Arfuyen

  • « Titano s'y connaissait en femmes et il disait partout que j'avais une peau sobre et veloutée. En fait c'était vrai. L'hibernation hospitalière avait maintenu en vie certaines veinules légèrement diaphanes, à peine esquissées. » Il y a dans tout ce qu'écrit Alda Merini une spontanéité qui saisit le lecteur par une sorte d'évidence et d'étrangeté. La Folle de la porte à côté, qui est-ce ? « Pour moi, dit Alda Merini, c'est ma voisine. Pour elle, la folle c'est moi, comme pour tous les habitants du Naviglio [son quartier à Milan] et de mon immeuble. » Alda Merini a vécu toute sa vie avec la folie, « une sereine vie commune avec la folie », dit-elle.
    « La folie est l'une des choses les plus sacrées qui existent sur terre. C'est un parcours de douleur purificateur, une souffrance comme quintessence de la logique. » Toute sa vie, Alda Merini a vécu dans la marginalité et l'indigence. Assumant une sexualité débridée, mère de quatre filles dont elle ne s'est pas occupée, vivant dans la rue et les cafés autant que chez elle, elle a tiré de cette vie une oeuvre unique, inouïe qui lui a valu sur le tard l'admiration et l'affection de tous les Italiens.
    Clocharde géniale, innocente provocatrice, elle livre dans cette Folle de la porte à côté une autobiographie fantasmée et lucide, follement romanesque et, en dépit de tout, profondément joyeuse.

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  • je voyageais comme j'écris, en dévorateur du visible et de l'invisible.
    un voyage, une écriture, chez moi, c'est la conquête d'une vérité qui n'est pas toujours ni belle, ni chatoyante, ni rassurante. c'est aussi m'en aller à ses relents, ses sueurs, ses déjections, non pour m'y vautrer, mais pour mettre ma propre humilité à l'épreuve du courage qu'elle exige, pour la regarder en face et en accepter les conséquences. marcel moreau

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  • C'est le 8 juillet 1869, à brumath, que commença ma destinée sur ce globe tortu et tordu, ce en dépit de mes vives protestations car je me mis aussitôt à hurler et récriminer furieusement.
    Je ne finis par me résigner à l'inéluctable qu'après avoir entendu la sage-femme déclarer que j'étais un garçon. en effet, pour rien au monde, je n'aurais consenti à être une fille. à peine étais-je âgé de quelques jours que, sans me consulter, on me baptisa. avec un plein succès puisque aujourd'hui encore comme alors je m'appelle gustave. gustave stoskopf.

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