Société des écrivains

  • Le deal

    Garance Mac Ital

    « Quelques mois plus tard, alors qu'elle commençait à le remettre un tant soit peu aux oubliettes, il la relance, elle lui répond. Ils recommencent leurs échanges de vues et confidences. Leurs écrits s'étoffent. Pensez donc, toute une vie à narrer ! Ils décident de poursuivre leur entretien sur Messenger, plus rapide et plus intime, ils éludent ainsi la page publique. Leurs rendez-vous sur le Net deviennent quotidiens. Il ne lui parle plus de Bérengère, elle ne dit mot de Marcelin. Ils discutent d'idées générales, se racontent les anecdotes des enfants et, de fil en aiguille, naît une grande intimité. Ils se remémorent la rencontre de 1977 et réajournent leurs ressentis de l'époque. Elle lui cache la naissance et la mort de leur fils. » Il y a du tango dans le roman de Garance Mac Ital, qui dit les rapprochements et séparations, retrouvailles et désillusions, teintés d'impétuosité et de tragédies, de coeurs aveuglés... Et au coeur de cette chorégraphie amoureuse se trouve Blandine qui, de mari en ancien amant, tente de trouver le bonheur. Mais toujours en face d'elle l'inconstance masculine, les déceptions, les promesses trop vite proférées et rapidement envolées. Inspiré d'une histoire vraie, ce récit aux notes doucement acides suit ainsi une destinée féminine toujours chavirée par ses espoirs et désenchantements.

  • « Tu es venu, sans me prévenir, c'est drôle comme il m'est plus facile de t'écrire, alors que, lorsque tu es là, près de moi, je suis incapable de te parler. [...] Je n'ai jamais descendu des escaliers aussi vite, je n'ai même pas fait attention à la façon dont j'étais vêtu, alors que ma belle-soeur était au dehors ; juste un caleçon court de coton blanc et un polo de la même couleur, même si octobre a déjà presque fini son parcours, il ne fait pas si froid ! Et tes bras m'ont tenu chaud, tout de suite, j'étais bien. »

  • « En somme, en cette année 1970, le couple en formation a autant de points communs, essentiellement d'essences psychologique et névralgique, que de différends et de différences à caractères identitaire et socioculturel. Si Fouad et Sarah s'entendent à merveille sur le plan amoureux, leurs points de divergence sont en revanche patents, voire criants. Ce qui ne laisse envisager aucun avenir à long terme. L'un et l'autre l'ont bien compris et estiment de concert qu'il est inutile de se monter le bourrichon. Mais quand on est jeunes et amoureux, on a tendance à développer une faculté salvatrice : le déni. D'autant que les différends et les différences peuvent autant détruire l'amour que le cimenter. » Ainsi, malgré les lignes de fracture, les tensions et les pressions, les séparations et les pièges, Sarah l'Israélienne et Fouad le Palestinien construiront leur relation, jusqu'à incarner un exemple de réconciliation et de dialogue. Une relation amoureuse hors du commun, courageuse, tantôt sensuelle, tantôt dramatique - mais toujours évidente -, que N. Naaman suit ici depuis ses premiers instants, à l'aube des années soixante-dix, dans un Paris libertaire. Et le romancier de composer une oeuvre où domine, de part en part, cette profonde espérance que les dissensions peuvent être vaincues par la passion, et que les enfants peuvent, ensemble, dépasser les conflits de leurs parents.

  • Un chemin, une voie, la voie de la saine raison, ouverte sur un monde dans lequel s'active l'assortiment usuel des passions, exacerbant toute une panoplie de forces contraires, aux pouvoirs parfois maléfiques, tel est le propos de ce récit où se mêle le crapuleux ordinaire au fanatisme religieux. Point de parti pris en cela, juste la description d'un monde de douleur, ni condamné à l'abîme ni transporté en un nirvana miraculeusement pacifié. Un récit articulé autour de quatre personnages. Augustin, alerte retraité, secourt un homme, Rachid, d'une agression raciste. Il s'en fera un ami, ainsi que de l'un des deux agresseurs, Fred, et d'un quatrième, Romain, ami de ce dernier, venu compléter la confrérie. Tous quatre seront mêlés à des événements dramatiques, en une confrontation imposée qui leur permettra de les orienter vers une fin heureuse, dans l'unité de leur diversité religieuse et culturelle. Roger Ongaro nous offre un roman comme leçon de philosophie et de tolérance.

  • Une petite ville du sud, sur le littoral. Le ciel est d'un bleu immuable mais «?la mer noire sous la nuit, son odeur pénétrante, et le mystère déjà s'inscrit à l'horizon?»... Lorsque Marie rencontre Pierre-Jean, le beau motard à catogan, au regard vert, elle tombe foudroyée sous le charme... Et Marie invente l'Amour... Sans fin ils se croisent, se cherchent, s'égarent, se retrouvent. «?Comment ça se décline le déclin ??» s'inquiète Marie. Richard Cannavo Journaliste Pierre-Jean. Chevauchant sa moto, l'homme au catogan reste d'un mystère insondable. Son coeur est recouvert d'une carapace de cuir que Marie et ses doux poèmes ne demandent qu'à traverser. Il y a bien un homme, derrière l'animal. L'amour peut-il survivre sur cette route accidentée ? Entre poésies et perdition, Anne Anderssen nous conte le romantisme cruel de deux âmes dissemblables dans une histoire plus intellectuelle que charnelle.

  • Elle va devoir changer. Il va devoir s'adapter. Mais rien ne les a préparés aux choix auxquels ils vont devoir faire face. Leur rapprochement va les confronter à des dilemmes douloureux qui vont les amener à remettre en question les valeurs et les principes inculqués par leurs parents. Obligations et sentiments envers les leurs vont les pousser sur des chemins qu'ils n'auraient jamais pensé emprunter. Ils vont devoir se poser des questions essentielles, découvrir ce qu'ils veulent vraiment et ce qu'ils sont prêts à sacrifier pour ça. Lorsque Angelo Fabiani, dragueur invétéré décide de conquérir le coeur de Joia Marcchone, personne ne s'imaginait à quel point cela bouleverserait leur monde.

  • « Le malheureux Nicolas est dans les cordes. Littéralement assommé par ce qu'il vient d'entendre, il est pétrifié. Montrose est bien le pilote et lui l'instrument. Il a tout faux depuis des mois. Son retour à la vie n'est qu'une procuration destinée à retrouver une âme soeur. Nicolas Cavalier est bien mort ce lundi 30 septembre 2013... » Issu d'une famille modeste, Nicolas Cavalier est un brillant ingénieur qui mène une vie libre et intense. Lorsqu'il se réveille après un accident de moto, son existence n'est plus la même. Il se nomme dorénavant Comte de Montrose et se retrouve malgré lui plongé dans une époque reculée. Le personnage demeure dès lors tiraillé par le combat intérieur de deux personnalités, dont l'une aura finalement raison de l'emprise de l'autre. Les événements surnaturels du roman de Pierre Cadene mettent en lumière le poids inconscient exercé par l'âme des morts sur les vivants, comme une métaphore de la nécessité de se réconcilier avec le passé pour mieux vivre au présent.

  • « Beaucoup de vérités, des mensonges parfois, vengeances de jalouses. En tout cas, c'est bien au bras d'Augustine qu'il rentra dans l'église le jour de leur mariage, vêtu d'un costume qu'il avait acheté de moitié avec son frère qui se mariait la semaine suivante. Marcel ne prit plus jamais le bras d'une autre femme. Augustine a beau se dire qu'il lui en a fait voir, il reste définitivement son héros. Néanmoins, elle reste une femme libre et lui dira toujours ce qu'elle a sur le coeur. » À quatre-vingt-six ans, Augustine voit surgir du néant le fantôme de son mari Marcel, disparu depuis une trentaine d'années. Celui-ci lui propose de venir le rejoindre dans la mort pour «?vivre un bonheur éternel?». Cette incroyable apparition occasionne pour la vieille dame solitaire une intense introspection. Elle se souvient de son amour trop tôt envolé et se laisse progressivement convaincre de faire le dernier voyage. Gérard Grenier Barbedette conte une merveilleuse histoire d'amour qui défie les lois de la nature comme afin d'en prouver les pouvoirs insoupçonnés.

  • « Elle frémit : tout se recoupait ! C'était, sans nul doute, la jeune fille dont Marianne avait trouvé la photographie dans la chambre d'Igor... Elle resta un bon moment à l'intérieur de la cabane : elle devait donc se recueillir... Puis Sandrine la vit ressortir. Elle ne pouvait voir si elle portait l'enveloppe, mais elle sortit de sa cachette quelques minutes plus tard, et fut rapidement fixée : l'enveloppe blanche avait bel et bien disparu... » Une randonnée de jeunes en montagne se transforme vite en jeu de piste dont va dépendre le bonheur d'un couple d'amoureux. Les Miss, quatre jeunes filles téméraires, mènent une enquête riche en péripéties. Leurs aventures consistent à identifier les mystérieux propriétaires de deux anneaux et d'un chausson de danse retrouvés dans un refuge isolé. Parce qu'il est issu d'une classe sociale inférieure, le prétendant de la jeune danseuse est jugé indigne aux yeux des parents de celle-ci. Grâce à l'intervention du groupe d'amies décidées à résoudre cet absurde conflit de générations, l'amour triomphera-t-il des principes archaïques ?

  • « Dans la rue on la remarquait facilement, cette jolie femme, quelque peu timide, qui manquait d'assurance jusque dans ses moindres gestes et qui possédait ceci de différent de la majorité des autres femmes. Elle avançait difficilement, lentement, avec la crainte maladive d'être abandonnée, d'être trompée. D'un coup d'oeil rapide, on aurait pu croire que quelque chose dans ses chaussures la blessait constamment sans qu'elle n'y prête attention, trop habituée à vivre avec cette souffrance. Quelque chose de tout petit, un petit caillou peut-être... » Que peut bien cacher Étienne à Mélissa ? Hantée par l'échec d'une première grande histoire d'amour, la jeune femme, qui va commencer une carrière d'enseignante, peine à retrouver la paix dans sa vie de couple. Car la douleur de la trahison prend toute la place dans son jardin secret. Le stress et la routine du quotidien vont achever de dévorer son équilibre... Autour d'une blessure qui jamais ne se referme, Jocelyne G. Paquin signe une étude de moeurs aiguisée et percutante.

  • Alejandro est devenu avocat à quarante ans, après avoir repris des études en cours du soir, poussé par le souvenir d'un amour manqué qui accompagne toujours ses pensées. Il se souvient de sa jeunesse dans l'Espagne des années 80, ses conditions de vie dans son petit village natal, puis différentes périodes passées en France pour des travaux saisonniers. Malgré son nouveau statut social et son revenu confortable, Alejandro ne parvient pas à connaître le bien-être. Continuant à essuyer des échecs amoureux, il vit perpétuellement dans la nostalgie et dresse un triste bilan de sa vie qu'il trouve vide. Avec son premier dossier d'avocat, Alejandro commence une nouvelle aventure, il fera une rencontre qui va bouleverser sa vie en le ramenant à nouveau à son passé. Ce roman, délicieusement absorbant, a pour base la quête existentielle d'un idéal. Clarisse Cano Pintor signe, avec dextérité, un livre plein de sagesse montrant que le courage permet de réaliser de grandes ambitions, même s'il faut prendre garde à notre recherche effrénée du bonheur qui n'est pas forcément synonyme de réussite professionnelle, et qui est peut-être déjà à nos côtés...

  • « Les jours s'égrenaient avec cette infernale et désespérante régularité qui caractérise le temps qui passe. Chacun d'entre eux me rapprochait un peu plus des heures sombres qui viendraient inexorablement marquer d'une pierre noire la fin de mon rêve éveillé. » Le personnage principal se remémore avec nostalgie des souvenirs vieux de trente ans. Suite à une grave maladie, le jeune homme avait été envoyé en convalescence à Saint-Aubin en Sologne. La fille aînée du médecin qui l'hébergeait ne l'avait pas laissé indifférent. Son monotone quotidien parmi la petite communauté des villageois avait alors trouvé son sens. Mais réveiller le passé enfoui ne se fait pas sans douleur et ses rêveries ont la saveur amère des regrets.

  • Frania est une jeune Polonaise courageuse qui, après avoir perdu sa mère, a pris soin de ses cinq jeunes soeurs. Elle a connu le drame de la guerre, de l'occupation allemande avec tous ses dangers, et a dû encore faire un deuil, celui de son frère, mort lors d'une charge insensée de la cavalerie polonaise contre les blindés de la Wehrmacht. Ses malheurs continuèrent quand son père exigea qu'elle épouse un homme qu'il avait choisi. Frania prit alors la fuite, quitta la Pologne et arriva en France. Elle trouva un emploi de serveuse dans un café-restaurant. Mais sa beauté ne laissait pas de marbre certains clients irrespectueux, allant jusqu'à la violence d'une tentative de viol. Heureusement, Frania trouvera protection auprès de Jean, un Polonais naturalisé, qui deviendra son mari. Le jeune couple connaîtra le bonheur, auquel s'ajoutera la naissance de leur fille unique. Pourtant, la vie leur réservera encore son lot de surprises et, surtout, de schémas qui, étrangement, se reproduiront... De sa plume dentelée de douceurs, René Bard relate à merveille les allégresses de l'amour et de ses émotions. Avec talent, il nous susurre de ne pas oublier nos premiers émois amoureux, afin de ne pas interdire à nos enfants ce que nous avons aussi vécu passionnément à leurs âges...

  • « Écrire pour que chacun connaisse cette blessure d'un rapt d'enfant.Avec une plaie toujours ouverte. Je ne peux pas envisager l'hypothèse desa mort. Dans mon propre instinct de survie, mon enfant existe encore.Maxime rit, sans moi, quelque part dans le monde. J'espère qu'il ressentma présence malgré le silence. De quoi se souvient-il ? Garde-t-il encoredans son coeur la trace de l'amour de sa mère et de son père défunt ? »
    Après l'accident mortel de son mari et le kidnapping de leur fils, LucieDiaw a quitté Besançon pour Paris. Reniée par ses parents qui n'ontpas accepté qu'elle épouse un Sénégalais, elle se retrouve seule,désemparée, au chômage et plonge dans l'alcool. Cependant, elle gardeau fond d'elle le souhait de se relever de cette longue et douloureusechute. Grâce à des rencontres bénéfiques de personnes n'ayant pas étéépargnées par les vicissitudes de la vie, Lucie Diaw trouvera soutien,amitié et générosité sans faille. Des changements s'opéreront, au-delàde ses espérances. Mais ce qui ne tue pas rend-il vraiment plus fort ?
    Retraçant le parcours d'une femme dont le courage ne peut quelaisser admiratif, ce livre, bouleversant d'émotions, souligne aussile pouvoir de l'entraide et de la générosité humaines qui existentheureusement encore dans notre société de plus en plus individualiste.

  • « À 10 heures, en rentrant, elle entendit les gazouillements de Ninon. Elle se lava les mains et monta, comme tous les jours, retrouver ses petites. Ninon était couchée dans son lit, lavée, changée, elle jouait avec ses pieds. La pièce était en ordre, comme d'habitude. Elle appela Aurélie, aucune réponse. Elle ouvrit la fenêtre de la chambre pour fermer les volets. Elle arriva dans la chambre d'amis et y trouva Aurélie, allongée sur le lit, endormie. Honorine lui tapa une joue pour la réveiller, aucune réaction. Elle tapa plus fort : rien. Ses yeux se posèrent sur une boîte de somnifères vide posée sur la table de chevet. Elle secoua le corps de sa petite-fille, mais il était trop tard ; Aurélie avait rejoint le monde du silence. Honorine la serra contre elle en criant [...]. » « Le Secret des larmes », ou une saga hantée par les thèmes des faux-semblants, des vérités occultées, des tensions familiales, des manipulations. Prenant pour épicentre la ferme des noisetiers et la figure, forte et puissante, d'Honorine, la romancière met en scène une fresque terrible, étourdissante, rythmée par les drames et les révélations, la violence et les luttes, dont on ressort chaviré, ému, bouleversé.

  • «?Dans son beau petit village de Sicile, on l'avait d'ailleurs surnommée `'la Bersagliera'' en comparaison de sa beauté avec celle d'une grande et magnifique actrice italienne qui venait de jouer le rôle de la Bersagliera dans un film à succès de l'époque. Une beauté fraîche et renversante ! Oui, mais elle était là en France, et elle ne faisait rien, elle allait finir par s'étioler à force ! Quel gâchis ! Que de pleurs elle versait en silence ! Elle se mit à rêver à son éventuelle vie si... Elle commençait à avoir des regrets et gagnait en amertume. Lui ne le voyait pas, ne le comprenait pas. Comment aurait-il pu ? Il ne le concevait même pas.?» Pour lui, elle a tout quitté : sa Sicile natale, le cocon familial, ses amis. Elle l'a suivi par amour, qu'il lui rend bien pudiquement. La vie de la jeune mariée s'avère difficile, pleine de désillusions. Comment s'épanouir lorsque l'on ne se sent pas écoutée ? Prisonnière, les saisons passent et la belle fane sans fleurir. Pourtant, les cycles se succèdent mais ne se ressemblent pas. D'autres bourgeons peuvent éclore et réaliser les rêves manqués des premiers. Maria nous fait part d'un récit romancé et touchant. L'histoire d'une transmission mère-fille, pour un nouveau printemps.

  • « Tony lui tend la main, Constance l´attrape et le suit sur la piste de danse. Une fois serré contre lui, elle sent son corps vibrer : pourquoi Tony lui fait tant d´effet ? Elle pose sa tête sur lui, appréciant la sensation d´amour qui l´envahit et ne se doute pas que Tony ressent la même chose, il a l´impression que son corps est en train de brûler et serre un peu plus la jeune fille contre lui. Constance lève la tête quelques secondes, le fixe et a soudain envie de se mettre sur la pointe des pieds et de déposer un baiser sur ses lèvres. »

  • Cheng et Dee ont un véritable coup de foudre mais, comme le veut la tradition, c'est à leurs parents respectifs de décider si cette union est honorable et avantageuse. C'est cet amour passionné, pris dans le tourbillon de l'histoire et des traditions, que nous raconte pudiquement Clément Joël.

  • « Elle aimait tant le judo, elle aimait tant la serrer dans ses bras, la tenir prisonnière entre ses jambes, la maintenir couchée sous elle dans une prise d'immobilisation, ou l'agripper par derrière dans une prise de strangulation, sa chère Viviane qui parfois, par jeu, se laissait faire... Est-ce que Nathalie, la pauvre amoureuse transie, dans la chaleur du corps à corps ou par la maîtrise d'une prise que lui permettait le judo, recherchait à compenser ses pulsions libidineuses pour la femme qu'elle aimait le plus au monde et qui repoussait son amour ? Les larmes coulaient en silence librement le long de ses joues, et elle souriait sans le savoir à la Nathalie heureuse de la photo. Elle sursauta violemment et hurlait en panique "Non !" quand le téléphone sonna. »

  • Elise

    Odile Cossard

    « Raconter une histoire. Raconter des êtres, des destins. Honorer une saga familiale, donner des textes aux lieux, instants, moments, aux gestes et mouvements afin qu'ils puissent exprimer toute leur sagesse ou leur impétuosité. Parler de quelqu'un ou de quelques-uns. Mettre des mots sur l'irréel, la souffrance ou l'amour. Décrire des concepts imaginaires, l'air, les effluves, une pensée fugace. Prendre parti ou pas. Suivre un personnage. Laisser vagabonder le souffle du temps, vouloir maîtriser le trait de nos vies dissolues... Ou pas. Écrire en tout cas. Poser là quelques lettres et les offrir en partage, relier les hommes dans une folle équipée sauvage. » Élise, Gilles, Théo... Des âmes solitaires amoureuses du papier et des vies qu'elles inventent, des souvenirs qu'elles ressuscitent, de ces instants qu'elles rendent éternels. Une histoire d'histoires, lors desquelles une étudiante quelconque et un ermite de faculté se feront reine de coeur et valet de pique... Variant les styles, jouant avec les sentiments, armée d'une galerie de personnages touchants, Odile Cossard signe une vibrante déclaration d'amour à l'écriture et à ses maîtres d'oeuvre.

  • « Leurs mains se cherchent et se rejoignent ; leurs regards se pénètrent et se comprennent ; les mots sont inutiles. C´est toute leur aventure commune qui ressurgit avec violence. Ils savent très bien l´un et l´autre l´immense attirance qui les unit. Ils n´ont plus de mots pour le dire. Seul le même éclat extatique recouvre leurs visages. Cependant, les yeux de Francis sont voilés d´une indéfinissable tristesse. Yolanda décèle une certaine réserve dans la joie de son compagnon, elle surprend une douceur presque suave qu´elle ne reconnaît pas dans le timbre de sa voix. L´homme qui est à ses côtés a changé, profondément ; elle comprend alors qu´il a souffert, beaucoup vécu. - Que s´est-il passé ? Pourquoi ce silence que jamais je n´ai pu m´expliquer ? Francis, je t´ai attendu si longtemps ! - Plus tard, plus tard. Ce sera une longue confession. Effectivement, je ne suis plus le même. Et toi ? »

  • « Laïla était mystérieuse. En apparence, elle était une fille simple, gaie, facile à vivre. Elle ne voulait pas "se prendre la tête" et elle ne se souciait pas du lendemain. Quand elle était présente, tout paraissait simple et évident. Mais Jean avait remarqué qu'une fois partie de chez lui elle disparaissait totalement. Pendant les jours qui suivaient, c'était le silence radio. Pas de coup de fil ou de message, aucun signe de vie. Son téléphone ne répondait pas. C'était un tel vide que Jean finissait par se demander si la jeune personne qui lui avait rendu visite était une vraie fille en chair et en os et pas un fantôme, un simple produit de son imagination. »

  • « Quand il leva les yeux sur elle, son coeur fit un bond dans sa poitrine. Sam en fut surpris lui-même. C´était la première fois que cette sensation lui parcourait le corps. Il voulait s´arrêter pour lui parler mais en fut incapable. Tout allait très vite et en même temps, c´était comme si le temps s´était arrêté. »

  • « Ce soir-là, Nathalie était juste montée, il se releva de son canapé, tourna cinq minutes dans la salle à manger, s´attarda sur le meuble bas et feuilleta les courriers debout dans le porte-documents. Il en retira la lettre de cette ancienne amie qui lui demandait ce qu´il était devenu. "Bonjour François, C´est Martine, je ne sais pas si tu te rappelles de moi, cela fait si longtemps. J´habite désormais à La Rochelle et je me suis mise à te rechercher sur Internet pour savoir si tu étais toujours dans la région. Je t´ai retrouvé dans les annonces légales car tu as une entreprise, et je vois que tu sembles avoir bien réussi, tu es restaurateur. J´ai toujours su que tu réussirais ta vie, tu semblais tellement déterminé. Je ne sais rien de plus de toi, moi je vis seule désormais, divorcée, j´ai un grand fils qui habite toujours au Bouscat. J´ai été nommée à La Rochelle à un poste à responsabilité, et tout se passe très bien. J´aimerais beaucoup savoir ce que tu es devenu et, si tu veux reprendre contact, je te laisse mes coordonnées. En espérant que tu répondes favorablement, je te dis à bientôt peut-être..." »

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