D'en Bas

  • Silences d'exils est un projet entrelaçant le langage des mots et celui des images, conduit par Marina Skalova, écrivain et Nadège Abadie, photographe.
    Le projet est né d'une réflexion sur la dépossession de la langue, qui caractérise les trajectoires migratoires. La notion de Sprachlosigkeit en allemand, qui désigne à la fois une perte et un mutisme, est à l'origine de ce projet. L'expérience de cassure, de brisure de la langue, propre à la situation des migrants, est au coeur de la démarche de Silence d'exils.
    Depuis 2016, les deux artistes ont proposé des ateliers bilingues d'écriture et de photographie auprès de demandeurs d'asile dans le cadre d'une résidence de trois semaines à C-FAL Genève, puis à Bienne et à Neuchâtel. Les ateliers se sont ensuite poursuivis au cours de l'année 2017. Les textes, images et sons créés à partir des ateliers, par les deux artistes et les participants, ont donné lieu à la création d'une exposition interdisciplinaire, présentée pour la première fois à C-FAL à Genève en automne 2016. L'exposition a ensuite été accueillie au théâtre POCHE/GVE à Genève en automne 2017, puis par la Fondation Bibliomedia à Lausanne au printemps 2018, dans le cadre du Printemps de la poésie.

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  • De seconde classe

    Janine Massard

    Cet écrit reconstitue toutes sortes de déplacements individuels en train, entre 1963 et 1967. La toile de fond en est le passage des frontières malgré la guerre froide, car pour se déplacer de Trieste à Sofia ou Istanbul, ou de Trieste à Athènes, passeports et visas étaient encore necessaires. L'idée de traverser un pays dit communiste, telle la Yougoslavie pour aller en Grèce, ou encore la Bulgarie pour voir la Mer Noire, effrayait beaucoup de personnes, on nous prédisait que nous ne reviendrions pas... Et les lignes ferroviaires, qui s'étiraient d'un bout à l'autre de cette immense région, étaient pleines de surprises, certains secteurs netaient pas encore électrifiés, on empruntait les trains à vapeur et on était content quand on arrivait à destination.
    Mais pourquoi donc étions-nous fascinés par ces pays peu sûrs tandis qu'en Suisse on avait de bien meilleurs trains qui tous fonctionnaient à l'électricité, d'une ponctualité et d'une propreté irréprochables, nous demandait-on?
    Malgré la méfiance envers ces contrées, les gens commençaient à gagner suffisamment bien leur vie pour se permettre des rêves, cctaicnt les Trente Glorieuses, les chemins de fer ouvraient les portes de l'ailleurs et acheminaient les voyageurs vers des lieux où la mer les attendait. Uavion, encore très coûteux, n'était accessible qu'aux classes aisées.
    Alors, pour voir le monde à un prix raisonnable, on acceptait de se laisser bercer par les takataka du train, quarante-huit heures pour aller de Lausanne à Athènes ou Sofia, en passant par la Yougoslavie, avec des visas bien sûr. Toute une population se déplaçait de la sorte: des étudiants, des Arabes avec leur tapis de prière sur l'épaule, une dame d'un certain âge sortie pour la première fois de son ile yougoslave et qui doit absolument rejoindre son fils malade à Helsinki... un musicien soviétique qui. son violon à la main, veut entrer en Italie, cela s'appelait choisir la liberté.

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  • «Les récits qui suivent sont des instantanés, tirés de 50 000 ans d'histoire agraire du continent africain là où l'humanité a sans doute vu le jour il a y environ un million d'années.
    Je n'ai pas la prétention de réussir à résumer en quelques pages cette très longue histoire de l'Afrique. Les six chapitres et les narrations composant ce livre soulignent à suffisance les contours d'une Afrique telle qu'on l'a perçue ou imaginée en observant ses pratiques agricoles.
    En effet les premiers chercheurs européens, les colonialistes et une génération de scientifiques africains plus ou moins jeunes, sans oublier les paysannes et paysans d'Afrique, ont chacun interprété la culture agraire de manière très diverse et très variée. Ces textes cheminent de croyances en suppositions, de présomptions en projections, lesquelles ont souvent déformé le regard posé sur une agriculture africaine essentiellement polyvalente. La science elle-même dépend de l'air du temps, surtout lorsqu'elle traite de deux sujets émotionnellement délicats comme l'Agriculture et l'Afrique.
    On trouverait sûrement sur d'autres continents des exemples d'archéologie et d'histoire utilisés uniquement pour justifier et conforter les préjugés liés à une vision réductrice. Mais il s'agit ici de l'Afrique «le continent noir», d'où rien n'est jamais venu éclairer l'Occident telle la lumière depuis l'Est, un continent auquel on n'accorde aucun crédit en matière de progrès. En Afrique, les chercheurs n'ont jamais rien trouvé que ce qu'ils croyaient connaître déjà. Les six chapitres brièvement présentés ici ouvrent six fenêtres sur l'Afrique, ses territoires et ses habitants.
    ».

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  • Le sous-titre en allemand « Album de famille ¸ (« Familienalbum ¸) dit bien ce qu'est ce livre rédigé en dialecte bernois : des textes brefs, spirituels, typiques du monde du « Spoken-word ¸ forment un ensemble ouvert et très suggestif. À travers des discours fougueux, les membres de la famille parlent de Dieu et du monde, recherchent la chaleur du « unger üs ¸ (« Entre nous ¸, titre du livre en dialecte bernois). Se rapproche- t-on malgré les barrières de l'âge et de la politique, ou cherchet- on seulement à se détourner des abîmes ? L'auteur ne répond pas et permet à ses personnages d'être à la fois touchants et imprévisibles.
    Le narrateur évoque des histoires anciennes comme on feuillette un album de photos, en tissant à partir de quatre-vingts images isolées tout un réseau d'anecdotes, de légendes et de on-dit au sein de la famille.
    Il a été bien à l'écoute du grand-père et de feu l'oncle Sämi. La privation de liberté subie pour objection de conscience traverse aussi le récit, mais elle débouchera, juste récompense, sur la rencontre du narrateur avec l'aimable Isabelle. Dans son récit dialectal, Guy Krneta se meut avec aisance dans tout l'éventail des tonalités, sérieuses et comiques, familières et politiques.

    Traduction de Daniel Rothenbühler et Nathalie Kehrli.

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  • Édith Cannac, psychanalyste, dans Caïn ou le détournement du sens, écrit : « Ce qui pour nous est devenu mythique est le fruit d'une parole détournée, travestie, selon nos besoins affectifs ou éthiques. Les commentaires concernant le premier crime de l'humanité procèdent d'une véritable surdité tant intellectuelle qu'affective, comme s'il avait été nécessaire d'évacuer le sens des premières transgressions : l'interdit, la limite, le meurtre, pour les soumettre àl'impératif de la vengeance, de la privation, de l'agressivité. » Dans La même nuit, le même meurtre, Jacques Roman, dédiant son récit à son frère disparu, redonne au mythe sa chair, le portant sur la scène de parole, l'éclairant afin de nous en rendre toute l'actualitétragique.

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  • Paul Narbel (1876-1920), médecin lausannois passionné de zoologie et de chasse, accompagne en 1906-1907 le naturaliste et mécène William Morton à Ceylan et à Sumatra. Leur objectif est avant tout scientifique : collectionner des spécimens d'animaux de ces régions. Ils en ramènent 5000 représentant 1700 espèces qui seront remis plus tard au Musée cantonal de zoologie à Lausanne. Aujourd'hui encore, certains y sont exposés. Tout au long du voyage, Paul Narbel écrit aux siens : « Chère maman, je commence une lettre pour toi et la famille. Tu voudras bien me la garder, cela me servira de notes utiles à mon retour. » Son sens de l'observation, son intérêt pour la nouveauté, son ouverture d'esprit et son humour font de ces treize lettres non seulement un récit attachant, mais aussi un témoignage original sur une expédition scientifique en pays lointains, à l'aube du XXe siècle. Le texte, transcrit, annoté et commenté par Françoise Fornerod et Catherine Saugy, est illustré de vues rapportées par Paul Narbel et de photos d'animaux collectés durant l'expédition. Une introduction et un glossaire zoologique dus à Michel Sartori, directeur du Musée de zoologique de Lausanne, le plus complètent.

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  • La vie Et cette force de vie qui anime l'oiseau en vol et le fait se précipiter contre une vitre - petite boule de plumes qui n'a pas même pleuré une goutte de sang.
    Et ceux qui à l'avant d'un engin qui n'avait que des roues se sont rêvé des ailes, pour ne laisser que des cadavres au bord d'une route.
    Elle les a regardés ; n'a rien fait, rien eu à faire. « Il paraît que dans ces cas-là on s'exclame : C'est la vie ! ».

    Guy Poitry nous offre trente-six variations finement ciselées sur les tours et détours de la Mort, une danse moderne et macabre de la Camarde - cette figure allégorique et taboue à notre époque. Ces textes se conjuguent avec une dizaine de dessins de danses macabres de l'illustratrice Albertine.

    * La Camarde est une figure allégorique de la Mort représentée généralement sous les traits d'un squelette. Son nom est issu de l'adjectif camard qui signifie : « qui a le nez plat ». La Camarde était donc la représentation squelettique de la Mort, puisque le crâne ne possède pas de nez

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  • Les précédents

    Jérôme Meizoz

    Jours rouges. Un itinéraire politique :
    Il ne s'agit pas d'un livre d'historien. Plutôt la libre évocation du parcours militant de Paul Meizoz (1905-1988) dans les luttes sociales des années 1930 à 1950. Envoyé comme travailleur industriel en France, il y est politisé en 1924. Avec ses amis, il tente de syndiquer les mineurs de la première Dixence, s'implique en faveur des réseaux des combattants espagnols en 1936. Dans les marges de la grande Histoire, il poursuit sa vie de militant révélant une conviction peu commune, une ferveur qui renaît dans le militantisme politiques des mouvements sociaux actuels.
    Père et passe :
    En quarante courts récits, Père et passe tisse « un drap de mots » pour recueillir le visage d'un père vieillissant. « Toi, tu as de la chance, si les Russes viennent, ils te feront rien ! » Ainsi parlait-on au père dans le village du Valais. On le surnommait « le rouge » Mais le père vieillit, son espace de vie s'amenuise, ses pas se font plus lents. Jérôme Meizoz reprend donc sa plume, et du « fil de l'écriture » rejoint celui qui fut si « vivant, robuste, affairé ». Comment l'approcher cette figure paternelle, et la retenir de ce côté-là des vivants ? Les courts récits s'enchaînent, et dans cette « chambre de papier » où défilent des moments de vie, il peut enfin se poser le souffle autrefois vigoureux.
    Temps mort :
    Dans ce livre sur les militantes de la Jeunesse agricole catholique (JAC), « c'est tout un monde «qui s'est retiré sur la pointe des pieds vers la fin des années soixante» qu'on voit ressurgir. Une société d'obéissance, arc-boutée contre le modernisme, hantée par la peur du sexe et qui exerce un contrôle sur les femmes, leur corps, leurs gestes, allant jusqu'à leur déconseiller «la gymnastique» et «l'usage des bains».
    [...] »(Extrait de la préface d'Annie Ernaux)

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  • Tout ça vient de là, de dessous nos pieds comme une sécrétion de la terre, de la terre elle-même. Le plus souvent, oui, à cause d'une qualité de la roche, dans ce qui la fait et la défait, ou de ce qui en sort, quelque chose comme des sels.

    Ce récit, élaboré autour de la thématique de l'eau sous le mode d'une enquête, est une prose poétique très librement inspirée de la chronique d'une épidémie de fièvre typhoïde qui sévît à la fin du xixe siècle à Neuchâtel.
    Jouant avec les mots de l'hygiénisme et de la médecine, les mots d'une époque aussi, il esquisse les figures d'une mère et de sa fille victimes de ceux qui, par cupidité ou par déni, parfois par simple manque d'imagination, ferment les yeux sur la misère d'autrui.
    Construite à l'instar d'une Via Crucis, l'oeuvre est divisée en quatorze stations précédées d'autant de photographies qui, telle des miniatures en noir et blanc, rythment ce chemin.

  • Henri de Büren est un agronome, botaniste et artiste, mais aussi aventurier curieux du monde. Il part en 1852 pour un voyage qui le conduit des États-Unis à l'Amérique centrale, à Cuba, puis au Pérou, où il se joint à la première colonne de colons allemands qui souhaitent s'installer dans l'État du Para. Il va ainsi traverser la Cordillères des Andes et parcourir le cours de l'Amazone et de certains de ses affluents pour finalement réembarquer pour l'Europe sur la côte brésilienne en 1854. Il décrit avec verve et précision les régions qu'il traverse. Il s'intéresse aussi de près à l'organisation sociale et politique, aux cultures locales et à l'architecture vernaculaire. Aux États-Unis, il rencontre des scientifiques expatriés suisses. Au Pérou, il décrit certains sites célèbres des civilisations précolombiennes, alors presque vierges d'investigations. Enfin sa descente du Rio Negro et de l'Amazone nous vaut des récits à la fois riches d'informations et des plus désopilants. Henri de Büren n'est pas seulement un fin observateur ; c'est aussi par chance un très bon dessinateur et un peintre de talent. Une trentaine de ses dessins et peintures de voyage, par bonheur conservés, seront reproduits dans l'édition française.

    Originaire de Büren an der Aare, la famille de Büren acquiert la bourgeoisie de la ville de Berne en 1326 et va lui donner une série de magistrats de haut vol (baillis, avoyers, trésoriers, membres des Petit et Grand Conseils). Par mariage, les de Büren deviennent barons de Vaumarcus au XVIIe siècle. À la tête d'un beau domaine de vignes, de champs, pâturages et forêts, Albert et son fils Henri sont des gentlemen-farmers qui ont à coeur de développer leurs terres. Aussi Henri est-il envoyé, tout jeune adolescent, dans la prestigieuse école d'agriculture fondée par Albrecht Daniel Thaer à Möglin. Il complète ensuite sa formation par des cours de sylviculture, une nouveauté pour l'époque.

    Le journal et la correspondance sont présentés et annotés par Diane-Laure Frascoia, Sara Sánchez del Olmo et Olivier Pavillon.

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  • Silences

    Sandro Marcacci

    • D'en bas
    • 10 Octobre 2017

    Une femme se confie, revient sur son passé. Elle tente de se dire, se tait puis se reprend - se surprend à parler. Sait-elle pourquoi aujourd'hui la parole s'en vient et pourquoi là ? Elle aimerait aussi savoir ce que peut bien attendre d'elle celui qui l'écoute, car son histoire est somme toute banale, insignifiante ; c'est du moins ce qu'elle veut faire croire. Elle se raconte pourtant, par la voix, par le corps, s'accroche à des anecdotes en apparence légères pour masquer au mieux la fragilité des mots, son combat, ses non-dits. Silences. Cette histoire est contée au travers de quelque vingt-quatre fragments ou confidences, vingt-quatre moments de parole qui ensemble reconstituent l'intimité de cette voix, de son enfance - ou plutôt de ce qu'elle s'autorise à en dire - à la femme telle qu'elle se rêve encore. D'autres personnages sont ainsi évoqués, convoqués, à commencer par un père, d'autant plus idéalisé qu'il s'esquive dans son travail, et une mère aux allures de rivale. Une grand-mère dont on ignore ce qu'elle a dû fuir pour devoir quitter les siens, une soeur, mais trop petite pour voir, les employés du père, mais trop proches pour être sincères, et quelques proches des parents qu'elle se refuse à nommer. Silence. Une rencontre fortuite est à l'origine de ce projet qui allie texte, photographie et présence scénique. Cette création trouve en effet son initiale dans les confidences d'une femme qui - mais pourquoi ce jour-là ? - tentait pour la première fois de se dire, d'aller au-devant de l'autre par delà cinquante années de silences. Saisi par le combat qu'elle menait avec elle-même, par les tonalités et la forme de ces discours du non-dit, ainsi que cet incessant besoin de se raccrocher à l'évocation des lieux, l'auteur a imaginé une oeuvre qui allie écriture et photographie.

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  • Le 23 septembre 1847, une domestique, Jeannette Tanner, et un cocher, Louis Lambercy, s'embarquent avec leurs maîtres Valérie et Agénor de Gasparin dans un long périple de découvertes qui va de l'Italie à la Grèce pour débarquer ensuite en Égypte afin de remonter le Nil puis de le descendre ; le retour se fait par le Sinaï jusqu'à Jérusalem, et de là, par la Galilée, à Beyrouth et à Marseille.

    Jusqu'en juin 1848, Jeannette Tanner et Louis Lambercy tiennent leur journal en bateau, sous tente, à dos de chameau, en parallèle au Journal de voyage au Levant écrit par Valérie de Gasparin (1848), et dont le présent ouvrage publie des extraits, créant ainsi un récit original à trois voix.
    /> La lecture découvre au fil des pages la variété et les difficultés du voyage ; le paysage défile au jour le jour, les cités visitées et leurs particularités sont mentionnées, tout comme les habitants, leurs us et coutumes et leurs tenues vestimentaires. L'oralité de leur langage s'accompagne d'une culture de l'observation ingénue, de l'attention aux moindres détails, propre au monde paysan, avec l'affirmation vivante de leur foi. En effet, comme l'écrit Jeannette, leurs « yeux n'étaient pas assez grands pour voir » tant de choses.

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