Seuil

  • Dans la nuit du 18 au 19 janvier 2011, Laëtitia Perrais a été enlevée à 50 mètres de chez elle, avant d'être poignardée et étranglée. Il a fallu des semaines pour retrouver son corps. Elle avait 18 ans.Ce fait divers s'est transformé en affaire d'État : Nicolas Sarkozy, alors président de la République, a reproché aux juges de ne pas avoir assuré le suivi du « présumé coupable », précipitant 8 000 magistrats dans la rue, en février 2011. Mais Laëtitia Perrais n'est pas un fait divers. Comment peut-on réduire la vie de quelqu'un à sa mort, au crime qui l'a emporté ? Pendant deux ans, Ivan Jablonka a rencontré les proches de la jeune fille, sa soeur jumelle, ses parents, ses amis, les responsables des services sociaux, ainsi que l'ensemble des acteurs de l'enquête, gendarmes, juges d'instruction, procureurs, avocats et journalistes, avant d'assister au procès du meurtrier, en octobre 2015. De cette manière, Ivan Jablonka a pu reconstituer l'histoire de Laëtitia. Il a étudié le fait divers comme un objet d'histoire, et la vie de Laëtitia comme un fait social. Car, dès sa plus jeune enfance, Laëtitia a été maltraitée, accoutumée à vivre dans la peur, et ce parcours de violences éclaire à la fois sa fin tragique et notre société tout entière : un monde où les femmes se font harceler, frapper, violer, tuer.

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  • De mai à juillet 2004, s'est tenu à Saint-Omer le procès de l'affaire Outreau : 17 personnes accusées de faire partie d'un réseau de pédophilie. Elles sont présentées comme de vrais monstres, qui vendent des enfants, les violent et parfois les tuent. Il y a là des notables, un huissier et sa femme qui vient en tailleur à des orgies dans une Cité HLM, un curé qui tient en laisse un berger allemand lubrique, une boulangère qui fait trafic de cassettes pédophiles en Belgique sous ses cartons de confiseries. Parmi ces accusés, 13 se disent innocents. Ils sont dénoncés par les 4 autres, deux couples de voisins. Mensonges ou vérité ? Qui est coupable ? Qui est innocent ? S'agit-il d'un réseau international ou d'un huis clos entre voisins ? Au fil de l'audience, le procès se retourne en une sorte d'affaire Dreyfus, version RMI et au cinquième sans ascenseur.
    Le déroulement du procès devient une manière de revisiter les rebondissements de l'enquête, les méthodes des services sociaux, la vie à la Tour du Renard, quartier d'Outreau, ou de brosser les portraits de 17 accusés pris dans le tourbillon de l'affaire. Sept d'entre eux seront finalement acquittés. Dans une sorte de pirouette, ces ex-monstres seront sacrés "innocents nationaux" par le ministre de la justice qui les reçoit en grandes pompes. Six des condamnés ont fait appel.
    Au delà de l'erreur judiciaire, l'affaire d'Outreau est devenu le révélateur des fantasmes et des peurs de notre époque. Le juge avait raison: Outreau est bien" l'affaire du siècle", le nôtre.

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  • Comment imaginer que la trajectoire de Michel Fourniret, serial killer et pédophile, percuterait un jour celle du gang des Postiches, la plus célèbre équipe de braqueurs des années 1980, pour écrire l'une des pages les plus incroyables de la criminalité en France ? Rien ne laissait présager en effet que le destin d'un voyou « politique » breton allait basculer, dans une cellule de Fleury-Mérogis, au contact de l'Ogre des Ardennes, lors d'une alliance de circonstances pour récupérer le butin des Postiches. Enfin, aucun élément ne laissait penser qu'une journaliste, Patricia Tourancheau, ferait le lien entre ces différentes affaires qu'elle suivait et découvrirait l'origine du magot de Fourniret. Et pourtant, c'est ce qui est arrivé.

    Car derrière les barreaux se scellent des rencontres impromptues entre détenus d'horizons divers, qui passent leur temps à échafauder des projets d'évasion et des « plans thunes ». Et si les Postiches voulaient conjurer la misère et flamber comme des nouveaux riches, l'ouvrier ardennais, devenu chasseur de vierges, qui a détourné leur magot, a préféré s'acheter des camionnettes destinées à enlever des petites filles, et un château digne de Barbe bleue afin d'enterrer leurs corps. Pendant que les Postiches désargentés pleuraient leur trésor...

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  • « Lorsque j'ai été contraint de prendre ma retraite, j'étais le patron du 36 quai des Orfèvres. Le 3 février 2015, au petit matin, tout bascule. Des fonctionnaires de la police des polices débarquent dans mon bureau pour me signifier ma garde à vue. Quarante-huit heures plus tard, je suis mis en examen, soupçonné d'avoir violé le secret d'instruction d'une affaire sans intérêt, sur la foi d'un seul témoignage que je conteste. A la sortie du conseil des ministres, Bernard Cazeneuve m'exécute en direct : il me suspend immédiatement de mes fonctions. A peine quelques semaines plus tôt, le ministre de l'Intérieur m'appelait par mon prénom et me félicitait publiquement. J'avais été l'un des premiers à entrer dans les locaux de Charlie-Hebdo, ce funeste 7 janvier 2015. Avec mes hommes, j'ai organisé la traque des frères Kouachi et pisté Coulibaly. J'ai donné l'assaut contre l'Hyper Cacher ».

    Comment comprendre la chute si brutale du commissaire Bernard Petit ? Toute sa carrière peut en témoigner : il était ce qu'on appelle « un grand flic ». Avant de diriger le 36, il a contribué à démanteler la « Chinese connection » puis fait tomber les plus puissants réseaux de trafiquants de drogues ; il s'est aussi attaqué aux délinquants en col blanc quand il était en charge de la lutte contre la criminalité organisée et la délinquance financière. Alors pourquoi est-il tombé ?

    Filatures haletantes, guerres des polices, courses-poursuites et arrestations musclées, Bernard Petit nous entraine dans les méandres de ses plus grandes enquêtes et dévoile les secrets qui font l'ordinaire et l'extraordinaire d'une vie de flic.

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  • Le miroir effarant de la justice ordinaire par une plume du Canard enchaîné Vite. C'est le mot d'ordre des comparutions immédiates, héritières des légendaires «flagrants délits», les flags. La règle est simple : un délit, une arrestation, un jugement immédiat. Les audiences se prolongent tard dans la nuit. Voleurs, époux violents, sans-papiers, dealers, toxicos et cambrioleurs défilent. Ceux qui ont, encore une fois, bu un coup de trop, ou insulté un policier. Des malades mentaux aussi, et maintenant des Gilets jaunes. Tous défendus par des avocats commis d'office qui n'ont eu que quelques minutes pour examiner le dossier.

    Dominique Simonnot observe depuis vingt ans ces « chambres de la misère ». Dans ses récits vifs et impertinents, rien n'est inventé, elle raconte les audiences sans les travestir, comme autant de scènes de théâtre où se confrontent et se toisent procureurs, prévenus et avocats sur un mode tragi-comique.

    Un précipité de la société française, avec ses douleurs et ses failles. « Justice de classe », n'est-ce pas Monsieur le Président ?

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  • C'est le plus formidable fait divers du XXe siècle : un meurtre inexpliqué, un cadavre introuvable, un accusé - Guillaume Seznec, un Breton -, qui se dit innocent, et qu'on envoie au bagne pour vingt ans ; des débats à n'en plus finir pendant trois générations, et 14 demandes de révision du procès refusées...

    Symbole de l'erreur judiciaire, l'affaire Seznec mobilise au fil des décennies des milliers de passionnés. Sa légende fascine encore, et les interrogations qui l'accompagnent : affaire d'Etat, complot policier, barbouzerie, trafic international, règlement de comptes, crime passionnel ou crapuleux ? Le mystère semblait impossible à percer.

    Anne-Sophie Martin nous donne enfin la solution de l'énigme, confirmée par les petits-enfants du condamné, qui se sont tus si longtemps. Toute simple, vraie, presque nue, cette vérité était l'objet d'un secret de famille presque centenaire, qui est ici révélé en détail. Quémeneur a agressé Marie-Jeanne Seznec, elle s'est défendue et l'a tué. Guillaume a choisi de porter le chapeau... Une histoire d'amour, en somme, mais d'une puissance rare, que raconte avec verve et passion Anne-Sophie Martin.

  • Dans ces leçons, prononcées au Collège de France de novembre 1971 à février 1972, Michel Foucault théorise pour la première fois la question du pouvoir qui va l'occuper jusqu'à la rédaction de Surveiller et punir (1975) et au-delà.
    À travers la relation minutieuse de la répression par Richelieu de la révolte des Nu-pieds (1639-1640), il montre comment le dispositif de pouvoir élaboré à cette occasion par la monarchie rompt avec l'économie des institutions juridiques et judiciaires du Moyen Âge et ouvre sur un « appareil judiciaire d'État » dont la fonction va se centrer sur l'enfermement de ceux qui défient son ordre. Il étend ensuite son analyse à l'économie des institutions juridiques et judiciaires depuis le droit germanique jusqu'au seuil de la modernité.
    Dans ce cours, Michel Foucault systématise l'approche d'une histoire de la vérité à partir de l'étude des « matrices juridico-politiques », étude qu'il avait commencée dans le cours de l'année précédente (La Volonté de savoir) et qui est au cour de la notion de « relation de savoir-pouvoir ».

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  • Concerter les civilisations

    Collectif

    • Seuil
    • 25 Juin 2020

    Cet ouvrage rend hommage à Alain Supiot et à son travail. Celles et ceux qui écrivent ici sont des compagnons de voyage de l'Institut d'études avancées de Nantes ; certains l'ont accompagné depuis sa création, tandis que d'autres sont montés à bord plus tard. Plutôt que d'imposer une structure au livre, nous avons choisi l'ordre alphabétique des noms des auteurs. Deux consignes seulement ont été fournies. La brièveté d'abord - quelques dizaines de pages tenues par un nombre de mots. L'absence de notes ensuite, pour livrer des textes de plain-pied. Restait, pour évoquer le monde d'Alain Supiot, à trouver une boussole. Nous n'avons cette fois indiqué qu'une direction, qui donne à ce volume son titre : Concerter les civilisations.

    /> Samantha Besson est professeure au Collège de France et à l'Université de Fribourg (Suisse). Elle est membre du conseil scientifique de l'IEA de Nantes.
    Samuel Jubé est professeur associé à Grenoble École de Management. Il est membre permanent de l'IEA de Nantes, dont il a été successivement secrétaire général et directeur.

    Ont contribué à cet ouvrage : Mohammad Ali Amir-Moezzi ; Perry Anderson ; Augustin Berque ; Samantha Besson ; José Emilio Burucúa ; Sudhir Chandra ; Roger Chartier ; Emilios Christodoulidis ; Cristina Ciucu ; Benoît de Cornulier ; Simon Deakin ; Mireille Delmas-Marty ; Souleymane Bachir Diagne ; Abaher El Sakka ; Muriel Fabre-Magnan ; Matthew Finkin ; Matthieu Forlodou ; Étienne François ; Mark Freedland ; Adrián Goldin ; Cornélia Isler-Kerényi ; Samuel Jubé ; Jean Lassègue ; Yannick Lemarchand ; Ota de Leonardis ; Danouta Liberski-Bagnoud ; Giuseppe Longo ; Charles Malamoud ; Pierre Maréchaux ; Annie Montaut ; Suleiman A. Mourad ; Pierre Musso ; Pierre-Yves Narvor ; Joachim Nettelbeck ; Jeseong Park ; Jean-Noël Robert ; Supriya Routh ; Yehouda Shenhav ; Ousmane Oumarou Sidibé ; Petros Stangos ; Victor I. Stoichita ; Ibrahima Thioub ; Aiqing Zheng.

  • D'argent et de sang

    Fabrice Arfi

    • Seuil
    • 6 Septembre 2018

    L'histoire relatée dans ce livre n'est pas inspirée de faits réels. Elle est réelle.

    A l'origine, il y a, à Paris, la trajectoire de deux gamins des rues de Belleville, Samy et Marco, qui ont arrêté l'école avant même d'avoir mué. Leur existence faite de débrouillardise et d'instinct de survie les oblige à comprendre plus vite que n'importe qui que la seule prospérité possible pour eux se situe en dehors du Code pénal. Petites escroqueries, arnaques et tables de jeux : la vie est une partie de poker.

    A l'autre bout de la ville et de l'échelle sociale : un jeune homme des quartiers huppés. Un blouson doré. Il s'appelle Arnaud. Son rêve est de devenir Gordon Gekko, le héros de Wall street, le film d'Oliver Stone.

    Ensemble, Samy, Marco et Arnaud vont réussir à tromper l'intelligence la plus diplômée du pays, celle de polytechniciens et énarques qui ont travaillé à la mise en place d'une bourse financière aux nobles aspirations : lutter contre le réchauffement climatique.

    Il en résulte la plus grande escroquerie de l'histoire de France. Au moins deux milliards d'euros détournés au nez et à la barbe de l'Etat sur le dos du droit à l'environnement et du capitalisme de casino.

    C'était il y a dix ans.

    Mais après l'épiphanie de l'argent, il y a eu la décadence du sang. Une épidémie d'assassinats a depuis frappé Paris et ses environs. Rivaux et témoins sont éliminés les uns après les autres, en toute impunité.

    Voici le roman vrai de la mafia du CO2.

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  • * Édition établie par Olivier Cayla, Jacques Chiffoleau, Marie-Angèle Hermitte
    et Paolo Napoli.Yann Thomas, historien du droit romain, fut le juriste le plus
    sensible à ce qu'il appelait les « opérations du droit ». L'expression renvoie
    à l'invention de techniques ayant la capacité de mettre en rapport les
    personnes et les choses et d'imaginer ainsi une architecture du monde social.
    Ces techniques qu'il avait dégagées de l'analyse d'une grande diversité de
    sources, textuelles comme matérielles, sont au sens propre du terme des outils
    qui s'émancipent des événements qui les ont suscités et n'ont, à ce titre, rien
    perdu de leur actualité : à l'inverse de la temporalité des règles de droit, le
    temps des opérations est un temps long. Ce recueil d'articles écrits entre 1986
    et 2006 a été divisé en deux grands moments. Le premier est consacré au fait
    d'instituer. Contrairement au récit mythique, la cité et la nature sont
    également, l'une et l'autre, instituées par le droit, dont la capacité à
    réinventer le réel par des artifices, est mise en lumière. Dans une deuxième
    partie, c'est par la mise en scène de cas limites et d'exceptions que Yann
    Thomas parvient aussi à dégager les règles de l'ordinaire. Les notions de temps
    et de fiction deviennent les complices de ce projet intellectuel où le droit
    est conçu comme un instrument pour penser autre chose que le droit. * Yann
    Thomas, décédé en 2008, est considéré comme le plus grand historien du droit
    romain français. Il était directeur d'Études à l'École des hautes études en
    sciences sociales (EHESS).

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  • Ce livre est né d'une interrogation sur le rôle du droit face aux effets de la mondialisation. D'un côté, celle-ci renforce l'humanisme juridique par le développement international des droits de l'homme, la reconnaissance des biens publics mondiaux, l'affirmation d'un droit humanitaire et d'une justice pénale internationale. Mais de l'autre, elle le menace par le durcissement du contrôle des migrations, l'aggravation des exclusions sociales, la multiplication des atteintes à l'environnement, la persistance des crimes internationaux les plus graves ou les risques d'asservissement engendrés par les nouvelles technologies.
    À force d'être invoquée à tort et à travers sans être pour autant mieux appliquée, la ritournelle humaniste, n'annonce-t-elle pas, en réalité, la mise à mort de l'humanisme juridique ?
    À moins d'inventer un nouvel humanisme, ou plutôt de se projeter dans l'avenir en faisant le pari, utopique mais réaliste, qu'il est possible d'humaniser la mondialisation autour de trois objectifs : résister à la déshumanisation, responsabiliser ses acteurs, anticiper sur les risques à venir.
    Tel est l'esprit qui anime ce livre de combat.

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  • Ce volume, fondé sur le cours prononcé par l'auteur au Collège de France en 2009, prend pour point de départ la loi française de février 2008 sur la « rétention de sûreté ». Celle-ci autorise le maintien en détention d'un condamné après exécution de sa peine, s'il est jugé « dangereux ». Ainsi ont été posées les bases d'une rupture entre culpabilité, responsabilité et sanction, entraïnant, de ce fait, un bouleversement du droit pénal. Comment en est-on arrivé là  ? Telle est la question que pose Mireille Delmas-Marty qui y voit un effet indirect du 11 septembre 2001, lequel a libéré les reponsables politiques de l'obligation de respecter les limites de l'état de droit.Une réflexion sur la confusion des repères à  l'ère de l'internationalisation du droit.

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  • Crise européenne, enlisement des réformes onusiennes, difficultés à mettre en place le protocole de Kyoto ou la Cour pénale internationale, tensions entre droits de l'homme et droit du commerce : le paysage juridique de ce début du XXIe siècle est dominé par l'imprécis, l'incertain, l'instable. Nous sommes à l'ère du grand désordre : celui d'un monde tout à la fois fragmenté à l'excès par une mondialisation anarchique et trop vite unifié par une intégration hégémonique, dans le silence du marché et le fracas des armes. Comment y construire un ordre sans l'imposer, comment, par-delà le relatif et l'universel, admettre le pluralisme sans renoncer à un droit partagé ? Ni fusion utopique ni autonomie illusoire, le « pluralisme ordonné », véritable révolution épistémologique, est l'art de dessiner un espace juridique commun, par un équilibrage progressif qui préserve la diversité du monde et en accompagne le mouvement. Car les forces imaginantes du droit doivent pouvoir, à défaut d'instaurer un ordre immuable, inventer une harmonisation souple, propre à laisser espérer la refondation de valeurs communes.

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  • Ce volume inaugure la publication des cours au Collège de France de Mireille Delmas-Marty qui comprendra trois ou quatre volumes regroupés sous le titre générique Les forces imaginantes du droit. Par cette discrète référence à Bachelard qui invoquait les « forces imaginantes de l'esprit », Mireille Delmas-Marty entend résumer l'axe majeur de ses recherches : le droit, qui n'a pas su désarmer la force, se trouve néanmoins aujourd'hui face à une mutation sans précédent qui voit se superposer normes nationales, régionales et internationales. Il se doit dès lors de penser à la fois le particulier et l'universel, d'incorporer la part d'indétermination qui lui est constitutive ou encore de mesurer la force créative de ce « flou » qu'il génère.
    Le premier volet de cette étude, Le relatif et l'universel, analyse les approches relativistes et universalistes du droit à l'épreuve des débats les plus contemporains : les crimes contre l'humanité, le nouvel ordre juridique né
    de la mondialisation (Organisation mondiale du commerce, développement d'Internet), le Tribunal pénal international, le terrorisme, le clonage, l'avenir écologique de la Planète, la société du risque, etc. Le propos de Mireille Delmas-Marty n'est nullement de privilégier le point de vue des uns ou des autres mais au contraire de montrer comment il est aujourd'hui nécessaire de penser à la fois les irréductibles diversités et l'unité de l'ordre juridique international. Bref, un « pluralisme ordonné » pour prévenir la double menace d'un ordre hégémonique ou d'un désordre impuissant.

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  • La mondialisation, on le sait, ne s'arrête pas aux enjeux commerciaux et financiers. Elle touche aussi et on le sait moins le droit et la justice. Pourtant l'idée d'une « mondialisation du droit » reste à bien des égards une formule vague et peu pertinente. Au-delà des développements du droit international, c'est plutôt de « commerce des juges » qu'il faudrait parler. D'où vient que la Cour suprême des Etats-Unis cite les arrêts de la Cour européenne des droits de l'homme dans certaines de ses propres décisions ? Comment s'expliquer et accepter que des jugements rendus en Allemagne ou en Italie fassent un jour autorité en France, et réciproquement ? Cette nouvelle sociabilité d es juges qui ne se contentent pas de se lire et de se citer mutuellement, mais se rencontrent dans divers clubs, associations et réseaux transnationaux, échappe en grande partie au contrôle des souverainetés nationales comme à la délibération démocratique. Pourtant, ce qui pourrait bien être le stade ultime d'une émancipation des clercs présente également des aspects absolument décisifs pour bâtir un monde plus juste. C'est ce problème dont il faut prendre conscience aujourd'hui en France et plus largement en Europe.

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  • Le 15 janvier 1947, le corps d'une jeune femme, Elizabeth Short, est retrouvé coupé en deux dans un terrain vague de Los Angeles. Ce meurtre particulièrement horrible, - la victime a été battue de façon absolument ignoble avant d'être achevée, puis coupée en deux -, fait aussitôt la une de tous les journaux. L'enquête commence, mais après quelques petites avancées, ne donne rien.
    Deux ans plus tard, un jury d'accusation est convoqué et demande aux enquêteurs du District Attorney de Los Angeles de mener une enquête indépendante : il s'avère qu'inefficace, - les meurtres de femmes continuent -, la police de Los Angeles est aussi très corrompue.
    Les enquêteurs du District Attorney auront bientôt un suspect, mais ne donneront jamais son nom. Et pendant un demi siècle l'affaire passera d'inspecteurs de police en inspecteurs de police sans être jamais résolue.
    Jusqu'au jour de mai 1999, où l'ex-inspecteur des Homicides du LAPD, Steve Hodel, l'auteur de ce livre, tombe, dans les papiers de son père qui vient de décéder, sur une photo qui le bouleverse : celle d'Elizabeth Short. Que vient faire dans le portefeuille de son père la photo du Dahlia Noir oe
    Le flic qu'il est toujours ne peut pas faire autrement que de se lancer dans une enquête qui va lui prendre deux ans de sa vie et, horreur des horreurs, lui donner la solution non seulement de ce meurtre mais de bien d'autres encore,
    - dont celui de la mère de James Ellroy.

  • Rejet du Traité constitutionnel européen, tentatives avortées de réforme à l'ONU, difficultés à l'OMC : l'organisation des pouvoirs est en crise. A l'heure de la mondialisation, l'Etat-nation souverain n'est plus la source de tout pouvoir, mais il n'est pas destiné à disparaître et la montée en puissance des juges accompagne la fragmentation des pouvoirs législatif et exécutif. Pour esquisser les contours d'une future gouvernance globale, il faut donc repenser l'articulation entre compétences nationales et internationales. L'ordre mondial ne se limitera cependant pas aux institutions politiques et juridiques traditionnelles. La refondation passe aussi par un rééquilibrage entre acteurs économiques (les entreprises) et acteurs civiques (organisations non gouvernementales), sans négliger l'importance, au croisement des savoirs, d'une mondialisation des acteurs scientifiques - savants et experts : elle appelle une démocratisation que le développement de l'Internet laisse espérer sans la garantir. Réinstituer les pouvoirs suppose donc un dialogue avec les vouloirs et les savoirs. C'est à cette condition que pourrait être inventé un état de droit à l'échelle planétaire.

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  • Ce livre part d'un seul et unique fait juridique dans l'histoire de l'Occident : le pirate est le prototype de « l'ennemi de l'humanité ».Longtemps avant les droits de l'homme, avant les organisations humanitaires, avant la codification du droit international par les penseurs des Temps Modernes, les hommes d'état de la Rome antique voyaient en lui « l'ennemi de tous ». Comme Cicéron en a fait un jour la remarque, il existe des adversaires avec lesquels un état de droit peut faire des guerres, signer des traités et, si les circonstances le permettent, cesser les hostilités. Ce sont les justes belligérants de l'autre camp, qui, étant par principe les égaux des combattants de la puissance publique, peuvent toujours prétendre à  certains droits. Mais il y a aussi un autre type d'ennemi : un adversaire injuste, indigne de tels droits. C'est le pirate, que Cicéron appelle, pour cette raison, « l'ennemi commun à  tous ».Plus tard, aux Temps Modernes, les philosophes du droit et de la politique ont fait un pas de plus. Ils ont élaboré une idée que l'on peut, historiquement, rattacher en droite ligne à  celle de « pirate » : la notion d' « ennemi de l'humanité », qui nous est aujourd'hui si familière à  tous.Dans ce livre, Daniel Heller- Roazen propose une généalogie de cette idée, cernant les diverses conditions juridiques, politiques et philosophiques dans lesquelles il a été possible de concevoir un sujet aussi exceptionnel qu'un « ennemi de tous ».Le livre de Daniel Heller-Roazen est motivé par une hypothèse : le paradigme du pirate a pris aujourd'hui une importance considérable, extrême. Comment et pourquoi l' « ennemi de tous » est-il devenu une figure contemporaine cruciale Daniel Heller-Roazen est professeur de littérature comparée à  l'Université de Princeton aux états-Unis. Il a publié, dans la même collection, écholalies. Essai sur l'oubli des langues (2007).

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  • Chaque année, près de cinq millions de personnes disparaissent à cause du tabagisme.
    Il s'agit du plus grand désastre sanitaire de l'histoire. Cela ne trouble guère le sommeil de la plupart des responsables de l'hécatombe. Il en est pourtant qui se sont émus et qui ont parlé. Aux États-Unis, un ancien cadre a courageusement décidé de témoigner malgré les menaces anonymes (" Tu as trois enfants, pense à eux ou ils souffriront... "). D'autres bouches se sont ouvertes. Et en 1998, les compagnies de tabac ont été contraintes par la justice américaine de rendre publiques leurs archives.
    Ce livre est la synthèse de dizaines de milliers de pages arrachées au secret. On découvre que les multinationales livrent une guerre totale pour prendre le contrôle des fumeurs, allant jusqu'à manipuler le produit afin d'accroître la dépendance de ces derniers. Filtres toxiques, fausses cigarettes " light ", corruption des milieux scientifiques, médiatiques et politiques : tout est bon, nulle " cible " n'est épargnée, même les enfants.
    L'Organisation mondiale de la santé a même fait l'objet de tentatives d'intoxication. Il ne s'agit pas, ici, de culpabiliser les fumeurs, ni d'étaler une fois de plus les méfaits du tabac. Mais de révéler à tous, fumeurs ou non, le cynisme méthodique d'une entreprise de mort, aussi clandestin que délibéré.

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  • Les pays qui ont connu un crime de masse entrent souvent, ensuite, dans une période de transition
    démocratique très difficile. Que peut-on savoir sur ce qui s'est passé, et pourquoi ? Comment punir
    les responsables, parler aux victimes, réparer les dommages matériels et moraux, opérer des pas
    vers la réconciliation nationale ? Ce livre traite du rôle que jouent les procès criminels au cours de
    cette phase, et encore au-delà. Sur le passé criminel, plus ou moins récent, il s'avère que juristes,
    politiques, intellectuels ne sont pas d'accord. Le conflit le plus vif est entre historiens et juristes ;
    des convergences existent, mais la tentation existe que les uns se substituent aux autres, et vice
    versa.
    Le livre fait l'état des lieux de ces interprétations divergentes, c'est-à-dire du débat public en
    particulier au moment des actions en justice menées de divers côtés et des procès effectifs. Il
    s'interroge sur le rôle pédagogique des « procès publics », du « spectacle » et de la mise en scène
    théâtrale qu'ils mettent en avant : pourraient-ils jouer un rôle de promotion de la démocratie et de
    ses valeurs - tolérance, modération, respect du débat ? Comment les rendre efficaces dans les
    « mentalités », au-delà des réparations strictement juridiques ? Contrairement à une vision
    répandue, il n'y aucun consensus à propos du jugement des crimes de masse. Et dès lors la
    question se pose : comment les procès peuvent-ils contribuer à créer une mémoire collective
    quelque peu partagée oe

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  • En 1692, dans le village de Salem (Massachusetts), vingt-cinq notables sont exécutés pour sorcellerie sur la foi du témoignage de fillettes qui se prétendent possédées. Quelques années plus tard, les autorités reconnaissent leur erreur. Commence alors un long cycle de repentance et d'excuses.

    En dépit de tout ce qui les sépare, l'affaire des «sorcières de Salem» a de nombreux points communs avec celle qui fascina la France entière voici quelques mois : l'affaire d'Outreau. Dans les deux cas, les mécanismes de la panique morale jettent une lumière crue sur les croyances et les «grandes peurs» du temps.

    Antoine Garapon et Denis Salas dressent ici le portrait d'une époque travaillée par l'obsession de la pédophilie, la foi naïve dans la parole des enfants, une quête sans fin de sécurité, la défiance à l'égard des institutions, le culte des victimes et une culture inquisitoire sans cesse renaissante.

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  • Avocat du peuple

    Philippe Brun

    • Seuil
    • 1 Mars 2017

    - Maître Philippe Brun se consacre depuis vingt ans à la défense des victimes du néolibéralisme. Il raconte ici avec passion les affaires (Moët et Chandon, Total-Euridep, les " P'tits Lu ", STMicroelectronic, Michelin-Wolber...) dans lesquelles il est intervenu au grand bénéfice des salariés qu'il représentait, et dont l'emploi était sacrifié sur l'autel de la seule rentabilité. Il a obtenu l'amélioration très sensible de plusieurs plans sociaux, l'annulation pure et simple de certains d'entre eux, et parfois même la réinsertion d'employés préalablement licenciés.Socialiste en rupture de ban, il raconte aussi sa bataille politique pour faire passer un amendement simple (dit " amendement Wolber ") : qu'un juge décide enfin si un licenciement peut ou non être qualifié d'" économique ". Et là-dessus, il n'est pas homme à abandonner la partie.Ses avancées en matière de jurisprudence s'accumulent aujourd'hui et confèrent à ce personnage haut en couleurs une aura de tribun et d'avocat du peuple.

    - Spécialiste du droit du travail, Philippe Brun anime un cabinet à Reims où il enseigne à l'université et un autre à Marseille. Il a obtenu de nombreuses victoires dans les conflits opposant divers patrons aux salariés qu'ils voulaient licencier.

  • La question prioritaire de constitutionnalité met fin à une exception française en offrant au juge la possibilité de remettre en cause a posteriori la validité d'une loi à l'initiative des justiciables. Ce numéro de Pouvoirs dresse un premier bilan moins d'un an après son entrée en vigueur.

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