Michalon

  • Le Havre, 1910. Jules Durand, docker charbonnier, est injustement accusé de complicité d'assassinat d'un contremaître. Son véritable tort en cette période de grève sur le port : être syndicaliste et oser se révolter contre les indignes conditions de travail imposées par la Compagnie générale transatlantique. S'ensuivent une parodie de procès et une condamnation à mort. Mais face à l'injustice, l'indignation et à la mobilisation populaire finissent par payer. La cour de cassation reprend le dossier et innocente Durand. Trop tard cependant : Jules Durand, syndicaliste autodidacte, pourfendeur de l'alcoolisme ouvrier, finira sa vie à l'asile.

    Comment la machine judiciaire a-t-elle pu s'enrayer au point de condamner à mort un innocent ? Surtout, comment cette affaire retentissante en son temps, qui mobilisa l'opinion publique et les intellectuels de l'époque - Jaurès en tête -, a pu être frappée du sceau du silence ?
    Avec son regard de praticien et documents à l'appui, Marc Hédrich tente de percer le mystère de cette amnésie collective. Le présent ouvrage apporte ainsi un éclairage aussi rigoureux que précieux sur ce crime judiciaire sur fond de justice de classe : le contexte, les acteurs du drame (dont le jeune avocat de Jules Durand, un certain René Coty) et les suites du jugement, en même temps qu'il dresse le tableau saisissant d'une époque, notamment des misérables conditions de vie des charbonniers.
    Le récit d'une des plus grandes erreurs judiciaires du xxe siècle.

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  • Adultère

    Luc Frémiot

    • Michalon
    • 13 Février 2020

    « Dans le langage commun, un crime passionnel est un crime commis par amour... Depuis que je viens requérir aux assises, je n'en ai pas encore rencontré. Des actes criminels réaliséspar colère, par désir, par jalousie, oui. Mais par amour, certainement pas, à moins que cela ne soit par amour de soi. Je crois tout bonnement qu'en dehors de l'euthanasie, on ne tue pas par amour. Cela n'empêche pas mes contradicteurs en robe noire de voir l'amour partout : tous les maris trompés, c'est bien connu, tuent par amour. Peut-être est-ce moi qui suis trop pessimiste et vois le mal partout... Que serait un monde sans amour ? » Voici l'histoire d'une chute - celle d'un homme seul face au miroir cruel de sa propre faillite.

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  • « Les affaires criminelles sont des tranches de vie, l'imagination n'y a pas sa place. On se blesse à leurs aspérités, aux angles aigus de la passion, à la dureté de la vie, à ces destins qui n'en sont pas depuis le départ. Aux assises, le ridicule flirte avec le drame. Découvrir l'itinéraire d'un accusé est déterminant pour mieux le connaître, mais les meilleures intentions se noient souvent dans les détails. La cour d'assises vous oblige à puiser au fond de vous-même ce que vous avez oublié. Toutes vos certitudes tombent.
    La cour d'assises vous change. C'est la collision avec le malheur, cette entrée par effraction dans la vie des auteurs et des victimes, ces choses qui n'arrivent qu'aux autres et que l'on peut parfois toucher du doigt.
    Voici l'histoire de la terrible rencontre entre un adolescent et un vieil homme qui se disputent le droit de vivre dans le silence glaçant d'une nuit de pleine lune. »

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  • Nous avons tous entendu: « Mon fils, il sera avocat ou médecin ! » Profession respectée et respectable, le métier d'avocat fait rêver. Mais derrière la robe se cache une réalité que l'on ne soupçonne pas.

    Avocate au sein du Barreau de Paris, Anaïs de la Pallière retrace ses années d'études et d'exercice en cabinet, ainsi que les sacrifices consentis à son idéal. Une fois le précieux sésame décroché, un autre combat commence.
    L'avocat ne doit pas seulement se battre chaque jour pour son client et devant les tribunaux : il doit aussi se confronter à ses pairs et survivre. Concurrence exacerbée, rétrocessions inférieures au SMIC, précarité des travailleurs, pressions du chiffre, journées de travail sans fin, humiliations, harcèlement moral, harcèlement sexuel - certains cabinets peuvent faire vivre un enfer aux nouvelles recrues. La profession a notamment permis le développement d'un système, le contrat de collaboration, qui semble avoir été largement détourné de son bénéfice originel laissant le jeune collaborateur pieds et poings liés au cabinet qui l'emploie. Et que dire de la pression exercée sur les jeunes avocates qui envisageraient une maternité... !
    Heureusement, la parole se libère peu à peu. Les premières mesures commencent à se mettre en place pour lutter et faire sanctionner ces dérives. En donnant également voix à ses confrères, Anaïs de la Pallière signe un document engagé, nécessaire et plein d'espoir pour une profession qu'elle n'a jamais cessé d'aimer.

  • La pensée de Chaïm Perelman a profondément marqué la théorie du droit du xxe siècle. S'opposant au positivisme juridique, c'est-à-dire aux théories qui réduisent le droit à la loi, l'essentiel de son apport réside dans une théorie de l'argumentation qui rebat les cartes de la logique juridique, en mettant l'accent sur la manière de raisonner, et plus profondément de discuter. La vérité n'est plus chez Perelman une notion centrale. Elle est remplacée par l'idée d'adhésion, qui permet de rendre compte du caractère progressif de l'assentiment. Loin d'une description désincarnée et décontextualisée, Perelman intègre une série de paramètres : qui parle, à qui, où, quand, dans quelle situation. Les arguments ne sont ainsi jamais totalement contraignants : c'est toujours le contexte qui conditionne leur acceptabilité. Un procédé comme la présomption d'innocence peut être compris, non comme une valeur fondamentale, mais comme un simple outil destiné à compenser l'absence de connaissance. Le droit apparaît ainsi comme un art de gérer les controverses. Cette vision s'inscrit dans une « philosophie du raisonnable » où la valeur d'une idée se mesure à sa capacité d'emporter l'accord des participants à la controverse qui naît de son introduction. Le domaine de l'argumentation est « celui du vraisemblable, du plausible, du probable, dans la mesure où ce dernier échappe aux certitudes du calcul ».

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  • Patrick Henry est connu pour avoir échappé à la peine de mort pour le rapt puis le meurtre du petit Philippe Bertrand à Troyes en 1976, grâce à l'avocat Robert Badinter, futur ministre de la Justice. Il est mort le 3 décembre 2017, en liberté conditionnelle. Pendant les trente dernières années de sa vie, qui s'est déroulée principalement en détention, avec une courte parenthèse de liberté avant de replonger, Martine Veys ne l'a pas lâché. Cette femme blonde aux faux airs de Mireille Darc, ancienne commerciale désormais retraitée, mariée, s'est prise d'amitié pour l'homme derrière le criminel.

    En s'appuyant sur une série d'entretiens et des courriers échangés entre Patrick Henry et Martine, Plana Radenovic propose de retracer l'histoire d'une longue amitié sans fioritures, brute, comme nettoyée des conventions sociales, un effet de l'univers carcéral, mais aussi sans concessions, entre une femme « normale », qui nous ressemble, et l'un des hommes les plus haïs de France, devenu un symbole malgré lui.

    Qui est Martine Veys ? Et, surtout, qu'a-t-elle trouvé à Patrick Henry ? De leur rencontre en 1992 à l'imprimerie du centre de détention de Caen jusqu'au dernier souffle, à l'hôpital, du criminel atteint d'un cancer, nous allons vivre à travers ces deux personnes que tout a priori oppose une vraie histoire humaine.

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  • Les droits ont-ils tué le droit ? Analysant l'histoire de la pensée juridique moderne, Michel Villey (1914-1988) découvre les symptômes d'un mal qui remet en question la possibilité de trouver une solution juste aux conflits qu'engendre tout vivre-ensemble.
    L'idée d'une justice et d'un droit inscrits dans la nature des choses a fait place aux exigences illimitées qui se présentent comme droits subjectifs absolus. Il semble dès lors que seule la raison du plus fort, et non plus celle du plus juste, puisse encore mettre un terme aux conflits. S'il constate et condamne cette évolution, Michel Villey ne veut pas tuer les droits subjectifs pour les remplacer à nouveau par un droit transcendant.
    Conscient du caractère irréversible de la modernité juridique, Villey plaide plutôt pour une correction du droit des Modernes par des éléments du droit des Anciens. C'est cette tentative - prudente - de synthèse de deux conceptions opposées qui fait l'actualité de son oeuvre.

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  • Samia rencontre F. à 25 ans. Il commence à changer lorsqu'elle lui apprend qu'elle attend un enfant. D'abord des insultes, des gifles. Elle quitte alors la France mais il lui fait du chantage au sujet de leur fille de quatre ans. Elle est obligée de rentrer, l'enfer commence. Il la frappe, Samia perd confiance en elle, enchaîne les dépressions. Un soir de décembre 2010, elle lui annonce qu'elle le quitte, il devient fou, la roue de coups et l'entraîne dans la chambre. « Le lit était collé à la fenêtre, je regardais le ciel, pendant que je l'ai finalement laissé faire... ce qu'il voulait faire. J'ai abandonné parce que je voulais qu'il me laisse tranquille, je n'en pouvais plus des coups. » Si son compagnon reconnaît les violences, il conteste les accusations de viol. Selon lui, les rapports sexuels étaient consentis, même si c'était peut-être un peu à « contrecoeur ». Le lendemain de cette nuit de violence, la jeune femme est abordée par des policiers sur le quai du RER à Villeneuve-Saint-Georges. Les agents ont remarqué ses bleus au visage et son « état de choc ». Ce sont eux qui la poussent à porter plainte, malgré ses craintes et doutes.
    Après trois ans et demi de procédure son ex-compagnon a été condamné à 5 ans de prison dont deux avec sursis en novembre 2013. Aujourd'hui, Samia a décidé de faire entendre sa voix dans un livre et de se battre pour toutes celles qui ont traversé les mêmes épreuves.
    Elle s'est peu à peu reconstruite grâce à la méditation, au chant lyrique, au piano et à l'association qu'elle a créée, A la reconquête de soi », pour venir en aide aux femmes victimes de violences conjugales.

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  • Répondre au questionnaire d'un enquêteur, participer à un essai clinique, aller à la pharmacie chercher un médicament, avoir recours aux services de santé, c'est chaque fois mettre en circulation des données personnelles.
    Certaines de ces informations sont anodines, d'autres sensibles... Au nom de quoi les chercheurs peuvent-ils y avoir accès ? Comment établir une juste mesure entre l'intérêt d'une recherche et le respect de la confidentialité de la vie privée ? Par la loi du 1er juillet 1994, les recherches en santé qui ont recours à de grands fichiers de données personnelles ont été à la fois légitimées et normées.
    Or cette loi est née au carrefour de plusieurs histoires : celles des registres de population, de la loi Informatique et libertés, de la recherche épidémiologique et de la santé publique. Le texte porte la trace des circonstances et des conceptions qui l'ont fait naître, et révèle en même temps les lignes de fracture d'un débat qui, depuis, est devenu brûlant. Cette production de normes a soulevé de nouvelles questions.
    Que faire pour établir un équilibre entre la limitation de la circulation des données personnelles et l'intérêt d'une recherche scientifique ? Comment savoir si une recherche vaut vraiment la peine de créer un nouveau fichier de données personnelles ? Dans un contexte où les conflits d'intérêts sont nombreux, où l'on tente, par de subtiles méthodes, de légitimer des démarches qui n'ont rien à voir avec la science, comment estimer la valeur et l'authenticité d'un projet de recherche ? Autant de problèmes épineux qui se posent à toute éthique sociale de la recherche aujourd'hui.

  • A peine Internet est-il né que l'on organise déjà son procès.
    Tout le condamne, la période récente ayant dénoncé une vaste gamme de détournements à des fins criminelles. Du démantèlement de réseaux pédophiles à la mise au jour de groupes néo-nazis sévissant sur le Net, tout concourt à le priver de circonstances atténuantes. Parmi les nouvelles menaces, le spectre du terrorisme, qui inspire les esprits les plus imaginatifs, prend désormais possession du " réseau des réseaux ".
    En croisant des informations variées, l'auteur révèle l'étendue de notre ignorance et de nos craintes, évalue les dangers représentés par le cyber-terrorisme, analyse de nombreux groupes et définit la part que prendra Internet dans le terrorisme de demain. Une bibliothèque Internet ainsi qu'un catalogue des images les plus représentatives de ces sites (groupes armés, tortures, propagande de haine, piratage, portraits-robots) complètent le livre et illustrent la véritable nature de ce phénomène.

  • Aujourd'hui, en France, 2 500 agents pénitentiaires sont chargés de surveiller les 58 000 détenus répartis dans les 184 prisons.
    Pour la première fois, un surveillant prend la parole pour décrire la vie derrière les barreaux. Que sait-on du quotidien des individus qui y résident, prisonniers ou gardiens, des liens qui les unissent, des limites qui les séparent ? Dans quelles mesures les gardiens respectent-ils et peuvent-ils faire respecter les droits des prisonniers ? Au risque de mettre en péril sa carrière, Christophe Lambert, à travers son vécu, ses révoltes et les témoignages des hommes avec lesquels il partage son existence, a choisi de briser la loi du silence qui pèse sur l'univers carcéral, dissimule ses abus...
    Et quelques fois, aussi, son humanité.

  • Le 22 avril 1982, une voiture piégée explose devant le siège d'un journal syrien d'opposition, rue Marbeuf à Paris.
    Quatre mois plus tard, un mitraillage antisémite vise le coeur du quartier juif parisien, rue des Rosiers. La politique de réinsertion de " ceux que la passion politique avait égarés " et de sanctuarisation du territoire ne suffit plus. Une politique de répression s'engage. Des Palestiniens aux Corses, des Iraniens et des Syriens aux Algériens, la France a affronté quatre grandes crises terroristes au cours de ces vingt dernières années.
    Chaque fois, la célérité de la riposte s'est heurtée à une insuffisance de moyens, à une mauvaise organisation des forces, à la précipitation des autorités politiques de gauche comme de droite. Chaque fois, des aménagements ont été réalisés et se sont révélés incapables de gérer une crise à venir. La versatilité du traitement du dossier corse l'illustre, la gestion de l'affaire de l'assassinat du préfet Érignac le consacre.

  • 80 % des Français ne croient pas à la confidentialité de leurs données personnelles sur Internet, indique un sondage BVA de septembre 2013.
    Les informations permettant d'identifier une personne ont tour à tour été qualifiées d' " informations nominatives " puis de " données à caractère personnel " et le glissement d'une expression à l'autre s'est fait sans véritable débat ni concertation. Pourtant, l'information génétique ne présente pas les mêmes dangers que le nom ou le prénom car c'est alors l'intégrité de la personne qui est en cause. Les données se révèlent être utilisées à son insu, voire contre son intérêt, et des décisions sont ainsi prises sur la base de statistiques comportementales tel que cela se pratique aujourd'hui dans les secteurs policier, bancaire ou encore commercial. Les qualités essentielles à tout être humain que sont la spontanéité, l'imprévisibilité, le libre arbitre, la liberté d'autodétermination lui sont alors purement et simplement niées.
    À l'heure du tout numérique, la protection des données personnelles est devenue un enjeu majeur. Parce qu'elles échappent à la maîtrise de l'individu qu'elles concernent, il est aujourd'hui essentiel de mettre en place un régime de protection qui implique des acteurs professionnels capables de proposer des outils (juridiques, légaux et techniques) efficaces pour assurer une protection optimale.

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  • « Je pense qu'une société qui ne considère pas la protection des enfants comme une priorité absolue est perdue. Qu'elle passe à côté de l'essentiel. Qu'elle est décadente et a pris le chemin du déclin ».

    Laurence Beneux ne mâche pas ses mots lorsqu'il s'agit de faire connaître la vérité. Experte sur les sujets traitant de la pédocriminalité, elle a fait de la protection des enfants comme celle des femmes le combat de sa vie.
    Elle livre ici le récit de vingt ans de sacerdoce ; vingt ans où elle a (presque) tout vu, tout lu et tout entendu ; vingt ans d'indignation, de rage et de tristesse, ponctués de rencontres formidables et de quelques belles victoires ; vingt ans où parcours professionnel et convictions personnelles ont fini par se rejoindre dans un seul but : informer le grand public, sans relâche, coûte que coûte, des dysfonctionnements et situations gravissimes que les institutions tiennent pour cachés.

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