Corti

  • Voici l'un des récits les plus étranges et les plus beaux que le romantisme allemand ait engendrés. L'histoire de Peter Schlemihl, l'homme qui a vendu son ombre au diable, offre toutes les interprétations possibles, et les nouveaux lecteurs de Chamisso se plairont sans doute à lui en inventer encore de nouvelles.
    Peter Schlemihl qui a vendu, contre la bourse de Fortunatus - bourse magique qui reste pleine en toutes occasions - son ombre au Diable, s'avise alors de l'importance que celle-ci revêt aux yeux des hommes lesquels prennent maintenant grand soin de l'éviter, depuis qu'il a perdu la sienne. Pressé par Peter Schlemihl, le diable consent à lui rendre son ombre en échange de son âme. Mais le jeune homme refuse, et désireux de se sortir d'une malheureuse affaire, il jette la bourse de Fortunatus. C'est alors que commence pour lui une sorte de voyage expiatoire.

  • C'est dans sa Podolie natale, à Vinnitsa et dans les shtetls alentour, véritables mines d'or du folklore juif, que cet ethnologue avait commencé sa collecte de contes, poursuivie ensuite à Kiev, à Leningrad, en évacuation et dans les
    camps. On trouve parmi ses informateurs les gens les plus divers : des enfants et des adultes, des habitants des villes et des campagnes, des femmes au foyer et des ingénieurs, des professeurs, des cordonniers, des tailleurs, des instituteurs, le rabbin Arn Prouss, Moïsseï Belenki, spécialiste en « athéisme scientifique », et même un truand. La particularité du recueil de Raïzé tient aussi au fait qu'il y avait parmi ses informateurs de nombreux écrivains, dont quelques-uns des plus grands poètes juifs : David Hofstein, Haïm Lenski, Hersh Ochérovitch, Shmouel Halkine.
    Le manuscrit original en yiddish de cet énorme travail ayant malheureusement disparu, il n'en reste « que » la version russe.
    Ces contes sont publiés avec des commentaires abondants et passionnants de Valery Dymchitz, ils sont suivis, en fin d'ouvrage, de renseignement précis : sur la date et le lieu où chaque conte a été recueilli, sur la personne qui l'a noté et, lorsque cela s'avère nécessaire, sur sa correspondance avec le conte-type auquel il se rattache.

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  • 1881.
    Depuis une bonne trentaine d'années, la conquête des pôles est devenue l'objet d'une lutte acharnée entre les nations et l'on ne compte plus les tentatives, officielles ou privées, en ce sens - principalement dans l'arctique oú il s'agit aussi de trouver une route réduisant la distance entre l'atlantique et le pacifique, soit par le nord de l'amérique (passage du nord-ouest), soit par celui de l'asie (passage du nord-est).
    Personne n'a encore atteint le pôle, le passage du nord-ouest reste toujours à découvrir, seul celui du nord-est vient de céder à la ténacité et à la remarquable organisation du suédois nordenskjôld, parti sur la vega, après que bien d'autres ont dû renoncer ou ont disparu, broyés par les glaces. c'est ainsi qu'à san francisco on reste sans nouvelles du capitaine de long et de son équipage, partis deux ans plus tôt pour l'océan glacial à bord de la jeannette.
    Une expédition de secours est donc organisée pour tenter de les retrouver - mission qu'on propose à john muir d'accompagner. l'occasion est trop belle pour ne pas la saisir. il a déjà visité deux fois le sud-est de l'alaska, mais le spécialiste de la glaciation qu'il est devenu n'est jamais allé aussi haut en latitude et le détroit de béring devrait, à son avis, confirmer les idées qu'il s'est forgées sur ce sujet dans la sierra.
    Pendant tout le voyage, l'aventurier naturaliste va tenir ce journal, qui nous permet de suivre au jour le jour les allées et venues du corwin dans la banquise et le long de côtes parfois encore mal définies. curieux de tout, tel qu'on le connaît par ses autres livres, il ne se limite pas à la géologie des contrées qu'il traverse, mais c'est avec la même passion et le même enthousiasme qu'il s'intéresse aux problèmes de navigation parmi la glace, aux oiseaux et aux mammifères marins - pointant alors du doigt les excès d'une chasse déjà industrielle qui met les espèces en péril - ou à la flore arctique dont il dresse minutieusement l'inventaire.
    Quant aux populations locales, tchouktches et inuits, dont les rudes conditions de vie et l'adaptation parfaite au milieu suscitent son admiration, il fait preuve envers elles d'une ouverture d'esprit qui forme depuis l'enfance le fond même de son caractère, et leur porte une sympathie a priori qui lui attire irrésistiblement celle du lecteur.

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  • T. H. Huxley, ami de Charles Darwin, à qui il devra son surnom de " bouledogue de Darwin ", fut aussi le grand-père d'Aldous Huxley.
    Lorsqu'il passe son diplôme de médecin en 1845, il a vingt ans mais il est trop jeune pour obtenir l'autorisation d'exercer. Sans argent, couvert de dettes, il n'a guère le choix. La Marine de Sa Majesté - célèbre pour la rudesse des conditions de vie à bord - recrute et met un point d'honneur à embaucher de jeunes scientifiques au poste d'aide chirurgien.
    Le Voyage du Rattlesnake (le Serpent à Sonnettes) qui devait n'être d'abord qu'une expédition hydrographique servant à déterminer des routes sûres pour la navigation et le commerce avec la relativement nouvelle colonie de l'Empire, l'Australie, sous l'impulsion du capitaine Owen Stanley, allait changer de nature.
    Il emmène ainsi des spécialistes des disciplines dans lesquelles on savait déjà que les tropiques étaient d'une richesse extraordinaire. Il y aura donc à bord un naturaliste confirmé, John MacGillivray, un passionné de botanique et des coquillages, John Thompson, et le jeune Huxley qui allait trouver dans ce voyage en Nouvelle-Guinée et en Australie un champ d'études à sa mesure.
    En 1849, il enverra à la Royal Society de Londres un rapport circonstancié sur la famille des Méduses dont il restera pour longtemps le meilleur spécialiste. Lorsqu'il revient en Angleterre en 1850, il est reçu comme membre de la Royal Society et est chargé de travailler sur les spécimens collectés et les observations faites durant ce voyage. Sa carrière scientifique et universitaire peut commencer. Préoccupé par ses seules recherches scientifiques, son Journal de Voyage ne sera publié par son fils qu'en 1935, quarante ans après sa mort.

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  • De 1817 à 1820, le comte polonais Waclav Seweryn Rzewuski effectue une série de voyages en Turquie et dans le nord de l'Arabie.
    Sa mission est d'acheter des chevaux pour remonter les écuries de la reine du Wurtemberg, du sultan de l'Empire Ottoman et du Tsar. Son oncle Jean Potocki, auteur du " Manuscrit trouvé à Saragosse ", l'a initié aux études orientalistes et il devient lui-même rapidement un personnage emblématique du romantisme européen. Pour mener à bien ses achats, Rzewuski s'intègre chez les Bédouins du désert du Nejd, qui lui auraient octroyé le titre d'Emir Tag el-Faher.
    En 1831, la police du tsar saisit sa bibliothèque. Par bonheur, Rzewuski avait confié sa relation de voyage en Orient à un ami, et le manuscrit a donc été conservé en Pologne. Ce texte, resté inédit, est rédigé dans un français savoureux et précis. Illustré de nombreux dessins croqués sur le vif, il éclaire sous un angle original la culture bédouine des cavaliers nomades du Nejd et brosse, de l'Arabie au Proche Orient et à l'Asie Mineure, de vivants portraits d'une société bigarrée et agitée.
    Un récit d'aventures dont l'intensité dramatique ne faiblit jamais.

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  • Dans ce recueil, devenu un classique, pierre-georges castex voulait montrer, à une époque aujourd'hui grâce à lui révolue, combien le fantastique existait aussi en france.
    D'oú la démonstration par l'exemple avec cette anthologie, qui va du xviiie siècle à l'aube du xxe. dès le xviiie siècle, cazotte enfermait une histoire fantastique dans les limites du conte qui, par la brièveté et le naturel, est le genre le plus propre à créer un effet intense. vers 1830, le fantastique connaît une vogue extraordinaire ; il inspire des récits oú l'imagination s'exerce agréablement, mais de façon assez gratuite.
    Bientôt, il est mis au service d'intentions plus profondes : la cruauté d'un villiers, les hantises d'un maupassant, contrastent avec l'ingéniosité froide de mérimée ; les implacables analyses auxquelles se livre, dans les dernières années de sa vie, un nerval tourmenté par la folie surprennent celui qui a commencé par lire ses premiers récits, écrits en un temps oú, cédant à la mode, il imitait sans grande conviction les conteurs allemands.
    Désormais, l'écrivain épanche à travers des symboles grimaçants son génie satirique ou livre un témoignage sur lui-même en évoquant, comme pour les exorciser, ses démons intérieurs ; ou encore, tel apollinaire au seuil de la mort, il étale sur ses pages hallucinées l'ombre de son propre destin. d'une façon générale, à mesure qu'on avance dans le siècle, le goût du public devient plus exigeant, l'inspiration des conteurs plus personnelle ; les spectres chers aux contemporains d'hoffmann semblent dérisoires, trente ans plus tard, à une génération que les contes d'edgar poe ont familiarisée avec un fantastique intérieur, plus intense.
    ".

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  • Le français au pôle sud

    Charcot Jean-Ba

    • Corti
    • 19 Octobre 2006

    Pour quelles raisons lire aujourd'hui, et prendre plaisir à lire, ce « récit anecdotique » dont
    Charcot lui-même nous dit malicieusement dans l'Avant-propos qu'il n'a « aucune prétention
    littéraire » ? Cent ans après son édition, et soixante -dix ans après la mort de son célèbre auteur,
    Le Français au Pôle Sud de Jean-Baptiste Charcot pourrait bien être l'un de nos plus grands livres
    d'aventure. Le « Journal de l'expédition antarctique française, 1903-1905 » offre un concentré
    d'une rare densité de l'état scientifique de l'époque fin de siècle, et un des plus étonnants et des
    plus romanesques récits de voyage de l'ère symboliste .
    L'ouvrage est bâti en trois parties. Le « Journal », pure oeuvre littéraire, en est le centre. Il
    est ourlé d'une solide Introduction qui donne tous les éléments historiques du contexte de
    l'expédition, puis de longues annexes. Quand Charcot, dans l'avant-propos, déclare que
    l'expédition est « essentiellement scientifique », cela signifie qu'il y a autre chose derrière ce
    prétexte, et que l'essentiel est décidément ailleurs.
    Cartographier l'inconnu est l'objectif du Français : la science se nourrit du mystère, comme
    dans les romans de Jules Verne. Mais, ici, l'auteur vit son voyage dans le champ de la réalité. Il va
    à la source réelle de l'inconnu. Cette source, c'est le continent blanc, les « Terra Incognita
    Australis » dont parle Buffon, « cette partie du globe égale au sixième des continents reconnus»
    dont le Capitaine Nemo devint le maître un 21 mars 1868.
    Jean-Baptiste est né le 15 juillet 1867 à Neuilly-sur-Seine. Son père, Jean-Martin Charcot, le
    célèbre aliéniste, est professeur à la Salpêtrière - « l'hôpital des fous ». La jeunesse de Jean-
    Baptiste est agréable, entre la société brillante qui se presse dans la propriété familiale et la vie
    sportive intense d'un jeune gentleman - aviron, rugby, yachting. Enfant têtu, il souhaitait être
    marin et découvrir le monde, à sa manière. Le père souhaite que son fils soit médecin ; Charcot fils
    le sera donc. Mais à la mort du père en 1893, héritant une immense fortune, ses rêves peuvent se
    réaliser.
    Charcot entreprend la première expédition française dans les mers antarctiques, retrouvant
    en cela un esprit de découverte délaissé depuis les expéditions australes de Dumont d'Urville en
    1838-1840. Il s'agira du premier hivernage français dans les glaces australes, cinq ans seulement
    après le Belge Gerlache de Gomery, auteur du premier hivernage jamais réalisé.
    Le récit de voyage conte tout autant qu'une expédition « essentiellement scientifique » une
    aventure intérieure et métaphysique.
    Le 16 septembre 1936, Charcot à bord du Pourquoi pas rencontrera son destin au nord ouest
    de l'Islande.

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  • « John Muir - Planète Terre è Univers » Tels sont les mots inscrits sur la face intérieure de la
    couverture du carnet de route dont est issu ce volume. Ils reflètent l'état d'esprit dans lequel son
    auteur entreprit sa marche de quinze cents kilomètres en direction du golfe du Mexique, via le
    Kentucky, en 1867. Il s'agit là, de loin, de la plus longue excursion botanique que John Muir ait
    faite au cours de sa jeunesse. Sa pérégrination a lieu dans une Amérique sauvage dans les deux
    acceptions du terme : des pans immenses de territoire sont intouchés par l'homme dans le même
    temps où les soubresauts de l'histoire - la guerre de Sécession vient de s'achever - rend les routes
    incertaines. Les conditions sont donc rudes, les rencontres aléatoires, mais le naturaliste reste
    ferme sur ses jambes, et prend les étoiles pour couverture. Mi-naturaliste (il note, classe, repère
    les espèces endémiques), mi-prophète, toujours en extase devant la « wilderness », son amour de
    la nature est une véritable religion et ses rares incursions dans les villes (il n'entrera même pas
    dans New York lors d'un transit entre la Floride et Cuba) sont purement fonctionnelles.
    « Souvent, il me fallait coucher dehors sans couverture, mais aussi sans souper ni déjeuner.
    Pourtant, je n'avais d'ordinaire guère de difficulté à trouver une miche de pain dans les clairières
    largement espacées les unes des autres où étaient installés les fermiers. Muni de l'un de ces gros
    pains de la forêt, j'étais capable de vagabonder durant des kilomètres au sein de la nature
    sauvage, libre comme les vents dans les bois radieux. »
    Frédéric Badé, l'éditeur de l'édition originale parue en 1913, aux États-Unis, a utilisé trois
    sources pour préparer le volume : le journal original, une copie dactylographiée qui n'est que
    légèrement révisée et deux récits distincts de ses aventures à Savannah, où, pendant une
    semaine, dans l'attente improbable d'un mandat, il campa, sans un penny, dans le cimetière
    Bonaventure.
    Ce livre fait suite, de façon chronologique aux Souvenirs d'enfance et de jeunesse (Corti,
    2004) qui se terminaient sur son arrivée à San Francisco. Si l'écriture du premier est fatalement
    plus élaborée, puisque pensée a posteriori, ce récit sur le vif passionnera non seulement les
    pérégrins nostalgiques d'une terre sauvage, mais aussi les amateurs de la vie et de l'oeuvre du
    Thoreau de l'Ouest, dont le nom, vénéré aux Etats-Unis, commence doucement à s'imposer de ce
    côté de l'Atlantique.
    (...) À l'heure où les forêts disparaissent, où la vie sauvage menace de n'être bientôt plus
    qu'un souvenir, il faut lire John Muir, et en tirer des leçons : jamais ce grand écrivain naturaliste
    n'a été aussi actuel.
    Christophe Mercier, Le Figaro, 2 septembre 2004
    Muir, c'est le héros des écologistes américains ; les Parc Nationaux, c'est lui, et sans lui, les
    séquoias géants de Yosemite Park auraient été débités en allumettes par les cyniques héros de la
    libre entreprise. Lisez tous les détails.
    Michel Polac, Charlie Hebdo, Les Colosses américains.

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