Des Femmes

  • « L'amour a fait naufrage. À Paris, sous les toits, la narratrice grave son calendrier comme Crusoé. Elle échafaude aussi d'audacieuses architectures de petites cuillers. Dans son hamac, elle accueille enfants ou amants, échos du dehors, rêves ou cauchemars du dedans. Ce livre est son journal doux-amer, tissant auto et surfiction, réalisme magique, calligrammes et contes cruels, il s'adresse à celui/celle qui le lira peut-être (dis, tu es là ?). Rien ne s'efface, tout s'entrechoque au fil de quatre saisons plus une : quinze ans après, tout a changé. Mais le temps est circulaire et farceur... » N.L.C.

  • Fille de l'ethnologue et traductrice Tina Jolas et du poète André du Bouchet, Paule du Bouchet a souhaité rééditer "Emportée" aux éditions des femmes-Antoinette Fouque. Commencé au lendemain de la mort de sa mère, ce livre qui lui est consacré réhabilite l'intelligence et la profondeur d'une femme longtemps restée dans l'ombre de l'Histoire intellectuelle et littéraire du XXe siècle. Sa passion pour René Char a conduit Tina Jolas à quitter le foyer alors que Paule était âgée de six ans. Tout entière vouée à l'exigence exclusive et jalouse de Char pendant trois décennies, elle a été pour sa fille une figure de grâce et de disparition permanente. Avec une douceur et une délicatesse inouïes, Paule du Bouchet retrace une cartographie des lieux, des instants, des évènements qui ont marqué la vie familiale, la privation douloureuse d'intimité avec sa mère, « quarante ans de rendez-vous manqués ». La puissance d'évocation de son écriture rend sensible à la fois son désespoir, la splendeur de cette mère happée dans un "ailleurs" et l'amour indéfectible qui les lie.
    Au récit des souvenirs d'enfant et d'adolescente se mêlent des extraits de lettres adressées par Tina Jolas à son amie de toujours Carmen Meyer : « Je suis heureuse, dans un bonheur encore nouveau, différent de tous les autres que j'ai pu connaître avec Lui parce que, comme seul l'a compris Tolstoï, le bonheur se détruit pour renaître et n'a jamais le visage auquel on s'attend ». La riche correspondance avec René Char, à qui elle a offert sans compter son talent et sa créativité poétique étant à ce jour interdite de publication, les quarante lettres inédites publiées à la suite de cette nouvelle édition portent la voix vibrante de Tina Jolas.

    « Ma mère possédait en propre une aptitude au secret, singulièrement raffinée, laquelle se rapprochait chez elle de l'acception la plus accomplie du mot, le sens du mystère. Dans le même temps, elle restait une grande et droite nature. Alchimie rare entre toutes, haut lieu de son intimité, c'était là sa part infiniment poétique. Celle qui l'a fait aimer des poètes. »

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  • Jessica Stern, spécialiste reconnue en matière de terrorisme, met en regard pour la première fois son parcours professionnel remarquable avec un parcours personnel soigneusement tu jusque-là, marqué lui aussi, comme elle le dévoile, par la terreur : celle d'un viol subi à l'âge de quinze ans avec sa soeur, et celle de l'héritage d'un trauma générationnel marqué par la Shoah. Plus qu'un témoignage de victime, ce « mémoire » se révèle une enquête passionnante, menée sur plusieurs fronts, dont le résultat est un document original et explosif qui se lit comme un roman policier.

    La relation entre celle qui a été frappée par la violence d'une expérience intime traumatique et l'audacieuse professionnelle du terrorisme se tisse au fil de rencontres et d'entretiens déterminants que l'autrice nous fait partager et qui la font progresser dans sa recherche de vérité : avec des proches de son agresseur, dont elle découvre l'identité et apprend qu'il est décédé lors de la réouverture du dossier par la police plus de trente ans après les faits ; avec d'autres victimes de cet homme ; mais aussi avec celles d'un réseau de prêtres pédophiles que « son » violeur aurait sans doute, lui aussi, croisés sur sa route... Son enquête personnelle la conduit également à interroger son propre père, qui se livrera pour la première fois sur son passé de petit garçon juif dans l'Allemagne nazie des années 1930, ainsi que sur la mort de sa première femme, la mère de Jessica, décédée lorsque cette dernière était enfant. L'autrice se rend enfin à la rencontre d'elle-même : Dr. Stern enquête sur Jessica pour repérer avec une précision quasi chirurgicale les failles qui auront marqué sa vie de fille, de femme et de mère. Ce livre, dont chaque page a été arrachée à un silence intérieur, familial, sociétal, culturel et historique, et écrite au prix d'une lutte pied à pied avec le déni, est un livre rare et courageux.

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  • La lecture des Lettres d'une Péruvienne par les critiques du XIXe siècle aura été purement idéologique, peut-être est-ce une des raisons de l'oubli dans lequel elles sont tombées. Discours féministe, discours féminin ou discours au féminin ? s'interroge Colette Piau-Gillot dans sa préface. Discours révolutionnaire ou discours réformiste ? Le lecteur du XXIe siècle pourra sans doute mieux trancher que les rigoureux censeurs du XIXe.

  • La retenue Nouv.

    La retenue

    Corinne Grandemange

    Le récit déployé dans La Retenue est le fruit d'un long travail de cicatrisation, mené par une femme qui a su trouver la force de briser le silence auquel toute victime d'inceste se trouve confrontée. Une omerta relayée par les membres d'une famille sans repères, et qui à chaque instant menace de détruire les ressources psychiques les plus vitales de l'enfant, de l'adolescente, enfin de la femme. L'autrice prend ici la parole en même temps que la plume : « C'est mon unique route vers la liberté tant la parole est l'arme pour s'extraire du mutisme », écrit-elle. Avec un courage lucide et une écriture incisive, elle revient sur les agressions sexuelles et viols commis à répétition par son oncle dans le silence assourdissant des adultes. Elle parvient à déconstruire l'étau resserré autour de la victime et s'engage, après avoir suivi une psychanalyse, dans un parcours professionnel orienté vers la protection de l'enfance. Car l'inceste irrigue en secret toute la société, des récits comme celui-ci ouvrent la voie vers une réflexion collective d'une absolue nécessité.

    À paraître
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