Littérature argumentative

  • Intolérable

    Collectif

    Le 8 février 1971, une deuxième grève de la faim de « prisonniers politiques » prend fin, ayant réussi à populariser leur lutte contre l'incarcération de militants proches de l'ex Gauche Prolétarienne et de La Cause du peuple. C'est aussi la date de création du Groupe d'Information sur les Prisons (GIP) par Daniel Defert, Gilles Deleuze, Jean-Marie Domenach, Jacques Donzelot, Michel Foucault, Danielle Rancière, Pierre Vidal-Naquet.
    Deux années durant, ce groupe d'intellectuels a rassemblé des détenus, ex détenus, familles de détenus, aumôniers, travailleurs sociaux et psychiatres autour d'une volonté commune de pratiquer une « intolérance active » contre l'intolérable : l'univers carcéral. Il annoncera sa propre dissolution en 1973, laissant d'autres collectifs prendre la relève. Entre-temps, il aura accompli un travail considérable, en s'en tenant à sa position de départ : exister comme instrument de relais et non comme porte-parole des prisonniers.
    Cette expérience collective a donné lieu à quatre brochures intitulées Intolérable, deux diffusées par Champ libre en 1971 (I : Enquête dans 20 prisons ; II : Prison modèle, Fleury-Mérogis), deux autres diffusées par Gallimard en 1972 (III : L'assassinat de George Jackson, préface de Jean Genet ; IV : Suicides de prison).
    Le présent volume rassemble l'intégralité de ces brochures, en leur adjoignant les Cahiers de revendication sortis des prisons lors des récentes révoltes ainsi qu'une chronologie des événements intercalée entre chaque document. Il est contextualisé et postfacé par

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  • Babe - un surnom d'enfance rendant hommage aux étonnantes capacités mémorielles de Jack Kerouac - contribue à casser un peu plus la gangue opaque de cette légende Road, Sex & Drug, qui depuis la parution et le succès fracassant de Sur la Route masquait la véritable nature et la force de cet écrivain authentique. Memory Babe contient aussi les révélations inédites de plus de trois cents personnes qui furent les intimes de Kerouac, et que Gerald Nicolas rencontra pour faire de ce livre le compte rendu le plus détaillé, le plus précis de l'errance et de la créativité de celui qui, plus que le précurseur ou l'inventeur des beatniks, reste avant tout l'un des écrivains américains les plus novateurs. Car bien plus qu'un écrivain voyageur, Kerouac fut avant tout un écrivain de la fuite.

  • " Chante la colère " : aux premiers mots de la littérature, ceux de L'Iliade, il y a déjà la rage.
    La littérature réellement vécue est d'essence scandaleuse : une parole singulière s'élève, qui refuse le carcan du Verbe collectif. Mais comment dire cette dimension essentielle, piégée par un " univers communicationnaire " où la notion même de scandale a été recyclée, annihilée, alors que la déroute des théories nous prive des outils nécessaires pour en témoigner ? Si la création littéraire (l'écriture et la lecture) est sans cesse renvoyée au pur divertissement, c'est justement parce qu'elle ouvre à un " autrement du monde " qui pourrait bien s'affirmer le vecteur de la résistance la plus concrète aux idéologies dominantes en ce qu'elle est, par excellence, le lieu d'un échange irréductible aux normes de la communication.
    Roman d'une théorie improbable plutôt que théorie d'un roman impossible, cet essai témoigne d'une expérience, que l'on peut dire littéraire si l'on veut bien entendre que la littérature et la vie sont les deux faces infiniment réversibles d'un même ruban de Möbius.

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