• La vie de Winston Churchill, homme d'État et homme de guerre exceptionnel, est un roman ; elle est ici racontée comme tel, sans un mot de fiction.
    Se fondant sur des recherches dans les archives de huit pays, la consultation de quelque quatre cents ouvrages et l'interview de nombreux acteurs e témoins, ce récit épique mené brillamment par François Kersaudy montre comment un homme solitaire, longuement façonné par d'exceptionnels talents et de singulières faiblesses, a pu infléchir le cours de notre siècle.

  • Dans Les Mains du miracle, Joseph Kessel raconte l'exploit du thérapeute d'Himmler qui se faisait rémunérer en libérations de juifs et de résistants - sans que le lecteur puisse toujours distinguer la fiction du réel. François Kersaudy, historien spécialiste du IIIe Reich, retrace la véritable histoire de Felix Kersten, un récit de terreur, de lâcheté, de générosité, de fanatisme et d'héroïsme qui tiendra jusqu'au bout le lecteur en haleine.
    Tout le monde en France connaît l'histoire d'Oskar Schindler, qui a sauvé un millier de juifs durant la Seconde Guerre mondiale. Mais on connaît beaucoup moins l'exploit de Felix Kersten, et pourtant, un mémorandum du Congrès juif mondial établissait dès 1947 que cet homme avait sauvé en Allemagne « 100 000 personnes de diverses nationalités, dont environ 60 000 juifs, [...] au péril de sa propre vie ». Encore, à l'issue du récit qui va suivre, de tels chiffres sembleront-t-il passablement sous-évalués.
    Un des ouvrages les moins connus et les plus émouvants de Joseph Kessel s'intitule Les mains du miracle. Ce roman retraçait déjà l'exploit du thérapeute d'Himmler qui se faisait rémunérer en libérations de juifs et de résistants  sans que le lecteur puisse toujours distinguer la part de Kessel de celle de Kersten. Pour reconstituer la véritable histoire au travers des archives, des mémoires, des journaux, des notes et des dépositions des principaux protagonistes, il fallait un historien spécialiste de la Seconde Guerre mondiale, qui connaisse également l'allemand, l'anglais, le suédois, le norvégien, le danois et le néerlandais. Le résultat est un récit de terreur, de lâcheté, de générosité, de fanatisme et d'héroïsme qui tiendra jusqu'au bout le lecteur en haleine. Combien de fois dans l'existence rencontre-t-on un périple de cette envergure - sans un mot de fiction ?

  • « L'armée, c'est toute mon existence, me l'enlever signifie me tuer à petit feu sans possibilité de remonter la pente. Je n'ai qu'elle, je me considère comme son fils unique. » Pour son premier récit, Denis Brogniart a choisi de raconter une histoire vraie. Le parcours d'un homme pas comme les autres, celui d'un militaire français revenu du Mali, du Kosovo, d'Afghanistan, celui d'un soldat victime d'un syndrome post-traumatique, celui d'un père qui aurait pu n'être qu'un héros.

  • Cette édition pédagogique regroupe les quatre premiers chapitres d'Une vie et couvre la période 1927-1954.
    Ce que Simone Veil a vécu durant ces années - où elle passa d'une enfance protégée à l'horreur des camps de concentration, puis retourna à la " vie normale " - sans pouvoir partager son expérience avec ceux qui ne l'avaient pas connue, s'inscrit dans le nécessaire devoir de mémoire des jeunes générations. Source de réflexions, son sobre récit est également une leçon de courage et d'espoir.

  • Alexandra David-Neel est la plus célèbre des exploratrices. Déguisée en mendiante, elle est la première femme européenne à pénétrer en 1924 dans Lhassa, la capitale du Tibet, alors interdite aux étrangers. On croit connaître le destin de cette infatigable voyageuse, mais sait-on qu'Alexandra David-Neel (1868-1969) a été une féministe de la première heure, journaliste, cantatrice, authentique anarchiste ne voulant dépendre de personne ?
    Pour percer le mystère de la vie de cette femme incroyable, il y a un repère, un fil conducteur auquel Laure Dominique Agniel redonne toute sa place : son mari, Philippe. L'ami, le confident, le seul avec qui elle laisse tomber le masque.
    Les milliers de lettres à son époux nous éclairent sur sa quête acharnée de liberté pendant les 101 années de son existence. Les différents noms qu'elle a portés traduisent ce cheminement vers l'invention de soi : née Alexandra David, elle associe le nom de son mari au sien pour signer son oeuvre Alexandra David-Neel. Dans un style limpide et enlevé, Laure Dominique Agniel nous restitue la vie menée tambour battant d'une femme en avance sur son temps.

  • Churchill

    Andrew Roberts

    • Perrin
    • 27 Août 2020

    De Churchill, croit-on, tout a été dit - en premier lieu lui par lui-même. Et pourtant, Andrew Roberts est parvenu à exhumer des articles de presse, des correspondances privées, des journaux intimes - le moindre n'étant pas celui du roi Georges VI, jusque-là sous clé - qui ne figurent dans aucune des mille biographies environ déjà consacrées à ce personnage essentiel de la Grande-Bretagne et du XXe siècle. Tout cela lui permet de proposer un récit extrêmement enlevé, fondé sur une abondance de citations désormais « classiques », mais également souvent peu connues voire inédites qui apportent une éclairage parfois convergent, parfois contrasté sur l'homme Churchill. Démêlant le vrai du faux, tordant le cou aux nombreux mythes voire aux calomnies qui lui collent à la peau, mais relevant les critiques justifiées dont il est loin d'être exempt, Roberts brosse avec maestria le portrait de ce « Vieux Lion » dont toute la vie avant 1940 n'a fait que préparer le grand oeuvre que demeurent ses années de guerre.
    Il livre là ce qui est sans doute la meilleure biographie de ce géant de l'histoire.

  • Napoléon n'est plus Nouv.

    Napoléon n'est plus

    Collectif

    De la mort de Napoléon, le 5 mai 1821 à Sainte-Hélène, à son exhumation, en passant par la réalisation du masque mortuaire, l'autopsie, l'exposition du corps, l'enterrement... la succession des faits est connue à la minute près. Tout se passe comme si tous ceux qui se trouvaient à Sainte-Hélène au moment de sa mort avaient eu une conscience aiguë du fait qu'ils étaient en train de vivre un moment d'histoire. En décembre 1840, au moment du rapatriement des restes mortels de l'Empereur, le processus se répète et s'amplifie...
    Pour autant, malgré le foisonnement des Mémoires, des lettres, des croquis, des reliques et des récits, cette histoire présente des zones mal éclairées, des incertitudes, des contradictions... Fleurissent alors les hypothèses, les théories, les assertions, les controverses : de quoi au juste Napoléon est-il mort ? Est-il vraiment mort à Sainte-Hélène ? Le corps d'un autre n'aurait-il pas été substitué au sien ? L'existence même de ces hypothèses - leur persistance surtout - démontre que, dès le jour de sa mort, Napoléon ne s'appartient plus. Transfiguré, il est devenu un archétype, un élément constitutif de l'inconscient collectif.

  • Stefan Zweig Marie-Antoinette Vilipendée par les uns, sanctifiée par les autres, l'« Autrichienne » Marie-Antoinette est la reine la plus méconnue de l'histoire de France. Il fallut attendre Stefan Zweig, en 1933, pour que la passion cède à la vérité.
    S'appuyant sur les archives de l'Empire autrichien et sur la correspondance du comte Axel de Fersen, qu'il fut le premier à pouvoir consulter intégralement, Stefan Zweig retrace avec sensibilité et rigueur l'évolution de la jeune princesse, trop tôt appelée au trône, que la faiblesse et l'impuissance temporaire de Louis XVI vont précipiter dans un tourbillon de distractions et de fêtes.
    Dans ce contexte, la sombre affaire du collier, habilement exploitée par ses nombreux ennemis à la cour de France, va inexorablement éloigner Marie-Antoinette de son peuple.
    Tracé avec humanité et pénétration, ce portrait est assurément un des chefs-d'oeuvre de la biographie classique, où excella l'auteur de Trois poètes de leur vie et de Vingt-quatre heures de la vie d'une femme.

  • Joseph Kabris est tatoué de la tête aux pieds. C'est ainsi qu'il gagne sa vie dans les lieux de spectacle et d'exhibition de la Restauration, montrant son corps et mettant en mots l'« étrange destinée » qu'il a eue. Né à Bordeaux vers 1780, embarqué sur un baleinier anglais, il a vécu sept ans sur une des îles Marquises, Nuku Hiva. Parmi les « sauvages », il est devenu l'un d'eux. Il a appris leur monde, leurs gestes, leur langue et oublié la sienne. C'est là qu'il a été tatoué. En 1804, une expédition russe est venue et l'a arraché à son île, à sa femme et à ses enfants. Sans cesser tout à fait d'être un « sauvage », il est devenu russe, a rencontré le Tsar, avant de regagner la France. Il a repris sa langue, il a appris à dire sa vie, à lui donner les traits d'une épopée. Il a fasciné les foules. Il est devenu le monde en personne. Il est mort à 42 ans, sans jamais revoir son île.

    Kabris a ainsi multiplié les recommencements, ne cessant de voir ses habitudes s'abolir et d'en reprendre d'autres. Il devient marin, chef de guerre, professeur de natation, homme de foire, recyclant les passés qu'il a incorporés, prenant appui sur les systèmes sociaux où il se trouve. Et, chaque fois, il tire parti de ce qu'il a déjà vécu pour négocier au mieux ce qu'on attend de lui.Dans cette enquête fascinante et troublante, il ne s'agit pas seulement de découvrir à hauteur d'homme une histoire de la mondialisation dont émergent nos sociétés contemporaines. Cheminer dans cette existence se faisant, l'explorer à la manière d'une « carrière » dans laquelle Kabris s'engage, bifurque, insiste, abandonne ou se convertit, comprendre en somme comment on devient Joseph Kabris, c'est aussi saisir la manière dont le monde historique traverse une vie et la rend possible.

  • En plus d'e^tre fe´ministe, celle qui a invente´ la Journe´e internationale des femmes, ce´le´bre´e tous les 8mars, e´tait aussi re´volutionnaire, pacifiste et antifasciste, de´pute´e pendant treize ans et amie fide`le de Rosa Luxemburg. Ce livre, coordonne´ et introduit par la journaliste Florence Herve´, rassemble des lettres, des discours et des textes the´oriques, une biographie et des portraits par diffe´rents auteurs de celle qui voulait se battre « partout ou` il y a de la vie».

  • La Rafle des notables revient sur un épisode de l'Occupation, peu connu du grand public, où le grand-père paternel d'Anne Sinclair s'est trouvé entraîné.
    En décembre 1941, les Allemands arrêtent 743 Juifs français, chefs d'entreprise, avocats, écrivains, magistrats : une population privilégiée (d'où le surnom de « notables »). Ils y adjoignent 300 juifs étrangers déjà prisonniers à Drancy. Ils les enferment tous au camp de Compiègne, sous administration allemande, et qui était un vrai camp de concentration nazi en France, avec famine, manque d'hygiène, maladies, conditions de vie épouvantables par un des hivers les plus froids de la guerre. Une cinquantaine décède dans le camp. Le but est l'extermination, et de fait, c'est de ce camp que partira, en mars 1942, le premier convoi de déportés de France vers Auschwitz (avant juillet 1942 et la Rafle du Vel d'hiv).
    Le grand-père paternel d'Anne Sinclair, Léonce, petit chef d'entreprise, a été arrêté, interné à Compiègne et sauvé de la déportation car il était tombé très malade et avait été transféré - toujours détenu - à l'hôpital du Val-de-Grâce d'où sa femme a réussi à le sortir. Ils se cacheront jusqu'à la Libération où il est mort à 63 ans des suites de son internement.
    L'auteur, qui recherchait des documents sur cette partie de la famille, a trouvé quelques éléments sur ce grand-père (en cahier photo dans le livre). Mais elle a surtout découvert un chapitre méconnu de la persécution sous l'Occupation qu'elle a voulu raconter. Elle redonne vie à ces prisonniers qui, pour la plupart, terminèrent ce sinistre périple dans une chambre à gaz. Elle décrit la vie quotidienne dans le camp entre des bourgeois assimilés à la France depuis des générations et qui ne comprennent pas pourquoi on les affame et les enferme, et des juifs étrangers qui ont l'habitude des persécutions. Peu à peu, la force abandonne les prisonniers, la famine les tue à petit feu, la vermine les attaque, la gangrène s'installe. Son livre raconte avec émotion cette descente aux enfers où la figure du grand-père illustre un récit très personnel et inédit où l'enquête personnelle et familiale rejoint l'enquête historique.

  • Si Cédric Gras s'est décidé à raconter la vie des frères Abalakov, deux alpinistes russes des plus héroïques de leur génération, c'est après avoir découvert qu'ils avaient été victimes des purges staliniennes. Comment Staline a-t-il pu faire arrêter ces figures glorieuses, chargées de porter le marxisme au plus haut des sommets ?
    Orphelins sibériens, ils pratiquent l'escalade avant de devenir des alpinistes aguerris. Entre Caucase et Asie centrale, ils multiplient les expéditions jusqu'à gravir, dans les années 1930, les vertigineux pic Staline et pic Lénine, au nom du pouvoir. Dans ce monde où l'alpinisme était dicté par l'idéologie d'un monde nouveau, la conquête de territoires et la guerre, Vitali Abalakov sera pourtant victime de la Grande Terreur et des purges en 1938. Libéré et amputé de nombreuses phalanges suite à une tempête en altitude, il reprendra le chemin des cimes et reviendra au plus haut niveau. Son frère Evgueni sera lui retrouvé mort en 1948. Il préparait une ascension à l'Everest.

    Russophone et familier de l'Eurasie, Cédric Gras a enquêté, des archives du KGB au pic Lénine, pour reconstituer le destin exceptionnel et dramatique de ces deux frères indissociables puis désunis, mais qui ont traversé le siècle rouge en rêvant de conquérir l'Everest au nom de l'URSS.

  • Napoléon comparait sa vie à un roman. Il en fut le héros et l'auteur. Seul ce roman nous reste. Depuis deux siècles, il continue à s'écrire sans lui. Et avec lui se perpétue ce « songe immense mais rapide comme la nuit désordonnée qui l'avait enfanté » dont parlent les Mémoires d'OutreTombe. Chateaubriand dit de Napoléon : « Il n'a pas fait la France, la France l'a fait. » Mais peutêtre la France, au fond, Napoléon l'a-t-il faite par sa défaite autant que par ses victoires. Car, outre des institutions et des lois qui existent toujours, le vide qu'il laisse a duré plus longtemps que le monument qu'il avait édifié et dont ne nous demeurent que des vestiges et des symboles. Le soleil qui s'était levé à Austerlitz, écrit Hugo, se couche sur Waterloo. Avec le romancier des Misérables, les plus grands écrivains du passé sont venus visiter la légende obscure et éclatante sous la forme de laquelle, pour notre présent, cette histoire reste encore vivante. Philippe Forest interroge l'aventure de cet homme, et de la France qu'il a faite, au miroir littéraire de l'épopée dont il nous a légué l'impérissable souvenir.

  • S'appuyant sur une très large masse d'archives et de mémoires, Julian Jackson explore toutes les dimensions du mystère de Gaulle, sans chercher à lui donner une excessive cohérence. Personne n'avait décrit ses paradoxes et ses ambiguïtés, son talent politique et sa passion pour la tactique, son pragmatisme et son sens du possible, avec autant d'acuité et d'esprit. Des citations abondantes, éblouissantes d'intelligence, de drôlerie, de méchanceté parfois, restituent la parole de De Gaulle mais aussi les commentaires de Churchill et de tous ceux qui ont appris à le connaître, à se méfier de lui ou à s'exaspérer de son caractère vindicatif, de son ingratitude ou de ses provocations...
    Aucun détail inutile ici et aucun des défauts de ces biographies-fleuves où l'on se perd, mais une narration toujours tendue, attachée aux situations politiques, intellectuelles, sociales et aux configurations géopolitiques qui éclairent une action et son moment.
    Julian Jackson relit cette existence politique hors norme et son rapport à la France à la lumière des questions du passé, qu'il restitue de manière extraordinairement vivace, et de celles qui nous occupent aujourd'hui - et notamment l'histoire coloniale et l'Europe, la place de la France dans le monde, mais aussi évidemment les institutions de la Ve République. En ce sens, c'est une biographie pour notre temps.
    C'est aussi une biographie à distance, par un observateur décalé qui mieux qu'aucun autre fait ressortir le caractère extravagant d'un personnage singulier à tout point de vue, extraordinairement romanesque dans ses audaces comme dans ses parts d'ombre, et dont l'héritage ne cesse de hanter la mémoire des Français.

  • La trace et l'aura ; vies posthumes d'Ambroise de Milan (IVe-XVIe siècle) Nouv.

  • Latche ; Mitterrand et la maison des secrets Nouv.

    C'est un lieu-dit non loin de la côte Atlantique, au coeur de la forêt landaise. Une petite route y mène, bordée de chênes-lièges et de pins : Latche. Ce qui n'était à l'origine qu'une bergerie en ruine acquise par le futur président dans les années soixante pour abriter ses amours avec la jeune Anne Pingeot devint, au fil des ans, le repaire de la Mitterrandie.

    Autour de Latche gravitaient la tribu du président et des personnalités politiques en visite sur les terres du dirigeant de gauche, tous et toutes soumises aux rituels obligés : visite au couple d'ânes et balade en forêt. Les courtisans comme les amis sulfureux s'y sont ainsi bousculés, de Jean-Jacques Servan-Schreiber à Jacques Attali en passant par Édith Cresson, Jean Daniel, François de Grossouvre et René Bousquet, l'ancien chef de la police de Vichy. Dormant sur place, pour leur dernier séjour en dehors de ce qui fut l'URSS, Gorbatchev et sa femme en repartirent avec des rêves de datcha tandis qu'Henri Kissinger, des années auparavant, avait quitté la propriété rassuré après une rencontre secrète avec le président d'une France passée à gauche.

    Ce livre dresse autant le portrait aiguisé de la Mitterrandie que celui, intime, d'un homme qui avait fait de ce coin des Landes son autre pays à l'abri des bruissements élyséens. Les murs de la bergerie resteront à tout jamais chargés de ces petites histoires, anecdotes cocasses, drames personnels mais aussi grande Histoire qui, ensemble, construisirent le « mythe » Latche.

  • Miarka

    Antoine de Meaux

    • Phebus
    • 1 Octobre 2020

    De son passage chez les éclaireuses, Denise Vernay avait retenu une leçon à laquelle elle fut toujours fidèle : « aider les autres le plus possible ». Elle y avait aussi gagné un surnom, Miarka. C'est le pseudonyme qu'elle choisit quand elle entre dans la Résistance.
    Elle a alors dix-neuf ans. Elle est la soeur aînée de la future Simone Veil, qui incarnera aux yeux des français le destin singulier de la famille Jacob dans l'histoire de notre pays. Une famille juive laïque, héritière d'une très haute culture en butte avec la barbarie.
    A Lyon, Miarka est agente de liaison. A pied ou à bicyclette, elle recueille les demandes de faux-papier, livre le journal du mouvement Franc-Tireur, collecte les informations.Arrêtée le 19 juin 1944, elle subit la torture de la baignoire, mais ne parle pas.
    Déportée à Ravensbruck, elle y constitue avec six autres détenues un groupe d'amies solidaires. Seules deux d'entre elles survivront.
    Antoine de Meaux dresse le portrait d'une femme d'exception. Il nous offre un document sensible et inspiré :
    Une oeuvre de mémoire alors que la haine gagne du terrain.

  • Lady Hester Stanhope ; l'amazone du Liban Nouv.

    De Londres au Liban, la vie de Lady Hester Stanhope est à la fois un récit historique à une époque cruciale pour l'Europe du 19e siècle, un conte des mille et une nuits, une histoire d'amour et d'aventures. Après avoir été le bras droit du Premier Ministre William Pitt, elle fuit l'Angleterre pour s'installer en Syrie, alors sous la domination ottomane. Elle parcourt l'empire, de Constantinople à Alexandrie, devient reine de Palmyre, amazone du désert, astrologue, chercheuse d'or, naufragée, témoin des déchirements de la région, elle crée une cité jardin dans la montagne libanaise où elle vivra jusqu'à sa mort.
    Sa rage de vivre libre résonne encore aujourd'hui. Femme habillée en homme, tantôt guerrière, tantôt princesse, elle a transgressé tous les interdits sociaux et religieux, mais jamais calmé le désespoir d'une petite fille orpheline. Elle a aimé passionnément un jeune homme riche et beau, elle a survécu à la peste, elle a ouvert sa demeure à des centaines de réfugiés quand le Liban était le champ de bataille. Voici l'histoire d'une femme qui fut une légende vivante, et même morte, puisque sa dépouille fut pendant la guerre civile libanaise, l'objet de curieuses tractations entre les milices druzes et les autorités d'Angleterre, ce pays renié qui longtemps, l'oublia.

  • Celle que l'on surnomma en son temps la Vierge Rouge reste un objet de fascination : qu'il s'agisse de condamner son tempérament exalté lors de la Commune de Paris ou d'admirer son héroïsme, de considérer son jugement politique et son activisme social ou d'apprécier l'institutrice anticonformiste, l'image a gardé tout son éclat .Le mystère « Louise Michel » a fait couler beaucoup d'encre. Les biographies romancées et les prétendues autobiographies foisonnent. Pour les écrire, chacun pioche dans les textes de la révolutionnaire, se sert, gomme ou remanie... Comme si, pour faire connaître la « vie » de Louise Michel, on commençait par oublier qu'elle en a été elle-même l'autrice. Comme s'il fallait commencer par la faire taire - au fond, comme si elle dérangeait toujours.
    Dans ses Mémoires de 1886, on découvre une Louise Michel tour à tour adolescente facétieuse, institutrice féministe, révolutionnaire patentée, déportée en Nouvelle-Calédonie, combattante anarchiste, passionnée d'art et de science, enthousiaste de la nature... On découvre aussi la Louise Michel qui pense, qui parle et qui écrit, la plume acérée, la sensibilité à vif, la conscience intrépide.

  • L'épopée napoléonienne ne s'est pas terminée à Paris avec l'abdication du 22 juin 1815. Dans un tout autre cadre, un rocher au milieu de l'Atlantique-Sud, et dans un registre intime, celui du confinement de quelques Français dans une demeure humide, elle s'est poursuivie pendant six années, dont Las Cases, dans le Mémorial de Sainte-Hélène, n'a donné qu'un aperçu biaisé sur les premiers mois. Ce ne fut pas une extinction lente et passive. Jusqu'à sa mort le 5 mai 1821, Napoléon mena un combat rude et solitaire contre la fatalité. Jamais, placé dans des circonstances exceptionnelles, il ne renonça à l'espérance et à la gloire, qui l'avaient animé toute sa vie. En dépit de la paranoia de ses geôliers et des petitesses de son entourage, il ne renonça à rien, et suscita aussi des complicités inattendues, au point que sa captivité aurait pu tourner autrement. L'empereur n'aimait pas les histoires écrites d'avance. Sans doute est-ce pour cela aussi qu'il continue de fasciner.
    A partir de sources ignorées ou inédites, Pierre Branda traite des différents aspects matériels, politiques et moraux, de l'existence de l'illustre exilé et de ce qui s'y rattache. Tous les acteurs du drame, des compagnons les plus proches aux témoins les plus humbles, des gouvernants aux anonymes, prennent consistance et mouvement, à Sainte-Hélène mais aussi à Londres, à Paris, et partout où le sort de Napoléon obsède, inquiète ou apitoie. Toutes les situations, tous les incidents, sont passés au peigne fin et rendus à leur signification véritable. Il en ressort des éclairages insolites, des portraits toujours justes et parfois sévères, des remises en perspective et, au fil de jours parfois interminables, un récit saisissant, comme si le lecteur n'en connaissait pas la fin.

  • Catherine la Grande Nouv.

    Princesse allemande d'Anhalt-Zerbst, née à Stettin en 1729, la future Catherine II est envoyée en Russie à l'âge de 16 ans dans l'éventualité d'un mariage avec le grand-duc Pierre, fils de la tsarine en titre, Elisabeth, elle-même fille de Pierre le Grand. Elle sait séduire cette dernière, entre dans l'Eglise orthodoxe en troquant son prénom de Sophie pour celui de Catherine et finit par épouser Pierre en 1745. Celui-ci est peu populaire car, né en Allemagne, il a toujours rejeté la culture de son pays d'adoption. À l'inverse de son époux, Allemand d'inclination, Catherine parle parfaitement le russe et sait donner des gages à la haute aristocratie. Devenu tsar au décès d'Elisabeth en janvier 1762, Pierre III a tôt fait de comprendre que sa femme intrigue contre lui, laquelle le prend de vitesse et le fait déposer en juillet. Emprisonné, il mourra peu après dans des conditions mal élucidées, et on suspectera longtemps Catherine de l'avoir fait assassiner.
    De ce moment commence un règne de trente-quatre ans particulièrement brillant. D'une capacité de travail inépuisable, l'impératrice fait développer les voies fluviales et construire des canaux. Grâce à son époux morganatique, Grigori Potemkine, elle réussit à frayer un passage vers la mer Noire et ses Détroits, un rêve que chérissait déjà Pierre le Grand. Sous son long règne, le territoire de l'empire ne cesse de s'agrandir aux dépens de ses voisins, tandis que Catherine cherche à harmoniser l'administration selon des principes rationnels, puisés dans la philosophie occidentale, mais elle néglige les différences régionales, ethniques et religieuses. Elle développe le commerce avec l'étranger en multipliant les contrats économiques bilatéraux. Ses efforts pour créer une bourgeoisie urbaine se soldent par un échec et se révèlent profondément injustes envers les éternels laissés-pour-compte du régime : les serfs. S'en suivent d'incessantes révoltes paysannes, notamment celle de Pougatchev, et des insurrections des minorités sises en marge de l'empire. L'expansion vers le sud réussit grâce aux actions militaires ; les conquêtes, fixées par des traités, sont reconnues par la majorité des puissances occidentales. A l'ouest, les trois partages successifs de la Pologne profitent le mieux à la Russie. Au total - et ce n'est pas le moindre de ses paradoxes -, l'impératrice, portée aux nues par Voltaire, Diderot ou Grimm, avec lesquelles elle était en relations épistolaires suivies, aura marché sur les brisées de Pierre le Grand en mettant au plus haut le régime autocratique, régime en principe honni par les représentants des Lumières. À sa mort en 1796, celle qui fut très tôt appelée Catherine la Grande laissait un empire puissant et opulent comme jamais, qu'aucun pays, tant en Europe qu'en Asie, ne pouvait ignorer. Non sans de profondes fragilités toutefois, lesquelles se révéleront tout au long du XIXe siècle. Jusqu'à l'épilogue de la révolution d'Octobre.

  • Les Borgia

    Jean-Yves Boriaud

    Frappés par une sombre légende que chaque époque vient enrichir, les trois grands acteurs de la saga Borgia - Alexandre, César et Lucrèce - ne seraient qu'un empoisonneur, un assassin et une débauchée. Exceptionnellement romanesque, l'histoire d'une des plus fascinantes familles de la Renaissance est en réalité bien plus riche et plus nuancée.
    D'origine catalane, ces « Borja » vont réussir à imposer en trois générations deux papes à la chrétienté : en 1455 Calixte III, grand diplomate obsédé par le danger turc, puis en 1492 Alexandre VI, qui, s'il compromet sa fonction dans plusieurs scandales, donne à l'Église, par la force, un territoire comparable à ceux des États-nations contemporains. Son fils César, hidalgo flamboyant un moment égaré dans l'Église, lui en ménage donc un en Romagne, où sa politique expéditive lui vaut de devenir le modèle de Machiavel. À Rome, coupe-gorge où continuent à s'affronter les clans médiévaux, les rugueux Borgia rendent coup pour coup, jusqu'à l'effondrement final. C'est alors le temps de la revanche de la belle Lucrèce, plusieurs fois mariée selon les ambitions du clan. Devenue duchesse de Ferrare et l'une des plus belles figures féminines de l'époque, elle inaugure le temps de la repentance des Borgia, bientôt marqué par la personnalité torturée du jésuite Francesco, le saint de la famille.
    Sous la plume légère et savante de Jean-Yves Boriaud, la saga des Borgia se lit ainsi comme l'aventure exemplaire et tragique d'une ambitieuse dynastie de gens d'Église, entre pourpre et sang, bien loin de l'image trop répandue d'une brillante et douceâtre Renaissance italienne.

  • Le pianiste

    Wladyslaw Szpilman

    Septembre 1939 :Varsovie est écrasée sous les bombes allemandes. Avant d'être réduite au silence, la radio nationale réalise sa dernière émission. Les accords du "Nocturne en ut dièse mineur" de Chopin s'élèvent. L'interprète s'appelle Wladyslaw Szpilman. Il est juif. Pour lui, c'est une longue nuit qui commence...
    Quand, gelé et affamé, errant de cachette en cachette, il est à un pouce de la mort, apparaît le plus improbable des sauveteurs : un officier allemand, un juste nommé Wilm Hosenfeld. Hanté par l'atrocité des crimes de son peuple, il protégera et sauvera le pianiste.
    Après avoir été directeur de la radio nationale polonaise, Wladyslaw Szpilman a eu une carrière internationale de compositeur et de pianiste. Il est mort à Varsovie en juillet 2000. Il aura fallu plus de cinquante ans pour que l'on redécouvre enfin ce texte étrangement distancié, à la fois sobre et émouvant.

  • « Il n'y a pas de hasard ou il n'y a que des hasards », comme disait Rimbaud, et c'est dans un vide-greniers à Saint-Lunaire que François Morel a trouvé un vieil exemplaire défraîchi de La Cancalaise. Dans cette revue, endommagée par le temps, étaient reproduites une douzaine de chansons d'un poète et marin breton, Yves-Marie Le Guilvinec. Intrigué par l'originalité, la singularité de ce qu'il lisait, François Morel, avec l'aide de Gérard Mordillat, a voulu enquêter sur l'auteur oublié de ces textes et établir sa biographie.

    Yves-Marie Le Guilvinec, né en 1870 à Trigavou, pêcheur sur les grands bancs de Terre-Neuve, cadet d'une famille nombreuse, est mort en mer en 1900. Il vécut sans autre horizon que la pêche à la morue et disparut au moment où la gloire lui tendait les bras.

    La biographie d'Yves-Marie Le Guilvinec complétée par l'intégrale du texte de ses chansons est accompagnée de plusieurs lettres émouvantes à sa mère et d'une étude sur sa mort que nous devons à l'amabilité du Dr Patrick Pelloux, ainsi que de portraits par Ernest Pignon-Ernest.

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