Littérature générale

  • Candide

    Voltaire

    Ecrire c'est dessiner et dessiner c'est écrire.
    La collection " Un double regard " se propose d'interroger les frontières que l'art occidental érige entre écriture et arts visuels. Dans l'idéogramme chinois, la lettre est figure ; dans le hiéroglyphe égyptien, le signe a valeur d'image. La scission entre la figure et la lettre, entre le signe et l'image, n'est pas, loin s'en faut, une barrière définitive. Des artistes font de cette césure le moteur même de leur création.
    Le cinématographe, la bande dessinée, l'illustration, la poésie sont des pratiques qui manifestent le goût du décloisonnement. Les échanges entre les deux pôles actifs du lisible et du visible soulignent combien le support devient un enjeu pour de telles recherches. L'écran, la toile, la page autorisent une perception unifiée d'un dessin et d'un texte, d'un mot et d'une image. Entre les deux éléments la circulation de l'oeil tisse des liens, construit des chemins, fraye des traverses, exalte des jointures.
    Ainsi est transgressée la ligne imaginaire qui sépare les deux aspects de la création au profit d'une ouverture, d'un double regard. Cette collection s'ouvre par un inédit surprenant et sensationnel : l'illustration du Candide de Voltaire par Paul Klee que les Français n'ont jamais vue. Ce n'est que la première des belles surprises que nous réservons à nos lecteurs.

  • A. Dumas reprend dans ce roman une histoire contée par son maître d'armes, Augustin Grisier, revenu d'un séjour en Russie : celle d'un jeune aristocrate déporté en Sibérie pour avoir participé à la conspiration de décembre 1825 et d'une jeune Française, Pauline Geuble, modiste à Saint-Pétersbourg, qui partagea son sort et passa le reste de sa vie à ses côtés.


  • écrit en 1992, et situé dans les années 50, ce roman de jean métellus reste d'une étonnante actualité : le personnage central, louis vortex, chassé d'haïti par une dictature aussi cruelle qu'aveugle, vient vivre à paris un douloureux exil.

    l'évocation de la vie haïtienne, avec l'oppression brutale, la corruption d'un régime bafouant les intérêts vitaux d'une population réduite au pire des sous-développements, ramène à l'histoire contemporaine : le sinistre règne de jean-bertrand aristide n'est que la continuité, comme on le sait, de ces années de cendre. aussi actuel est le drame de l'exil que connaît louis vortex, comme nombre de ses compatriotes.
    celui d'un être déchiré entre l'aspiration à un destin individuel et le combat révolutionnaire, entre la foi chrétienne et l'action militante, entre l'amour qu'il porte à sa femme restée en haïti et la passion que lui inspire une jeune française, avant de découvrir qu'exilé à paris, il le sera en haïti s'il y retourne un jour, condamné à se sentir étranger à lui-même. pourtant, hanté par le souvenir du pays natal, de ses senteurs, de ses saveurs, de ses paysages, habité par une sensualité à fleur de peau, il reste haïtien jusqu'au plus profond de son être.
    figures fortes, généreuses ou implacables, tourmentées ou résolues, riches d'une humanité sans limites. , la communauté haïtienne de paris préfigure ce que pourrait être demain haïti, enfin rendu à son peuple et aux couleurs luxuriantes de l'épanouissement.

  • Les Chroniques quechua, composées comme des récits mythologiques, racontent la naissance du monde et la répartition de l'univers entre les dieux, l'installation du peuple quechua dans les Andes à Cuzco, au " Pays des quatre Régions ", le Tawantinsuyu, et l'élaboration de la civilisation de l'Inca jusqu'à l'arrivée du premier conquistador.
    Dans un style épuré, dépouillé d'intention didactique et privilégiant le poétique, Mario Turpo Choquehuanca, quechua lui-même, retranscrit les récits anciens de son peuple, transmis au fil des générations, donnant aux Chroniques quechua la saveur étrange - entre tradition et modernité - d'une légende vivante. Il ouvre ainsi au lecteur simultanément deux horizons sur le monde méconnu des Hauts-Plateaux andins : celui de la culture contemporaine des Indiens Quechua, et celui, plus célèbre mais non moins ignoré en réalité, des mythes anciens des Incas.

  • Antoine Galland (1616-1714) est connu comme le premier traducteur des Mille et une nuits.
    Mais il n'est pas que cela. Il a traduit et écrit d'autres livres dont ces Paroles remarquables. Il se confirme que pour nous Galland est un précoce complice qui cherche à élargir le champ de la référence pour le lecteur européen, lequel est déjà initié au genre par les Apophtegmes de Plutarque ou les Dicta Memoratu digna de Valère Maxime. " Mon dessein est de faire connaître quel est l'esprit et le génie des Orientaux.
    " Dans la manière de conduire ce dessein, nous retrouvons la méthode de Galland, à savoir la conjonction du témoignage des Orientaux sur eux-mêmes et le vécu de l'auteur parmi eux : " J'ai puisé des mêmes originaux ou des connaissances que j'ai acquises dans mes voyages au Levant " ; ainsi ce livre ne contient " rien que je n'ai lu dans les livres arabes, persans et turcs, ou que je n'aie vu et connu par moi-même ".
    Et l'approche comparative se déduit par ce jugement qui conclut à l'égalité du sujet oriental tant dans l'exercice de l'intelligence que dans l'entretien éthique : " Et comme les paroles remarquables représentent la droiture et l'équité de l'âme, et que les bons mots marquent la vivacité, la subtilité, ou même la naïveté de l'esprit, on aura lieu sous ce double titre, de connaître que les Orientaux n'ont pas l'esprit ni moins droit, ni moins vif que les peuples du Couchant.
    ".

  • Pour définir le personnage désigné par le titre "Nègre tricolore", l'auteur part du personnage historique du Nègre marron, terme pour désigner cet homme qui, dès l'aube de l'esclavage, a refusé la domination quelle qu'elle soit et a pris le chemin de la forêt.
    Une sorte de Caliban, démuni, certes, mais libre et fier ! Cependant, un autre nègre est resté dans la maison du maître, où ses besoins primaires étaient assurés, en attendant qu'un jour le bon maître pense à lui donner une liberté, même partielle. Entre-temps, habitué à la soumission, cet Ariel s'est alors forgé une mentalité, dont l'abolition ne l'a pas débarrassé. Car, si l'esclavage, en tant que système, a été aboli, la mentalité d'esclave sous-jacente, ne l'a jamais été.
    A travers les textes de quelques écrivains - Damas, Stéphenson, Patient et Taubira-Delannon - cet ouvrage explore les principales manifestations de cette mentalité. Le Nègre tricolore, forgé par une abolition et une décolonisation bâclées, "marche en reculant, le dos courbé". Il a perdu le sens du destin collectif. Piégé, habité par une permanente peur, il privilégie, par conséquent, la trajectoire personnelle, l'opportunisme, voire la trahison...
    Il a également perdu le sens de la liberté, du combat obstiné pour la dignité, car la soumission franche, déguisée ou sournoise est enracinée en lui. De même, il cultive l'oubli de soi et de l'histoire collective ; alors, il puise ses expédients dans l'institutionnalisation de l'amusement gratuit et dans un attachement indéfectible au maître, tout en affichant, de temps à autre, quelque mauvaise humeur.
    On peut se demander si le Nègre tricolore retrouvera un jour le sens de la dignité ?

  • " LEE Kwang-Soo est comme une blessure qui s'aggrave chaque fois qu'on la touche ", dit la critique coréenne sur l'auteur de ce roman.
    Car, si cet écrivain a marqué l'histoire de la littérature de son pays, son comportement projaponais, dans une Corée sous occupation japonaise, a profondément meurtri la vie politique coréenne de la première partie du XXe, siècle. Amour est ici présenté pour la première fois aux lecteurs francophones. L'histoire implique trois personnages principaux : Bin AN, médecin-écrivain, Sounok SO qui l'aime sincèrement et Yang HO qui aime Sounok charnellement.
    Apparemment une relation d'amour triangulaire assez banale. Pourtant, la recherche, dans différentes sortes d'amour, d'une théorie sur la psychologie amoureuse à travers la réaction chimique du sang, ainsi que la description d'un amour " pur " platonique, proche du mysticisme et de la dévotion, nous plongent dans un univers poétique touchant et attachant.

  • Traumatismes engendrés par la colonisation, souffrance, ressentiment mais aussi nostalgie et espérance traversent les essais que voici, liés par un thème récurrent : celui de la culture coréenne à la rencontre de la modernisation sous l'occupation japonaise.
    La première étude, " La formation du roman coréen ", présente la naissance du " nouveau roman " coréen et son évolution vers la modernité dans le contexte politico-social le plus sombre de toute l'histoire de la Corée. Le deuxième essai, " Le poète à l'époque malheureuse " à travers la poésie de Han Yong-un, raconte la douleur d'un peuple martyrisé sous le joug étranger. Enfin le dernier texte, " Réflexions sur les conditions d'un développement subjectif de notre culture ", prône la préservation du patrimoine historique tout en assimilant les autres cultures par la réflexion individuelle dans un environnement démocratique.
    Ces essais sont le fruit de la réflexion de Kim Uchang, l'une des figures les plus représentatives de la critique littéraire coréenne actuelle.

  • Voici un roman qui évoque une des grandes énigmes de l'histoire coréenne ; une page sanglante aussi.
    En 1762, le grand roi Yong-jo fait périr dans des conditions particulièrement atroces, son propre fils, le prince héritier Sa-do. Quel fut le mobile de cette terrible action ? A ce jour, la controverse n'est pas éteinte. Ou bien le prince était devenu fou et la raison d'Etat exigeait qu'on l'élimine, ou bien son sens politique aigu apparaissait comme un danger. En conséquence, il aurait été victime d'un complot ourdi par ses ennemis, la faction au pouvoir baptisée " l'Ancienne doctrine ".
    Le roman se déroule trente-huit ans après l'assassinat du prince Sa-do, à la fin du règne de Chong-jo, son fils et petit-fils de Yong-jo. L'auteur soutient la thèse du complot et montre la préparation minutieuse de la vengeance du roi et son échec devant le pouvoir de l'opposition. C'est un côté dramatique auquel a été donné un aspect policier. Le lecteur pénètre ainsi dans le monde clos du palais et des hauts fonctionnaires dont certains sont liés aux premiers chrétiens, ou comme on disait à l'époque, aux adeptes de la science occidentale.
    La Corée est encore mal connue du public français. Le roman, en lui faisant découvrir la vie et la civilisation traditionnelles, est peut-être une belle introduction à la culture de ce pays.

  • Ouvrage original du grand comparatiste qu'est Michel Cadot, professeur émérite de la Sorbonne, ce livre montre, à travers l''uvre de Dostoïevski et ses échos dans toute la littérature européenne et française en particulier (Gide, Suarès, Péguy, Claudel, Camus, Sartre, entre autres), comment l'écrivain russe a marqué l'aboutissement du roman moderne tel qu'il est apparu avec le Don Quichotte de Cervantès : l'expression de l'accord désormais impossible entre le héros et le monde.

  • Publiés de manière sporadique, introduits dans des textes sans rapport avec eux, les dessins de Franz Kafka ont été presque totalement passés sous silence par la critique, sans compter la volonté testamentaire de l'auteur de détruire son 'uvre après sa mort. Pour la première fois, ils font l'objet d'une analyse sérieuse autant graphique que littéraire. étroitement liés aux courants artistiques allemands de son époque, ces dessins permettent surtout une approche privilégiée de la façon dont Franz Kafka appréhendait le monde, et de la genèse de ses 'uvres littéraires.

  • Montre l'évolution de ce motif littéraire sur trente ans de production, des Orientales à La légende des siècles.

  • Cet ouvrage permet de redécouvrir l'un des plus grands prosateurs français du siècle de Louis XIV.
    Il s'agit d'Antoine Galland, envoyé comme traducteur aux côtés de l'ambassadeur du Roi à Istanbul entre 1672 et 1673. Son journal de voyage, singulièrement tenu pendant ces deux années, rend compte de ce qu'il découvre dans son rôle d'interprète officiel, et nous offre au jour le jour des descriptions de la vie quotidienne à Istanbul, au hasard de l'insondable Grand Bazar et jusqu'à Andrinople. Dans la très belle prose de son époque, ce grand érudit, qui connaissait en profondeur le persan, le turc et l'arabe, évoque, parmi les anecdotes, la mission personnelle dont l'avait chargé Colbert : la recherche de manuscrits anciens destinés aux travaux du Collège royal.
    Chemin faisant, entre contes et fables, cet " honnête homme " découvre avec bonheur que les Orientaux n'ont pas l'esprit moins droit ou moins vif que les peuples du Couchant. Quant à sa mission, elle vaut aujourd'hui à la Bibliothèque Nationale de posséder, entre autres trésors de la même origine, un manuscrit des Mille et Une Nuits datant du XIVe siècle, qui fait l'envie du monde entier. Rappelons qu'Antoine Galland est l'auteur de la toute première traduction des mêmes Mille et Une Nuits et que, au regard des historiens de la littérature française, celle-ci constitue, dans notre prose, l'étape intermédiaire entre La Princesse de Clèves et Zadig.

  • Tout le monde connaît Alexandre Dumas et tout le monde connaît Le Comte de Monte-Cristo.
    Traduit en vingt-deux langues, il demeure le roman le plus lu au monde. Monte-Cristo, c'est d'abord le nom d'un port haïtien, le berceau de la famille antillaise à laquelle Dumas doit son patronyme et son métissage. Dumas dévide ensuite six autres Monte-Cristo qui balayent les clichés : Dumas, un plagiaire enrôlant des nègres ? Le Comte de Monte-Cristo, un roman de gare ? Allons donc ! Alexandre ne sous-traite pas son nom de plume, il signe avec une insouciance solaire son âme et son histoire : " Il y a une chose que j'ai souvent remarquée ; on connaît toujours assez l'oeuvre, on ne connaît jamais assez l'auteur - et cependant il y a une si grande liaison entre l'un et l'autre qu'on ne peut les juger que l'un par l'autre.
    " Riche et célèbre, Alexandre Dumas bâtit à Port-Marly le décor de sa créature. Puis il dessine au théâtre, un Comte de Monte-Cristo démesuré. Dix ans plus tard, il lance un hebdomadaire, Le Monte-Cristo, qui reprend son périple en Russie. En 1860, Alexandre arme une goélette, Le Monte-Cristo, pour s'engager dans la libération de l'Italie, le rêve de l'abbé Faria. Dumas consignait à quinze ans ses essais culinaires.
    Monte Cristo a encore les honneurs d'une recette tandis que le romancier souffle aux planteurs cubains le nom de Monte-Cristo pour baptiser un cigare qui décuple depuis ses fragrances.

  • Très jeune, Didier Destremau s'est passionné pour le monde arabe.
    Déjà au lycée, il avait, choisi d'apprendre en première langue l'arabe, avant même l'anglais. Amené longtemps par sa vie professionnelle, et notamment celle de diplomate, à parcourir et à vivre au Maghreb et au Machrek, il s'est particulièrement penché sur le problème palestinien et a découvert l'immense douleur de la tragédie de ce peuple. La rencontre quotidienne avec Teisir, un Palestinien d'une trentaine d'années qui l'aidait à améliorer ses connaissances linguistiques, lui a donné l'idée d'écrire ce livre d'où émerge l'intensité de la souffrance que provoque cette situation pérenne de chaque Palestinien, où qu'il soit.
    C'est donc cet homme, Teisir, qui lui a fourni la trame du personnage central, Adel, le malheureux héros de ce récit, dont la vie est une véritable et consternante saga. L'auteur disposait aussi de multiples autres témoignages qu'il a intégrés dans la vie d'Adel. A travers la vie et les sentiments de son personnage, l'auteur a fait une réelle synthèse de l'existence du peuple palestinien durant ces cinquante dernières années.
    C'est cette immense saga qu'il ouvre ici, à travers un roman qui a valeur d'essai.

  • La capitulation du Japon met fin à la deuxième guerre mondiale et libère, par la même occasion, la Corée du joug colonial des envahisseurs nippons.
    Mais le peuple coréen, à peine délivré du féodalisme et de la domination étrangère, devient l'enjeu d'un affrontement politique puis militaire entre les tenants du communisme et ceux du capitalisme. Une sanglante guerre civile, qui prendra vite les allures d'une troisième guerre mondiale, ravage pendant trois ans le petit pays que la paix revenue trouvera exsangue et divisé - à l'instar de l'Allemagne - en deux républiques ennemies.
    Cet ouvrage est la chronique romancée des cinquante dernières années d'affrontement entre le nord et le sud de la Corée, vu à travers les aventures du malheureux Chul Woo, petit propriétaire terrien nordiste contraint à l'exode. Marié au Nord puis au Sud, pourchassé, humilié et battu, puis fêté et encouragé dans sa réussite nouvelle, il franchit toutes les étapes du miracle économique sans réussir pour autant à se délivrer de la blessure qui le déchire.
    Il tente désespérément, jusqu'à la mort, l'impossible réunification de ses amours, de sa famille, de son pays. Cette fresque vivante et colorée, aux allures de saga, du destin des victimes innombrables de la guerre civile, devrait séduire un public occidental désormais curieux de comprendre ce qui se joue de son avenir dans le lointain Orient.

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