mer en lisant les romans de Joseph Conrad ou d'Herman Melville.

    Sur commande

    1 autre édition :

  • Chasseurs de chamois

    Alpinus

    Chasseur, Henri-Frédéric Faige-Blanc l'était, comme tout montagnard du XIXe siècle, ou presque. La chasse n'était pour lui que le meilleur prétexte pour vagabonder à son aise dans ses chères montagnes du Dauphiné. C'est alors qu'il prit le pseudonyme d'Alpinus, collectionneur insatiable de pierres et d'insectes, d'histoires simples et de traditions immémoriales. Alpinus, un montagnard passionné doublé d'un érudit, un original.
    A tant aimer les Alpes, les arpenter quotidiennement, les observer attentivement, il en acquit une connaissance prodigieuse. En résulte un livre qui ne ressemble à aucun autre, un témoignage unique sur la faune et les moeurs d'un temps où il fallait, entre autres, savoir cohabiter avec l'ours... plantigrade n'effrayant que les ignorants.

    Sur commande
  • Né dans un petit hameau de la vallée de Chamonix, Armand Charlet (1900-1975) est unanimement considéré comme le plus grand guide français du XXe siècle. Dans Vocation alpine, il évoque sa jeunesse et son apprentissage jusqu'au «clou» de sa carrière : la première traversée des aiguilles du Diable en 1928.
    Un grand guide, Armand Charlet? Bien plus : un homme devenu légendaire! Sur l'aiguille Verte, sa montagne de prédilection, il ne tracera pas moins de sept nouveaux itinéraires, et la gravira plus de cent fois. Son talent exceptionnel est si vite reconnu que, dès 1924, un col est baptisé à son nom! Il mène ses clients à grande allure, fait preuve sur la glace d'une technique incomparable et se montre, sur le rocher, d'une audace folle qui l'amène à franchir sans pitons (encore presque inconnus à Chamonix) des passages d'extrême difficulté, au prix parfois d'acrobatiques coincements de piolet dans une fissure.
    Armand Charlet, exigeant pour les autres autant que pour lui-même, se plaint parfois de ne pas trouver de «clients» à sa mesure... C'est que, dans les années qui suivent la Grande Guerre, l'alpinisme français est en pleine mutation : le Groupe de Haute Montagne réunit un petit cénacle d'amateurs pour lesquels l'alpinisme se conçoit sans guides. Le handicap est d'autant plus grand pour Charlet qui doit concilier les exigences du métier avec son ambition évidente de marquer l'histoire.
    On croisera aussi, au fil des pages, un jeune alpiniste débutant mais enthousiaste, qui fait ses premiers pas en haute montagne en compagnie d'Armand Charlet : Roger Frison-Roche.

    Sur commande
  • Tarquin Hall, après dix ans de journalisme en Afrique, en Asie, en Amérique, en Inde et au Moyen-Orient, rentre en Angleterre. Sans grandes ressources, il perd rapidement ses illusions d'une vie tranquille dans l'ouest de Londres, les quartiers chic de son enfance. Et c'est ainsi qu'il se retrouve dans les pires bas-fonds de la ville, là même où Jack London écrivit Le Peuple de l'abîme : l'East End...
    À Brick Lane, où il finit par dénicher une mansarde, rien n'a changé : crime, drogue, prostitution, immigration, misère. Ici, depuis des siècles se sont pressés les malheureux qui débarquaient sur les docks crasseux, des huguenots français aux juifs fuyant les pogroms du siècle, et maintenant les réfugiés du Bangladesh, les Afghans, Irakiens, Kurdes, Indiens, Kosovars - le monde entier, en somme.
    Tarquin Hall fera face. Avec son expérience de globe-trotter et une solide dose d'humour. Ce qui nous vaut un récit savoureux, oscillant sans cesse entre tragique et comique, des scènes mémorables et une épatante galerie de portraits : Mr Ali, le genre de propriétaire qui revient avec un parapluie quand on lui fait remarquer que la salle de bains n'a plus de toit; son voisin kosovar avec lequel il partage à Noël une oie sauvage dérobée dans un parc voisin; Sadie Cohen, la vieille dame juive gardant le souvenir de tous les siens rescapés des pogroms; l'inénarrable Chalkie, cockney de souche et contrebandier de carpes françaises; tant d'autres encore...

    Sur commande
  • Lawrence Osborne échoue à Bangkok pour des soins dentaires low cost avant de s'apercevoir qu'il peut y vivre pour seulement un dollar par jour.
    Le Bangkok d'Osborne est animé, ardent et plein de contradictions. L'auteur erre dans les rues, dîne d'insectes, arpente les quartiers oubliés ou les temples à l'abandon et écume les bars louches.
    Guide sans inhibition, l'auteur nous convie à une expérience viscérale de Bangkok, dans le quotidien atypique d'une bande d'expatriés, retraités pour la plupart, qui a trouvé un paradis perdu dans cette ville fébrile où se mêlent pratique bouddhiste ancestrale et « nouvelles moeurs sexuelles ». Jours tranquilles à Bangkok est une lettre d'amour à la ville qui a relancé la foi d'Osborne dans l'aventure et le monde.

    Sur commande
  • La naissance d'un géant. un immense cri de révolte et de souffrance, à faire s'effondrer les murailles, qui emporte tout dans sa fureur, bouscule la langue, la réinvente, porte les mots jusqu'à leur point d'incandescence. Dans une Haïti de cauchemar, sous le joug de Duvalier, où des hommes à bout de désespoir préférent se jeter dans une mer grouillant de requins plutôt que de retourner à l'enfer quotidien, tandis que les envahisseurs yankees multiplient les atrocités, deux hommes se croisent, se sauvent, se retrouvent après s'être perdus : Raynand l'activiste, lancé dans une course folle contre la mort, la misère, l'exil, condamné à l'échec, et Paulin l'écrivain, enfermé dans sa création, que les circonstances précipiteront sur le devant de la scène, transformé en tribun - Raynand et Paulin, les deux visages de Frankétienne, jusque-là connu comme poète et qui, par ce roman publié en 1968, s'affirme d'un coup comme un romancier de génie.

    Sur commande
  • La découverte d'inédits de Nicolas Bouvier (1929-1998), le plus grand écrivain-voyageur de ce temps, est chose véritablement exceptionnelle : surtout quand il s'agit, non pas de quelques articles retrouvés ici ou là, mais de rien moins que ses fameux « carnets » si souvent évoqués, qu'il tint pendant son séjour au Japon en 1964 et que nul n'avait lus.
    L'Usage du monde, publié en 1963, marquait la première étape jusqu'à la Khyber Pass, en Afghanistan, d'un immense voyage commencé en 1953, via Belgrade, « vers la Turquie, l'Iran, l'Inde, plus loin peut-être... » Et là, se dit-il, « si j'ajoutais l'Inde, Ceylan, et le Japon, ce serait Le Livre des merveilles en deux mille pages, que j'aurais terminé vers cinquante ans...» De ce Livre des merveilles, évidemment interminable, Nicolas Bouvier nous aura livré quelques joyaux. En voici une part importante, jusqu'ici inédite, qui nous fait découvrir un Nicolas Bouvier au quotidien, tout en notations vives, drôles, touchantes, d'une acuité proprement incroyable.
    Le style de Bouvier, c'est d'abord cette qualité de regard, ces ciselures de miniaturiste, cet art unique de saisir, comme on dérobe des pommes à l'étalage, des fragments d'éternité au détour d'une scène, d'un regard échangé. Le voici ici tout entier, en liberté, avec son inimitable humour, et l'on croirait presque entendre sous ses phrases le grain de sa voix tandis qu'il découvre, s'émerveille, s'étonne, se laisse faire, mais aussi défaire par ce pays « non pas tant mystérieux que mystifiant » au long de ce deuxième séjour au Japon avec sa femme Éliane.
    Le Vide et le Plein s'impose comme un chapitre précieux de l'oeuvre de Nicolas Bouvier, où il se découvre plus, peut-être, que nulle part ailleurs.

    Sur commande
  • Un pays ne se révèle jamais mieux que par sa cuisine, l'histoire de ses produits, les cultures qui s'y rattachent la manière dont il a su magnifier par des plats l'infinie diversité du monde : nous ne mangeons pas seulement des légumes ou une viande, nous mangeons d'abord un imaginaire, des récits, des manières d'être ensemble, des rapports singuliers à la nature. Et l'on montrerait aisément que tous les grands problèmes philosophiques se jouent déjà à notre table.
    Chitrita Banerji nous invite à un merveilleux voyage à travers une douzaine de régions du continent indien et plus de trois années sur les routes de l'Inde au hasard des rencontres, des plus simples gargotes dans les villages tribaux aux palais, des échoppes des marchés aux cantines des temples. On découvrira ici que la civilisation indienne a toujours eu une insatiable, presque enfantine curiosité pour l'étranger et les nouveaux produits qu'il amenait avec lui et c'est pourquoi elle propose une telle variété de cuisines distinctes, formées par les vagues successives d'arrivées, d'invasions, de conquêtes et d'assimilations où se croisent les influences des Perses, des anciennes tribus aryennes, des Juifs du Moyen Orient, des Mongols, des Arabes, des Européens aussi, chacun apportant des techniques nouvelles, trouvant du coup de nouvelles manières d'associer l'infinité variété des épices, des graines, du safran à la moutarde, aux légumes, aux céréales, aux poissons qu'ils découvraient.
    Récit d'aventures humaines, de découvertes, conjuguant l'humour et la poésie par la grâce d'une prose qui vous met l'eau à la bouche à chaque page, avec un art subtil, tout de légèreté, de faire ressurgir, à travers l'histoire de ses produits, l'histoire même de l'Inde, ce livre est une merveille ! Qui sans y paraître nous fait découvrir un pays en pleine mutation, et pose quelques questions : que signifie « l'authenticité » à une époque de grandes migrations, de flux incessants de populations, quel sens peut avoir la « tradition » dans un pays dont l'histoire même est celle d'un perpétuel métissage et dont pourtant l'identité est extrêmement forte ? Tous les enjeux des temps présents, dans les plus simples des plats...
    La littérature de voyage à son meilleur, où la saveur des mots exalte la saveur des mets.

    Sur commande
empty