Carnets Nord

  • Le pont

    Florent Bussy

    Gênes, Italie, 14 août 2018, un pont autoroutier s'écroule, entraînant dans sa chute des dizaines d'automobiles et faisant 43 morts, traumatisant une ville et choquant toute l'Italie et l'Europe. Comment cela at-il pu arriver ? L'auteur donne une existence aux acteurs de cette catastrophe qui doit être inscrite au registre de la tragédie antique.

    Quelques années seulement séparent la construction du pont de Gênes (1967) du célèbre film Main basse sur la ville (Francesco Rosi, 1961) qui pose la question des responsabilités des acteurs politiques et économiques de l'époque. Pouvait-on prévoir l'effondrement du pont cinquante ans plus tard ? Y aura-t-il un après-Gênes ? S'agit-il d'un effondrement qui en annonce d'autres ?

  • « Comme c'est étrange, à 29 ans, d'avoir le coeur qui flanche. Entre début avril et fin juin, j'ai passé 48 jours à l'hôpital. Jours de grande souffrance physique et mo- rale, de peurs multiples, de solitude, de tristesse, de frustrations, de colère. Dès que mon état l'a permis, j'ai demandé que l'on m'apporte un carnet et un stylo.
    Écrire pour soulager mon coeur, pour me libérer, pour revenir au monde, pour avancer. » Dans ce journal, Katia Ghanty raconte une histoire hallucinante, celle de 48 jours entre la vie et la mort, 48 jours d'une souffrance qui reste encore aujourd'hui incompréhensible. En mars 2016, à la suite d'une grippe, elle est emmenée à l'hôpital dans un état très critique. Son coeur est très affaibli, elle est en danger de mort, et les premiers soins et traitements ne suffisent pas : les médecins décident de la brancher, en urgence, sans anesthésie, à un appareil assurant une circulation du sang extra-corporelle. Elle sera raccordée pendant 6 jours, sans être séda- tée, à cette machine, puis passera près d'un mois et demi à l'hôpital, entre rechutes et surveil- lance, services de réanimation, cardiologie et soins intensifs.

    D'une écriture au scalpel, elle raconte au plus près ces jours et ces nuits où elle entend par- ler de sa mort, où ceux qui sont penchés sur elle se dévouent sans compter pour la ramener à la vie, mais où aussi la maladie se joue des hommes et des femmes en blanc.
    Dans ce témoignage, on navigue entre la série Urgences où tout s'affole, les machines à comp- ter les battements du coeur, les visages de ses proches, et une sorte de voyage de retour d'une mort « imminente ».

  • « Il pleut, il vente, ça cogne, ça tambourine, ça tempête ou bien c'est calme, plat, doux, blanc, pur, cotonneux, résonnant. Dis, c'est comment dans ta tête ? Je crois qu'elle devine ma question quand je la fixe, du haut de mes 8 ou 10 ou 20 ans. Je te scannérise le cerveau depuis des années, mais je ne comprends pas ce que j'y vois, ce que je n'y vois pas. Comme un buffet renversé où les tiroirs pendent, brinquebalants. Un distributeur de bonbons, sur lequel la tirette fait résistance. Il me faut un télescope ou un microscope pour y voir à l'intérieur ? » Alors qu'il avait huit ans, Clément Moutiez a rencontré pour la première fois sa petite soeur un peu spéciale. Domitille, à peine quelques mois, que ses parents ont décidé d'adopter.
    Domitille est trisomique. Et elle a « dynamité leur vie ».
    Avec beaucoup d'humour et d'émotion, Clément nous fait partager leur vie de famille faites de grands questionnements et de scènes cocasses. Un récit politiquement incorrect qui respire la tolérance et l'amour fraternel, dans la lignée de Jean-Louis Fournier (Où on va Papa?, Stock 2008).

  • Jacky Durand, chroniqueur culinaire à Libération, nous propose un tour de France entre gourmandise et littérature Jacky Durand aime les petites histoires, celles qui se passent sur le quai d'une gare ou dans le café du coin, dans les petits commerces parisiens et les cuisines de campagne. Dans ses historiettes, il conjugue la gourmandise et l'amour des bons produits avec la dimension humaine. Ainsi, un chagrin d'amour se termine invariablement par un repas en solitaire, et des familles se rabibochent autour du pot-au-feu dominical. Dans cette France aux identités multiples, on passe du couscous d'Abdel au traditionnel saucisson brioché, on découvre le chic d'Hugo Desnoyers mais aussi la richesse de la cuisine des restes. Un tour de France et des Français sous le signe de la convivialité.

  • Muni d'un carnet à spirale et d'un appareil photo, Franck Pavloff est parti en Inde, au-devant des villes jumelles de son imaginaire d'adolescent : Pondichéry et Goa, où l'Occident chrétien fit ses premières avancées en terre islamo-hindoue. Il aborde l'Inde par ses trouées, savoure son histoire, plonge dans cette multitude, fraternise avec qui l'accoste sans se soucier des préséances, parfois irrespectueux, toujours bienveillant. Doucement il se laisse envahir, comme son lecteur, par la sérénité, l'énergie, la dévotion et la démesure.

  • Le célèbre auteur de Matin brun nous raconte avec poésie les couleurs et la sensualité de l'Inde du Sud.
    Nanti d'un carnet à spirales et d'un appareil photo, Franck Pavloff est parti en Inde, audevant des villes jumelles de son imaginaire d'adolescent : Pondichéry et Goa.
    Sur les traces de Vasco de Gama, du commerce du poivre et de la soie d'organdi à Pondichéry, de la secte Auroville et de la jeunesse internationale qui danse la transe à Goa, Franck Pavloff est curieux de tout.
    Un récit de voyage, prétexte à un voyage intérieur de l'auteur, qui nous plonge dans le désordre flamboyant de l'Inde et sa richesse religieuse, culturelle, historique.

  • « Quand j'ai compris que ma mère allait disparaître, j'ai immédiatement ressenti qu'il s'agirait d'un événement décisif dans mon existence. » « J'étais son trésor de fils, elle était ma perle de mère, et le lien qui nous unissait, s'il n'était plus à proprement parler charnel, se nourrissait d'une insondable intimité. Cette chair qui allait mourir était aussi la mienne. Et cette mort, je le devinais, allait m'apprendre à vivre. » Maman mourra un jour, c'est l'histoire d'un fils unique qui veut rendre à sa mère tout l'amour qu'elle lui a donné alors que la maladie est en train de l'emporter. C'est le récit de l'affaiblissement, de la fragilité du corps. C'est aussi une réflexion plus générale sur la vie et la mort, sur notre rapport au temps, sur nos vies effrénées qui nous précipitent dans l'avenir jusqu'à en oublier le présent. Et c'est surtout un hymne à l'amour, à la lumière, aux couleurs, aux gestes tendres, aux petits bonheurs du quotidien... à l'irrépressible envie de vivre.

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