Francois Bourin

  • Le 4 septembre 1981, après une semaine de suspense, Myriam tient ses promesses et « enlève le bas ». Mais la jeune fille de 19 ans, noyée dans un tourbillon médiatique infernal, choisit de disparaître... dans une communauté bouddhiste, pour méditer toute une année.
    Rebelle et indéniablement libre, Myriam trace sa vie, à la recherche d'une connivence avec le monde et ses musiques envoûtantes. Éternelle nomade, la fille-aux-mille-vie pose ses valises aux États-Unis, en Inde, au Portugal, partage la galère des dealers dans les rues de Paris, emprunte les routes tziganes, guérit de la tuberculose, croise le dalaï-lama, étudie encore et encore le bouddhisme. Tout ça, sans jamais s'arrêter de danser. Devenue Yumma Mudra, elle montre à chacun d'entre nous que l'on peut, un beau jour, choisir de quitter les faux-semblants pour vivre au plus près de soi-même.
    Un récit enivrant, qui fait entendre la merveilleuse musique de la liberté.

  • Portugal

    Bernard Chambaz

    Après Petit voyage d'alma-ata à achkhabad et Evviva Office 7 mai 2013 l'Italia, Bernard Chambaz reprend la route, dans le sillage de Jean Giraudoux, sillonnant en vain le Portugal, lors de l'été 1940, sur les traces de son fils déjà à Londres. Il part à la rencontre des paysages et des êtres, des couches d'histoire et de géographie où ils s'inscrivent, il vérifie la magie des noms et roule sans nostalgie car elle serait mauvaise conseillère.
    De l'âpre Tras-os-montes à la douce Lisbonne, ce récit voudrait être un hymne à la vie, à la puissance des livres et à un pays arrimé au continent européen. On y verra aussi bien une procession religieuse que des coiffeurs attendant sur le pas de leur porte d'improbables clients, des images de neige en plein été, des églises, mais aussi des abbayes et des cafés, deux soeurs qui récitent des poèmes, les amours incandescentes du roi Pedro et d'Ines de Castro, les trois secrets de Fatima, une vieille salle de classe dans un petit village de montagne, une chapelle tapissée d'ossements, des chiens et des poissons, et bien sûr les fantômes et les vivants de Lisbonne.

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  • L'infatigable arpenteur des routes du monde que fut Théophile Gautier a beaucoup " zigzagué " en France, selon une expression qui lui est chère.
    On retrouvera dans cette anthologie la trace de cette bougeotte et de cette curiosité insatiable : une excursion à Cherbourg, au Mont-Saint-Michel ou encore dans Paris (tirée de Quand on voyage, 1865), des divagations sur le Paris du futur (dans Caprices et Zigzags, 1852), de longs détours dans les Vosges, au mont Blanc ou sur la Meuse (extraits de Les Vacances du lundi. Tableaux de montagnes, 1881), une errance vers Marseille (Loin de Paris, 1865).
    Le style de l'auteur, sa prose sensuelle et ce qu'il appelait ses " mots de lumière " donnent du panache à ces déambulations. Car Gautier écrit comme un peintre ou un photographe. Captés par son regard, un village, un paysage se transforment aussitôt en scène ou en tableau. Comme les escapades qu'il nous recommande, sa langue imagée vaut assurément le détour...

  • Une certaine idée de l'europe s'est construite le long des berges mythiques du rhin qui ont enflammé l'imagination des poètes et des écrivains. Comme tant d'autres, Victor Hugo a succombé aux charmes de ces terres où l'humanisme a pris racine. « le rhin réunit tout, écrit-il dans une véritable déclaration d'amour. il est rapide comme le rhône, large comme la loire, encaissé comme la meuse, tortueux comme la seine, limpide et vert comme la somme, historique comme le tibre, royal comme le Danube, mystérieux comme le nil, pailleté d'or comme un fleuve d'amérique, couvert de fables et de fantômes comme un fleuve d'asie. » au fil de ses déambulations qui sont autant de prétextes pour égrener ses rêveries et ses confessions, l'auteur raconte comment ce fleuve indomptable, hanté par tant d'événements et d'illustres personnages, fut un creuset de la culture européenne : « Cet admirable fleuve laisse entrevoir à l'oeil du poète comme à l'oeil du publiciste, sous la transparence de ses flots, le passé et l'avenir de l'europe. » « Journal d'une pensée plus encore que d'un voyage » (V. Hugo), le rhin nous introduit aussi dans l'intimité d'un des plus grands génies de la littérature universelle.

  • À la fin de sa vie, Maupassant étouffe à Paris. Comme itinéraire de fuite, il choisit le Sud, la chaleur, le désert, l'au-delà de la Méditerranée. Cap sur l'Italie, la Sicile, la Tunisie, l'Algérie. La Vie errante est le récit de ce voyage dans ces pays de grand soleil, soleil qui aiguise, satisfait sa sensualité.
    Au cours d'une croisière en Méditerranée, dérivant le long de la Côte d'Azur, Maupassant tient son journal, intitulé Sur l'eau. Il y livre ses sensations et pensées sans retenue. Paysages, personnages, événements, monuments forment la trame de ce petit bijou littéraire.
    Deux titres, une philosophie : la vie errante entre soleil et eau.

  • De son vivant, Stendhal fut l'incarnation de l'homme pressé.
    Le voyage dans le midi de la France garde un peu de celte hâte avec laquelle il a consumé sa vie. A le lire, on est pris de fourmis dans les jambes, on se sent l'humeur vagabonde. Stendhal arpente le midi de la France en tous sens. Il promène un miroir au bord du chemin, et ses impressions jaillissent comme des feux d'artifice. Dans les moments perdus, en attendant les chevaux de poste, dans les églises, dans les diligences, il griffonne des notes filantes.
    C'est dans cette alacrité qu'il est le plus vif et le plus percutant. On est à ses côtés à Bordeaux, Toulouse, Moissac, Agen, Dax, Auch, Montpellier, Grasse, Toulon, Cannes, Marseille, Tarascon, Avignon. Partout, on partage ses repas, on respire l'arôme de ses cigares, on arpente les sites en sa compagnie. Par la grâce de sa plume, Stendhal nous fait découvrir autrement ce midi de la France auquel il tenait tant et dont il peint tous les hauts lieux.

  • 2007. Mara Kanté a 20 ans, il est footballeur. Il mène une vie tranquille à Villiers-le-Bel. Le 25 novembre, deux adolescents sont tués dans la collision de leur moto avec une voiture de police, à deux pas de chez lui. La ville s'embrase. En deux nuits, des affrontements d'une violence sans précédent opposent forces de l'ordre et émeutiers. Bilan : 130 policiers blessés. « Nous retrouverons les tireurs. On mettra les moyens qu'il faut », assène alors Nicolas Sarkozy.
    Pour « déjouer la loi du silence qui règne dans les banlieues », la police et la justice déploient un arsenal impressionnant : appels à témoins, promesse de rémunération des informations, recours au témoignage anonyme, interpellations par dizaines, gardes à vue de 96 heures.
    Malgré l'absence d'éléments matériels, Mara Kanté est accusé de tentative de meurtre sur la simple parole d'un indic et la foi d'un témoignage anonyme.
    Il passera deux ans et demi en détention avant d'être acquitté. Mara Kanté et la journaliste Aurélie Foulon, qui a couvert les évènements de Villiers-le- Bel dès les premières heures, restituent cet engrenage insensé dans un récit haletant, à deux voix.

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  • Le Voyage de sparte est le récit d'un voyage en grèce que maurice Barrès entreprend en 1900 escorté par sa femme. Dans l'esprit de l'auteur, ce livre est une réplique aux souvenirs de voyage de lamartine, de Chateaubriand et avant tout à la prière sur l'acropole d'ernest renan. au souffle d'enthousiasme qu'inspire à renan la vue de cet « idéal cristallisé dans le marbre », Barrès, chantre d'un pays et d'une religion enracinée dans le terroir, oppose le modèle spartiate. athènes, berceau de la raison universelle, dit renan ; athènes, terre de l'ostracisme et de l'orgueil impérial qui s'abreuve du sang de ses citoyens, répond Barrès. « nulle autre moralité que celle de la force », ajoute-t-il à propos de la sculpture d'athéna qui dominait l'acropole au siècle de périclès. parti sur les pas de ses écrivains modèles et sur les traces de notre civilisation, Barrès relate avec brio les images et les sentiments qui l'assaillent. envouté par la prodigieuse musique de son style, on le suit ainsi à Cythère, athènes, Corinthe, mycènes, nauplie, ont inspiré certaines des pages les plus poétiques de son oeuvre.

  • En novembre 1834, Alexandre Dumas part pour le midi de la France et l'Italie. Il a en tête un projet ambitieux : « un voyage tout de poésie, d'histoire et de science, exécuté autour de la Méditerranée, manquait non seulement à la France, mais à l'Europe ». Dumas, infatigable voyageur, a le désir de composer ce grand livre où l'histoire du monde serait écrite tout entière.
    Il commence par celle du midi de la France. Pour lors, accompagné d'un ami peintre et de son chien Mylord, il nous entraîne de Paris à Marseille en passant par Lyon où il tombe follement amoureux, Montélimar, Valence, Orange, les Baux-de-Provence où, dans une église, il ressent la présence de Dieu. Il s'enthousiasme pour le Pont du Gard qu'il décrit comme « un arcen- ciel en pierre », et au cours d'une ferrade à Nîmes, il voit, ahuri, son chien Mylord s'élancer dans l'arène. Dumas nous raconte ces lieux avec sa fougue et ses connaissances encyclopédiques. Jamais le midi de la France n'a paru plus épique et plus coloré que sous la plume du père des Trois Mousquetaires.

  • Comme Segalen en Chine ou Gauguin à Tahiti, Isabelle Eberhardt s'est immergée dans la culture musulmane au point d'en oublier la sienne propre.
    Entrée en nomadisme comme on entre en religion, elle a partagé jusqu'au bout l'existence, les joies et les peines des peuples du Sahara. Journal de ses errances dans cette région à cheval entre le Maroc, l'Algérie et la Tunisie, Notes de route campe aussi une Isabelle Eberhardt intime et rêveuse qui se livre comme jamais.

  • En 1847, Flaubert a le moral à zéro. Il ne se remet pas de la perte de son père et de sa jeune soeur Caroline, morte à vingt-deux ans. Maxime du Camp, à qui le lie un fidèle compagnonnage, lui propose alors, pour changer d'air et d'idées, une escapade sur les routes de Bretagne. Les deux amis prennent le départ « le 1er mai 1847 à huit heures et demie du matin ». Direction : Blois, Nantes. De là, ils longent la côte méridionale de la Bretagne (Quiberon, Quimper) et poursuivent vers la côte nord (Saint-Malo et le pèlerinage au Grand-Bé, tombeau de Chateaubriand, puis le Mont-Saint-Michel). Le retour se fera par Vitrée, Fougères, Honfleur, Trouville et Rouen. De cette balade de trois mois, ils ramènent un livre à deux voix, Gustave se chargeant des chapitres impairs et Maxime des autres. Cette oeuvre de « pure fantaisie et digressions » reste le plus beau des guides pour découvrir les régions racées de l'Anjou, de la Touraine et de la Bretagne.

  • Baobab de Stanley

    Guillaume Jan

    Parti de Zanzibar, sur l'océan Indien, l'auteur met trois mois pour traverser le continent d'est en ouest. Il se déplace à pied, à moto, en pirogue, en taxi-brousse, en avion-stop, et nous entraîne à la rencontre des hommes et des femmes qui font l'Afrique contemporaine. En chemin, il découvre que sa route se confond avec celle de Stanley, le premier explorateur à avoir descendu le fleuve Congo en 1877. Un long siècle est passé, mais s'aventurer dans cette région du monde reste une expédition au coeur des ténèbres.

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  • Janvier 1907, l'officier de narine Pierre Loti débarque en Egypte. Pendant quatre mois, l'écrivain-voyageur se promène du Caire à Assouan, des rives du Nil au désert de Libye, de Louxor à Philae, poussé par le désir de capter le visage et l'âme d'un peuple. La mort de Philae, c'est la chronique d'un observateur hasardé dans l'Egypte du début du XXe siècle ; le brûlot d'un polémiste qui porte la plume dans la plaie d'un pays balafré par l'occupation britannique ; le livre d'un écrivain dont le style s'enchante au contact d'une civilisation avec laquelle il se sent de mèche. De la polémique et de la poésie : voilà avec quels ingrédients Loti a concocté cet ouvrage qui constitue le meilleur guide pour tous les voyageurs soucieux, comme lui, de s'aventurer au pays des pharaons.

  • « La Chine m'a tour à tour révulsée et fascinée, émue et révoltée. J'ai plus de cent fois souhaité m'enfuir, tout lâcher, rentrer en France en courant pour recouvrer la sécurité psychologique et le repos physique. » Et puis, Elise Flick s'est laissée envelopper par la magie de Pékin, l'envoûtement de ses variations et de sa brume.
    « La brume. Ce brouillard factice qui n'était que les brumes vaporeuses des pots d'échappement et des usines à charbon, mais qui malgré cela, paradoxalement, m'a donné l'impression de flotter dans un rêve étrange pendant presque une année.
    Il est la première chose qui me frappait à Pékin, avec intensité, par sa puissance ambiguë et dérangeante.
    Je l'ai aimé, plus qu'il ne l'aurait fallu, car il m'a fait voir la ville sous des aspects changeants, colorée par des taches de lumières qui rendaient incertains et magiques tous les recoins sans vie.
    Pékin apparaissait alors comme un immense Monet, une toile qui ne pouvait se lire que du ciel tant elle était brouillée. » Dans un texte intense, subtil et sensoriel, rehaussé de croquis, l'auteur nous entraîne sous la brume d'une ville frondeuse et multiple.
    Entrer dans le Pékin d'Elise Flick et de ses dix saisons, c'est perdre volontairement la raison. Et une fois entré, il n'est pas certain alors que le lecteur soit pressé de la retrouver.

  • L'impersonne

    Martine Roffinella

    « Quand on buvait on était plein d'amour On en avait à foison ça débordait des veines ça giclait de partout ça faisait des fontaines de je t'aime qu'on aurait pu dire à un mur Tout dépendait du dosage du degré d'imprégnation Si on voulait être bien amoureux considéré comme tel crédible en somme fallait savoir s'arrêter à temps avant la débandade le tangage oui.
    Au début on savait après non. » Une femme de cinquante ans se penche sur son passé, sa vie amoureuse, son alcoolisme, ses échecs professionnels. Elle nous raconte ses luttes, ses espoirs pour sortir de la misère et de la solitude, pour ne pas devenir une « impersonne », c'est-à-dire « non pas un fantôme mais un organisme inhabité du point de vue du coeur. » Sans concession, sans apitoiement sur soi-même, ce récit nous dresse le portrait d'une femme dépossédée d'elle-même par l'alcool, qui ne peut même plus dire « je ». Aux prises avec ses propres démons, elle nous renvoie impitoyablement à ceux qui nous habitent nous-mêmes. Un texte d'une rare force et d'une grande qualité littéraire.

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