Gallimard

  • « Mais bon sang, comment vais-je me sortir de cette tâche insensée ?
    De cette idée d'entretenir avec vous de l'avenir du monde vivant ? Alors que je sais très bien que vous auriez préféré [...] un roman policier distrayant. Mais une sorte de nécessité implacable me pousse à écrire furieusement cet impossible petit texte.
    Il y a dix ans, j'avais publié un très court texte sur l'écologie. Et quand on m'a prévenue qu'il serait lu à l'inauguration de la COP24, c'est alors que j'ai conçu un projet de la même eau, mais un peu plus long, sur l'avenir de la Terre, du monde vivant, de l'Humanité. Rien que ça." L'urgence climatique traitée sur un ton clair et direct, qui s'appuie sur des données rigoureuses sans oublier un certain humour noir.

    Sur commande
  • Un mois sur le Camino del Norte, de Bayonne à Santiago, 40 kilomètres de marche par jour : étape après étape, Jean-Christophe Rufin se transforme en clochard céleste, en routard de Compostelle. Pourquoi prendre le Chemin, quand on a déjà éprouvé toutes les marches, toutes les aventures physiques ? " Je n'avais en réalité pas eu le choix. Le virus de Saint-Jacques m'avait profondément infecté. J'ignore par qui et par quoi s'est opérée la contagion.
    Mais, après une phase d'incubation silencieuse, la maladie avait éclaté, et j'en avais tous les symptômes. " 876 kilomètres plus loin, un mois plus tard, après l'arrivée à Santiago, le constat est là. Comme tous les grands pèlerinages, le Chemin est une expérience de désincarnation, il libère du " tropplein ", mais il est aussi un itinéraire spirituel, entre cathédrales et ermitages, et humain, car chaque rencontre y prend une résonance particulière.

    1 autre édition :

  • Ce livre évoque des souvenirs de séjours réguliers que Le Clézio a passés dans la ville de Sainte Marine, à l'embouchure du fleuve Odet, dans le Finistère, lors de son enfance entre 1948 et 1954. Bien que l'auteur se défende de respecter une chronologie, le texte poursuit néanmoins l'ordre de la mémoire, allant de l'enfance vers la maturité. Le lieu de Sainte Marine est placé sous le signe de la mère. La Bretagne, et particulièrement le pays bigouden, que Simone Le Clézio aimait par dessus tout, ce pays où elle a reçu la demande en mariage de son père, ou elle a accouché de son frère et où elle est revenue se réfugier trois mois après la naissance de l'auteur à Nice, à cause de la seconde guerre mondiale. Au fil des chapitres, qui sont présentés comme des « chansons », le narrateur fait revivre une époque où Sainte Marine n'avait pas encore été arraisonnée par les boutiques, les carrefours giratoires, ni les bistrots en tout genre... À travers ces « chansons », l'auteur propose un vrai récit sur son enfance en Bretagne, qui s'enrichit également d'une réflexion plus large sur les changements de la géographie bretonne. Malgré son dépit face à ces bouleversements, Le Clézio ne cultive pas le goût de la nostalgie, car pour l'auteur « la nostalgie n'est pas un sentiment honorable ». Son intention est plutôt de rendre compte de la magie ancienne dont il fut le témoin, par les mots empruntés à la langue bretonne et les motifs d'une nature magnifique. Le texte est bercé par une douceur pastorale, qui fait vibrer les images des moissons en été, la chaleur des fêtes de nuit à Sainte Marine ou la beauté simple d'un verger en fleur - autant une ode à la campagne éternelle que la réminiscence de souvenirs intimes.

  • Putzi

    Thomas Snégaroff

    Il mesurait deux mètres, mais on le surnommait Putzi, "petit bonhomme" . Marchand d'art dans le New York bohème des années 1910, musicien à ses heures, Ernst Hanfstaengl devint dix ans plus tard le confident et le pianiste d'Hitler. Cet excentrique, jalousé par les nazis, était fasciné par leur chef, à qui il offrit de l'argent, une famille, et des airs de Wagner à toute heure du jour et de la nuit.
    Il rêvait d'honneurs et d'une alliance entre l'Allemagne et les Etats-Unis, ses deux patries. Nommé responsable de la presse étrangère du Reich en 1933, il crut en son destin. Il n'obtint que la disgrâce. Son incroyable exil le conduisit jusqu'à Roosevelt, qui pendant la Seconde Guerre mondiale fit de lui son principal informateur sur le Führer. Pour les uns il fut un traître ou un bouffon sans conséquence, pour les autres, l'un des artisans du mal.
    Son histoire tragique, burlesque, nimbée de mystère, est celle d'un héros de roman. Le roman d'un siècle de splendeur et de désastre, où l'on croise Goebbels, Goring et les soeurs Mitford, mais aussi Thomas Mann, Carl Jung ou encore Romy Schneider.

  • Pierre,

    Christian Bobin

    Ce livre n'est ni un essai, ni une biographie de Pierre Soulages, c'est un exercice d'admiration doublé d'une réflexion sur la « présence » du peintre et sur « l'énigme du surgissement de toute présence sur terre », qu'il s'agisse du père de l'auteur, d'un chauffeur de taxi ou de l'inconnu rencontré dans le train de Sète. Après nous avoir fait entendre la voix du peintre, visiter sa demeure parisienne, son atelier-garage, voir ses tableaux, rencontrer ses amis, bref cerner ce qui incarne la « présence » de Soulages, Christian Bobin nous raconte son voyage en train la nuit de Noël 2018 pour fêter à Sète l'anniversaire du peintre, ce qui lui permet de développer sa « thèse de philosophie » et d'achever un portrait intime et « en couleur » du peintre de l'outrenoir. Tout l'art déployé par l'auteur montre ici son efficacité : qu'on aime ou non la peinture de Soulages, on est séduit et touché.

  • L'Iran à fleur de peau Nouv.

    C'est presque par hasard qu'Élodie Bernard se rend en Iran, pour la première fois en 2005, accompagnant dans sa famille une camarade iranienne de la Sorbonne. Elle est alors étudiante en relations internationales. C'est ensuite par amour et fascination pour ce pays qu'elle y retourne, à titre personnel d'abord, puis pour travailler à La Revue de Téhéran.
    À travers ces fragments de récits, nous parcourons le pays et nous familiarisons avec lui en même temps que l'auteure. Élodie Bernard décrit les événements politiques iraniens de cette décennie, son récit permettant avant tout d'approcher la vie quotidienne de la population - dans la capitale et dans certaines grandes villes (Kashan, Ispahan, etc.) -, de partager les émotions nées de cette période charnière.
    Elle dévoile ses craintes : être une Française en Iran au milieu d'un maillage de coutumes et de règles strictes, dans un pays en pleine effervescence politique. Elle s'émerveille de l'accueil que lui réservent les familles qu'elle côtoie et de l'émancipation de la jeunesse iranienne.

  • J'ai toujours été une plante d'appartement, une petite nature, une trouillarde. C'est par hasard que je me suis retrouvée à boire le thé avec Julie et que je lui ai dit : «Génial, ton trek au Népal ! Voilà quelque chose que je ne pourrais jamais faire, moi qui n'arrive pas à marcher avec un sac à dos !» Julie m'a répondu : «Justement au Népal il y a des porteurs !» Et voilà : un mois et demi plus tard, nous y sommes. » Catherine Cusset nous raconte trois voyages : un trek au Népal avec son mari et sa fille adolescente ; un séjour cauchemardesque dans un paradis tropical ; une escale dans le futur quand l'auteure est invitée en Chine. Ces voyages sont reliés par un fil invisible-celui qui fait qu'on part loin, pour retrouver ce qui est proche.

  • En Syrie

    Joseph Kessel

    « La Syrie ? Que savons-nous d'elle ? Avouons-le sans faux orgueil : quelques réminiscences historiques sur les croisades, quelques pages célèbres, les beaux noms de Damas, de Palmyre, de l'Euphrate, voilà tout notre bagage pour une grande et féconde contrée placée sous Mandat français. Mais qui discerne l'importance de ce Mandat ? Qui - à part de très rares spécialistes - pourrait tracer la physionomie politique de ce pays ? Qui expliquerait pourquoi l'on s'y bat et qui se bat ? Ce berceau des civilisations, ce lieu de passage prédestiné, dont la richesse et la beauté ont retenu, sans les mêler, tant de peuples, cette terre où poussent avec une force ardente les croyances et les hérésies, déroute et confond.» Le premier reportage de Joseph Kessel, publié en 1926. Des pages d'une surprenante actualité.

  • Paolo Rumiz n'en est pas à son premier voyage, lui qui a longé les 7 000 kilomètres des frontières de l'Europe, de l'Arctique à la mer Noire, traversé les Balkans, descendu le cours du Pô... Au printemps 2014, il a réalisé le plus étonnant d'entre eux : un voyage immobile. Isolé dans un phare perché sur un rocher au milieu de la Méditerranée, avec pour seuls compagnons les gardiens. Et le sentiment d'être libéré, sans agenda, sans horaires, sans aucune connexion avec le monde, loin de tout mais curieusement peut-être aussi au centre de tout.
    Se consacrant à l'exploration de son minuscule environnement, un kilomètre de long sur deux cents mètres de large, il raconte la nature, le cri des oiseaux, le silence des poissons, la lanterne du phare. Il parle tempêtes, orages, vents et nous fait partager le quotidien des gardiens, ceux d'aujourd'hui mais aussi ceux de jadis. Un voyage immobile tout en délicatesse, empathie et érudition.

    Sur commande
  • Taos Amrouche est reçue au cours de l'automne 1954 par Jean Giono pour une série d'entretiens radiophoniques. En ouverture, elle dit son projet très simplement : "Je suis là pour vous demander de nous raconter librement vos souvenirs et aussi ces histoires que vous improvisez pour tous ceux qui ont le privilège de vous entendre, le soir, quand vous fumez votre petite pipe". A la lecture de ces Propos et récits, on constate que Giono a réellement construit, au cours de ces entretiens, un ensemble très structuré de souvenirs, de portraits, d'anecdotes qui ont fourni la matière de plusieurs de ses romans et nouvelles, en particulier dans le "cycle du Hussard" , auquel il travaille à l'époque.
    Ici se déploient donc tous les talents de Jean Giono conteur, dans cette langue généreuse et pittoresque, pour le plus grand plaisir de son interlocutrice et de ses lecteurs. Ces entretiens constituent aussi un document littéraire, témoin de la construction et de l'évolution de l'oeuvre de Jean Giono.

  • Voyage en Italie

    Jean Giono

    De Manosque à Florence, en passant par Milan, Venise, Padoue, Bologne, voici l'Italie de Jean Giono, romancier du bonheur. Le lecteur le suivra dans ses découvertes, avec un plaisir extrême. À chaque pas, le paysage et les êtres apportent leur leçon. Giono sait traduire le message d'une allée de cyprès sur une colline, du froncement de sourcils d'un Milanais, du battement de cils d'une Vénitienne. Il est délicieux de voyager avec un tel guide.

  • Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944) aspirait à un monde où l'action et le rêve fussent intimement liés, convaincu qu'en cette coïncidence résidait la vérité de l'expérience vécue. Sa voie fut celle du consentement au risque : le désert et les périls aériens, qui ouvrent alors au trésor caché de l'existence, à la révélation de ce qui nous tient fraternellement et spirituellement aux nôtres et au monde. Saint-Exupéry s'est appuyé sur son exceptionnelle expérience d'aviateur pour affirmer sa confiance dans la grandeur humaine, accessible à chacun par l'engagement librement consenti. Toute son oeuvre littéraire - ici resituée dans le mouvement biographique qui l'a vue naître - est une tentative admirable pour restituer poétiquement la substance même de l'existence, sa vérité intime et sincère - celle du coeur.

    Réunissant les oeuvres littéraires d'Antoine de Saint-Exupéry, de ses premiers contes et poèmes de jeunesse, inspirés par son apprentissage de pilote, à Citadelle, incluant ses quatre grands romans et Le Petit Prince, cette édition est enrichie de très nombreux documents inédits ou méconnus, se fonde sur les plus récentes découvertes et offre pour la première fois dans la collection Quarto un volume illustré en couleurs.

    Sur commande
  • 1791 : Chateaubriand a vingt-trois ans. Désoeuvré et préoccupé par la situation politique révolutionnaire, il quitte la France à destination de l'Amérique : son voyage durera huit mois. Là, au-delà de villes encore en devenir, il découvre, fasciné, la nature sauvage américaine : les chutes du Niagara, les grands lacs, le Mississipi et les Indiens qui peuplent ces contrées... La nature démesurée du Nouveau Monde comble son désir de liberté et lui fournit l'inspiration grandiose qui nourrira toute son oeuvre. Plus de trente ans après, se présentant comme «le dernier historien des peuples de la terre de Colomb», il rédige son Voyage en Amérique par le prisme de ses souvenirs et de ses lectures. Tout ce qu'il n'a pas vu, il le réinvente. La nostalgie d'une grandeur passée - celle de la Nouvelle-France, l'empire colonial français désormais perdu - se mue sous sa plume en un éloge du Nouveau Monde, ce continent où «le genre humain recommence». Chateaubriand nous le rappelle : la littérature demeure le conservatoire des mondes évanouis.

  • Solal et les Solal

    Albert Cohen

    Peu de lecteurs de Belle du Seigneur, en 1968, savaient que ce roman était le dénouement d'un cycle inauguré en 1930 avec un premier chef-d'oeuvre, Solal, prolongé par Mangeclous en 1938 et achevé en 1969 avec la publication, à contretemps, des Valeureux... Quarante ans d'aléas éditoriaux avaient fait perdre de vue la continuité chronologique du récit et, plus encore, son unité d'inspiration. Rassemblant pour la première fois en un volume cette tétralogie avec le titre que son auteur aurait voulu lui donner, Solal et les Solal, cette édition Quarto invite à relire d'un oeil neuf une oeuvre d'exception, à mieux en mesurer le rythme, à savourer l'équilibre entre les volets dramatiques (le scénario obsédant de l'ascension et de la chute du héros) et comiques (l'univers burlesque de Mangeclous et des siens), la fantaisie baroque et la veine satirique, le souffle épique et la tentation lyrique. À travers la vie aventureuse de «Solal des Solal», enfant prodigue du ghetto à la poursuite d'un rêve d'Europe, se déploie une ample méditation sur le destin juif, la culture occidentale, l'amour et la condition humaine, servie par une prose généreuse et inventive qui ne se refuse aucune audace.

  • « Descendre de l'avion tout fripé d'un long voyage. Admirer des palmiers bercés par la nuit tropicale. Ôter son pull. Régler sa montre sur un nouveau fuseau horaire. Se laisser cueillir par un mélange de senteurs iodées et sucrées. Entendre des rires, des appels, des pleurs, des embrassades. Errer dans une aérogare moderne, climatisée, étonnamment banale.
    Bienvenue outre-mer. » En seize chapitres thématiques (Partir, Marcher, Prier, Manger etc.), François Garde raconte la richesse et la multiplicité de l'outre-mer, où il a vécu pendant plusieurs années. Un texte qui invite au voyage autant qu'à la réflexion.

  • Dans ces essais écrits dans les années 1940 et 1950 alors qu'il n'avait qu'une vingtaine d'années, James Baldwin s'interroge sur ce que signifie être noir aux États-Unis. Ses réflexions sur la vie à Harlem, la politique, la religion, la presse, la littérature ou le cinéma, écrites dans une prose riche, dense et percutante, sont d'une profonde et vibrante actualité.
    La force de ce recueil réside dans la virtuosité avec laquelle Baldwin entremêle sa critique d'une société injuste et clivante, et le récit très personnel de son expérience et de ses souvenirs.
    L'évocation de la mort de son père, figure insondable d'un pasteur guetté par la démence, l'entraîne à commenter les émeutes de 1943 à Harlem ; le témoignage de son emprisonnement injustifié dans la prison de Fresnes le conduit à poser un regard lucide sur le rapport de la France à la colonisation ; la chronique d'un voyage à Atlanta lui donne l'occasion de dénoncer le racisme systémique et le paternalisme des politiques qui infantilisent la communauté noire. Avec une justesse incomparable et une franchise désarmante, il détaille ainsi les comportements, explore les méandres des relations entre les Noirs et les Blancs et donne à voir une société en prise avec ses contradictions.

    1 autre édition :

  • Cédric Gras, est un écrivain géographe. Ou plutôt un écrivain de la géographie, un arpenteur, l'un de ceux qui n'hésitent pas à tracer un trait entre Yakoutsk et Vladivostok. Parti de l'idée de voir l'automne se fixer par trois fois dans ces régions septentrionales, l'auteur nous livre le récit de son étonnante pérégrination du 1er septembre au 25 octobre, s'étendant de 62 à 43 degrés de latitude, et parcourue à pied, en autostop, en remorqueur et en Antonov 28. L'occasion d'évoquer des lieux mythiques et de raconter la Russie pacifique contemporaine.
    Un récit de voyage captivant, à mille lieues des clichés russes que peuvent avoir les Occidentaux.

  • Par une chaude journée de décembre, Cédric Gras débarque en Afrique du Sud, au Cap, pour rejoindre un brise-glace russe direction le plus froid des continents : l'Antarctique. Durant trois mois, il a affronté les vents polaires, naviguant parmi les icebergs pour assurer le ravitaillement des bases russes, y déposer les candidats à l'hivernage et récupérer les équipes qui venaient de passer un an sur la glace. Il a partagé le quotidien des passagers : scientifiques, marins, techniciens, femmes affectées aux tâches ménagères, dans le bateau et sur les bases. Il a vécu aux côtés des poliarniks, ces hommes courageux qui consacrent leur vie aux pôles. Il livre le palpitant récit d'une aventure unique, décrivant le quotidien lancinant du bord où l'on perd la notion des jours, dressant le portrait haut en couleur de ces conquérants des glaces, qui ont marqué l'imaginaire de l'URSS presque à l'égal des cosmonautes. II décrit la fascinante histoire de la conquête russe en Antarctique, mais aussi son déclin, celui de l'URSS, et la nostalgie qui s'ensuit.

  • Journaux de voyage

    Albert Camus

    'C'est les jambes flageolantes que je reçois le premier coup de New York. Au premier regard, hideuse ville inhumaine. Mais je sais qu'on change d'avis. Ce sont des détails qui me frappent : que les ramasseurs d'ordures portent des gants, que la circulation est disciplinée, sans intervention d'agents aux carrefours, etc., que personne n'a jamais de monnaie dans ce pays et que tout le monde a l'air de sortir d'un film de série. Le soir, traversant Broadway en taxi, fatigué et fiévreux, je suis littéralement abasourdi par la foire lumineuse.' Ce volume comprend les journaux de voyage d'Albert Camus aux États-Unis de mars à mai 1946, puis en Amérique du Sud de juin à août 1949.

    1 autre édition :

  • Oeuvres

    Nicolas Bouvier

    À quel envoûtement obéit un jeune Suisse bien né, sur le berceau duquel les fées se sont penchées, pour «prendre la route» à 24 ans, ses diplômes en poche, en Fiat Topolino, mais sans un sou vaillant et pour un aller simple ? Il est décidé à en découdre. Avec lui-même, avec la vie et avec l'écriture. De la Yougoslavie au Japon, c'est dur, mais c'est cette dureté qu'il recherche : la descente en soi qui peut être illumination ou descente aux enfers, l'intensité de l'instant et l'ennui qu'il faut meubler avec des riens. Le pittoresque, l'observation ne sont que des supports à la quête de soi et à la douleur de l'écriture, mais ils nous valent des portraits truculents, des récits merveilleux car ce conteur est un enchanteur. Il fait son miel avec les surprises de la route qui ne sont pas ce que l'on croit. Ainsi ce corps encombrant qui réclame cheque jour sa pitance et que frappe un cortège de malarias, de jaunisses à répétitions, sans parler des dents qui prennent la poudre d'escampette. On s'en va «pour que la route vous plume, vous rince, vous essore, vous rende comme ces serviettes élimées par les lessives qu'on vous tend avec un éclat de savon dans les bordels... Sans ce détachement et cette transparence, comment espérer faire voir ce qu'on a vu ?». Mission accomplie. Nicolas Bouvier a payé sa livre de chair et bien au-delà, et son écriture de l'extrême exigence, de l'économie du mot, fait de nous des visionnaires par procuration auxquels il arrache «des râles de plaisir».

  • Malemute Kid, Mason et son épouse indienne Ruth épuisent leurs chiens de traîneau en quête d'or, de sensations fortes et d'avenir radieux. Mais la chute d'un arbre sur leur chemin ramènera les aventuriers à leur condition de simples et fragiles mortels.
    Le périple au long cours de Naass, dans la glace et le froid, est un mystère pour tous ceux qui, depuis des années, croisent sa route. Ils ignorent que le jeune chef indien est à la poursuite d'Unga, la femme qui lui a été ravie.

    Dans le «Silence Blanc» du Grand Nord, solitude et violence sont le quotidien des héros de ces deux nouvelles de Jack London.

empty