Des Equateurs

  • " A l'esprit, dans l'ordre : l'effroi, les analyses, les souvenirs. L'effroi, c'est l'impensable mêlé au sublime. Les images du brasier sont belles. Beauté horrifique, gravure en fusion de Gustave Doré. Tout homme a un rendez-vous quotidien avec le paysage qu'il habite. Je vis sur les quais de la Seine, entre l'église Saint-Julien-le-Pauvre où fut enterrée ma mère et l'église Saint-Séverin où fut baptisé Huysmans.
    Notre-Dame est là, tout près, reine mère de sa couvée d'églises. Je séjourne " sous le commandement des tours de Notre-Dame " (Péguy dans Les Sept contre Paris) " Sylvain Tesson.

  • Mauvais juif

    Piotr Smolar

    À vingt-six ans, j'ai découvert que mon grand- père était un héros en lisant son livre sur le ghetto de Minsk, où il avait fondé le principal réseau de résistance. Après être rentré en Pologne, une fois la guerre achevée, il finit par émigrer en Israël : il y est mort. La passion de sa vie était le communisme. Mon père aussi a quitté la Pologne après les répressions contre les étudiants en mars 1968 et la vague d'antisémitisme. Il devint une figure majeure du mouvement démocratique à l'étranger. La passion de sa vie est son pays. Je suis arrivé en Israël comme correspondant du journal Le Monde en 2014. J'ai assisté à la mise sous tension identitaire de la démocratie, à la montée de l'intolérance et à la polarisation du débat public. Au moment de quitter le pays, j'écris ce récit qui est un voyage au bout de la loyauté : à quoi devons- nous être fidèles ? Ce livre croise nos trois parcours, marqués par l'effacement commun de nos origines. En ces temps d'assignation identitaire, nous sommes de mauvais Juifs. P.S. Né en 1974, Piotr Smolar est grand reporter. Il a notamment publié Gloubinka, promenades au coeur de la Russie (Éditions de L'Inventaire).

  • En descendant la Via Appia, cette route mythique qu'empruntaient les légionnaires romains, les éléphants d'Hannibal, les esclaves de Spartacus et les chars de Césars, Jacques de Saint Victor nous invite à un voyage peu commun. Outre le fait qu'il déteste la marche et ne se départit jamais d'un décapant sens de l'humour, l'auteur est l'un des plus fins connaisseurs de l'Italie.

    Au volant de sa vieille Fiat, il nous introduit dans l'Italie profonde. Loin des tours opérateurs, des exploits sportifs et de l'égotisme gratuit, c'est une plongée au coeur des mythes, au croisement des grandes cités antiques et de l'ultra-violence des mafias d'aujourd'hui. Suivre l'Appia, la plus ancienne route de l'Occident unissant le christianisme et le paganisme, l'Antiquité et le Moyen Âge, l'Occident et l'Orient, c'est retourner au berceau de la civilisation et de la vie publique. La Philosophie, la Démocratie, la Tragédie et la Comédie, Dieu et le Droit n'ont-ils pas trouvé leur source au creux de cette via publica ?

    Emprunter l'Appia, c'est aussi se frotter à la rudesse des « Sibéries du sud » et du populino, le petit peuple qui échappe aux statistiques et se reconnaît à son esprit « baroque », ses rites insolites et ses superstitions. D'ailleurs, la Regina Viarum, la Reine des Voies, n'a rien perdu de son antique vocation de lieu de perdition. L'auteur nous révèle certaines anecdotes inédites et troublantes sur ce Far-west fasciste, sur l'épisode des Marocchinate, sur les « nouveaux Guépards », la Camorra et la Casa Nostra, ces organisations secrètes et criminelles qui terrorisent et pillent le pays.

    Jacques de Saint Victor est un érudit passionnant qui a fait de cette traversée géographique un voyage heuristique, une remontée dans le temps et un petit traité du libéralisme intellectuel, ce qui n'est pas sans susciter de vifs débats avec sa femme. Naturellement, Michela, l'Italienne des Pouilles à l'irrésistible franc-parlé, est une députée féministe de gauche et professeur de philosophie morale tandis que son historien de mari ne jure que par Montesquieu et Tocqueville. Toujours dans un avion entre Rome et Paris, elle donne des conférences sur le couple pendant que lui développe « un cas préoccupant de régression touristique » en s'enfonçant dans les méandres de l'Appia. Mais n'est-ce pas aussi pour retrouver un peu de ce temps perdu de l'enfance, de cet état d'équilibre originel ?

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  • Pourquoi l'auteur s'est-il un jour intéressé aux natures mortes, ces peintures, d'un genre longtemps qualifié de mineur, qui, de Pompéi à Picasso, rythment l'histoire de l'art ? Peut-être parce qu'elles ressemblaient à sa vie : depuis des lustres, hormis l'écriture, il avait cessé toute activité publique, et, avec une jubilation paradoxale, se comparait volontiers à une cruche, une pomme, une chaise.
    Mais pourquoi écrit-on, alors qu'on a tout quitté ? Pourquoi, quand on a choisi les catacombes, reste-t-on toujours sensible aux critiques éventuelles ? C'est à travers le parcours chaotique de l'histoire de la peinture et de l'histoire de sa vie, que l'auteur s'arrête sur toutes ces questions : il ne cherche pas tant à y répondre qu'à les ouvrir, à les laisser ouvertes, peut-être enrichies par une si curieuse attention.
    Ni récit ni essai (et tout cela à la fois), cet ouvrage pour le moins singulier, ne défend aucune thèse, n'interprète rien, c'est un cheminement solitaire qui parfois, par sa construction même, ressemble à un labyrinthe. On y croise aussi bien Mallarmé et Van Gogh, que Bernard Frank et Goya, Samuel Beckett et Zurbaran, Mme de Sévigné et Picasso, Proust et Morandi, saint Augustin et Matisse, Michel Leiris et Cézanne, Freud et Manet, Musil et Soutine, Talleyrand et Hammershoi, Kafka et la dynastie Tcheou, Borges et les dinosaures, et peut-être surtout l'auteur lui-même, ses fantômes, ses hantises, ses attentions, ses négligences et son grand amour depuis longtemps perdu.

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  • Uruguay

    Jules Supervielle

    Uruguay est un magnifique récit, devenu introuvable, sur l'enfance, l'exil, la langue française.
    Dans un style ample, la phrase se met à embrasser tout une vie.
    « Une phrase, une journée, toute la vie, n'est-ce pas la même chose pour qui est né sous les signes jumeaux du voyage et de la mort ? » Dans une préface inédite, Marie-Laure de Folin, petite fille de Supervielle, évoque ses souvenirs avec son grand-père.

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  • Tous les lecteurs de Léon Bloy ont gardé en mémoire les pages de son journal où il raconte l'histoire « à faire sangloter les pierres » de ce « naïf qui croyait aux lois ». Il y a longtemps que l'on a identifié, sous cet anonymat, le frère de l'écrivain.
    Georges Bloy débarqua à Saïgon en février 1870. Il y occupa plusieurs emplois : secrétaire, cantonnier, gardien de bagne. D'un caractère violent et peu souple, il ne tarda pas à avoir des ennuis avec la justice. Peu fait pour la vie citadine et rebuté par ses premières expériences, il s'enfonça vers l'intérieur et alla s'établir aux confins du pays moï. Sa profession avouée était celle de chasseur, et le gibier était alors assez abondant dans ces régions pour qu'il puisse en tirer des revenus appréciables. Mais son caractère emporté devait tout compromettre. Dès 1879, il entra en conflit avec l'administrateur ainsi qu'avec les autorités indigènes. En décembre 1879, il se vit condamné à un an de prison pour vol et outrages. On l'envoya purger sa peine en France et, en mars 1881, libéré, il retrouva son frère Léon à Paris. Georges Bloy travaillait dans la journée chez un maréchal-ferrant et, le soir, il rédigeait, parfois corrigés par son frère, des contes, des récits de chasse ou des scènes de moeurs indochinoises. Ces contes et récits étaient jusqu'à ce jour restés inédits.
    Mais l'appel de l'Extrême-Orient fut le plus fort et il repartit une nouvelle fois. Dès son arrivée, il se trouva aux prises avec un chef de canton qui, en son absence, s'était approprié tous ses biens. Bloy n'hésita pas à mettre en cause les autorités annamites, dénonça les exactions commises et la complicité de l'administration française. Une enquête judiciaire fut ouverte et Bloy fut traduit le 29 décembre 1885 devant la cour criminelle en compagnie de sept autres inculpés, tous indigènes. Il aurait pu se tirer d'affaire et quitter la colonie depuis des mois, mais, « monomane de justice écrite » comme le dira Léon Bloy, il s'entêta à vouloir avoir raison. Condamné à six ans de travaux forcés, il fut envoyé en Nouvelle-Calédonie. Son temps terminé, il y demeura jusqu'à sa mort, le 6 octobre 1908.

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  • Je suis Jeanne

    Caroline Poiron

    Il est reporter d'images à la télévision. Elle est photographe pour différents magazines. Ils sont mari et femme, couvrent des terrains de guerre ensemble et ne rêvent que de voyages et de couchers de soleil paradisiaques à l'autre bout du monde. Leur métier est leur adrénaline. Ils viennent d'avoir deux petites jumelles. Elles ont un mois. Gilles Jacquier et Caroline Poiron doivent cependant en cette année 2012 couvrir la guerre en Syrie. Ils sont à Homs. Ils ne se quittent pas des yeux. Et pourtant, un moment, Gilles Jacquier s'absente. Un obus de mortier l'a foudroyé dans la pièce où il se trouve. C'est l'enfer intime dans l'enfer de la Syrie. L'éruption de la catastrophe dans un ciel personnel qui paraissait si bleu.

    Caroline essaye de se relever, de s'occuper de ses enfants. Elle habite à la Bastille à Paris quand ont lieu les attentats contre Charlie puis le Bataclan. C'en est trop. Caroline, qui fut une femme heureuse, sombre dans la dépression et doit être internée en hôpital psychiatrique. Elle devient alors une autre femme, Jeanne, le pseudonyme qu'elle emploie lorsqu'elle signe ses photos de guerre : le prénom de sa grand-mère qui a connu la Seconde Guerre mondiale et a été mariée à un résistant. Ce livre est à la fois le récit d'un syndrome post-traumatique mais aussi l'histoire palpitante des vies de reporters de guerre. Le réel est obligé d'être sublimé par la spiritualité. Pour se guérir, Caroline s'intéresse au livre égyptien des morts et à la mythologie antique. Elle aussi a combattu contre les dieux. Elle trouvera également la résilience dans sa contemplation avec l'océan et la mer, tentant par dessus-tout à redevenir une femme libre et en harmonie.

    Un témoignage au souffle inouï qui sera publié lors du sixième anniversaire de la mort de Gilles Jacquier.
    Caroline Poiron a publié Attentat Express au Seuil en 2013. Elle vit à Pornichet en Loire-Atlantique.

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  • " Ulysse Rubirosa junior essaya bien de monter un garage d'automobiles de luxe à Montevideo, fit un crochet à Lima où il vendit peu et mal des machines à coudre Singer, enfin s'installa dans un galetas à Asuncion, féru de littérature, citant Pétrarque et Aristophane de mémoire.
    Devenu libraire-bibliophile en chambre à Santiago, quartier de Los Condes, il aurait tenté de fourguer à prix d'or un manuscrit de dix-sept poèmes scatologiques de Robert Louis Stevenson, une photo de Jules Supervielle applaudissant, une boîte de fer contenant douze mégots fumés par Conan Doyle, et un éternuement de Somerset Maugham plié dans une serviette brodée du Ritz. Sans succès. "Tout cela est-il exact ?" lui demanda-t-on un jour lors d'un dîner à l'Imperial Club de Puerto-AzUcar.
    "


  • " l'obscurité apaisante, la douceur de la nuit, la route étroite bordée de maisonnettes de pêcheurs nous rendent à un amour primitif de choses simples : la vie première, féconde, songeuse, à trois.
    l'homme nu, dans le vin, est désarmé, a dit un écrivain italien, mais il n'est pas humilié, et cet endroit n'humilie personne. c'est un peu l'histoire de cet été-là. il n'y a pas eu de grands mots ni d'événements qui font les romans spectaculaires, mais une vie simple de trois êtres sous un ciel changeant.
    beaucoup d'orages et d'éclaircies. ".

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  • Le roman de Roban ; journal d'un personnage et de son acteur Nouv.

    Depuis près de quinze ans, Philippe Duclos incarne aux yeux du grand public l'incorruptible juge d'instruction François Roban au point de susciter des vocations à l'Ecole de la Magistrature. De cette longue fréquentation, il tire un récit subtil, entremêlant le journal fictif de son personnage et son carnet d'acteur.Quels sont les secrets de ce juge rigide, introverti, d'une honnêteté confinant parfois à la naïveté ?
    Comment l'acteur invente-t-il ses gestes, ses émotions au point qu'ils surgissent presque par surprise, instinctivement ? Le roman de Roban est un jeu du chat et de la souris entre l'interprète et son double fictionnel. Mais qui double qui ?

  • A la derive - recit de voyage en indonesie Nouv.

  • j'irai de l'aral à la caspienne.
    je gagnerai l'azerbaïdjan à bord d'un ferry. de bakou, je cheminerai vers la turquie par la géorgie. a pied, à vélo, je ne le sais pas encore, mais loyalement, sans propulsion motorisée. au bout de ma route, j'aurai relié trois mers, abattant le même trajet que celui d'une larme d'or noir de la haute asie convoyée à travers steppes et monts pour que le monde poursuive sa marche folle. profitant de cette traversée de terres à hautes valeurs pétrolifère, je consacrerai mon temps d'avancée solitaire à réfléchir au mystère de l'énergie.
    celle que nous extrayons des strates de la géologie mais aussi celle qui attend son heure au plus profond de nous. pétrole et force vitale procèdent du même principe : l'être humain recèle un gisement d'énergie que des forages propices peuvent faire jaillir. pourquoi nos ressorts nous poussent-ils à l'agitation au lieu de nous convertir à la sagesse zen oe

  • L'aphorisme, comme le voyage, est une ascèse.
    On se débarrasse du superflu, on se rapproche du coeur de la nature et de la vérité. Il faut alors se laisser envahir par la beauté, le silence et aussi la désillusion. Ecrire, c'est nommer les ombres des flammes qui accompagnent le vagabond. Voici l'évangile du voyageur : "Aime le lointain comme toi-même."

  • Dominicain, explorateur, botaniste, aventurier, Jean-Baptiste Labat est un écrivain culte de la littérature de voyage.Nous publions ici l'intégralité de son voyage à Rome au début du XVIIIe siècle. C'est un récit fascinant et savoureux à la fois des monuments mais surtout de la vie quotidienne et religieuse,selon A. T'Serstevens, le grand ami de Blaise Cendrars, Labat est le meilleur analyste de l'« Italie populacière ».

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  • les choix de chacun d'entre nous montrent l'immensité du domaine maritime : 72% de la surface de notre planète.
    de l'arctique à l'antarctique, de l'atlantique au pacifique, en passant par l'océan indien et combien de mers moins étendues mais dont les noms enchantent et envoûtent mieux que toutes les sirènes qui pourraient les peupler : mer rouge, mer blanche, mer de chine, mer de cortès, mer d'iroise, mer de flores ou des célèbes... a rêver. a rêver. a connaître et à respecter avec leurs couleurs, leurs courants, leurs vents, leurs caprices.
    et leurs colères. toujours à découvrir avec leurs îles et archipels qui sont comme des colliers d'émeraude à leurs cous et des bracelets de cuivre qui tinteraient à leurs bras. jean-françois deniau de l'académie française - président fondateur des écrivains de marine.

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  • pour la première fois sont publiés dans un même volume les carnets du congo et du goût des voyages de joseph conrad qui constituent d'un côté la véritable matrice de cour des ténèbres et, de l'autre, la dernière réflexion d'un écrivain sur ses choix de vie.
    cette nouvelle traduction de textes, en partie inédits en français, et l'originalité de cette présentation permettent de comprendre le cheminement créatif de l'oeuvre de conrad et d'en saisir l'unité autour de la géographie. se dessine alors l'itinéraire d'un enfant amoureux des cartes, passionné par les récits des navigateurs, qui, à son tour, deviendra capitaine au long cours puis écrivain : ultime métamorphose d'un homme dont la seule terre promise fut la littérature.
    car la vie de conrad fut une succession de renoncements - à son pays natal, la pologne, à un destin d'explorateur, à une carrière de marin et même à ses amours - pour se construire un territoire exclusif, celui de l'écriture, qu'il arpenta jusqu'aux limites extrêmes du possible, de ses propres forces et de son propre entendement. " j'irai là! " répétait-il en désignant à la fois l'afrique mais aussi le coeur des ténèbres de la condition humaine.
    voici donc, réunis dans un même livre, l'acte de naissance et le testament ironique d'un aventurier, d'un marin et d'un écrivain.

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