Jean-paul Bayol

  • Le 27 mars 2009, Yvan Colonna fut, pour la seconde fois, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre du préfet Erignac, à l'issue d'un procès joué d'avance, par une cour d'assises spéciale héritière de la très décriée Cour de Sûreté de l'État.
    Cette condamnation, prononcée sans preuve et sans aveux après des débats qui n'avaient pu démontrer la culpabilité de l'accusé, suscita l'indignation. On parla d'une nouvelle Affaire Dreyfus. Mais, contrairement à ce qui s'était passé durant l'Affaire, ce n'est pas la gauche qui se mobilisa au profit de Colonna. Bien évidemment, les journaux rendirent compte des procès mais les rôles traditionnellement dévolus à la presse de gauche' et à la presse de droite ont été dans cette triste mascarade totalement chamboulés.
    Certains journaux s'indignèrent de cette justice d'exception. La plupart se turent. D'autres aidèrent au crime. On assista alors à un spectacle étrange. Une presse, prétendument soucieuse des droits de l'homme et des libertés fondamentales, préféra à ces principes affichés ceux de la raison d'État, alors que des quotidiens réputés plus conservateurs s'indignaient du comportement des juges et d'une condamnation prévisible, décidée à l'avance et ailleurs que devant une cour de justice.

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