Jeunesse

  • « Nous étions à la fin des années quatre-vingt-dix. Jeune professeur des écoles, je m'étais alors exilé dans un petit village des vallées du Paillon, à Sclos-de-Contes précisément. Vous, les habitants de ce pays, aurez beaucoup de peine à comprendre ce terme d'exil mais cela correspondait alors tout à fait à ma démarche. Ce choix, je l'avais fait suite à une déception sentimentale profonde qui m'avait poussé à mettre le maximum de distance entre Antibes, où je suis né et ai vécu mes jeunes années, et mon premier poste d'enseignant Après avoir sué sang et eau dans les lacets qui mènent de Contes à l'embranchement, j'empruntai cette route si étroite que d'aucuns hésitent à utiliser : peu de problèmes en vélo mais pour les automobilistes, les croisements s'avèrent difficiles. J'atteignis rapidement le but que je m'étais fixé. Sur place, rien n'indique que vous êtes arrivé ; seule une lecture attentive de la carte me permit d'acquérir la certitude que j'étais devant le fameux château de Remorian. À ceux d'entre vous qui ne l'ont jamais vu, je laisse imaginer une construction assez massive composée, sur la droite, d'un bâtiment carré sur trois niveaux, de l'autre côté, dominant l'ensemble, une tour crénelée, et, entre les deux un corps de logis plus bas avec une terrasse pour faire la jonction. Comme toute bâtisse inoccupée, la toiture s'affaisse, les gouttières s'effondrent, les volets se dégondent et chutent sur le sol, la peinture des façades s'écaille et laisse apparaître, par plaques, le mortier originel, le lierre en fait son domaine. À quelques pas de cet édifice, une petite chapelle, entretenue par la dévotion populaire, a gardé son clocheton et sa campanette» --Extrait de Remorian de Georges Ghirardi

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