roman

  • Un jour d'avril, ma fille de trois ans, Carrie, a disparu alors que nous jouions toutes les deux à cache-cache dans mon appartement de Brooklyn.
    Ainsi débute le récit de Flora Conway, romancière renommée à la discrétion légendaire. La disparition de Carrie n'a aucune explication. L'enquête de police n'a rien donné. Au même moment, de l'autre côté de l'Atlantique, un écrivain au coeur broyé se terre dans une maison délabrée. Lui seul détient la clé du mystère. Et Flora va le débusquer. Une lecture à nulle autre pareille. En trois actes et deux coups de théâtre, Guillaume Musso nous immerge dans une histoire étourdissante qui puise sa force dans le pouvoir des livres et la rage de vivre de ses personnages.

  • Antonio José Bolivar connaît les profondeurs de la forêt amazonienne et ses habitants, le noble peuple des Shuars. Lorsque les villageois d'El Idilio les accusent à tort du meurtre d'un chasseur blanc, le vieil homme se révolte. Obligé de quitter ses romans d'amour - seule échappatoire à la barbarie des hommes - pour chasser le vrai coupable, une panthère majestueuse, il replonge dans le charme hypnotique de la forêt.

  • Graal proustien, les « soixante-quinze feuillets » de très grand format étaient devenus légendaires. La seule trace qui en existait était l'allusion qu'y faisait Bernard de Fallois, en 1954, dans la préface du Contre Sainte-Beuve. En 1962, ils n'avaient pas rejoint la Bibliothèque nationale avec le reste des manuscrits de l'auteur de Swann. Leur réapparition en 2018 à la mort de Bernard de Fallois, après plus d'un demi-siècle de vaines recherches, est un coup de tonnerre.
    Car les insaisissables « soixante-quinze feuillets » de 1908 sont une pièce essentielle du puzzle. Bien antérieurs au Contre Sainte-Beuve, ils ne font pas que nous livrer la plus ancienne version d'À la recherche du temps perdu. Par les clés de lecture que l'écrivain y a comme oubliées, ils donnent accès à la crypte proustienne primitive. « Un livre est un grand cimetière où sur la plupart des tombes on ne peut plus lire les noms effacés », lit-on dans Le Temps retrouvé : mais ici, le temps n'a pas encore effacé tous les noms.

  • Contes de l'inattendu : nouvelles, roman, récits Nouv.

    Qui se cache derrière Roald Dahl (1916-1990), l'auteur aux 200 millions d'exemplaires vendus, croqué par Quentin Blake sous les traits d'un grand-père malicieux, avec son gilet rouge et sa canne, déambulant le crâne chenu dans la campagne anglaise, dont les héros peuplent le panthéon de nombreuses générations de lecteurs ? Il existe bien un autre Roald Dahl, que le succès de son oeuvre pour la jeunesse a tendance à éclipser, mais sans lequel le portrait serait incomplet. Plus nouvelliste que romancier, Dahl s'attache à dépeindre la commune humanité qu'il côtoie et observe, des aristocrates londoniens aux bourgeois de Manhattan, en passant par les employés de bureau, pompistes et braconniers de la vie anglaise. Des gens, a priori sans histoire, dont la vie gouvernée jusque-là par un sentiment de sécurité, déraille subitement en raison d'un élément imprévu. Point de portrait psychologique, mais un sens de la formule et une description physique sévère, qui en quelques traits brossent un caractère. Cette économie de moyens, doublée d'une satire morale, d'une propension à marier le macabre à l'humour, d'un goût pour la fantasmagorie gothique, fait de cet ensemble de textes moins connus un joyau de la littérature contemporaine, où l'on ne cesse de frémir et de rire... et "rira bien qui rira le dernier". Entre ces nouvelles - macabres ou sexuelles, voire les deux à la fois - où ceux qui jouent aux plus malins sont toujours perdants, et les histoires des petits héros (souvent très intelligents) pour la jeunesse, il n'y a qu'un pas. Roald Dahl balaie d'un revers de main la médiocrité et encourage ses lecteurs à se conduire en conquérants s'ils veulent avoir une chance de s'en sortir, quitte à s'adonner à quelques filouteries. Dans cette édition Quarto, sont réunis pour la première fois l'ensemble des textes qui constituent le socle d'une oeuvre multiple, diverse, teintée d'un inimitable humour noir, d'un auteur devenu tout aussi iconique que ses propres personnages.

  • Comme un roman

    Daniel Pennac

    Les droits imprescriptibles du lecteur 1. Le droit de ne pas lire.
    2. Le droit de sauter des pages.
    3. Le droit de ne pas finir un livre.
    4. Le droit de relire.
    5. Le droit de lire n'importe quoi.
    6. Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible).
    7. Le droit de lire n'importe où.
    8. Le droit de grappiller.
    9. Le droit de lire à haute voix.
    10. Le droit de nous taire.

  • Sur le drakkar de Sveyn, Thorgal et Aaricia tentent d'échapper à la vengeance du cruel roi Harald. Mais leur navire fait naufrage, obligeant Thorgal et ses compagnons à aborder sur une île étrange. En quête d'eau potable, ils décident d'explorer les sous-sols d'une cité en ruine. Sans le savoir, ils se jettent au-devant d'un danger encore plus redoutable que celui qu'ils fuient.

  • Le roman de Jim

    Pierric Bailly

    À vingt-cinq ans, après une séparation non souhaitée et un séjour en prison, Aymeric, le narrateur, essaie de reprendre contact avec le monde extérieur. À l'occasion d'un concert, il retrouve Florence avec qui il a travaillé quelques années plus tôt. Florence est plus âgée, elle a maintenant quarante ans.
    Elle est enceinte de six mois et célibataire.
    Jim va naître. Aymeric assiste à la naissance de l'enfant, et durant les premières années de sa vie, il s'investit auprès de lui comme s'il était son père. D'ailleurs, Jim lui-même pense être le fils d'Aymeric.
    Ils vivent tous les trois dans un climat harmonieux, en pleine nature, entre vastes combes et forêts d'épicéas.
    Jusqu'au jour où Christophe, le père biologique du garçon, réapparaît.
    La relation entre Aymeric et Jim, l'enfant de Florence, est le coeur de l'intrigue. C'est un roman sur la paternité. Aymeric sera séparé de Jim. Il va souffrir d'un arrachement face auquel il ne peut rien.
    Mais se donne-t-il vraiment les moyens de s'en sortir ? Aymeric multiplie les contrats précaires dans la grande distribution, les usines de plasturgie ou la restauration rapide. Plus tard, il est même photographe de mariage. Une grande partie de l'histoire se déroule à Lyon. Jusqu'au bout, Aymeric reste obsédé par cet enfant qu'il a vu naître et grandir, et qui lui a été enlevé, avec lequel il ne sait pas toujours observer la bonne distance, ni occuper la bonne place.

  • Un roman russe

    Emmanuel Carrère

    A la fois quête des origines, carnet de bord, récit d'un fait divers et d'une passion amoureuse, Un roman russe est une oeuvre autobiographique dense et captivante. Emmanuel Carrère y restitue avec talent la complexité d'un homme dont la vie ressemble à ses livres.

  • De Gilgamesh à Tobie Lolness, en passant par Frankenstein, Cosette, Le Petit Nicolas, Fi? Brindacier, Harry Potter, ... ces héros et ces héroïnes inoubliables nous invitent à les suivre jusqu'au bout dans leurs aventures. Aventuriers, détectives, créatures fantastiques, ?gures de contes, champions de la castagne, ils se sont tous donné rendez-vous. Pour chaque personnage, son caractère, ses hobbies, ses comparses et ses adversaires ! "C'est d'un personnage dont on se souvient surtout, d'une ?gure dont le fantôme lumineux nous accompagne tout le long de notre vie" (J.-P. Arrou Vignod)

  • Le loup et le lion : l'album du film Nouv.

    Au plus profond d'une forêt nord-américaine, un lionceau et un louveteau grandissent côte à côte auprès d'Alma, la jeune femme qui les a recueillis.
    Quand leur secret est découvert, les animaux sont séparés. Le loup, devenu grand, fuit sa réserve et parcourt les étendues canadiennes à la recherche de son frère de coeur. Ensemble, ils bravent mille dangers pour retrouver Alma et la famille qu'ils ont choisie.

    Un album pour les enfants dès 3 ans.

  • Après le théâtre de Jean Genet, la Pléiade propose ses romans et ses poèmes. L'écriture de ces textes se concentre sur une période remarquablement brève: six années, de 1942 à 1948. Découvrant Notre-Dame-des-Fleurs en février 1943, Cocteau s'exclame: « c'est le grand événement de l'époque. Il me révolte, me répugne et m'émerveille. » Deux ans plus tard, à la lecture de Pompes funèbres, il y revient : « C'est le génie même. Et d'une liberté si terrible que l'auteur se met hors d'atteinte, assis sur quelque trône du diable dans un ciel vide où les lois humaines ne fonctionnent plus (deviennent comiques). » L'apparition de Genet dans le monde littéraire fait figure de déflagration. Dans son oeuvre se donne à voir « l'envers du monde » : un univers, serti dans une langue où se côtoient le langage le plus ordurier et un pur style classique, dans lequel des hommes chargés de crimes aspirent à une certaine sainteté.
    La plupart des oeuvres inscrites au sommaire du volume étaient connues par la version qu'en proposent les oeuvres complètes de Genet, qui commencent à paraître chez Gallimard en 1951. Mais le texte de ces volumes avait été révisé, soit par Genet, soit avec son assentiment, de manière à atténuer certains éléments sexuels et politiques. La présente édition revient systématiquement au texte des premières publications clandestines. Ces versions n'étaient jusqu'à présent accessibles au grand public que pour Pompes funèbres et pour Querelle de Brest. Ce volume est donc l'occasion d'une redécouverte, spectaculaire et radicale, des oeuvres romanesques de Genet.

  • Ça y est, tu as réussis ! Te voilà à l'Académie Bergström ! Avec tes meilleures amies, les Kinra Girls, vous allez devoir résoudre un mystère. Jimmy, le petit copain d'Alexa semble croire qu'elle court un grand danger. Mais que pourrait-il lui arriver de mal entre les murs de l'Académie ?
    Dans cette enquête, c'est à toi de faire les bons choix. Attention, les Kinra Girls comptent sur toi !

  • C'est tout un roman : le livre qui fait aimer les grands classiques aux enfants Nouv.

    Un recueil exceptionnel pour plonger dans les plus belles histoires de la Littérature : 9 chefs d'oeuvres incontournables. Transmettre les grands classiques intemporels aux plus jeunes grâce à des textes courts, racontés avec panache. Récits d'aventure, de cape et d'épée, pays merveilleux, il y en a pour tous les goûts.

    Les Trois Mousquetaires, Les Quatre Filles du Dr March, Le Fantôme de Canterville, Le Tour du monde en 80 jours, L'Île au trésor, Alice au Pays des merveilles, Robinson Crusoé, Les Malheurs de Sophie, Cyrano de Bergerac.
    C'EST TOUT UN ROMAN, le recueil indispensable pour réviser ses classiques et les partager en famille !

  • Le loup et le lion : le roman du film Nouv.

    Résumé : Au décès de son grand-père, la jeune Alma retourne dans la maison de son enfance. Elle y découvre une mère louve, qui élève son petit et un lionceau abandonné dans son jardin.
    Quand la louve disparaît, Alma s'occupe des deux animaux. Ils grandissent ensemble et s'aiment comme des frères.
    Quand leur secret est découvert, le loup est envoyé dans une réserve et le lion dans un cirque.
    Pendant qu'Alma remue ciel et terre à la recherche de ses protégés, le loup s'échappe pour rejoindre son frère de coeur. Réussiront-ils à franchir tous les obstacles qui les séparent et à retrouver la famille qu'ils se sont choisie ?

    Un roman pour les enfants dès 7 ans.

  • Ce poème s'appelle « Roman » : c'est qu'il est un roman, au sens ancien du mot, au sens des romans médiévaux ; et surtout parce que, malgré le caractère autobiographique, ce poème est plus que le récit - journal ou mémoires - de la vie de l'auteur, un roman qui en est tiré.
    Il faut le lire dans le contexte de l'oeuvre d'Aragon. Il s'agissait ici d'éviter les redites : on n'y trouvera pas le côté politique des Yeux et la Mémoire ou les heures de la Résistance de La Diane française ou du Musée Grévin. Le domaine privé, cette fois, l'emporte sur le domaine public. Même si nous traversons deux guerres, et le surréalisme, et bien des pays étrangers.
    Poème au sens des Yeux et la Mémoire, ce Roman inachevé ne pouvait être achevé justement en raison de ces redites que cela eût comporté pour l'auteur. Peut-être la nouveauté de ce livre tient-elle d'abord à la diversité des formes poétiques employées. Diversité des mètres employés qui viendra contredire une idée courante qu'on se fait de la poésie d'Aragon.
    Il semble que, plus que le pas donné à telle ou telle méthode d'écriture, Aragon ait voulu marquer que la poésie est d'abord langage, et que le langage, sous toutes ses formes, a droit de cité dans ce royaume sans frontières qu'on appelle la poésie.
    Plus que jamais, ici, l'amour tient la première place.

  • La plupart des gens aiment les maths. L'ennui, c'est qu'ils ne le savent pas. Dans les temps préhistoriques, les maths sont nées pour être utiles. Les nombres servaient à compter les moutons d'un troupeau, la géométrie à mesurer les champs et tracer des routes. Au fil des siècles, les Homo sapiens furent bien étonnés de découvrir les chemins sinueux de cette science parfois abstraite, d'une richesse à couper le souffle.
    Vous découvrirez que les mathématiques sont belles, poétiques, surprenantes, jubilatoires et captivantes. Le nombre Pi est fascinant. La suite de Fibonacci et le nombre d'or nous entraînent sur des pistes inattendues. Les équations nous mettent au défi et l'infiniment petit vient délicieusement gratter notre esprit de ses paradoxes. Si vous n'avez jamais rien compris aux maths, s'il vous est même arrivé de les détester, que diriez-vous de leur donner une seconde chance ? Vous risqueriez d'être surpris...

  • Kessel est difficile à situer dans le paysage littéraire. On l'y prenait parfois pour un intrus. À la NRF, Gaston Gallimard crut très tôt en lui, tandis que Gide (qui changerait d'avis) et Paulhan avaient, comme on dit, «des réserves». Peut-être n'était-il à leurs yeux qu'un reporter écrivant des romans, avec une circonstance aggravante : le succès. Alors romancier ou reporter? Un pur romancier? un authentique reporter? La question, à vrai dire, ne se pose pas en ces termes.
    Cette édition ne fait pas acception de «métiers» ni d'ailleurs de genres littéraires. Elle juxtapose dans l'ordre chronologique des ouvrages relevant, à des degrés divers, de la fiction, du récit, du reportage ou de ce que Kessel aimait à nommer documentaire - un mot encore neuf dans les années 1920 et qu'il donna pour titre à la première partie de Vent de sable. Elle bénéficie d'autre part d'un fait nouveau: les manuscrits de Kessel sont désormais accessibles. Ces deux volumes en reproduisent de nombreux éléments - dont le scénario inédit du Bataillon du ciel - et les exploitent pour cerner ce qui fait la spécificité de l'oeuvre.
    Le «système Kessel», on croit le connaître : courir le monde, faire provision de «choses vues», livrer des reportages à la presse, en tirer (selon des modalités variables) un récit, puis publier un roman qui utilise (dans des proportions tout aussi variables) ces reportages et ce récit. Mais les apparences sont trompeuses : Le Lion (roman «kényan» de 1958), par exemple, aurait été conçu avant que ne soit achevé La Piste fauve (récit, kényan lui aussi, de 1954). L'oeuvre ne décrit pas une trajectoire systématique qui mènerait du réel (terrain du reporter) à la fiction (ou littérature). Chez l'auteur de Makhno et sa juive, la réalité n'est jamais chimiquement pure. Kessel pourrait bien être un précurseur de ce qu'on appelle aujourd'hui en bon français la creative non fiction. L'aventure, l'événement, tel homme rencontré, telle situation vécue possèdent pour lui un potentiel poétique ou romanesque qui fait d'eux des objets pour l'imagination.
    Pour le dire à la manière de Malraux, le réel est une musique sur laquelle nous sommes contraints de danser. Mais Kessel le trouve insuffisant. Comme Malraux lui-même, comme Cendrars, Saint-Exupéry et bientôt Gary, il est de ceux qui offrent à la réalité des prolongements puisés dans l'imaginaire. Ce faisant, il place son oeuvre - et ses aviateurs, ses Russes blancs, ses guerriers masaï, ses cavaliers afghans - aux confins «du réel, du rêve, de l'errance et de l'histoire» (Malraux encore). Il la rend transfrontalière, se rend lui-même inclassable et fait de l'aventure un mythe moderne. Sans doute respire-t-il «l'air du temps», qui est aussi le nom d'une collection à laquelle il donna des livres; mais il sait s'en abstraire et atteindre à l'essentiel. Écrite en un siècle qui menaça de mille manières l'espèce humaine, toute son oeuvre peut être lue comme une quête de fraternité.

  • Eric-Emmanuel Schmitt
    L'Evangile selon Pilate
    suivi du Journal d'un roman volé

    Première partie : Dans le Jardin des oliviers, un homme attend que les soldats viennent l'arrêter pour le conduire au supplice. Quelle puissance surnaturelle a fait de lui, fils de menuisier, un agitateur, un faiseur de miracles
    prêchant l'amour et le pardon oe
    Deuxième partie : Trois jours plus tard, au matin de la Pâque, Pilate dirige la plus extravagante des enquêtes policières. Un cadavre a disparu et est réapparu vivant ! Y a-t-il un mystère Jésus ou simplement une affaire Jésus ? A mesure que Sherlock Pilate avance dans son enquête, le doute s'insinue dans son esprit. Et avec le doute, l'idée de foi.
    L'Evangile selon Pilate a reçu le Grand Prix des lectrices de Elle 2001.

    L'un des romans les plus excitants, les plus iconoclastes de cette rentrée.
    Thierry Gandillot, L'Express.

    Une réussite indiscutable due à la sincérité du propos, à l'humilité devant l'inexplicable.
    Jean Sorlin, Le Monde.

    Richesse de cette histoire qui passe avec virtuosité de la
    drôlerie au sérieux, du clin d'oeil de l'humour à la gravité.
    Pierre-Robert Leclercq, Le Magazine littéraire.

  • J'ai un an d'avance. Pourtant ma tête est normale, pas spécialement grosse. Et en classe, je suis normal, pas comme Thierry qui sait tout et qu'on prend pour un Martien. Dans ma vie, il y a les bons copains, les filles - bon, surtout Irène - et la quête, celle des vignettes de l'album Panini de la Coupe du monde. Jamais je n'aurais dû commencer cet album, mais un copain m'a donné ses doubles. Et c'était bien la seule façon que j'avais de me faire enfin remarquer. Malheureusement, les ennuis ne faisaient que commencer...

  • Kessel est difficile à situer dans le paysage littéraire. On l'y prenait parfois pour un intrus. À la NRF, Gaston Gallimard crut très tôt en lui, tandis que Gide (qui changerait d'avis) et Paulhan avaient, comme on dit, «des réserves». Peut-être n'était-il à leurs yeux qu'un reporter écrivant des romans, avec une circonstance aggravante : le succès. Alors romancier ou reporter? Un pur romancier? un authentique reporter? La question, à vrai dire, ne se pose pas en ces termes.
    Cette édition ne fait pas acception de «métiers» ni d'ailleurs de genres littéraires. Elle juxtapose dans l'ordre chronologique des ouvrages relevant, à des degrés divers, de la fiction, du récit, du reportage ou de ce que Kessel aimait à nommer documentaire - un mot encore neuf dans les années 1920 et qu'il donna pour titre à la première partie de Vent de sable. Elle bénéficie d'autre part d'un fait nouveau: les manuscrits de Kessel sont désormais accessibles. Ces deux volumes en reproduisent de nombreux éléments - dont le scénario inédit du Bataillon du ciel - et les exploitent pour cerner ce qui fait la spécificité de l'oeuvre.
    Le «système Kessel», on croit le connaître : courir le monde, faire provision de «choses vues», livrer des reportages à la presse, en tirer (selon des modalités variables) un récit, puis publier un roman qui utilise (dans des proportions tout aussi variables) ces reportages et ce récit. Mais les apparences sont trompeuses : Le Lion (roman «kényan» de 1958), par exemple, aurait été conçu avant que ne soit achevé La Piste fauve (récit, kényan lui aussi, de 1954). L'oeuvre ne décrit pas une trajectoire systématique qui mènerait du réel (terrain du reporter) à la fiction (ou littérature). Chez l'auteur de Makhno et sa juive, la réalité n'est jamais chimiquement pure. Kessel pourrait bien être un précurseur de ce qu'on appelle aujourd'hui en bon français la creative non fiction. L'aventure, l'événement, tel homme rencontré, telle situation vécue possèdent pour lui un potentiel poétique ou romanesque qui fait d'eux des objets pour l'imagination.
    Pour le dire à la manière de Malraux, le réel est une musique sur laquelle nous sommes contraints de danser. Mais Kessel le trouve insuffisant. Comme Malraux lui-même, comme Cendrars, Saint-Exupéry et bientôt Gary, il est de ceux qui offrent à la réalité des prolongements puisés dans l'imaginaire. Ce faisant, il place son oeuvre - et ses aviateurs, ses Russes blancs, ses guerriers masaï, ses cavaliers afghans - aux confins «du réel, du rêve, de l'errance et de l'histoire» (Malraux encore). Il la rend transfrontalière, se rend lui-même inclassable et fait de l'aventure un mythe moderne. Sans doute respire-t-il «l'air du temps», qui est aussi le nom d'une collection à laquelle il donna des livres; mais il sait s'en abstraire et atteindre à l'essentiel. Écrite en un siècle qui menaça de mille manières l'espèce humaine, toute son oeuvre peut être lue comme une quête de fraternité.

  • La vie passionnée : le roman de Marceline Desbordes-Valmore Nouv.

    Dans l'intimité de la plus grande poétesse du XIXe siècle.

    Pionnière du romantisme, Marceline Desbordes-Valmore fréquente les plus illustres de ses contemporains : Hugo, Vigny, Dumas père, Balzac. Avant-gardiste, elle invente des rythmes qui font d'elle l'annonciatrice de Verlaine et de la poésie française moderne.
    La spontanéité de ses vers lui vaut l'admiration de Sainte-Beuve , de Stefan Zweig ou d'Aragon.
    Et pourtant, rien ne destinait Marceline Desbordes, née à Douai, à une telle postérité. Avant de rencontrer un succès éclatant sur les plus grandes scènes françaises, elle endura la misère et dut surmonter de nombreux drames : la ruine de sa famille après la Révolution, la mort prématurée de sa mère lors d'un voyage cauchemardesque en Guadeloupe, celle de cinq de ses enfants. Et des amours malheureuses.
    En choisissant de donner dans ce roman la parole à son mari, l'acteur Prosper Valmore, c'est dans la confidence d'une artiste passionnée et passionnante au destin hors norme que nous fait entrer Michel Peyramaure.

  • La réalité n'est jamais aussi belle que le rêve d'une mère. Gary a connu d'éclatants succès, mais il a vu son oeuvre se heurter à des réticences. La popularité de l'écrivain et sa reconnaissance n'ont pas marché du même pas. Ce n'est pas exceptionnel, et cela s'explique. Les obstacles à une consécration rapide étaient multiples. Le style de l'homme a pu en être un. La manière du romancier en fut un autre.
    Gary a été un extraordinaire raconteur d'histoires et un inventeur de personnages en un temps, l'«ère du soupçon», où ces notions, l'histoire, le personnage, étaient réputées périmées. Or pour lui, le récit - l'histoire - n'est pas la part honteuse du roman. Mais c'est se tromper lourdement que de voir en lui, sous ce prétexte, un écrivain conventionnel. La mise en abyme dans Éducation européenne, la polyphonie des Racines du ciel, la voix narrative fantastique dans La Danse de Gengis Cohn, la dimension autofictionnelle de La Promesse de l'aube et de Chien Blanc, la temporalité dans Les Enchanteurs ou l'inventivité verbale et les dispositifs narratifs d'Émile Ajar ne sont pas précisément des signes de soumission au roman hérité du XIXe siècle. Encore faut-il, pour s'en aviser, ne pas passer à côté d'une prose qui mélange les genres, avoue ce qu'elle doit à la poésie et s'autorise toutes les libertés, à commencer par un humour qui a pu déconcerter autant qu'il séduit, parce qu'il va de l'ironie la plus fine au grotesque le plus assumé. Cet humour n'est pas un ornement : il est fondamental. D'une part, il conjure la tentation de l'idéalisme ; de l'autre, il permet de «désamorcer le réel au moment même où il va vous tomber dessus».
    Le réel, voilà l'ennemi. Gary l'appelait «la Puissance». Il a plusieurs visages : guerre, bêtise, vieillissement, solitude... Gary est sensible au tragique de l'Histoire et au malheur des hommes. Ça l'agace : «J'ai tout le temps mal chez les autres.» L'humour est donc une défense. L'imaginaire, un refuge. «Nourris de ce siècle, jusqu'à la rage», les livres de Gary ne sont pas des romans historiques. Ancrés dans l'imaginaire autant que dans l'Histoire, ils relèvent de la «mystique» littéraire de l'aventure qu'ont illustrée, avant lui, Kessel, Cendrars, Saint-Exupéry, et Malraux bien sûr. Cette conception de l'aventure n'est pas de celles qui produisent une littérature populaire de grande diffusion : elle engage une réflexion sur la condition humaine.
    L'aventure et l'imaginaire luttent aussi contre une forme particulière de réalité, l'identité. Chez Gary, le je est une clôture, un piège. Ce qu'il y a de permanent dans son identité l'exaspère. Il lui faut s'évader, courir le monde, muer comme un python, se «séparer un peu de [s]oi-même», changer d'identité et vivre d'une vie pseudonyme, au risque de s'y brûler. «L'aventure Ajar» est bien connue, mais on y a souvent vu une imposture. C'était autre chose : l'affirmation des pouvoirs de la fiction, et un défi lancé aux «lois de la nature», qui mènent à la mort.

  • La première adaptation graphique officielle du Journal d'Anne Frank, par les créateurs de Valse avec Bachir. Grâce à un tandem de grand talent déjà couronné maintes fois pour Valse avec Bachir, une fabuleuse adaptation graphique du Journal d'Anne Frank qui offre une nouvelle lecture et approche de ce témoignage fondamental. Grâce à des illustrations à la fois d'une grande vivacité et d'une profonde poésie, une très forte expérience de lecture qui met Anne Frank en mouvement de façon particulièrement émouvante.
    Avec parfois des notes d'humour, une touche d'espièglerie et une immense inventivité dans les dessins, un livre qui a pour vocation d'attirer le plus large public possible, des enfants aux adultes, des connaisseurs du Journal à ceux qui le découvrent. En cette année de commémoration des 70 ans du Journal d'Anne Frank, une magnifique manière de découvrir ou redécouvrir la voix d'une jeune adolescente qui a bouleversé le monde entier, et permis de découvrir de l'intérieur une des plus terribles pages de l'Histoire.

  • La réalité n'est jamais aussi belle que le rêve d'une mère. Gary a connu d'éclatants succès, mais il a vu son oeuvre se heurter à des réticences. La popularité de l'écrivain et sa reconnaissance n'ont pas marché du même pas. Ce n'est pas exceptionnel, et cela s'explique. Les obstacles à une consécration rapide étaient multiples. Le style de l'homme a pu en être un. La manière du romancier en fut un autre.
    Gary a été un extraordinaire raconteur d'histoires et un inventeur de personnages en un temps, l'«ère du soupçon», où ces notions, l'histoire, le personnage, étaient réputées périmées. Or pour lui, le récit - l'histoire - n'est pas la part honteuse du roman. Mais c'est se tromper lourdement que de voir en lui, sous ce prétexte, un écrivain conventionnel. La mise en abyme dans Éducation européenne, la polyphonie des Racines du ciel, la voix narrative fantastique dans La Danse de Gengis Cohn, la dimension autofictionnelle de La Promesse de l'aube et de Chien Blanc, la temporalité dans Les Enchanteurs ou l'inventivité verbale et les dispositifs narratifs d'Émile Ajar ne sont pas précisément des signes de soumission au roman hérité du XIXe siècle. Encore faut-il, pour s'en aviser, ne pas passer à côté d'une prose qui mélange les genres, avoue ce qu'elle doit à la poésie et s'autorise toutes les libertés, à commencer par un humour qui a pu déconcerter autant qu'il séduit, parce qu'il va de l'ironie la plus fine au grotesque le plus assumé. Cet humour n'est pas un ornement : il est fondamental. D'une part, il conjure la tentation de l'idéalisme ; de l'autre, il permet de «désamorcer le réel au moment même où il va vous tomber dessus».
    Le réel, voilà l'ennemi. Gary l'appelait «la Puissance». Il a plusieurs visages : guerre, bêtise, vieillissement, solitude... Gary est sensible au tragique de l'Histoire et au malheur des hommes. Ça l'agace : «J'ai tout le temps mal chez les autres.» L'humour est donc une défense. L'imaginaire, un refuge. «Nourris de ce siècle, jusqu'à la rage», les livres de Gary ne sont pas des romans historiques. Ancrés dans l'imaginaire autant que dans l'Histoire, ils relèvent de la «mystique» littéraire de l'aventure qu'ont illustrée, avant lui, Kessel, Cendrars, Saint-Exupéry, et Malraux bien sûr. Cette conception de l'aventure n'est pas de celles qui produisent une littérature populaire de grande diffusion : elle engage une réflexion sur la condition humaine.
    L'aventure et l'imaginaire luttent aussi contre une forme particulière de réalité, l'identité. Chez Gary, le je est une clôture, un piège. Ce qu'il y a de permanent dans son identité l'exaspère. Il lui faut s'évader, courir le monde, muer comme un python, se «séparer un peu de [s]oi-même», changer d'identité et vivre d'une vie pseudonyme, au risque de s'y brûler. «L'aventure Ajar» est bien connue, mais on y a souvent vu une imposture. C'était autre chose : l'affirmation des pouvoirs de la fiction, et un défi lancé aux «lois de la nature», qui mènent à la mort.

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