Religion & Esotérisme

  • Penseur majeur du XIXe siècle, Ernest Renan affirma : "L'islamisme ne peut exister que comme religion officielle ; quand on le réduira à l'état de religion libre et individuelle, il périra. L'islamisme n'est pas seulement une religion d'Etat, comme l'a été le catholicisme en France, sous Louis XIV, comme il l'est encore en Espagne, c'est la religion excluant l'État [...]. L'islam est le dédain de la science, la suppression de la société civile[...]." Djeman ad Dîn (1838-1897), intellectuel musulman d'origine persane, en voyage à Paris, lui répondit dans Le Journal des Débats : "Les religions, de quelque nom qu'on les désigne, se ressemblent toutes. Aucune entente ni aucune réconciliation ne sont possibles entre les religions et la philosophie. La religion impose à l'homme sa foi et sa croyance, tandis que la philosophie l'en affranchit totalement ou en partie. Comment veut-on dès lors qu'elles s'entendent entre elles ?"

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  • Le Coran n'est pas un livre facile d'accès et les études censées favoriser sa compréhension sont généralement insatisfaisantes. Elles s'appuient principalement sur la tradition musulmane qui ignore ou occulte ce qu'elle doit aux deux monothéismes qui l'ont précédée et aux textes juifs en particulier.
    Pour les musulmans, le Coran reprend mot à mot la parole divine transmise au Prophète par l'archange Gabriel à partir de 610-612 jusqu'à sa mort en 632. Il n'aurait pas subi d'altération après sa révélation. Il serait incréé et bien antérieur aux livres saints des autres monothéismes, falsifiés, selon la tradition islamique, en prévision de la prédication de Mahomet. Cela expliquerait des différences notables dans certains récits communs aux trois religions.
    La fixation canonique du texte remonterait au troisième calife, Othmân qui aurait régné entre 644 et 656, et qui ordonna la destruction de toutes les copies précédentes dont celle d'Ali ibn Abi Talib, gendre de Mahomet.
    Cette lecture du Coran à la lumière de la Bible révèle les divergences essentielles entre le judaïsme et l'islam. Elles ne relèvent pas du contexte politique actuel au Moyen Orient, comme on voudrait nous le faire croire, mais d'un contentieux remontant au VIIe siècle.

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  • Le Conte des sept mendiants de Nahman de Bratslav (1775-1810) fut lu et admiré par, entre autres, Franz Kafka, Martin Buber ou Shmuel Yosef Agnon. Comme le veut la tradition des contes populaires juifs d'Europe orientale, il a été, en 1810, dit en yiddish lors d'un repas du Shabbat par son auteur. Il a ensuite été transcrit en hébreu et en yiddish et a abondamment circulé au point de devenir un des textes classiques de la littérature juive.

    L'originalité de cette édition est de présenter une nouvelle traduction du yiddish, à partir d'une des premières versions du Conte. Les peintures et dessins de Sandra Zemor, qui a su remarquablement transcrire l'univers spirituel de Nahman de Bratslav, lui font écho. Les correspondances entre les thèmes fondamentaux de la tradition juive, de la Kabbale lourianique entre autres et de leurs résonances contemporaines dévoilent ici plus que la légende. Loin d'être uniquement une histoire juive des temps anciens, le récit et son accompagnement pictural doivent être abordés comme une méditation pour le peuple juif de notre temps et pour l'humanité.

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  • à la suite des démarches théoriques de Freud et de Lacan, Itzhak Benyamini tente de défier leur façon de penser, non en la contredisant simplement mais en évoquant le mode dialectique sur lequel fonctionne l'émancipation paulinienne. Selon lui, les épîtres de Paul créent simultanément deux dimensions de la subjectivité occidentale. Elles fondent une communauté de fils privés de père, destinés à s'émanciper, dans un futur immédiat tant de la dimension de la loi que de celle de la mort qui la domine - qu'il s'agisse de la loi religieuse de la Torah ou de la loi dans son sens impérial.
    En ce sens, du point de vue de l'auteur, à la suite de Freud et de Lacan, Paul est également le fondateur, dans la culture occidentale, d'une certaine forme d'émancipation coercitive, tel que l'incarneront la révolution jacobine, le communisme et le discours d'amour et d'émancipation du libéralisme, qui se répand en flattant les divers egos à travers le monde.

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  • Celui qui est désigné par le nom de bouddha est détaché de son ego.
    Il use du "je" tout en parlant de lui à la troisième personne. il est donc tentant de se fondre dans sa parole en disant "je" à sa place, mais le discours ainsi prononcé ne peut l'être en aucun nom.
    Autobiographies donc, où les épisodes de la vie du bouddha se répondent dans le temps et dans l'espace, traçant l'épopée d'une conscience en quête de l'eveil.
    Deux voix s'y font entendre plus que les autres.
    La première appartient à l'homme qui a vécu, souffert, éprouvé la difficulté d'être avant de s'éveiller à une sagesse libératrice. son ton se reconnaît car il part de la conscience, du vécu et de l'expérience pour arriver à dire ce qui est. cette voix représente le bouddha des sources historiques.
    La seconde 'vient de plus loin, de l'être pur et parfait qui se destine depuis toujours à porter le message de la libération aux hommes.
    Par son nom, bodhisattva, il apaise l'angoisse des éprouvés et leur montre le chemin du salut. il est aussi le bouddha.
    Après l'eveil, la voix du bouddha se retire derrière les événements de sa carrière et le disciple infatigable s'engage à la restituer.
    Fondé sur l'alternance de ces deux paroles en un seul homme, le discours autobiographique capte aussi d'autres voix où s'entend encore l'eveillé. le texte se fait parfois poème pour chanter la vérité, d'autres fois, quand il dit la souffrance de l'être créé, il touche à ses limites.

  • « Dogmatisme », voilà un mot que l'on n'aime pas. Et pourtant, aujourd'hui, le christianisme qui a le vent en poupe, celui des églises évangéliques, des fondamentalistes et des intégristes, est bien un christianisme dogmatique.
    Pourquoi les chrétiens confessent-ils un credo si déconcertant ? Comment s'articule ce qu'ils croient intimement avec ce qu'ils confessent collectivement et rituellement ? Quelle vérité peut-on encore reconnaître aux dogmes du christianisme ? Faut-il les voir comme une expression symbolique de notre croyance en « Dieu » ou plutôt comme un « jeu de langage » culturel qui s'est imposé par la coutume ?
    Cet ouvrage prend de front des questions que l'on voudrait taire. Pourquoi aimons-nous croire l'incroyable ? Les articles de foi que propose le christianisme auraient-ils valeur de fétiches rassurants ou de slogans communautaires ? Y aurait-il en nous un goût pour les illusions volontaires, voire les idéologies totalitaires ? Et si oui, pourquoi ?
    L'auteur répond à ces questions avec les outils de l'anthropologie, de la sociologie et de la psychanalyse. Il rédige ainsi un essai décapant, tonique et limpide.
    Cet ouvrage est préfacé par Sophie Mijolla-Mellor, psychanalyste et professeur honoraire aux Universités.
    Alain Houziaux est essayiste, philosophe et théologien. Il a publié, entre autres, Les grandes énigmes du Credo, commentaire du Symbole des Apôtres (DDB 2003) et Dix questions simples sur Dieu et la religion (Albin Michel 2007).

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  • Rabbi Yonathan (IIe siècle) concevait le Golem comme un embryon dont les membres n'ont pas encore été formés tandis que le Talmud le désigne comme la créature aux dons intellectuels et sociaux demeurés à l'état brut.
    À la suite d'une expérience extatique, un rabbin façonna une statue d'argile, un golem, animée par le pouvoir des lettres hébraïques. Il grava sur son front le mot Emet (vérité), ce qui lui donna vie.
    Mais le Golem, créé au départ pour protéger le ghetto, devint si dangereux que son créateur effaça le E de son front, ce qui transforma l'inscription en Met (mort) et le fit ainsi retourner à la terre.
    Gustav Meyrink (1868-1932), popularisa le mythe à travers son livre Le Golem publié en 1915. Depuis, ce thème fut traité par différents auteurs dont Isaac Bashevis Singer (1904-1991), prix Nobel de littérature en 1978.

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  • Des héritiers du plus ancien monothéisme de l'histoire de l'Occident, le judaïsme, comptent désormais parmi les plus fervents pratiquants d'un polythéisme importé d'Orient, le bouddhisme, au point d'en être les plus actifs adeptes et promoteurs sous nos latitudes.
    Depuis un demi-siècle, les Jubus - « mi-juifs-mi-bouddhistes » - s'efforcent ainsi d'inventer une forme hybride de spiritualité, qui mêlerait des « racines juives et des pétales bouddhistes » comme le veut l'expression consacrée Outre-Atlantique. Mais jusqu'à quel point et avec quels effets ? A partir d'une enquête menée sur plusieurs continents, ce livre dresse un portrait des Jubus et analyse les conditions historiques comme les limites culturelles de ce métissage original. C'est tout l'arrière-plan des rendez-vous manqués ou des rencontres plus manifestes entre deux religions orientales (l'une, Proche-orientale et l'autre, Extrême-orientale) qui se révèle pour rendre compte d'antiques et complexes relations que le judaïsme a pu entretenir avec les religions de l'Asie.

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  • La seule source écrite dont nous disposons pour connaître Moïse reste la Bible et, plus précisément, le livre de l'Exode.
    Mais ses récits relevant plus de la légende que de l'histoire telle que nous la concevons aujourd'hui, il est indispensable de les confronter à ce que nous avons appris, entre autres par les découvertes archéologiques, du milieu culturel et religieux où vécut le Législateur.
    La légende n'en est pas pour autant à rejeter au niveau de la fable. Il semble qu'elle ait conservé le souvenir de ce qui a touché l'âme du peuple et, pour cela, sa valeur est considérable.
    Elle sera enrichie au cours des siècles par les commentateurs, de Philon d'Alexandrie (1er siècle) aux rabbins contemporains en passant par Rachi de Troyes (XlIe siècle). Mais l'histoire est quelquefois plus belle que la légende.
    Le résultat auquel parvient le rédacteur de ce livre est bien évidemment une hypothèse supplémentaire. Dans cette Autobiographie, Moïse parle de sa jeunesse en Egypte, à la cour de Pharaon.
    Il raconte que sa mère, princesse de ce pays, l'a initié au culte du dieu unique qu'avait tenté d'instaurer Akhénaton, le pharaon "hérétique". Il replace ainsi la découverte de Yahvé dans la société de son temps. Moïse ne créera pas une nouvelle religion pour les Hébreux, mais il renouvellera l'Alliance passée avec les Patriarches en l'enrichissant.
    "Je ne veux pas perdre le nom que ma mère m'a donné et que les Hébreux traduisent par Sauvé des eaux " déclare Moïse dans cette autobiographie.
    " Ce nom dit autre chose que l'histoire proposée par leurs livres dont les récits me contraignent et m'étouffent. Je ne veux pas me sacrifier à l'image qu'ils offrent d'un Moise changé par la vie que les scribes lui ont imaginée et qui se superpose à ce que j'étais dans ma lointaine jeunesse pour taire ce que je suis véritablement. ".

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  • Un dictionnaire exhaustif concernant les trois traditions abrahamiques.
    Après une Introduction éclairant le phénomène millénariste et celui de l'Attente, Henri Desroche, en historien ne tenant pas compte des mythes religieux mais des faits avérés dont témoignent les textes rédigés à la même époque, nous propose un dictionnaire des millénaristes et des Messies du 1er siècle à nos jours, dans les traditions juives, chrétienne et musulmane. Près de 1000 notices, complétées à sa demande, font de cet ouvrage un livre essentiel pour tous ceux que passionne l'histoire de religions, indissociable de celle des mentalités.
    Préface d'Emile Poulat.

  • Dès le XIIIe siècle, une rumeur persistante affirmait qu'un texte accusant Moïse, Jésus-Christ et Mahomet d'imposture circulait secrètement à travers l'Europe. Au fil des ans, on attribua ce texte à Frédéric H, Boccace, Pomponazzi, Machiavel, Michel Servet, Giordano Bruno, Spinoza, entre autres ; bref à des hommes considérés comme blasphémateurs ou hérétiques.
    Le thème des trois imposteurs fut remis en vogue dans l'Europe des Lumières, où plusieurs livres nommés Traité des trois imposteurs furent publiés et circulèrent clandestinement. L'un d'eux, rédigé en français, est plus connu sous le nom de La Vie et l'esprit de M Benoit Spinoza ou l'Esprit de Spinoza. Le mythique Tractatus de tribus impostoribus médiéval devenait enfin une réalité. Il fut réédité de nombreuses fois avec des variantes plus ou moins importantes et arbitrairement attribué à différents auteurs. Une version, due à son éditeur, le baron d'Holbach, fut publiée en 1777.

  • L'arrivée d'Hitler au pouvoir en 1933, sur fond de crise européenne, a donné une nouvelle figure et un nouvel élan à un antisémitisme qui avait puisé des racines profondes et anciennes dans la chrétienté occidentale. Désormais sont associés racisme et nazisme, formant une doctrine que le christianisme considère comme un retour au paganisme. De là pour l'Eglise catholique une situation difficile à la fois sur le plan politique et sur le plan intellectuel.
    Devait-elle condamner haut et fort cette haine d'État qui débouchait sur la "solution finale" - l'extermination d'un peuple -, et comment le pouvait-elle sans contredire son histoire ? Le recul historique a modifié notre regard sur cette période tragique. Tout ce qui avait été plus ou moins confusément accepté a été remis en question. On a découvert avec étonnement un silence à double face : silence réprobateur des autorités qui auraient dû condamner ces mesures ; silence protecteur de tous ceux qui ont contribué à sauver des juifs.
    Ce double silence a particulièrement affecté l'Eglise catholique en France et à Rome. Depuis les années 60, venue d'Allemagne, la dénonciation du silence du Vicaire - Pie XII - a beaucoup occupé les médias, simplifiant à outrance une affaire plus complexe et nuancée, mais aussi évolutive. Le paradoxe qu'explore cet ouvrage, c'est qu'on reporte toute la responsabilité de ce silence sur une Église que, par ailleurs, on voudrait cantonnée dans la vie privée.

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  • Qualifié de ``livre culte'' dans un récent catalogue de vente aux enchères, Le
    Symbolisme des jeux de Jean-Marie Lhôte était depuis longtemps introuvable.
    Cette édition reprend fidèlement le texte paru en 1976 aux éditions Berg
    International. En particulier, le texte d'origine étant rédigé à la première
    personne, cette singularité a été conservée, comme si le ``jeu'' était aussi le
    ``je''. Le mot ``symbolisme'' est à prendre ici au sens large, avec légèreté ;
    les jeux sont regardés avec sympathie, analysés dans leurs formes, comparés
    entre eux et mis en résonance entre l'homme et le monde. Ce voyage à travers
    les jeux comporte quatre étapes : 1) L'ordre du monde : jeux considérés selon
    la forme de leurs supports dans l'affrontement et la compétition. 2) Le sort
    des rêves : jeux le plus souvent soumis au hasard, ouverts parfois sur la
    divination. 3) Le plaisir d'être ensemble : jeux de masques et d'illusion en
    relation avec la fête. 4) La magie des objets : jouets enracinés dans le
    mystère des origines. Encadrant ce périple, une introduction L'espace croisé
    des jeux donne une idée de l'univers des jeux dans leur ensemble et une
    conclusion La mémoire des sources permet de se repérer dans le foisonnement des
    écrits antérieurs, à la fois populaires et savants. Le livre se termine avec
    une histoire où l'auteur se trouve confronté à un jeu secret, une curieuse
    énigme. Jean-Marie Lhôte, ancien directeur de la Maison de la Culture d'Amiens
    est considéré comme le plus grand spécialiste français de l'histoire des jeux.
    Il a publié en 1994, aux éditions Flammarion, l'énorme volume, Histoire des
    jeux de société, épuisé depuis longtemps. Il a établi et commenté l'Anthologie
    de la revue Bizarre aux éditions Berg International.

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  • En 1925, les évêques de France appelaient à la résistance civile aux lois laïques ; en 2005, ils se sont déclarés globalement satisfaits du régime de laïcité issu de ces lois. Dira-t-on que l'Église catholique, particulièrement à Rome et en France, se trouve au milieu du gué, dans une situation composite qui n'en facilite pas l'intelligence ?
    Néanmoins, elle demeure entièrement présente - quand elles le veut - aux grands et petits problèmes que pose à l'humanité une société sécularisée qui escomptait bien les avoir résolus par la seule vertu du déni religieux.
    Ce que l'Église doit aujourd'hui affronter, ce n'est plus la révolte de notre société contre un ordre désormais périmé, mais sa créativité qui fonce dans l'inconnu les yeux fermés, sans même se soucier des problèmes qu'elle multiplie sous ses pas. La question pour l'Église est désormais de mettre en oeuvre sa capacité à entrer dans les problèmes de toute nature posés à l'humanité souffrante par une humanité conquérante peu portée à la compassion, à la réflexion, à la communion.
    Entre religieux et sécularisation, il n'y a pas incompatibilité par exclusion mutuelle, mais plutôt division du travail, partage des rôles. À chacun pleine liberté de croire ce qu'il veut, même si cette liberté est conditionnée par la marche de la société ; à cette dernière de frayer sa voie propre, de s'inventer sans s'encombrer de convictions en tous sens et d'agitations désordonnées, même si le désordre en vient à nuire à son ordre et à le menacer. Notre société a voulu se délier des contraintes religieuses qui l'étouffaient : elle se découvre affrontée à la fois au vide religieux, porteur de nihilisme, et à la violence religieuse, où le fondamentalisme débouche sur le terrorisme.
    Ce sont autant de carrefours pour l'Église de France au cours du siècle écoulé.

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  • Publié en 1864, ce grand classique de l'antimaçonnisme catholique fut un best seller: 120 000 exemplaires étaient vendus cinq ans après sa parution.
    La dénonciation de l'Ordre était un genre littéraire bien établi. Déjà, en 1799, l'abbé Barruel avait identifié dans certains maîtres de la maçonnerie les inspirateurs cachés de la Révolution française et du " complot " contre la société chrétienne. Mais le livre de Mgr de Ségur, fils de la célèbre comtesse, qui en était alors à sa 62e réimpression, se trouva en quelque sorte consacré par l'encyclique de Léon XIII qui donnait en 1884, pour la première fois, une base doctrinale aux condamnations antérieures de la franc-maçonnerie par l'Église catholique.
    L'incompatibilité n'était pas seulement politique mais totale et devait mobiliser les énergies catholiques dans une politique de " défense religieuse " face au cours pris par la " société moderne ". En effet, le Grand-Orient de France lui-même se vantait d'incarner la modernité, tandis que l'abandon de la référence au " Grand Architecte de l'univers " accompagna les lois de Jules Ferry et la laïcisation de l'Ordre celle de la société.

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  • L'oeuvre du célèbre mystique et visionnaire Mohyiddin Ibn 'Arabî (1165-1240), originaire d'Andalousie, a laissé une empreinte profonde sur la tradition ésotérique et spirituelle de l'Islam.
    Elle est synthétisée dans son monumental "Livre des Conquêtes spirituelles de La Mekke" dont il n'existe actuellement aucune traduction en langue. européenne. L'Alchimie du bonheur parfait (Kîmîyâ al-Sa'âda) est un des chapitres les plus développés de cet ouvrage et forme un dense traité d'ésotérisme où l'auteur, s'inspirant du fameux thème spirituel du Mirâj de Mohammad (l'assomption du Prophète), décrit les transfigurations de l'âme du pèlerin dans son ascension à travers les cieux, les demeures paradisiaques, les univers invisibles.
    Le texte se présente comme un récital visionnaire exploitant tous les registres du symbolisme alchimique mis en relation avec les métamorphoses successives de l'âme de l'adepte en quête de sa réalisation métaphysique. Associée à l'exégèse de maints passages du Qorân, la prophétologie y joue un rôle fondamental illustrant la présence nécessaire du guide initiatique qui oriente le pèlerin dans son voyage céleste.
    Les travaux sur l'Alchimie en Islam, et surtout les traductions, sont encore en très petit nombre. L'originalité et la perspective résolument mystique de ce traité en font un document spirituel de première valeur. Il nous instruit sur la signification cosmologique et eschatologique du Grand Oeuvre à travers l'expérience visionnaire du "voyage de l'âme". Cette traduction in extenso du traité d'Ibn 'Arabî est complétée par une présentation et une annotation qui le rendent accessible à un large public.

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