Fayard

  • Les silences de la loi ; une magistrate face à l'inceste Nouv.

    Un livre incontournable qui plaide pour que la prise de conscience actuelle autour des agressions sexuelles sur mineurs se transforme en avancée législative historique.
    Avant la rue, le premier lieu d'insécurité pour de nombreux enfants est le toit familial. C'est souvent un père, un beau-père ou un oncle qui va, des années durant, abuser d'un enfant dans le silence profond et verrouillé d'une famille. Aujourd'hui, près d'un tiers de l'activité de nos cours d'assises est consacrée au jugement de viols sur des enfants, commis majoritairement dans le milieu familial. Pour répondre à ces actes destructeurs pour les victimes, la loi pénale doit être réexaminée. En matière d'inceste tout particulièrement, les interdits doivent être posés clairement pour ne pas laisser de place à un faux débat sur le consentement de l'enfant, qui ne devrait jamais être abordé. Forte de son expérience de magistrate et des nombreux cas qu'elle a suivis, la juge Marie-Pierre Porchy s'élève contre ces lacunes légales. Elle condamne en outre un fonctionnement judiciaire inadapté au recueil de la parole fragile de l'enfant et qui peut, à son tour, devenir traumatisant au lieu d'être réparateur. Un livre fondamental et nécessaire pour comprendre ce tabou de notre société, faire évoluer notre droit et contribuer à une justice plus humaine.

  • L'abolition

    Robert Badinter

    • Fayard
    • 28 Août 2000

    Ce livre est le récit d'une longue lutte contre la peine de mort. Il commence au jour de l'exécution de Claude Buffet et de Roger Bontems, le 24 novembre 1972, et s'achève avec le vote de l'abolition, le 30 septembre 1981.
    Depuis lors, l'abolition s'est étendue à la majorité des États dans le monde. Elle est désormais la loi de l'Europe entière. Elle marque un progrès irréversible de l'humanité sur ses peurs, ses angoisses, sa violence.
    À considérer cependant les exécutions pratiquées aux États-Unis, en Chine, en Iran et dans de nombreux autres pays, le combat contre la peine de mort est loin d'être achevé. Puisse l'évocation de ce qui advint en France servir la grande cause de l'abolition universelle.R.B.
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  • L'exécution

    Robert Badinter

    • Fayard
    • 25 Mars 1998

    J'avais écrit ce livre, où se mêlent récit d'un drame judiciaire et réflexions sur la justice et le métier d'avocat, après l'exécution de Claude Buffet et Roger Bontems, en novembre 1972, à Paris, dans la cour de la prison de la Santé. Tous deux avaient été condamnés à mort par la Cour d'assises de Troyes pour avoir pris en otage et égorgé, à la Centrale de Clairvaux, une infirmière et un gardien. Leur grâce avait été refusée par le Président Pompidou.

    Depuis lors, la guillotine a été reléguée dans les caves d'un musée, et la peine de mort a disparu de nos lois. Mais elle sévit encore dans d'autres pays, notamment aux Etats-Unis. Et la tentation d'y revenir n'a pas disparu de tous les esprits. Cette justice qui tuait, la voici à l'oeuvre dans ce livre. Il n'est pas inutile que de nouvelles générations, plus heureuses à cet égard que la nôtre, la connaissent.
    R.B.

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  • Quarante-sept ans de mariage. D'abord une histoire d'amour, comme il y en a tant d'autres. Mais très vite, les insultes, les coups, l'engrenage de la violence. L'homme à qui Jacqueline Sauvage a confié sa vie l'a transformée en enfer, régnant sur le foyer en véritable tyran.
    Jacqueline qu'il blesse, qu'il torture au quotidien mais aussi leurs enfants qu'il humilie, qu'il frappe, qu'il terrorise. Tous partagent le même sentiment paralysant : la peur. Cette peur qui les empêche de partir, qui les empêche de le dénoncer.
    Et puis il y a ce lundi 10 septembre 2012. Ce jour où, après une ultime agression, Jacqueline commet l'irréparable. Trois coups de fusil. Le bourreau est mort. Elle l'a tué.

    Le 28 décembre 2016, François Hollande a gracié Jacqueline Sauvage.

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  • Le combat de deux avocates contre les violences faites aux femmes. Un témoignage croisé de celles qui ont obtenu la grâce d'Alexandra Lange et de Jacqueline Sauvage, où transparaissent tout à la fois la persévérance, les doutes, la colère à l'encontre des institutions, et, toujours, l'envie de faire évoluer la loi et de réparer des vies brisées.

    En France, une femme meurt tous les deux jours sous les coups de son mari violent. Pour ne pas être l'une d'entre elles, certaines vont jusqu'à commettre l'impensable et tuer leur compagnon. Pourtant, la loi française est catégorique : par de tels actes, ces victimes deviennent des criminelles. Deux femmes d'exception, avocates sans concessions, se sont engagées pour les défendre. Alexandra Lange sera acquittée, Jacqueline Sauvage graciée. En plaidant pour Maud, Samia ou Noémie, Janine Bonaggiunta et Nathalie Tomasini se battent pour les 225 000 femmes victimes de violences conjugales. Parce que ni le gouvernement ni le législateur ne parviennent à les protéger, elles racontent les coulisses de leur lutte et nous font vivre une série de procès emblématiques. Elles partagent leur empathie, leur persévérance, leur envie de faire évoluer la loi, mais aussi leur colère à l'encontre des institutions, sourdes à la douleur de victimes démunies face à leurs bourreaux.

  • La parole et l'action

    Henri Leclerc

    • Fayard
    • 30 Août 2017

    L'avocat pénaliste, ancien membre du Conseil de l'Ordre et président d'honneur de la Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen, revient sur soixante années de carrière. Il évoque ses affaires les plus célèbres : les manifestants de mai 1968, les mineurs des houillères, les militants indépendantistes algériens, etc.

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  • Il y a exactement un quart de siècle, Robert Badinter, Garde des Sceaux dans le gouvernement de Pierre Mauroy, faisait abolir par le Parlement la peine de mort, conformément à l'engagement pris par François Mitterrand lorsqu'il était candidat de la gauche unie à la Présidence de la République.
    On oublie trop souvent que cet engagement avait été pris alors que l'opinion française était encore très majoritairement favorable à la peine capitale.
    Ce fut l'inlassable combat de Robert Badinter que de requérir la mort pour la peine de mort, d'abord en France tout au long de procès d'assises évoqués notamment dans l'Exécution puis dans l'Abolition ; ensuite dans le reste du monde, notamment aujourd'hui encore dans certains États américains et en Chine.
    Ce livre, au fil des articles, des essais, des discours qu'il rassemble ? dont la fameuse harangue aux députés de 1981 ?, retrace les avancées de ce combat contre cette survivance des sociétés barbares.

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  • En donnant à sa riposte aux attentats du 11 septembre le nom de code Enduring Justice (« Justice sans limites »), le gouvernement américain a mis le doigt, à son insu, sur l'un des problèmes fondamentaux de ce nouveau siècle : que signifie faire justice dans une économie mondialisée oe Aujourd'hui, l'échange social tend à être totalement absorbé par le trafic marchand. Le système économique, avec le renfort de la violence symbolique, a réussi à établir une fantastique domination imaginaire. Normalement, il n'aurait pas dû tenir face aux injustices criantes du monde, dont nombre de rapports statistiques annuels nous donnent la mesure. Et pourtant, contrairement aux prévisions de Marx, de Lénine, de Mao Tsé-tung, la révolution mondiale n'a pas eu lieu.
    La déconstruction du discours économique permet de mettre en évidence son amoralité, voire son immoralité. Tout souci de justice a été éliminé dans le fonctionnement de la société mondiale de marché. Le travail de décolonisation des esprits passe donc d'abord par la remise en cause d'une lecture exclusivement économique du monde. Après quoi il devient possible d'esquisser les traits de ce que pourrait être une société plus juste. C'est une gageure, mais c'est ce qu'exige la situation.

    Serge Latouche, professeur émérite à l'université Paris-Sud (Orsay), est spécialiste des rapports culturels Nord/Sud et de l'épistémologie des sciences sociales. Il a notamment publié L'Autre Afrique (Albin Michel, 1998), et La Déraison de la raison économique (Albin Michel, 2001).

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  • Mafias

    Gilbert Thiel

    • Fayard
    • 19 Février 2014

    Juge d'instruction antiterroriste au caractère bien trempé, réputé pour son franc-parler et son humour, Gilbert Thiel nous convie, à quelques semaines de sa retraite, à un inquiétant Tour de France du crime organisé et de ses connexions internationales qui, de la Corse à Paris en passant par Marseille et la Côte-d'Azur, fait parfois étape en Suisse, aux Etats-Unis, en Amérique latine et en Afrique de l'Ouest. Trafics de stupéfiants et d'êtres humains, blanchiment, racket, corruption, règlements de comptes, connivences avec des organisations terroristes, l'auteur dresse dans une langue drue, drôle, plus riche de vérités crues que d'euphémismes, l'inventaire sans frontières d'une criminalité structurée, omniprésente, brassant des sommes considérables et aux velléités corruptrices avérées, qui fait craindre que demain le crime organisé ne devienne plus fort que des Etats insuffisamment armés et déjà dominés par les marchés financiers.

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  • Des jeunes essaient de tuer des policiers à coups de marteau et sortent libres du tribunal. Des violeurs en série sont libérés sans précaution et récidivent dans la foulée. Des multirécidivistes accumulent les sanctions symboliques avec un sentiment d'impunité. Des victimes terrorisées doivent déménager à la suite de jugements qui autorisent leur agresseur à revenir vivre à proximité. Face à un ministère de la Justice qui ne croit plus à l'utilité de la prison, ce livre choc démonte les illusions d'une pensée dominante qui s'évertue à nier la réalité des faits et des chiffres. Quand l'insécurité éclate, la question n'est plus : « Que fait la police ? », mais ; « Que fait la justice ? » Grâce à un travail en profondeur avec tous les acteurs concernés (juges, avocats, psychiatres, policiers, victimes, responsables politiques) et à une riche documentation, Xavier Bébin nous livre ici un texte vif et courageux qui analyse les dérives de notre Justice et propose des solutions concrètes pour un système pénal crédible et efficace. Diplômé de Sciences Po, juriste, criminologue et secrétaire général de l'Institut pour la Justice, Xavier Bébin intervient régulièrement dans les médias. Il est l'auteur de Pourquoi punir (2007). « Le grand livre qu'attendaient tous ceux que la Justice passionne », Philippe Bilger, ancien avocat général à la cour d'appel de Paris.

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  • La gestation pour autrui donne lieu à des débats passionnés et affectifs, où il est question d'amour, de générosité et de don. Ces bons sentiments et ces bonnes intentions ne peuvent cependant suffire. De nombreux intérêts sont en effet concernés, dont bien sûr celui de l'enfant. Est également en jeu le type de société dans lequel nous nous apprêtons à vivre. Face à ces enjeux fondamentaux, on aspire à une argumentation rationnelle et cohérente, fondée sur autre chose que des slogans médiatiques.
    La gestation pour autrui est pratiquée depuis plusieurs années dans quelques pays. Ce livre décrit la réalité de sa mise en oeuvre, en particulier en droit américain. Il donne à voir l'étendue de l'emprise consentie par la mère porteuse sur son corps et sa vie intime, les droits et libertés fondamentales auxquels elle renonce au profit du couple commanditaire, la modification juridique de la notion de filiation à laquelle elle conduit, ou encore les nouveaux rapports de classe qu'elle introduit.
    Établi à partir de cas très concrets, le tableau ainsi dessiné permet à chacun de regarder la réalité en face et de se faire sa propre opinion.
    On ne pourra pas dire qu'on ne savait pas.
    Muriel Fabre-Magnan est professeur de droit à l'Université de Paris I (Panthéon-Sorbonne).

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  • Droit et révolution

    H Berman

    • Fayard
    • 19 Octobre 2011

    La Globalisation étant ce qu'elle est - un jeu dont les partenaires se multiplient -, il devient essentiel de prendre connaissance de la tradition euro-américaine dans son entier, afin de considérer sans fard ce que nous sommes, en dépassant les frontières de notre hexagone mental.
    En clair : le révélateur désormais le plus fiable de la culture occidentale, ce sont les montages juridiques analysés historiquement, agents toujours actifs d'une double tradition normative (catholique et protestante) aspirant au gouvernement planétaire. Français, nous concevons mal que la notion de Révolution, étudiée par Harold J. Berman depuis son socle médiéval, puisse être associée à la passion évangélique de Luther et de Calvin.
    Le lecteur découvrira, à travers les réinterprétations combattantes de la Bible depuis le XVIe siècle, le poids insoupçonné du protestantisme dans la formation des espaces étatiques avec lesquels la France a rivalisé - l'Allemagne et l'Angleterre, notre Étranger proche. Ainsi se dévoilent des politiques fortement éloignées de notre héritage catholique refoulé. Le génie de Berman est celui des auteurs qui savent reprendre la main quand le questionnement social s'enlise, et ouvrir à la pensée le champ des interprétations stratégiques.
    Libre de ses mouvements, il saisit la généalogie des Révolutions (au sens européen du terme) depuis le Moyen Âge pontifical jusqu'à l'ordre installé en Russie par Lénine, tout comme il fait une critique en règle du positivisme de Max Weber, qualifié si justement de « saint patron des théories sociales au XXe siècle ». Enfin, cette grande leçon : il n'est d'interdiscipline que pratiquée par soi-même.
    Sa précision comparatiste, Berman la doit à sa conception d'une histoire du droit capable de se nourrir de théologie, de réinvestir la problématique des liturgies, des productions musicales et poétiques. et de se souvenir de la Romanité byzantine (l'orthodoxie) méthodiquement chassée de nos mémoires.                                                                                                                                                                                                                                           P.
    L.Harold J. Berman (1918-2007), historien juriste américain, est l'auteur d'une oeuvre abondante, non seulement érudite mais soucieuse de couvrir les grands domaines du droit (méthodes, religion, famille, criminalité, aide sociale, économie.). Les catégories en usage chez les économistes le classent parmi les libéraux.

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  • Les avocats occupent l´espace médiatique comme jamais. Leur pouvoir est-il à la hauteur de ce temps d´antenne ? Quel est leur rapport avec les journalistes ? Ce livre est le résultat d´une soixantaine d´entretiens menés dans toute la France avec les ténors nationaux et locaux du barreau. Avocats des patrons du CAC 40, des ministres et des présidents, des stars du show-biz, des producteurs de cinéma, des footballeurs, des ennemis publics nº1, des violeurs, des terroristes, des gangsters, chevronnés ou non, ou des trafiquants de drogue, ils ont accepté de livrer leurs petits et grands secrets. Comment le pénaliste le plus médiatique, Eric Dupont-Moretti, gère-t-il son image ? Combien gagne l´avocat d´affaires le plus en vue, Jean-Michel Darois ? Comment l´avocat le plus influent, Jean Veil, entretient-il son carnet d´adresses ? Pourquoi Olivier Metzner, Didier Martin et Georges Kiejman, stars du barreau parisien, se sont-ils entre-déchirés autour des millions de la famille Bettencourt ? Comment Olivier Morice a-t-il mené la bataille contre le secret-défense dans l´affaire Karachi ? Dans quelles circonstances Patrick Maisonneuve a-t-il recueilli les ultimes confidences de Pierre Bérégovoy à la veille de son suicide ? Comment Richard Malka a-t-il médiatisé la défense de DSK dans l´affaire du Carlton de Lille ? Comment son ancien associé, Arnaud Claude, a-t-il maintenu le cabinet fondé avec Nicolas Sarkozy pendant que son ami était au pouvoir ?

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  • Il y a ce prévenu qui se demande s'il doit mettre une cravate tandis que que la procureure propose d'ôter ses talons. il y a cet homme transformé en Cendrillon par la mégère dont il est éperdument amoureux, et qui finit par la poignarder. Il y a cette feme qui ne sait pas si elle est encore la mère d'un mort. Qu'ils soient victimes, coupables ou innocents, l'avocat doit les faire entendre et convaincre des juges. mais pas seulement. Les défendre, c'est aussi lutter contre l'appareil judiciaire, ses incohérences et ses jugements expéditifs. C'est porter leur voix qui n'est plus écoutée.
    Et pour cela, sans doute faut-il commence par raconter leur histoire.

  • Trente ans après les «années de plomb» italiennes, les crimes d'action directe et ceux de la bande à baader, dix ans après l'abandon de la lutte armée par l'armée républicaine irlandaise (ira), sept ans après les attentats du 11 septembre et l'apparition d'al qaïda, étendard d'un terrorisme mondialisé, se pose plus que jamais et avec une grande acuité la question de la définition de l'acte terroriste.
    Tout en retraçant l'histoire des multiples mouvances extrémistes qui ont choisi le camp de la violence, le juge antiterroriste gilbert thiel dépeint de l'intérieur l'évolution du système judiciaire français et s'interroge sur la place du juge dans la société, «juge ou partie», dans un entretien avec l'éditeur rémy toulouse, en un débat fondamental sur l'équilibre entre les libertés et les préoccupations sécuritaires.
    Devant la méfiance croissante des citoyens face à la justice, et à l'heure où son fonctionnement se trouve dans la ligne de mire de nos hommes politiques, le juge thiel livre le fruit de son expérience quotidienne et trentenaire de la lutte du droit contre la brutalité. ses réflexions décapantes sur l'indépendance de la justice - et les difficultés de la magistrature à la défendre - montrent tout le chemin qui reste à parcourir au système judiciaire pour tenir tête à ce «mal français».
    Le juge n'est pas près de dormir sur ses deux oreilles...

    Premier juge d'instruction au tribunal de grande instance de paris, gilbert thiel est affecté à la section antiterroriste depuis 1995. il est l'auteur, aux éditions fayard, de on ne réveille pas un juge qui dort (2002) et de magistrales insomnies (2005).

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  • Rigoureuse indépendance vis-à-vis du pouvoir politique et formation très poussée, moyens matériels efficaces, tout cela, certes, est indispensable au corps judiciaire pour répondre aux demandes croissantes d'une société sans cesse plus complexe, qui tolère mal l'injustice (ou ce qu'elle tient pour tel) et dont les membres réclament de plus en plus qu'une tierce autorité les départage en cas de conflit. Encore faut-il que le magistrat qu'il soit agent de la société (procureur) ou bien organe de la loi (juge) sache que l'impartialité ne procède que de lui seul. Il doit se savoir dépendant d'abord de son milieu, de ses croyances, de ses amitiés, de ses inimitiés ; il doit être conscient des effets inattendus, parfois dévastateurs de la violence qu'il est chargé d'exercer ; enfin, il doit concilier l'irresponsabilité que son statut organise et se sentir responsable des sanctions qu'il est amené à prendre. Conditions ô combien difficiles à remplir.Pierre Truche a accompli une grande carrière dans la magistrature : il a été le « premier magistrat de France » en occupant de 1996 à 1999 le poste de premier président de la Cour de cassation, après une longue activité de procureur. Il a en outre été directeur des études à l'Ecole nationale de la magistrature (1974-1978), membre de la Commission Justice pénale et droits de l'homme en 1991, président du Comité de réflexion sur la création d'un tribunal international appelé à juger les crimes commis dans l'ex-Yougoslavie en 1993 et président de la Commission de réflexion sur la justice en 1997. C'est à la fois en humaniste et en expert qu'il s'interroge ici sur ce qu'aujourd'hui la nouvelle donne sociale requiert des hommes et des femmes qui rendent la justice.

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  • Compromissions

    Pierre Péan

    • Fayard
    • 8 Avril 2015

    Une enquête choc de Pierre Pean.

  • Des morceaux de cadavre humain sont expédiés en mai 2012 par la poste ou retrouvés en divers lieux à Montréal. Après une équipée rocambolesque qui le conduit du Québec à Paris, puis à Berlin, l´assassin présumé y est enfin reconnu et arrêté dans un cybercafé. Âgé d´une trentaine d´années, né d´une mère russe émigrée au Canada et d´un père italien, maltraité dans son enfance par ce père qui a tôt fait de l´abandonner, violé par le tuteur qui le prend en charge, il mène ensuite une vie d´escort-boy et d´acteur de films pornographiques gays. Drogué au Net, il commence à assouvir ses instincts de mort et son goût de l´exhibition en se faisant connaître sur la Toile comme « cat-killer » (tueur de chats). Il est soupçonné d´être passé à l´acte sur un de ses « clients », un jeune Chinois qu´il aurait massacré, découpé, consommé et dispersé. Karl Zéro a pu reconstituer l´ensemble des messages et aveux à caractère autobiographique diffusés sur le Net par Luka Rocco Magnotta, sous son nom ou sous pseudonyme, pendant près de dix ans, et a enquêté partout où a vécu et sévi celui qu´on surnomme désormais le « web-killer ». Il en a tiré un portrait cinématographique ainsi que ce livre qui, entrecoupé de commentaires de psychologues, médiologues, criminologues, par-delà la dérive démente d´un personnage hors du commun, illustre la face sombre d´un moyen de communication qui, sous couvert de convivialité, fait côtoyer l´enfer à des millions d´enfants et d´adolescents sans repères.

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  • Sait-on qu'aujourd'hui encore on compte 700 000 accidents du travail par an en France, soit 2 000 par jour ? Que 40 000 d'entre eux entraînent une incapacité permanente, et que 500 en moyenne sont mortels, soit une dizaine par semaine ? Comment sont jugés les contentieux de pareils drames humains ?
    Après son livre retentissant sur la justice des mineurs (Pas de quartier !, Fayard, 2011), Pierre Joxe explore ici un domaine peu connu et encore moins décrit : le fonctionnement des juridictions spécialisées dans l'application des lois sociales.
    Il s'agit en particulier du Conseil des prud'hommes, des tribunaux des affaires de sécurité sociale, des Commissions départementales d'aide sociale, des tribunaux du contentieux de l'incapacité, de la Cour nationale de l'incapacité et de la tarification de l'assurance des accidents du travail, de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées, etc.
    Comme à son habitude, Pierre Joxe illustre son propos d'études de cas et de « choses vues » ; il le complète en comparant l'état de notre droit social avec ses homologues allemand, suisse, belge, et conclut en proposant un plan à long terme pour créer un ordre de juridictions sociales à part entière, au sein d'un pouvoir judiciaire enfin rendu indépendant, en France, comme il l'est chez nos proches voisins européens qui consacrent tous plus de moyens humains et financiers à leur justice.

    Ancien ministre, ancien président de la Cour des comptes, Pierre Joxe a désormais revêtu la robe d'avocat.

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  • Marchands de droit

    Yves Dezalay

    • Fayard
    • 16 Septembre 1992

    Depuis quelques années, le monde des juristes d'affaires est en pleine effervescence. La course au gigantisme, la concurrence exacerbée, l'expansionnisme des grands cabinets de Wall Street ou de la City qui remet en question les monopoles nationaux édifiés par des générations de clercs, l'essor sans précédent du marché international du droit des affaires avec la mise en concurrence des modes de production du droit (et de la légitimité du droit), voilà quelques-unes des manifestations les plus visibles de ce legal big bang.

    Ces bouleversements coïncident _ et ce n'est pas par hasard _ avec l'accélération de la restructuration industrielle et financière. A la faveur des grandes OPA, les entrepreneurs ont redécouvert les mérites tactiques du droit. Pour se défendre comme pour attaquer. La guerre économique se transpose sur le terrain du droit. C'est vrai aussi de la nouvelle régulation économique transnationale qui devient l'enjeu d'une véritable bataille technologique. Pour le plus grand profit des clercs, mais en les obligeant à modifier profondément leur mode d'organisation pour s'imposer sur ce nouveau marché international de l'expertise. La restructuration du champ des practiciens d'affaires apparaît ainsi comme le corollaire de celle du monde économique.

    L'économisme du nouvel ordre juridique international n'est donc pas seulement un effet de mode; en mettant en concurrence les droits et leurs modes de production, les multinationales de l'expertise juridique ont introduit la logique marchande jusque dans les mécanismes de production du droit pur.

    Yves Dezalay est sociologue au CNRS. Il anime un groupe de travail européen sur les professionnels des affaires et l'internationalisation du marché du droit. Cet ouvrage est tiré de sa thèse d'Etat élaborée sous la direction de Pierre Bourdieu.

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  • Le plus grand bien

    Robert Badinter

    • Fayard
    • 14 Avril 2004

    Le 28 ventôse an XII, Portalis présente au Corps législatif le projet de loi réunissant les 36 lois civiles déjà votées, sous le titre « Code civil des Français ». Evoquant les travaux de codification, il s?écrie : « Dans le calme de toutes les passions et de tous les intérêts, on vit naître un projet de Code civil, coeest-à-dire LE PLUS GRAND BIEN que les hommes puissent donner et recevoir. » Pourquoi, là où la monarchie absolue et la Révolution avaient échoué, Bonaparte a-t-il réussi à doter la France doeun « Code civil des Français » ? Pourquoi la France, qui a changé dix fois de Constitution en deux siècles, a-t-elle conservé le Code civil ? Pourquoi la codification, de 1801 à 1804, demeure-t-elle comme la campagne doeItalie de loeart législatif ?


    Coeest la naissance politique de ce « plus grand bien » qui est retracée dans cet ouvrage.

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  • La police est un élément de la politique devenue rationnelle, mais elle n'est pas une forme de gestion ni même seulement une administration. occupée de « tout ce qui ne va pas », la police est au contraire une sorte de résidu de la politique devenue rationnelle. mais plus l'emprise du rationnel s'étend, plus ce qui ne va pas est multiforme, et plus la tâche de la police est indéterminée. par là même, sa fonction est de composer : basse politique, elle ne l'est pas au sens d'une politique appliquée, mais d'une politique qui compose avec les circonstances.
    Chargée de réaliser les conditions effectives de la politique, elle est un savoir et une intelligence de l'etat. elle doit prévoir, anticiper, protéger le politique en lui évitant les mauvaises surprises venues de la société. si une telle fonction semble, du point de vue descriptif, correspondre à l'activité de renseignement, de collecte d'informations, voire de surveillance secrète de l'opinion publique, c'est que celle-ci est apparue comme fondatrice de la police dès la lieutenance de paris. dès cette époque, en effet, la police, créée par louis xiv, est bien autre chose que la garde ou l'espionnage, mais une véritable clinique de la société, attentive à ses humeurs, proche de ses sentiments, instruite de tout ce qui s'y passe.

    Agrégée et docteur de philosophie, enseignante d'iufm, hélène l'heuillet est chargée de cours à l'université de paris-x-nanterre.

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  • Nous, représentants des peuples et des Etats souverains de l'Europe, héritiers d'une longue et douloureuse Histoire, dépositaires d'une grande civilisation, avons décidé de constituer ensemble une Union qui assure aux Européens les bienfaits de la paix, de la démocratie, des droits de l'homme, de l'éducation et de la culture, du progrès économique et social, d'un environnement protégé et de la solidarité.
    En conséquence, nous avons conclu le présent Traité qui donne à l'Union européenne une Constitution fondée sur nos valeurs communes.

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  • De par les trois fonctions internationales qu'il a occupées, Boutros Boutros-Ghali est à coup sûr l'un des hommes qui connaît le mieux la « jet set » de la politique planétaire : il n'est pas un pays, fût-il le moindre, dont il n'ait fréquenté les gouvernants, l'élite économique, les responsables religieux, les intellectuels éminents. Son journal est à cet égard un document ethnographique sans égal pour qui veut connaître les rituels et les figures les plus pittoresques de cette « gentry » contemporaine mondialisée. C'est aussi, plus gravement, un document exceptionnel sur six ans d'actualité internationale et sur la situation de la France (et de la langue et de ises) dans le monde. « A travers ces pages, je rends à la vie ce qu'elle m'a donné durant mes six années parisiennes. Ce Journal s'ouvre le 31 décembre 1996, - fin de mon mandat de secrétaire général des Nations Unies-, et s'achève le 31 décembre 2002, - fin de mon mandat de secrétaire général de la Francophonie. Il fut des jours sans écriture, il fut des jours avec. Il fut des jours où j'écrivais en témoin privilégié, des jours où j'écrivais en rêveur impénitent. Certains événements importants, ayant fait l'objet de symposiums, de publications, de comptes rendus dans la presse, ont été passés sous silence, alors que d'autres, apparemment insignifiants au regard de la petite ou de la grande histoire, ont fait l'objet de longs commentaires. C'est le propre du Journal intime. » B.B.G

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