Chandeigne

  • Amerigo Vespucci n'est pas seulement le personnage qui a donné son nom au Nouveau Monde. Ce Florentin, ami de Christophe Colomb, a laissé un témoignage vivant et très documenté sur les côtes orientales du continent américain, dont il avait pressenti l'existence, où l'on peut lire le premier témoignage sur les rites cannibales de « sauvages » et dont un des marins de l'expédition fit les frais. Vespucci a-t-il été le découvreur des côtes du continent américain ? La question peut sembler dérisoire, mais elle a suscité une longue polémique qui dure toujours. La controverse sur l'authenticité de ses quatre voyages et sur l'attribution de son prénom au Nouveau Monde fait l'objet d'une analyse détaillée dans cet ouvrage qui offre la première traduction intégrale des écrits de Vespucci : Le Mundus Novus, La lettera qui comprend le récit de quatre voyages, et enfin les lettres familières manuscrites. Il s'agit de textes fondateurs auxquels le grand public avait rarement accès.

  • En décembre 1904, Euclides da Cunha (1866-1909), un des auteurs clé de la littérature brésilienne du XXe siècle, quitte Rio de Janeiro pour se rendre à Manaus et entamer une mission de reconnaissance du bassin ouest de l'Amazonie. L'expédition qui le mène jusqu'à la région frontalière avec le Pérou le poussera au bord de la folie, mais elle lui permettra aussi de se familiariser avec la dernière part obscure du Brésil. Sa découverte de la nature équatorienne et des populations qui vivent sur les rives des fleuves le bouleverse et sa vision du drame qui s'y joue - l'esclavage des ouvriers du caoutchouc, la destruction silencieuse des Indiens - l'amène à projeter d'écrire, après son chef d'oeuvre Hautes Terres, consacré à la guerre de Canudos, un « deuxième livre vengeur ». Son grand récit amazonien (il lui donne le titre de travail Un paradis perdu) ne verra cependant jamais le jour : Euclides da Cunha meurt quatre ans après son voyage, abattu en août 1909 à son domicile à Rio par l'amant de sa femme. Néanmoins, tout laisse à croire que le texte aurait été porté par une ferveur qui ne le cède en rien à celle qui sous-tend son plaidoyer précédent : si ses esquisses et les notes préparatoires ont disparu, la vingtaine d'articles et de récits qui subsistent témoignent de son ambition et de la beauté de sa prose. L'invention de l'Amazonie se compose de trois de ces récits, tous issus du recueil À margem da história (« En marge de l'Histoire », inédit en français), que l'auteur a encore lui-même pu organiser. Ils disent le vertige qui nous empêche de voir l'Amazonie, les triomphes et misères que la vie dans les limbes peut susciter, la proximité entre création et destruction. Avec son oeil pour les ruines à venir, da Cunha n'y livre pas seulement un aperçu de la modernité, il propose aussi un regard saisissant sur la région, une réflexion qui reste pertinente jusqu'à nos jours.

  • Magellan est le plus connu des navigateurs, son voyage, la plus extraordinaire des aventures, mais des dizaines d'erreurs et d'approximations, invariablement reprises de livre en livre, circulaient malheureusement dans tous les ouvrages, même réputés sérieux, notamment la biographie de Zweig. L'édition critique de l'intégralité des sources directes sur le Voyage de Magellan (1050 p.), publiée en 2007 par les éditions Chandeigne a pu rectifier ces erreurs et faire de nombreuses découvertes sur cette expédition. Elle est devenue l'ouvrage de référence dans le monde. Ce livre de poche fait la synthèse de cette édition critique. Il donne à lire le récit de Pigafetta, le plus célèbre des témoignages, accompagné des itinéraires détaillés. Un cahier couleurs rassemble les cartes de l'époque. L'appareil de notes développe les principaux apports de l'édition de 2007 et ajoute, chapitre par chapitre, tout ce que la relation de Pigafetta omet. Une annexe traite des navires et des équipages, dont la liste et le nombre ont été pour la première fois établis en détails. Ce livre de poche devient donc désormais l'édition de référence, accessible à tous, de la relation d'Antonio Pigafetta et du voyage de Magellan.

    Préface de Carmen Bernand & Xavier de Castro. Dossier cartographique en couleurs de Xavier de Castro. Édition établie par Xavier de Castro, Jocelyne Hamon et Luís Filipe Thomaz.

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  • Willem Barentsz est le navigateur hollandais le plus célèbre en son pays, mais sa figure reste peu connue en France. Pourtant, il fut l'un des premiers à tenter le passage du nord-est vers la Chine lors de trois voyages mémorables de 1594 à 1596. Lors du troisième, il redécouvrit l'archipel du Spitzberg, le Svalbard des Vikings, dont la connaissance s'était depuis perdue. Poursuivant plus à l'est, son navire fut pris par les glaces au nord de la Nouvelle-Zemble.

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  • Après l'arrivée de Christophe Colomb en Amérique (1492), le voyage de Vasco de Gama aux Indes par le cap de Bonne-Espérance (1497-1499) est l'un des événements majeurs de l'époque des Grandes Découvertes. Il se trouve que l'on a découvert en 1834 une relation du voyage de Vasco de Gama écrite par un homme qui y a personnellement participé, mais dont le nom n'est pas mentionné. Son identification avec un certain Álvaro Velho n'est pas certaine. Mais qu'importe. L'essentiel est que nous avons là un témoin oculaire. Cet homme n'est ni un écrivain, ni un chroniqueur, mais il partage les connaissances, les certitudes et parfois les illusions des marins portugais de son temps, et il parle de ce qu'il connaît. De là provient l'exceptionnel intérêt de ce récit. Cette nouvelle édition est complétée par les annexes du manuscrit (un mémoire sur les royaumes de l'Inde et un vocabulaire malais), et les trois lettres de marchands florentins présents à Lisbonne à l'arrivée des navires de Gama. Ces dernières rapportent des informations recueillies auprès des marins et constituèrent longtemps les seules narrations de cette expédition imprimées et divulguées en Europe.

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  • François Caron (1600-1672), fils de huguenots français réfugiés aux Pays-Bas, s'engagea très jeune au service de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, fondée en 1602. Il vécut plus de vingt ans au Japon, y prit femme, y éleva six enfants, et y réussit si bien qu'il s'éleva dans la Compagnie jusqu'au poste de directeur général, avant de se retirer des affaires, en 1651.

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  • Trois récits de naufrage devenus classiques de la littérature de voyages, témoignages de l'exploration de la route des Indes après Vasco de Gama, au XVIe siècle.

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  • La Chronique de Guinée de Gomes Eanes de Zurara est le document le plus important de l'histoire de la découverte de la côte occidentale africaine à la fin du Moyen Age.
    Fondée sur les récits des marins, elle couvre les années 1433-1448 qui correspondent à l'exploration de cette côte, du cap Bojador jusqu'aux parages du cap Vert.Son intérêt est multiple. Tout d'abord, le portrait qu'elle nous trace de l'infant Henri le Navigateur, grand initiateur de l'expansion maritime, est un des rares témoignages que nous possédons sur cette figure hautaine, un peu froide et mystérieuse, d'ascète et de réalisateur.
    Ensuite, elle décrit pour la première fois la rencontre des Européens avec les maures du Sahara, puis avec les Noirs. Celle-ci s'est d'abord écrite en lettres de sang :
    Escarmouches, razzias et massacres préludent au commerce des biens et des esclaves. Mais l'attitude des Portugais s'avère parfois ambiguë. Zurara n'hésite pas à nous faire part de sa compassion pour les victimes, et il est difficile de trouver des pages plus poignantes que celles du partage des captifs ramenés à Lagos en 1444.
    Le texte rassemble enfin des informations sur les habitants des Canaries et le peuplement des îles de Madère et des Açores. OEuvre unique à son époque, la Chronique de Guinée reste aujourd'hui un témoignage méconnu sur un épisode dramatique et fondamental de l'histoire universelle.

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  • Après l'arrivée de Christophe Colomb en Amérique (1492), le voyage de Vasco de Cama aux Indes par le cap de Bonne-Espérance (1497-1499) est l'un des événements majeurs de l'époque des Grandes Découvertes.
    Il se trouve que l'on possède une relation du voyage de Vasco de Gama écrite par un homme qui y a personnellement participé, mais dont le nom n'est pas mentionné. L'identification de ce rédacteur anonyme avec un certain Alvaro Velho n'est pas certaine. Mais qu'importe ? l'essentiel est que nous avons là un témoin oculaire. Cet homme n'est ni un écrivain, ni un chroniqueur, mais il partage les connaissances, les certitudes et parfois les illusions des marins portugais de son temps, et il parle de ce qu'il connaît.
    /> De là provient l'exceptionnel intérêt de cette relation. C'est comme si nous assistions " en direct " aux événements. À l'approche du cinquième centenaire de la mort de Vasco de Cama, il importait donc de republier ce texte fondamental, traduit et annoté par Paul Teyssier, dans une édition de poche accessible à tous.

  • Le père jésuite Jean de la Mousse arrive à Cayenne en 1684 comme missionnaire, quelques décennies après l'installation définitive des Français en Guyane. Pendant une dizaine d'années, il parcourt les villages sur la côte pour entreprendre l'évangélisation des " Sauvages ", dont il apprend la langue. Chargé de la conversion des esclaves africains de l'île de Cayenne, il est le témoin de la naissance d'une colonie qui prend forme sous ses yeux. Avec lui s'ouvre véritablement en Guyane l'entreprise missionnaire jésuite auprès des Noirs et surtout auprès des Indigènes, qui se développera quelques années après sa mort avec la création des missions de Kourou et de Sinnamary. Son Journal, qui relate également le voyage qu'il effectue aux Antilles et aux îles du Cap-Vert, est aussi un regard inédit sur l'histoire de la traite des esclaves, objet d'une concurrence entre les puissances coloniales européennes. Bien différent des textes calibrés et convenus des Lettres édifiantes et curieuses qui accueilleront au XVIIIe siècle les écrits d'autres pères de Guyane, le récit de Jean de la Mousse, dont nous proposons ici la première édition, est un témoignage qui fait droit à l'émotion et à une soif de connaître véritablement moderne, dessinant l'image d'un humaniste qui excuse plus qu'il ne condamne, et qui s'efforce de comprendre plus qu'il ne juge.


  • françois de l'estra (1650-1697), jeune noble parisien, s'embarque en 1671, à l'âge de 21 ans, sur le saint-jean-baptiste, navire de l'éphémère compagnie royale des indes orientales créée par colbert et louis xiv le désir de voir le monde et de faire fortune a été sans doute la raison pour laquelle il se mit au service du projet de colbert, qui admirait et haïssait tant les hollandais calvinistes et leur compagnie des indes orientales (la voc).
    le périple de l'estra dans un monde asiatique oú naguère les portugais étaient les maîtres, dura 5 ans et se termina en captivité à batavia. il a donné lieu à ce joyau de la littérature de voyage du grand siècle qu'est la relation ou journal d'un voyage nouvellement fait aux indes orientales, imprimée en 1677.
    l'estra, homme enjoué, disponible et prêt à affronter toutes les aventures, propose un regard différent et plus complet que les voyageurs qui l'ont précédé.
    ses observations des us et coutumes au cap vert (sénégal), à goa, à calicut, au ceylan, au bengale enfin et à batavia, brillent par leur pertinence et par une ouverture d'esprit et une objectivité "pré-ethnographique" plutôt rare sous la plume des voyageurs louis-quatorziens. son récit présente l'épisode de l'escadre la haye tel que le vécurent sur le terrain les simples soldats et les gradés, victimes des erreurs commises par leurs chefs et de la tenace hostilité des hollandais.
    sans doute regardait-il par le petit bout de la lorgnette le grand projet de louis xiv et de son ministre de donner à la france une place sous le soleil d'asie, voire de "conquérir tout l'orient", mais sa relation haute en couleur et rédigée d'une plume alerte n'en a que plus de charme.

  • Le voyage a smyrne

    Galland/Miquel

    Le traducteur des Mille et une nuits, Antoine Galland (1646-1715), fut un voyageur invétéré qui arpenta pendant presque quinze ans, et à de multiples reprises, les échelles levantines : Istamboul, Smyrne, Alep, Alexandrie...
    Son second voyage, entrepris en 1678, le conduit à Smyrne où il réside quelques mois. Smyrne est à cette époque une ville cosmopolite et fourmillante où les Occidentaux ont parfois l'impression de se sentir plus chez eux qu'en Orient. Curieux de tout, notre jeune savant y écrit une relation de son séjour qu'il intitule Smyrne ancienne et moderne, restée inédite jusqu'à ce jour. Il dresse de cette ville un tableau tout à la fois vivant et scientifique, étudiant aussi bien les ruines antiques que les moeurs des autochtones, les résidents étrangers que les institutions locales et leurs représentants officiels.
    Aucun aspect de la vie sociale, culturelle, politique ne lui échappe. Les ingrédients classiques des récits de voyages - rencontres avec les corsaires, tempêtes... - ponctuent également la première partie de la relation. Enfin, Galland clôture son ouvrage par une comparaison des moeurs françaises et turques, véritable enquête ethnologique avant la lettre où il fait montre de perspicacité et de clairvoyance et prouve que pour mieux comprendre les autres, il est d'abord requis de bien connaître les siens.
    Tous ces éléments font de cette relation inédite, à laquelle sont également joints des extraits de son troisième voyage au Levant (1679-1680), la description la plus complète qui soit de la ville de Smyrne au XVIIe siècle.

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  • A la fin du xvie siècle, pour aller vers la chine et les richesses l'orient, hollandais et anglais tentèrent de trouver, le long des côtes de la norvège, de la russie puis de la sibérie, une route plus courte et plus sûre que celle qui les obligeait à contourner l'afrique par le cap de bonne-espérance.
    Willem barentsz fit trois tentatives infructueuses, en 1594, 1595 et 1596, pour trouver ce passage du nord-est qui ne sera finalement franchi que trois siècles plus tard. lors de son troisième voyage, barentsz et ses compagnons découvrirent le spitzberg et l'île aux ours (björnoeya), avant d'être pris par les glaces à la pointe septentrionale de la nouvelle-zemble (novaya zemlia), par les 76â° n. les marins durent hiverner neuf mois dans une cabane qu'ils bâtirent (retrouvée en 1871), se nourrissant de renards et luttant chaque jour contre les ours affamés, le scorbut et le froid extrême.
    Ils quittèrent leur logis de fortune le 14 juin 1597 et regagnèrent le monde civilisé après avoir parcouru en chaloupe plus de 2800 km de mer glacée. barentsz mourut en route et seuls douze survivants arrivèrent à amsterdam, le 1er novembre 1597. l'un d'eux, gerrit de veer, écrivit le récit de leur périple qui connut à l'époque un immense succès dans toute l'europe avant de retomber dans l'oubli ; le voici enfin restitué avec la riche iconographie de l'époque et autres documents.
    Les expéditions de willem barentsz constituent la première grande aventure de l'histoire de l'exploration du grand nord.

  • Dès 1687, un petit livre élégant et accablant à la fois, la Relation de l'Inquisition de Goa, étonne l'Europe.
    Son auteur, Charles Dellon, jeune médecin français originaire d'Agde, y conte par le menu les quatre années de captivité qu'il a passées en Inde, au Brésil et à Lisbonne aux mains de l'Inquisition portugaise. Traduit aussitôt en anglais, en allemand et en néerlandais, l'ouvrage connaît un succès durable et va jouer un rôle capital dans le combat contre l'intolérance à l'époque des Lumière. Voltaire s'en inspirera dans Candide ; Bayle, Limborch, Lesage, Montesquieu, le marquis d'Argens, d'Alembert, l'abbé Morellet, Beccaria, Buchanan, sans oublier la presse, l'ont remarqué, apprécié, utilisé.
    Rares furent les esprits libres qui ne firent pas écho à ce témoignage au parfum de roman d'aventure doublé d'un redoutable pamphlet politique et religieux. Pour donner une réelle perspective à cette réédition commentée et illustrée, une étude liminaire, qui met au jour plus d'une source inconnue ou restée inédite, s'est souciée d'éclairer le lecteur sur l'histoire de l'Inquisition de Goa, le parcours dans le siècle d'un auteur méconnu, l'histoire compliquée d'un texte qui servit divers enjeux en France et à l'étranger, la véracité des faits rapportés, la fortune enfin d'une oeuvre qui demeure une impeccable analyse des tares et des excès de l'institution inquisitoriale.

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  • Le voyage de Pierre Belon dans le Levant, commencé en 1546, eut lieu à la fin du règne de François 1er, un règne marqué par la "scandaleuse alliance" avec l'empire de Soliman le magnifique.
    Son périple, débuté en compagnie de l'ambassadeur français d'Aramont, échappa bientôt au cadre d'une mission diplomatique : Belon s'attarda en effet dans les territoires ottomans pendant deux ans et visita, au gré de ses curiosités, la Grèce, la Terre sainte et l'Egypte, Constantinople bien sûr, mais aussi l'Anatolie, rarement explorée par les Occidentaux. Le récit issu de son expérience est une oeuvre originale, reflétant l'intérêt d'un naturaliste pour la faune et la flore, mais aussi envers les us et coutumes propres aux régions traversées.
    Esprit curieux de tout, Belon est considéré, à l'instar de Guillaume Postel, comme l'un des grands voyageurs de la Renaissance. Cet ouvrage, qui a, en France et en Europe, influencé durablement la littérature consacrée à l'Orient, est ici, pour la première fois depuis le XVIe siècle, réédité dans son intégralité.

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  • Le 28 décembre 1618, willem ysbrantsz bontek?, capitaine du nieuw-hoorn quitte les pays-bas pour l'île de java.
    Après plusieurs mois de navigation éprouvante, il relâche à la réunion puis à madagascar. plus tard, en plein océan indien, le feu prend à l'eau-de-vie, puis aux poudres, et le vaisseau explose alors " en tant de débris que l'on ne pouvait plus distinguer si ceux-ci provenaient d'hommes ou d'autres choses ". parmi les membres d'équipage restés à bord, seuls survivent bontek?, grièvement blessé, et un jeune mousse.
    Mais soixante-dix hommes, qui s'étaient opportunément enfuis dans les chaloupes pendant l'incendie, viennent les repêcher.
    Vingt-trois jours durant, les tortures de la famine et de la soif réduisent bontekoe et ses compagnons, qui dérivent au gré des courants et des vents, aux extrémités les plus pénibles. parvenant sur la côte de sumatra, ils se procurent quelques vivres, mais subissent de lourdes pertes lors d'un combat contre les indigènes.
    Puis ils gagnent enfin le détroit de la sonde, oú une flotte hollandaise recueille les rescapés.
    Bontekoe narre ensuite un voyage aux moluques et les préparatifs d'une longue expédition en mer de chine : il participe tout d'abord au fiasco de l'attaque contre les portugais de macao en juin 1622, puis mène deux ans durant, depuis formose, une sanglante guerre de course qui écume les côtes chinoises.
    Le dessein, naïf, d'imposer par la force à l'empire du milieu les prétentions commerciales de la compagnie des indes orientales, sera bien entendu un échec.
    Le 6 février 1625, bontekoe quitte batavia pour revenir dans son pays à la tête de trois vaisseaux richement chargés. deux sombrent en chemin ; le sien, à moitié détruit par un ouragan, lait une longue halte réparatrice à madagascar, puis se rend à sainte-hélène oú les canons portugais manquent de l'envoyer par le fond.
    Ce n'est qu'après avoir traversé tous ces malheurs, et bien d'autres encore, que bontekoe retrouve sa patrie le 25 novembre, " ayant échappé presque miraculeusement à la mort qui l'avait poursuivi sous tant de faces différentes ".
    Son récit, publié en 1646 à amsterdam, eut un succès considérable et lut sans cesse réédité aux pays-bas. c'est aujourd'hui un classique de la littérature de voyage néerlandaise.

  • Les aventures de l'Anglais Anthony Knivet débutent à Plymouth en 1591, lorsqu'il embarque à bord de la flotte du corsaire Thomas Cavendish qui doit écumer les territoires placés sous souveraineté ibérique. Pillard au Brésil, ballotté par les flots aux abords du détroit de Magellan, il est finalement jeté, malade, sur le rivage de São Sebastião, île brésilienne qui servait alors de repaire à la flibuste et aux trafics entre colons et marins de tous bords. Capturé par les Portugais de Rio de Janeiro, il est mis au service du gouverneur Salvador de Sa. Tour à tour esclave dans ses moulins à sucre, chasseur d'Indiens et explorateur, il ne trouve souvent son salut que dans la fuite. C'est ainsi qu'on le voit vivre parmi les Indiens ou tenter une escapade en Angola d'où il est ramené pieds et poings liés. Après bien des années de souffrances, il accoste enfin à Lisbonne avant de regagner l'Angleterre, sans doute en septembre 1601. Conduit auprès de sir Robert Cecil, secrétaire de la reine Élisabeth Ire, il est invité à raconter ses aventures, qui font de ce forban malchanceux un extraordinaire témoin de la vie brésilienne au tournant des XVIe et XVIIe siècles.

  • La mission au kongo

    Collectif

    En avril 1667, deux pères franciscains de l'ordre des Capucins, Michelangelo Guattini et Dionigi Carli, s'embarquent à Gênes pour une mission au Kongo (ancien royaume dont le territoire correspond en grande partie au nord-ouest de l'actuel Angola). Trois mois après leur arrivée dans la région de Mbamba, Guattini meurt, mais Carli, gravement malade, parviendra à rejoindre Bologne en juin 1671, où il publiera aussitôt un livre comprenant les lettres que Guattini avait adressées à son père en chemin, suivies du récit complet de leurs déboires. Cet ouvrage, " écrit avec sincérité et non tiré de livres, comme on le fait de nos jours" (Carli), n'est pas seulement original dans sa forme. En effet, outre la description de la mission proprement dite, avec son lot de maladies, de bêtes féroces et d'embuscades, on y suit le voyage des religieux dans son intégralité: les escales à Lisbonne et au Brésil, les longues navigations sur les vaisseaux portugais, dont une traversée sur un navire négrier, les tempêtes, les attaques de pirates et autres aventures. On assiste donc à la vie au jour le jour de ces hommes de chair et de sang minés par les fièvres, dans un monde d'incertitudes et de doutes où la mort est partout présente.

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  • Parti le 18 mai 1601 de Saint-Malo, François Pyrard (1578?-1621 ?), marchand de la ville de Laval, fait naufrage sur les bancs des Maldives.
    Il y sera retenu prisonnier cinq années durant, avant de gagner les comptoirs portugais de la côte malabare où de nouveaux déboires l'attendent. Ce premier volume décrit les neuf mois de navigation mouvementée des deux navires en route vers les Indes, faisant escale aux îles d'Annobon et de Madagascar (ch. 1 à 5). Pyrard met à profit son séjour forcé pour apprendre la langue et se lier aux notables. Échappant plusieurs fois à la mort, il parvient à s'enfuir à la faveur de l'attaque d'une flotte bengalaise.
    Sa longue description de la société maldivienne et des événements qu'il a vécus (ch. 6 à 23) font de son témoignage un document unique irremplaçable sur l'histoire des Maldives. La fin du premier volume est consacrée aux tribulations de l'auteur dans la société indienne, où, renvoyé de comptoir en comptoir, il est en butte à l'hostilité des Portugais qui l'emprisonnent et l'expédient à Goa afin d'y être jugé (ch.
    24 à 29). Assigné deux ans à résidence à Goa, la très riche capitale de l'Inde portugaise, Pyrard observe la situation politique, religieuse et morale des Portugais en Orient (ch. 1 a 9). Enrôlé comme soldat lors d'une expédition à Ceylan, au Bengale, en Insulinde puis aux Moluques, il a l'occasion de décrire les trafics commerciaux, le dispositif militaire et les techniques maritimes qui font la puissance portugaise en Orient (ch.
    10 à 21). Le retour vers le Portugal est l'occasion dune nouvelle navigation mouvementée avec escales à Sainte-Hélène et à Salvador de Bahia au Brésil. À la faveur de nouvelles péripéties et d'une tempête, l'auteur regagne La Rochelle puis Laval (ch. 22à 27). De la quarantaine de compagnons avec lesquels il était parti dix ans plus tôt, il est le seul survivant. Ce second volume comporte en annexe un Traité des animaux, arbres et fruits et un Avis pour se rendre aux Indes orientales, auxquels nous avons ajouté le Voyage de François Martin de Vitré dans son intégralité.
    Ce dernier partit sur un vaisseau qui navigua de conserve avec Pyrard jusqu'à son naufrage aux Maldives, parvint à Malacca et revint en France en 1603 où il publia une brève relation, qui éclaire et complète notre édition. Jamais réédité depuis plus de trois siècles, le récit de Pyrard de Laval est un classique de la littérature de voyages. Il paraît ici en deux volumes dans une version intégrale conforme à l'édition de 1619, la plus complète, enrichi de nombreuses illustrations d'époque et d'un appareil critique fourni.

  • En janvier 1627, lors d'une tempête exceptionnelle, eut lieu le plus grand naufrage de l'histoire de la marine portugaise, devant les côtes françaises de saint-jean-de-luz et d'arcachon.
    Bilan : 7 navires coulés, deux énormes caraques des indes de 1800 tonneaux, chargées de pierres précieuses et d'épices, escortées par cinq galions de guerre portant la fine fleur de l'aristocratie portugaise, 2000 morts, 300 rescapés. parmi eux le capitaine-général dom manuel de meneses, qui publia un mémoire, et le jeune dom francisco manuel de melo qui rédigea le récit de ces événements trente ans plus tard.
    Tout cela donna lieu à un imbroglio diplomatique entre la france et le portugal, qui impliqua le duc d'epernon, richelieu, louis xiii, l'eglise et les grandes familles du médoc. car si les " bourgeois " de saint-jean-de-luz recueillirent avec charité des naufragés, il apparaît que plus au nord, sur les côtes des landes et du médoc, les français pillèrent les épaves et massacrèrent les survivants. ce naufrage était cependant retombé dans l'oubli : aucun livre n'avait été publié sur ce sujet ; les faits sont à peine mentionnés, même par les historiens locaux.
    Jean-yves blot et patrick lizé ont réuni de nombreux documents retrouvés dans les archives espagnoles, portugaises et françaises. avec les relations de meneses et melo, nous en publions ici quinze très significatifs, qui révèlent les faits tragiques de ce terrible mois de janvier 1627.

  • Destruction des indes

    Casas/Milhou

    En 1552, le dominicain las casas publie à séville la plus terrible des dénonciations des excès du colonialisme : la très brève relation de la destruction des indes.
    Les conquistadors y sont des diables qui pillent, tuent et allument des brasiers d'enfer. cette apocalypse s'appuie sur une théologie rigoureuse du droit naturel : les indiens, propriétaires légitimes de leurs terres, ont des droits de juste guerre contre les envahisseurs. l'humanité indienne, au lieu de, constituer une chrétienté idéale est maintenant l'image du christ bafoué. las casas s'inscrivait dans le courant minoritaire mais actif de ce qu'on a appelé la lutte espagnole pour la justice.
    Mais il ne pouvait se douter que les traductions de son pamphlet serviraient la cause de la légende noire anti-espagnole. la traduction que l'on publie est celle du protestant flamand jacques de migrodde, sous le titre manipulateur de tyrannies et cruautés des espagnols (1579). l'impact des très nombreuses rééditions fut amplifié par la diffusion des gravures de de bry. pour la première fois depuis des siècles, cette série capitale dans l'histoire de la guerre des images entre protestantisme et catholicisme, est rééditée intégralement avec le texte de las casas.
    Cette réédition fait pendant à celle du théâtre des cruautés, publiée simultanément dans la même collection.

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