Bleu Autour

  • De 1870 à 1872, à la faveur d'escales sur les côtes américaines, le jeune officier de Marine Julien Viaud découvre « les débris de la race indienne » en Nouvelle-Écosse, les Basques d'Uruguay, des tribus perdues de la T erre-de-Feu, les belles Carmencita de Valparaiso, la fête à San Francisco... Curieux, ardent, il dessine gens et paysages, prend des notes, publie ses premiers articles qui annoncent le grand Loti.
    Bien plus tard, en 1912, la première mondiale de La Fille du ciel, sa pièce «chinoise» coécrite avec Judith Gautier attire l'auteur d'Aziyadé pour six semaines à New York, cette « Babel effrénée » dont il se plaît à rapporter la vision pleine d'ironie d'un « Oriental très vieux jeu ».
    />

    Sur commande
  • De la neige jusqu'au ventre, la dépouille d'un loup fichée sur un poteau, une classe qui prend l'eau, des briquettes de bouse séchée pour le poêle, l'hiver 2002 est rude à Sakizköy, village à flanc de montagne où débarque de l'université le jeune instituteur Azad. Il est poète, aussi. Ses vers ont été lus par un éditeur d'Istanbul qui lui suggère d'écrire la chronique de ce village proche de la Syrie et la publiera dès 2003. La voici en français, nourrie de ses lectures (Jack London, René Char...), de son humour, de ses réflexions. Elle nous ouvre à un monde archaïque et désuni. Ici un campement de nomades, là des femmes kurdes au turc hésitant, ailleurs des Yézidis fidèles à l'ange Paon, dans le ciel la guerre du Golfe qui gronde et dans la classe, bien au chaud, un élève qui s'oublie.

    Sur commande
  • Au long de la route du Karakoram, l'humanité est aussi peu apaisée que la géologie, aussi peu docile. Récit de voyages en 1989 et 1991 sur cette haute route qui venait alors d'être ouverte entre le nord du Pakistan et l'ouest de la Chine. Il vaut témoignage, à présent que cette région du monde, près de l'Afghanistan, est devenue largement infréquentable. Par l'écrivain et photographe Luc Baptiste.

    Sur commande
  • Enfin disponible en français, le formidable récit du voyage en voilier de Göran Schildt dans la France d'après-guerre, avec sa femme et ses amis d'un jour ou de longue date, dont André Gide qui faillit passer le saluer au port des Champs-Élysées...
    Féru de l'écrivain, qu'il a traduit, comme de Cézanne, cet historien de l'art et auteur finlandais de langue suédoise a 31 ans lorsqu'il gagne l'Italie par nos fleuves et canaux.
    Sa traversée est une immersion. Il a l'oeil gourmand du réchappé de la guerre, où il a été blessé. Paysages, monuments, bistrots vivent sous sa plume, dans ses photographies.
    Aussi et surtout les mariniers cocasses, les éclusiers assoupis, les amoureux surpris...
    Chemin faisant, il nous révèle la patrie « de l'individualisme » à l'aube des Trente Glorieuses. Et c'est bien.

    Sur commande
  • Au printemps 2008, Raphaël Krafft, journaliste à vélo, a sillonné le Proche-Orient du Caire à Beyrouth, en passant par Israël, la Palestine, la Jordanie, la Syrie et le Liban. Pour France Inter et en vue de ce carnet de route, il a recueilli des paroles et des images que les journalistes épris de vitesse n'entendent ni ne voient pas toujours. Il dresse ainsi un portrait intimiste de cette région où les conflits, sauf dans les Territoires, passent au second plan, et dont les habitants, souvent désenchantés, ont soif de liberté. Et d'ailleurs.

    Sur commande
  • Un carnet de voyages autobiographique de Leila Sebbar, l'inscription de ses Algéries en France.
    Récits, fictions, entretiens, portraits et reportages, photos, dessins, papiers froissés d'oranges, aquarelles, BD et cartes postales tissent une mythologie affective, une géographie intime et politique de ses lieux de mémoire et de rencontres.
    Elle croise ses « soeurs étrangères », Nora le conteuse, Fatima et sa Singer, Djamala la maquisarde....
    Les filles des cités et shérazade. Les femmes de la Goutte d'Or. Les « Fous » d'Algérie, Germaine Tillion, Marthe Stora, Aimée Chouraqui, Pierre Vidal-Naquet... Et Zidane. C'est gai, c'est grave. Maurice Audin, assassiné. Harkis, abandonnés. Zouaves, spahis et tirailleurs d'Afrique, morts pour la France. Chibanis, dans ls cafés, tranquilles. Les figures tutélaires d'Abd el-Kader, Isabel Eberhardt, Pierre Loti.... Mouloud Feraoun, Mohamed Dib, Jean Pélégri, Kateb Yacine et leurs livres. Ses amis artistes et écrivains contemporains. Le jardin de sa mère, la Française, les ruches de son père, l'Algérien.

  • De février à juin 2007, Raphaël Krattt, journaliste à vélo, sillonne la France de Paris à Nantes, en passant par la Lorraine, avant de piquer vers le sud-ouest et de décrire une grande boucle autour du Massif central. Pour France Culture et en vue carnet de route, il débusque, en arrivant chez eux des kilomètres avec dans les jambes, des paroles de français que les médias épris de vitesse n'entendent pas toujours. Au-delà du prétexte des campagnes électorales, ces paroles disent la France d'aujourd'hui à travers celle des marges et de l'ombre plus rurale qu'urbaine, qui s'offre au reporter à vélo. Chemin faisant, au hasard des rencontres, se révèle un drôle de pays.

  • " Je regarde finir l'été, finir l'Orient, finir ma vie ; c'est le déclin de tout. " Le dernier livre de Pierre Loti, sans doute le plus poignant, est nourri de ses ultimes voyages à Constantinople et jusqu'à Andrinople, en 1910 et 1913. L'auteur d'Aziyadé ne reviendra plus sur la tombe de sa bien-aimée. Il ne reverra plus, à Stamboul, " la véritable futaie de minarets blancs " ni les " humbles cafés d'autrefois, refuges de cette vie contemplative et débonnaire que l'Europe ne saurait plus longtemps tolérer ". Hanté par " le temps [qui] fuit toujours plus vite ", il apparaît, selon son biographe, Alain Quella-Villéger, pleinement " maître de son art ".

    Et Loti, qu'on a souvent réduit à un " écrivain des jours heureux ", s'engage. Avant-guerre comme après-guerre, il se fait " le champion de la cause turque, du maintien du Croissant sur les rives du Bosphore ". Quitte à s'égarer lorsqu'il s'en prend aux Arméniens, aux Bulgares, à " la Grécaille ". Mais s'égare-t-il quand, " devant la menace d'un soulèvement général de l'Islam ", il préconise de " renoncer à une folle gloutonnerie de conquêtes " et de " tendre la main à l'Islam qui nous a fourni sans marchander tant de milliers de braves combattants " oe

  • Quand on part au pays, ils coupent la retraite en deux. La France elle te retire l'allocation supplémentaire... Tu as travaillé toute ta vie, les patrons te déclaraient à moitié et, maintenant que tu es vieux, tu n'as même pas le droit de partir quand tu veux. " Parole de chibani (vieux, en arabe) qui est " de là-bas et d'ici, pas tout à fait de là-bas, pas tout à fait d'ici ", et qui raconte des bribes de sa vie, maintenant que " le temps a passé " et qu' " il passe pour rien ".

    Sur commande
empty