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  • Dans la famille des dictionnaires, et en particulier ceux des élites ou des grands corps, celui des inspecteurs des Finances était attendu. Comme les autres, sans doute, il contient des notices biographiques détaillées, en l'espèce celles des 1 217 membres des promotions qui s'égrènent de 1801 à 2009. Mais il s'en distingue aussi. D'abord, par la richesse des articles rédigés par une quarantaine d'auteurs, qui y analysent dans leur diversité les parcours, les pratiques et les activités des inspecteurs au cours des deux siècles écoulés. Ensuite, par l'analyse des figures singulières de soixante-deux inspecteurs, connus ou méconnus, qui ont marqué de leur empreinte la vie économique, financière et politique. Si on y ajoute les nombreuses annexes, on prend la mesure du fait que ce dictionnaire est conçu à la fois comme un état des lieux provisoire des études scientifiques sur les membres de ce corps et sur l'institution, mais aussi comme un outil de travail durable en vue de recherches nouvelles.

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  • À partir d'une documentation financière riche et variée conservée aux
    archives municipales de Millau, Florent Garnier s'est intéressé en particulier
    à l'exceptionnelle série de comptes des consuls boursiers du XIIIe au
    XVe siècle. Ces registres sont de première importance pour connaître de la vie du consulat de Millau, de ses habitants et, plus largement, du Rouergue et du royaume pendant la guerre de Cent Ans.
    L'auteur met en lumière la genèse de l'administration financière millavoise,
    l'élaboration de règles comptables et fi scales puis leur mise en oeuvre par
    le consulat pour collecter et gérer des ressources permanentes nécessaires
    au financement de ses dépenses. Florent Garnier s'est également livré à
    une étude prosopographique des gens des finances de cette ville médiévale.
    Activité exceptionnelle pour certains, placement pour d'autres, étape enfin
    vers les charges de consul, la gestion de l'argent urbain attire des personnes
    d'horizons divers. Certains trésoriers de la ville, comptables particuliers ou
    fermiers de l'impôt, apparaissent comme de véritables « professionnels » des finances.
    Dépense pour les uns, source de revenu pour d'autres, le prélèvement fiscal
    est également un enjeu qui s'offre aux différents acteurs de la vie municipale.
    Il l'est tout autant dans les relations nouées par la communauté
    urbaine avec le prince. Cette étude qui dépasse la simple monographie
    s'inscrit dans les récentes recherches menées dans le cadre de l'Occident
    méditerranéen.
    « Au fil de cette recherche profondément novatrice, Florent Garnier s'est imposé comme l'artisan éclairé d'une méthode, l'observateur minutieux
    d'un milieu et le décrypteur ingénieux d'un système » Albert Rigaudière.

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  • « Acte hautement symbolique, la réception au sein du personnel actif ne pouvait que s'entourer d'un cérémonial véritablement initiatique. C'est pourquoi il convenait, avant toute intervention, de prêter solennellement serment en justice. [En raison de la chaleur] je me présentai en chemisette et surtout sans cravate. Le scandale fut immédiat? »

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  • Ce dictionnaire rassemble, en quarante-cinq notices réparties en trois volumes, les biographies très documentées des ministres des Finances, de la Révolution française jusqu'à la fi n du Second Empire. Illustrées pour la plupart d'un portrait, enrichies par le dépouillement d'archives jusqu'alors inexploitées, telles que les archives notariales, elles détaillent les précisions recueillies sur la famille de chaque ministre, sur son éducation, sur sa fortune familiale et enfin sur sa carrière et son rôle dans la gestion financière de la France à cette époque est évoquée à travers les parcours de ces ministres.
    Dans ce troisième volume, Guy Antonetti, Fabien Cardoni et Mathieu de Oliveira reviennent sur la période allant de 1848, avec la crise financière et l'avènement de la Deuxième République, à la chute du Second Empire en 1870. Marquée par le passage aux Finances de ministres d'importance tels que Goudchaux et Garnier Pagès, Fould, Bineau et Magne, cette période se révèle riche en réformes dont quelques-unes sont révolutionnaires et sans lendemain, tandis que d'autres se révèlent plus durables.
    C'est ainsi que sont adoptés sous la Deuxième République le timbre-poste et le principe d'un prélèvement sur les revenus du patrimoine, tandis que le premier projet d'impôt sur le revenu progressif est proposé, discuté et fi nalement rejeté. C'est au début du Second Empire que la conversion de la rente, si longtemps débattue, est mise en oeuvre et que la souscription publique des emprunts d'État devient la règle.
    C'est encore sous l'Empire que les Finances assurent leur prééminence sur les autres ministères en transformant la comptabilité générale en comptabilité publique et que les payeurs fusionnent dans les départements avec les receveurs généraux.
    Parallèlement, l'État resserre les liens qu'il entretient avec la Banque de France, désormais assurée du monopole d'émission des billets de banque, la Caisse des dépôts et consignations, chargée de la gestion des retraites et le Crédit foncier de France, créé en 1852 pour soutenir l'activité agricole et surtout pour financer les transformations urbaines d'une France qui, une fois passée la « dernière crise de l'Ancien Régime » (E. Labrousse), renoue avec la pleine croissance. Enfin, le dernier tome de ce dictionnaire présente un début de prosopographie des ministres des Finances de 1790 à 1870.

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  • Comment " naît " l'idée d'une réorganisation administrative et selon quel schéma décisionnel s'impose-t-elle ? quels en sont les acteurs principaux ? en quels termes, ou sur quel registre (politique, corporatiste, rationaliste, économique, etc.) est-elle défendue ou combattue ? existe-t-il des contextes historiques ou des configurations favorisant ce type de réforme de l'état ? nos voisins européens connaissent-ils des expériences similaires en la matière ? la transformation de certains services en agence est-elle un mode privilégié de réorganisation administrative ? des réformes telles que la loi organique relative aux lois de finances (lolf) ou la révision générale des politiques publiques (rgpp) amplifient-elles cette dynamique ? a partir d'exemples précis, les contributions réunies dans cet ouvrage font la lumière sur les processus de création, suppression, fusion de ministères ou de directions ainsi que l'externalisation des tâches via la création d'agences.
    Envisagées sous forme de bilan et perspectives, elles s'appuient sur diverses approches en économie, sociologie, droit, histoire, science politique, et philosophie. on y distingue, dans une optique comparée en france et en europe, les multiples enjeux d'ordre économique, administratif et politique des réorganisations dans l'administration. cet ouvrage à destination des décideurs, des chercheurs et des citoyens contribue ainsi à mieux comprendre ce qui caractérise cette dimension particulière de la réforme de l'etat.

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  • Après un premier volume consacré à ses fonctions de haut fonctionnaire des Finances, ce second volume d'entretiens avec Roger Goetze (1912-2004) retrace la deuxième partie de sa carrière, celle de banquier public de la construction ou de " financier bâtisseur ".
    Sous-gouverneur puis gouverneur du Crédit foncier de France, Roger Goetze a été un acteur majeur de la politique de construction de logements.
    Distribués par le Crédit foncier à partir des années 1950, les prêts spéciaux à la construction, garantis par l'État, concourent à la résorption d'une crise du logement particulièrement aiguë au sortir de la guerre. Dans ces entretiens, il s'attache à présenter la création de ce " tiers secteur ", ni tout à fait public, ni tout à fait privé, qui a permis à un grand nombre de Français d'accéder à la propriété.
    Bâtisseur de logements, Roger Goetze a été également un bâtisseur de villes. En 1965, alors que les questions d'aménagement du territoire et d'urbanisme sont un enjeu politique majeur, il accepte la présidence du Groupe central de planification urbaine chargé de mettre en oeuvre les " métropoles d'équilibre ". En 1970, il est nommé président du Groupe central des villes nouvelles créé pour coordonner le financement du projet.
    Comme il se plaît à l'évoquer : " Paul Delouvrier a inventé les villes nouvelles et je les ai financées ".
    Éclairé par l'appareil critique réalisé par Sabine Effosse, ce témoignage se révèle d'autant plus précieux que les deux thèmes qu'il développe, le logement et la ville, conservent une actualité brûlante.

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  • La crise du logement que connaît la France dès les années trente, et surtout au lendemain de la guerre constitue véritablement l'un des problèmes majeurs des Trente Glorieuses.
    Cette thèse présente l'ensemble de la politique française du logement et de son financement pour cette période clef.

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  • Comment mettre en doute nos certitudes, comment suspendre notre jugement lorsqu'on fait de l'histoire institutionnelle, économique et financière ? Que sait-on, que peut-on savoir, compte tenu de nos traditions et coutumes de travail, de notre capacité de réflexion, mais aussi de l'état des archives, du niveau actuel de notre savoir, de la force de nos convictions et de notre foi aveuglante en la toute puissance explicative d'une science historique qui serait source de vérité ? Que pourrait-on savoir, si l'on osait mettre en doute nos connaissances et nos certitudes, si l'on arrêtait de se prendre pour des "producteurs de logique", des "logiciens du système", si l'on admettait que toutes nos explications ne sont jamais que des approches plus ou moins probables d'une réalité passée qui restera toujours inaccessible ? Et puis, enfin, que ne veut-on pas savoir, qu'est-ce qui nous dérange dans l'approche du passé ?

    Quelques historiens éminents des institutions, de l'économie et des finances ont accepté de réfléchir à ces questions, soit aux méthodes de travail de cette forme particulière de l'histoire, et d'élaborer une sorte de bilan de ses enjeux intellectuels.

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  • À Paris au XIXe siècle, on ne compte pas plus de trois mille employés dans les ministères et la gestion est presque familiale.
    La coutume des bureaux change très peu jusqu'en 1914 : un expéditionnaire vers 1890 travaille à peu près dans les mêmes conditions, avec les mêmes servitudes et les mêmes chances de carrière qu'un expéditionnaire de 1810... Cet essai sur la vie quotidienne des employés - publié en 1976 - est nécessairement très " impressionniste ", il donne largement la parole aux intéressés, parmi lesquels se retrouvent quelques-uns des grands noms de la littérature : Maupassant, Huysmans ou Courteline.
    On y rencontrera bien des traits oubliés sur la vie matérielle, le mobilier, les horaires, la nourriture, les traitements, les difficultés financières des petits fonctionnaires. Mais l'ouvrage étudie aussi les mécanismes de la carrière, le jeu des notations, le rôle des cabinets. Comme le souligne François Monnier dans sa préface Le temps immobile, plus d'une question, qu'il s'agisse de l'avancement à l'ancienneté ou de fiction des notes, a des résonances singulièrement actuelles.

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  • De part et d'autre de la guerre, la carrière politique d'André Philip fut exceptionnelle : conseiller général de Lyon, député du Front populaire, résistant, interlocuteur privilégié du général de Gaulle, ministre de l'Economie nationale après la Libération, député jusqu'en 1951, expert et conseiller pour la construction de l'Europe et les pays du Tiers-monde.
    Professeur d'économie politique à la faculté de Droit, il fut aussi un intellectuel et un technicien en politique, il tenta d'imposer le dirigisme dans une période de pénurie et d'inflation et joua un rôle essentiel dans la création de l'INSEE.
    Ces actes permettent de redécouvrir une personnalité si riche et pourtant tombée dans l'ombre.

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  • Deuxième volume d'une ambitieuse enquête sur les cadastres en Europe du Moyen Âge à la période contemporaine, ce livre poursuit aux temps modernes les thématiques traitées précédemment. À travers les documents cadastraux se révèlent des sociétés, des stratégies politiques, des cultures qui se croisent, s'infl uencent ou divergent à travers tout le continent. Après les illustres arpentages romains et un essor cadastral au Moyen Âge sur les bords italiens de la Méditerranée, l'horizon s'élargit et couvre une Europe de l'Atlantique à l'Oural, remontant jusqu'à la mer Blanche. Au XVIe et au XVIIe siècles, Hongrie, Moscovie, Pologne et Suède font leur entrée dans le monde des cadastres. Les réalisations cartographiques prennent plus d'importance. Au XVIIIe siècle, les États s'échangent modèles et expé riences. Un saut d'échelle s'est produit depuis les initiatives médiévales, prises principalement par les municipalités. Au sein de cette « République des administrateurs » où ne manquent guère que les Anglais, qui échappent à la notion même, se forge une modernité fi scale européenne, autour de l'usage renouvelé de pratiques anciennes, théorisé par les physiocrates, et débouchant, au-delà du fi sc, sur des objectifs de développement et d'aménagement du territoire promis à l'avenir. Des documents suédois, espagnols, poméraniens et ottomans, rares dans la bibliographie française, ainsi qu'une chronologie générale complètent cet ouvrage auquel ont collaboré vingt-quatre des meilleurs spécialistes français et étrangers.

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  • Troisième et dernière étape de la vaste enquête sur les cadastres du Moyen Age à l'époque contemporaine, ce volume est consacré au développement des systèmes cadastraux en Europe aux XIXe et XXe siècles. Consacrant le droit de propriété et l'égalité des citoyens devant l'impôt, les Constituants ont décidé la réalisation d'un cadastre fiscal en mettant à profit les expériences des précédentes décennies. La loi du 15 septembre 1807 donne au cadastre parcellaire une efficacité supplémentaire en lui permettant de certifier la propriété et d'être un outil d'intérêt général. Les Etats européens l'ont inégalement adopté. Les Pays-Bas et les Etats allemands en font un Grand Livre foncier ; l'Italie et la France pendant longtemps un simple instrument fiscal. D'autres pays s'opposent à sa création, soit parce que les élites veulent rester maîtresses de la répartition de l'impôt comme en Espagne, soit parce que l'ingérence du pouvoir central dans la propriété privée est vécue comme une atteinte à une liberté fondamentale comme en Angleterre. Aujourd'hui, la récente arrivée du cadastre numérisé fait l'unanimité. Elle permet la représentation de la propriété, et plus largement, la gestion des responsabilités qu'elle induit. De plus, les collections anciennes lui confèrent une valeur patrimoniale inestimable.

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  • Il faut attendre l'entre-deux-guerres pour que l'artisanat soit reconnu par les pouvoirs publics comme une catégorie à part entière, avec l'instauration d'un statut fiscal et du crédit artisanal, avec la création des chambres des métiers et du registre des métiers.
    Dès lors les prémices d'une politique artisanale, qui prendra toute sa dimension dans les années 70, peuvent voir le jour. C'est l'analyse de l'influence de cette politique sur l'évolution de l'artisanat entre 1938 et 1970 qu'a choisi d'étudier Cédric Perrin. En 1938, l'artisanat est un secteur dynamique dont la croissance est fondée sur la mobilité sociale et géographique. Plus tard Vichy glorifie les artisans dans sa propagande mais cette période est avant tout un temps de pénuries, notamment de main-d'oeuvre, de crédit et de matières premières.
    Après la Libération, l'artisanat vit une grave crise qui impose une modernisation. À l'écart des priorités économiques de la Nation, les artisans se sentent abandonnés : ils voient leurs impôts s'alourdir alors que le crédit se restreint. À partir de la fin des années 1950, l'Etat réintègre ce secteur dans sa politique économique avec une commission de l'artisanat au Commissariat général du Plan : l'assistance technique se développe, le crédit et la fiscalité artisanale sont réformés.
    Les progrès sont nets sans toutefois être à la hauteur des besoins. À travers le prisme de l'artisanat, Cédric Perrin apporte un éclairage nouveau sur l'histoire de l'industrialisation française ainsi que sur le rôle économique de l'Etat pendant et après la seconde guerre mondiale.

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  • Ce dictionnaire rassemble, en quarante-cinq notices réparties en trois volumes, les biographies très documentées des ministres des Finances, de la Révolution française jusqu'à la fin du Second Empire.
    Illustrées pour la plupart d'un portrait, enrichies par le dépouillement d'archives jusqu'alors inexploitées, telles que les archives notariales, elles détaillent les précisions recueillies sur la famille de chaque ministre, sur son éducation, sur sa fortune familiale et enfin sur sa carrière et son rôle dans la gestion des finances. Toute l'histoire financière de la France à cette époque est évoquée à travers les parcours de ces ministres.
    Dans ce premier volume qui couvre la période allant de la retraite de Necker (1790) à la fin de l'Empire (1814), l'auteur expose comment les ministres durent d'abord gérer l'oeuvre de destruction révolutionnaire (démantèlement du Contrôle général des finances, amenuisement du pouvoir ministériel, abolition de la fiscalité indirecte, séparation des Finances et du Trésor) et la mise en place de nouvelles structures, inefficaces et inadaptées aux besoins de la guerre (fiscalité fondée principalement sur une contribution foncière insuffisante, gestion locale confiée à des élus, recours à l'inflation des assignats).
    Puis, sous le Consulat et l'Empire, le trio des grandes figures, Gaudin, Barbé-Marbois et Mollien, organisa le bon fonctionnement des institutions financières " ordinaires " (rétablissement de la fiscalité indirecte et d'une administration fiscale de fonctionnaires hiérarchisés, confection du cadastre), les finances " extraordinaires " de la guerre étant mises à la charge des pays conquis, vaincus ou alliés.
    Le budget ordinaire de la France, évalué à 500 millions environ au début de la Révolution, monta à près de 800 millions à la fin de l'Empire : cette efficace machine financière fut agencée par un haut personnel, issu des bureaux de l'Ancien Régime, attaché à ses méthodes et ses usages, résolument accroché aux places et indifférent aux changements de régimes politiques.

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  • De la penthière aux nouvelles frontières... Ce titre décrit le cadre dans lequel ont évolué, de 1937 à 1996, les douaniers qui ont écrit leurs récits de vies lors du concours autobiographique " Pour la mémoire des Douanes ". Le chemin qu'ils ont parcouru les a menés de cette penthière - espace de surveillance et de contrôle confi é aux brigades le long des lignes douanières et représenté de manière très détaillée sur une carte - aux bureaux intérieurs, aux centres régionaux de dédouanement, aux procédures domiciliées dans les entreprises et, pour fi nir, aux frontières de l'Europe.
    Ces extraits de témoignages, commentés dans leur contexte historique, ne sont pas que l'histoire de l'ouverture des barrières et du grand marché intérieur. Ils racontent la vie quotidienne de ces hommes et de ces femmes au service de la Douane. Les auteurs décrivent leur métier en France et dans le monde. Ils retracent l'évolution de leurs méthodes de travail. Ils racontent le " choc de 1993 " : la fermeture des premiers postes de douane sur les lignes, le rattachement des contributions indirectes à leur administration... Un grand bouleversement dans leurs vies de douaniers.

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  • Les grands corps de l'État n'ont pas toujours bonne presse, mais, en même Colloque temps, ils fascinent. Créé au XVIIIe siècle, le corps des Mines n'a cessé de contribuer à la construction économique du pays. Passés par l'École polytechnique et l'École des mines, les ingénieurs du corps ont surveillé et, souvent, directement encadré les secteurs de l'industrie et de l'énergie.
    Ils ont également joué un rôle éminent dans le domaine scientifi que, leurs contributions allant des sciences « dures » (mathématiques et physique, avec Henri Poincaré, chimie avec Henry Le Chatelier) à l'économie, avec Maurice Allais, le seul Français ayant reçu le prix Nobel d'économie, et aussi la sociologie, avec Frédéric Le Play, considéré comme l'un des précurseurs de cette discipline.
    Industriel dans son essence, industrialiste dans son esprit, ce corps de fonctionnaires a souvent adopté des approches libérales, mais, a contrario, il a souvent impulsé un patriotisme économique de bon aloi dans le cadre de « grands programmes » d'État.
    Il restait à la richesse de cette expérience, à la fois technique, scientifique et administrative, à se constituer en histoire, à se « conscientiser ». Telle était l'ambition du colloque dont les actes sont présentés dans ce volume. Organisé dans le cadre de la célébration du deux centième anniversaire du décret du 18 novembre 1810 qui a organisé le « Corps impérial des Ingénieurs des Mines », ce colloque historique s'est attaché à mettre en lumière le rôle joué au service de la France par ces hauts fonctionnaires à formation scientifique et technique.

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  • Jean Monnet est mal connu ! Celui qui est considéré comme le « père de l'Europe », parmi d'autres cependant, ne s'est affirmé sur ce créneau que tardivement, à plus de 60 ans, au moment de la déclaration Schuman du 9 mai 1950. Auparavant, l'homme avait eu plusieurs vies : chargé, à son initiative, d'organiser les comités de ravitaillement de la France et de la Grande-Bretagne durant la Première Guerre mondiale, il devint secrétaire général adjoint de la SDN de 1919 à 1923.
    Commence alors une étape pendant laquelle il développe son goût pour les affaires financières internationales, objet de ce livre. Banquier d'investissement avec la firme Blair and Co., fondateur d'une banque d'affaires, la Monnet, Murnane and Co., investisseur malheureux dans la Bank of America de Giannini en Californie durant les années de crise, puis chargé en 1932 d'organiser un consortium financier international pour développer la Chine de T. V. Soong, la China Development Finance Corporation (CDFC), en s'appuyant sur des banques américaines et françaises. Jamais il n'aura été autant globe-trotteur, voyageant sur les grands paquebots entre la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis, le Canada puis la Chine et le Japon. Point d'Europe unie dans ces activités qui, semble-t-il, l'ont finalement lassé. C'est pourquoi il répond en 1938 à l'appel de Daladier pour acheter des avions américains. Une autre histoire commence alors ; celle du banquier Monnet est terminée.
    Ce livre présente des textes originaux de chercheurs, Gérard Bossuat, Renaud Boulanger, Pierre de Longuemar, Philippe Mioche, Yuichiro Miyashita, qui éclairent ce moment des activités de Jean Monnet. La difficulté était d'accéder à des sources fiables, dispersées, pour une période moins bien documentée que celles qui suivent. Ils font apparaître la complexité et la richesse relationnelle d'un banquier d'affaires avant la Seconde Guerre mondiale, préoccupé d'affaires internationales, financières certes, mais au plus près des milieux politiques internationaux et impliqué dans la grande histoire des relations internationales.

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