Sports

  • Plat. Déterminer qui sera l'homme le plus rapide du monde. Plus vite, plus haut, plus fort! C'est la devise de l'olympisme qui n'a pas toujours consisté à battre des records. Car dans la Grèce Antique, les Jeux Olympiques étaient consacrés à Zeus, le dieu des dieux et non à des multinationales.
    Réaliser des exploits était d'abord une manière de se rapprocher des divinités. Pour le spécialiste de la Grèce Antique, Jean-Pierre Vernant : "Le vainqueur n'est pas vu comme celui qui établirait un nouveau record, mais comme celui auquel les dieux ont accordé la grâce de l'emporter". Mais depuis les J.O. modernes du baron Pierre de Coubertin, les dieux des stades que sont devenus les champions ne songent qu'à battre record sur record.
    Avec comme revers de la médaille: le dopage, l'argent comme aiguillon néfaste car trop souvent il dénature l'idéal sportif, la course effrénée à la technologie ensuite qui fausse parfois les résultats. Pire, de nombreux champions sont morts prématurément, ce qui a attisé une suspicion légitime. D'autres souffrent de cancers ou diverses maladies incurables. Usés par les produits illicites, devenus le moteur de la course aux records, comme ce fut le cas pour les athlètes de l'ex- Allemagne de l'Est? Aujourd'hui, des études scientifiques tendent à prouver que l'homme a presque atteint ses limites physiques.
    Assistera-t-on alors à la fin du sport moderne? Et si les sportifs n'étaient que les dépositaires voire les victimes de cette course à la performance qui gangrène l'ensemble de la société?

  • à rétardement

    Michel Embareck

    Comment prendre au sérieux ce jeu, le seul jeu où le ballon n'est pas rond et n'en fait qu'à sa tête ? Un jeu où l'on avance en faisant des passes vers l'arrière.
    Depuis 2007, Libération a eu la bonne idée de demander à Michel Embareck, écrivain amateur de rugby, des chroniques très décalées. Elles se sont, depuis, installées dans les colonnes du quotidien. Les voici rassemblées et augmentées d'une double ration de textes inédits. De ces chroniques, Christian Montaignac, grand manitou de l'Ovalie littéraire écrit : "Michel Embareck, qui n'a pas les oreilles en chou-fleur ou le nez de guingois, appartient sans conteste à la caste des pianistes avec cette manière de jouer, "léger et rusé", sur tout le clavier là où les voleurs de feu transportent les amoureux du jeu".
    Nul besoin d'être initié aux subtilités du rugby pour savourer ce livre, prétexte à s'aventurer très loin du terrain.

  • En regardant ces épaves qui ont eu une vie, Klaod Roparz a sans doute pensé à ses ancêtres qui avaient peut-être navigué sur ces merveilleux thoniers, langoustiers et autres.

    Photographe de profession il immortalise ces épaves pour mieux rendre hommage aux hommes qui naviguèrent dessus. En les observant il s'est aperçu que les empreintes du temps et de la vie à bord sont encore très présentes lorsqu'on sait voir au-delà des choses, l'âme des marins est là. Le bateau a le même cheminement que le marin, corps et âmes suivent le même trajet de vie et ils ont le même chemin de transformation. Squelettes de bois, d'acier, la décomposition, le dépouillement de l'enveloppe charnelle est identique et que reste-t-il ? L'imaginaire ! Où chacun projette sa propre histoire. L'usure du temps, les rides creusaient, par le jeu d'un calfatage disparu, les membrures et bordées tellement comparables à la cage thoracique humaine.

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